Bienvenue pour cette cinquième chronique cinéma consacrée à tous les genres de cinéma. Après avoir parlé de deux comédies, qu’étaient Astérix et Obélix : Au Service de sa Majesté et Ted, aujourd’hui on change radicalement de ton avec du trash et oppressant. Le premier film est Sinister un film d’épouvante que vous pourrez voir le 7 novembre prochain et le second est Paperboy qui est déjà visible dans tout bon cinéma. À noter que la critique de Sinister est signée Sams !
L'avant première de la semaine

Sinister
Film d’épouvante américain, réalisé par Scott Derrickson avec Ethan Hawke, Fred Thompson, James Ransone, Clare Foley, Vincent D’Onofrio … (durée : 1h48)
"Un écrivain de roman policier, Ellison, découvre des bobines de films abandonnés dans sa nouvelle maison. Il apprend alors que l'endroit où il vit a été le théâtre d'évènements terrifiants..."
Produit par les créateurs de la saga des Paranormal Activity ou encore Insidious, Sinister reprend les mêmes bases pour tenter de nous faire frissonner, ainsi on retrouve plus ou moins ce qui a fait la force, mais aussi les faiblesses des titres précédemment cités. Si l’on se surprend quelques fois à sursauter, car oui, certaines scènes peuvent nous surprendre, on ne ressentira à aucun moment une sorte de malaise propre aux grands films d’horreur qui pouvaient nous marquer et nous faire réfléchir sur une situation réaliste. Dans Sinister, il ne faudra donc pas espérer avoir une telle chose, mais juste un simple sursaut temporaire qu’on finira par oublier une fois la séance terminée. Comme-ci cela ne suffisait pas, nombreux d’entre vous ont du aller voir Paranormal Activity 2 ou 3. Si tel n’était pas le cas, il faut savoir que ces derniers trouvaient les moyens de faire rigoler la salle au complet, grâce à des phases censées nous faire peur, Sinister nous replonge dans des moments de grandes rigolades. Bien évidemment, je ne vais pas vous dévoiler le pourquoi du comment on en arrive là, mais certains passages sont tellement gros et prévisibles, qu’on ne peut s’empêcher de s’esclaffer en cœur dans la salle devant la séquence. Un comble donc pour un film dit d’horreur.
Fort heureusement, le film a de bons points comme une bonne intrigue qui peut faire penser à un bon thriller avec un soupçon d’enquête, une histoire sombre et glauque, le tout dans une petite bourgade éloignée de tout. Si Sinister s’était contenté de jouer sur ce créneau là en oubliant le surnaturel, il aurait très sérieusement pu devenir un très bon film au vu de sa première demi-heure. Outre les phases censées faire peur qui font rire, l’humour est également bien dosé pour faire retomber le peu de pression présent. Certains couples pourront alors peut-être se reconnaitre dans certaines disputes entre Ellison et sa femme au vu des réactions des deux personnages qui s’avèrent être réalistes grâce à un casting convaincant. On apprécie également la présence de l’acteur James Ransone qui joue le rôle d’un shérif adjoint sympathique, mais un peu idiot sur les bords, ce qui apporte aussi quelques séquences plutôt drôles.
Pour résumer le tout, Sinister aurait pu être un très bon film, malheureusement l’aspect surnaturel est raté et l’on n’y croit pas une seule seconde. Ce qui sauve le film, ce sont clairement : sa première partie, les acteurs qui sont tous convaincants dans leurs rôles et les petites doses d’humour qu’on retrouve ici et là. Du coup, on peut se poser la question suivante : pour qui ce Sinister est-il destiné ? Pour ceux qui ont aimé la saga des Paranormal Activity et…euh… bah et puis c’est tout.
Sams
Les autres films de la semaine

Astérix et Obélix : Au Service de sa Majesté
Comédie française, réalisée par Laurent Tirard avec Edouard Baer, Gérard Depardieu, Guillaume Gallienne, Vincent Lacoste, Valérie Lemercier, Fabrice Luchini, Catherine Deneuve, Charlotte Le Bon, Dany Boon… (durée : 1h49)
Bachelorette
Comédie américaine, réalisée par Leslye Headland avec Kirsten Dunst, Rebel Wilson, Lizzy Caplan, Isla Fisher… (durée 1h27)
In Another Country
Drame Sud-Coréen, réalisé par Hong Sang-soo avec Isabelle Huppert, Yu Junsang, Yumi Jung,… (durée : 1h29)
Le film de la semaine

Paperboy
Thriller américain, réalisé par Lee Daniels avec Matthew McConaughey, Zac Efron, Nicole Kidman, John Cusack, David Oyelowo, Macy Gray… (durée : 1h48)
« 1969, Lately, Floride. Ward Jansen, reporter au Miami Times, revient dans sa ville natale, accompagné de son partenaire d’écriture Yardley Acheman. Venus à la demande de Charlotte, femme énigmatique qui entretient une correspondance avec des détenus dans le couloir de la mort, ils vont enquêter sur le cas Hillary Van Wetter, un chasseur d’alligators qui risque d’être exécuté sans preuves concluantes. Persuadés de tenir l’article qui relancera leur carrière, ils sillonnent la région, conduits par Jack Jansen, le jeune frère de Ward, livreur du journal local à ses heures perdues. Fasciné par la troublante Charlotte, Jack les emmène de la prison de Moat County jusqu’aux marais, où les secrets se font de plus en plus lourds. L’enquête avance au cœur de cette Floride moite et écrasante, et révèle que parfois, la poursuite de la vérité peut être source de bien des maux… »
Après le récompensé Precious, Lee Daniels revient avec un film sulfureux et dérangeant, à savoir Paperboy. Très décrié lors de sa présentation au dernier festival de Cannes, il débarque enfin en salle et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne laissera personne indifférent. Il ne laissera personne indifférent, car il s’agit d’un film à part entière, une œuvre inclassable. Il s’agit bien d’une œuvre au final, mais il ne s’agit pas pour autant d’un chef-d'œuvre, car on est extrêmement loin du très bon. Ce Paperboy ce veut être un film du genre autheuriste, mais pas intimiste afin qu’on suive 5 personnages opposés.
Le scénario de ce film possède quelque chose, on sent au bout d’une heure de film qu’il y avait moyen de passionner le spectateur, de l’embarquer dans un thriller oppressant et dérangeant et malheureusement il n’en ressort que le dérangeant avec des scènes trashs qui n’apportent rien. On va compter en tout 4 scènes trash qui peuvent choquer dans un certain contexte, mais la trame scénaristique est tellement pauvre en détail et en développement que ces scènes ne sont plus trash, mais seulement dérangeantes. Ce film repose donc sur un scénario qui est très mal présenté et par conséquent qui paraît presque obsolète.
Il en reste tout de même une bonne chose de ce scénario, il s’agit de la description et de la mise en image de la personnalité des différents personnages. On se retrouve en face de cinq protagonistes qui sont opposés. On va les croire simples et normaux, mais il n’en est rien. Au fil de l’avancement du film, on va découvrir leur seconde facette. Car oui, cette parcelle du scénario reprend l’essentiel du Docteur Jekyll et Mr Hyde. Chaque personnage à une double personnalité, on n’ira pas à dire qu’ils sont schizophrènes, car ce n’est pas ce que le réalisateur veut démontrer. À travers ce film, il veut démonter que chaque homme possède plusieurs facettes et afin de démontrer sa thèse, il va vouloir choquer en mettant en utilisant l’année 1969, année où les noirs étaient encore considérés comme inférieur aux États-Unis par une grande partie de la population dans les villes les plus reculées.
Cette utilisation de l’année 1969 est intéressante par rapport à l’esthétique que possède le film. On va retrouver des teintes qui sont propres à ces années comme le rose ou le jaune, mais également du sombre lorsqu’on se rend prêt des marais. Comme quoi, même si le scénario est en grande partie complètement loupé, le film possède de bonnes idées, mais malheureusement les bonnes idées vont s’arrêter une fois qu’on aura dit que le casting est surprenant et impeccable avec entre autres une Nicole Kidman impériale et un Matthew McConaughey à son meilleur niveau.
Car maintenant il ne reste qu’à dire que le film possède une mise en scène qui est plus que médiocre, avec un cadrage trop resserré sur les personnages, ce qui insuffle au spectateur une impression d’oppression et ce n’est jamais très bon de rendre malade le spectateur. À rajouter que le metteur en scène utilise par moment des effets optiques qui sont du plus mauvais goût, ce qui est malheureux, car par moment on va avoir une caméra stable qui nous offrira un beau plan sur l’un des personnages, mais c’est vraiment très rare.
Paperboy n’est en aucun cas un mauvais film, c’est tout simplement une adaptation de roman loupée. Lee Daniels a voulu faire quelque chose et il a réussi à créer une œuvre dérangeante et vulgaire, mais il manque à cette œuvre un véritable scénario, une véritable mise en abîme. Car on a des personnages charismatiques et bien développés, mais c’est tout. Et par-dessus tout ce film possède une mise en scène en dent de scie qui vous donnera plus envie de prendre un cachet que de vous plonger dans ce récit.