C’est à l’occasion de la bêta que nous avons mis nos petits doigts en mal de frags sur ce nouveau Counter Strike : Global Offensive. Quelques heures de frags plus tard, l’heure est venue de faire un premier bilan de ce nouvel opus, alors évolution, révolution ou simple mise à jour ?

Counter VS Terrorist : On the roll again !
Qu’on se le dise de suite, le principe de jeu de ce nouveau Counter Strike n’est en rien différent des anciens opus. Le joueur choisit d’incarner un anti-terroriste, qui est en fait un policier du type SWAT ou GIGN, ou bien un terroriste du genre…et bien du genre terroriste. Il faudra ensuite pour les counter soit faire le ménage purement et simplement, empêcher les terroristes de poser une bombe ou la désamorcer, ou encore libérer des otages. Pour ce qui est du terroriste, il suffit de faire le contraire, mis à part l’aspect nettoyage en bon et due forme, qui se veut lui aussi présent. Du classique sur la forme du jeu donc, mais autant dire que cette simplicité a fait et fait toujours la force de Counter Strike. Là où les choses changent, c’est bien sur l’aspect graphique, sur les modes de jeux et en partie sur l’armement.

Avant chaque partie, vous aurez accès à une carte tactique.
Valve et le Source Engine
Utilisant la dernière version du Source Engine, Counter Strike : Global Offensive propose un aspect graphique bien plus fin et joli que son prédécesseur Counter Strike : Source. Bien sûr et comme d’habitude sur la licence, il ne faut pas s’attendre à une tuerie technologique, Valve souhaitant comme d’habitude que le jeu tourne sur un maximum de machines. Ainsi, on aura le droit à des textures plus fines, plus travaillées, à des animations un peu plus réalistes sans pour autant atteindre des sommets, mais aussi à une meilleure modélisation des environnements et des personnages.
On appréciera aussi des armes mieux modélisées et des explosions de grenades ou autres flash bangs mieux mises en scène. Enfin, et il faut bien l’avouer, bien que ce Counter Strike : Global Offensive ne soit pas une tuerie technique et technologique, le jeu reste d’une fluidité à toute épreuve et au vu de la bêta nous n’avons remarqué aucun lags ou ralentissements durant nos nombreuses parties.
Au niveau artistique, cela reste classique, notamment sur les cartes déjà connues de la saga, comme de_inferno ou encore Aztec et on retrouve toujours un relatif dépaysement qui est toujours appréciable. Au niveau des nouvelles cartes, autant dire que c’est du bon travail et certaines comme de_St-Marc et ar_shoots sortent du lot, surtout par leur level design. De toute façon, que ce soit les anciennes ou les nouvelles cartes, elles sont toujours bien pensées et construites de manière à pousser les joueurs à l’affrontement. On dénotera aussi une bande sonore toujours aussi bonne, et de bons bruitages pour les armes à feu.
Parlons-en du level-design d’ailleurs. Toujours aussi bon dans les cartes connues, il faut dire que les nouvelles s’en sortent vraiment bien. Pour la plupart assez petites, elles favorisent la confrontation directe et le jeu en équipe, avec des possibilités tactiques toujours aussi bonnes. Entre les possibilités de contournement, de couverture du haut ou du bas et autres, il y a bien de quoi faire. Et au-delà du skill du joueur, c’est bien la qualité du jeu d’équipe qui décidera du vainqueur de la manche. Autant dire alors qu’une attaque coordonnée et une bonne couverture offriront souvent la victoire à l’équipe qui pratiquera correctement cette tactique.

Aztec est l'une des maps les plus agréables artistiquement.
Counter-terrorist Wins !
D’un point de vue du gameplay, pas de changements fondamentaux. On a toujours possibilité de s’équiper d’une arme lourde, d’une arme légère, de grenades et de protections. On aura toujours accès, du moins dans le mode classique, à un magasin nous permettant de dépenser de l’argent gagné via du frag, une victoire d’équipe ou après avoir accompli un objectif de parti. Ensuite, encore une fois, rien ne change vraiment dans le fond, les rushers sont souvent punis assez vite, à moins d’avoir un bon skill arme en main, et l’assaut direct en utilisant intelligemment son environnement et les couvertures est toujours aussi payant. Bien sûr, les parties étant toujours chronométrées, il ne faudra toujours pas camper comme une fillette sous peine de défaite, tout du moins dès qu’il ne s’agit pas de protéger une zone objectif ou une bombe tombée au sol pour les counter par exemple.
Le tir à la tête, ou dit autrement headshot, est lui aussi toujours aussi punitif, et on observe par ailleurs que le recul des armes est toujours de la partie. Ainsi, à longue distance tirer en continu ne sera vraiment pas efficace et le tir au coup par coup ou en courte rafale est largement conseillé, à courte portée c’est une autre histoire. Autre composante importante, le fait de courir et de tirer en même temps rend la visée beaucoup plus instable qu’en marchant, en étant immobile ou en vous accroupissant, importante parce que parfois vous accroupir et placer deux bonnes balles peut vous sauver la vie face à un adversaire qui tire en mouvement.
Au niveau des armes à feu, on observe toujours la même composante. Armes à distances avec le retour du fameux AWP cheaté, des armes mi-distances, mitrailleuses et autres et des armes plus efficaces en combat rapproché, comme les fusils à pompe ou autres pistolets type Desert Eagle, toujours aussi ravageur. Un équilibrage classique de la puissance de feu, qui ne déboussolera pas les joueurs des anciens Counter Stike. On observera tout de même quelques changements au niveau de la précision de certaines armes et de leurs puissances de feu, même si au final cela reste assez similaire aux opus précédents.
Enfin, il y a tout de même du nouveau du côté de l’armement, avec l’apparition de la MA4A, mitrailleuse de base de l’armée américaine, ou encore de nouveaux fusils à pompes, de nouveaux snipers, de nouveaux pistolets, dont un Tazer du nom de Zeus et de nouvelles grenades à l’instar du cocktail Molotov, tant décrié par les fans et qui s’avère au final être un bon ajout. De bonnes armes en générales, mais est-ce que le joueur de Counter Strike changera pour autant sa composition classique au profit d’un nouvel armement ? Pas si sûr…

Voici l'odre dans lequel les armes seront attribuées après chaque kill dans le mode Démolition.
Terrorist Wins !
Venons-en maintenant aux changements les plus significatifs, à savoir les modes de jeux. Dans cette bêta, on en distingue quatre différents :
- Démolition : Surement le nouveau mode le plus en vue sur cette bêta. Sur de petites maps, les joueurs s’affrontent sur le principe du mode " defuse " (bombe) et l’équipe ayant le plus de points en fin de partie gagne. La particularité de ce mode est que pour acquérir une nouvelle arme il vous faut tuer au moins un ennemi au cours d’une manche. Si vous en tuer plusieurs au cours de la même manche, cela ne change rien, vous commencez la manche suivante avec une nouvelle arme et ainsi de suite, sachant que les armes sont données dans un ordre prédéfini. Un beau challenge aussi bien compétitif pour l’équipe que pour sa propre personne. De plus, le tir allié est activé dans ce mode, alors attention où on tire.
- (Gun-Game ou Course à l’Armement : Mode qui correspond le plus au Deathmatch de Counter Strike : Source ou 1.6. Sauf qu’ici vous jouez en équipe sur des maps crées pour l’occasion, chaque frag vous rapporte une nouvelle et le premier à faire le dernier kill avec la dernière arme (le couteau en l’occurrence) remporte la partie. Pour ce mode, le friendly fire est activé, ainsi que la collision entre alliés. On notera aussi qu’après chaque mort, le respawn est instantané.
- Occasionnel : Mode classique, dans lequel le tire allié et les collisions entre alliés ne sont pas actifs. Les armes s’achètent.
- Compétitif : Le mode classique de Counter-Strike, avec le devoir d’acheter armes et armures, le tir allié et les collisions entre alliés sont actifs.
Voilà donc quatre modes de jeux plutôt bien fournis, même si on espère bien sûr un produit final un peu plus fourni de ce côté-là. On retiendra surtout le mode démolition taillé pour la compétition, aussi bien pour la gloire de son équipe que ça propre gloire. Le reste est assez classique et on retrouve les bonnes sensations des opus précédents. Certains risquent par contre de trouver tout cela un peu trop banal, voir déjà-vu, et il est clair qu’un petit peu plus de nouveautés ou de fraicheurs seraient un bon point.

Une fois mort, il est toujours possible de passer en mode caméra et de suivre les autres joueurs.
Tango Down !
Un petit mot sur le gameplay et l’expérience de jeu à proprement parlé. " Bon " est sans doute le mot qui vient en premier à l’esprit, mais il faut bien reconnaitre qu’encore une fois cela manque d’apport et de fraicheur. On retrouve vite ses marques et force est de constater que rien n’a changé, mis à part l’armement et la puissance de feu voir la précision de certaines armes, rien ne nous dépaysera par rapport à nos expériences sur les anciens Counter Strike. Le jeu reste sur sa ligne directrice, assez élitiste dans les bonnes parties, les néophytes auront parfois bien du mal à se faire une place, et cela prouve encore une fois que Valve mise avant tout sur sa communauté existante de joueurs de Counter-Strike, que sur les petits nouveaux. Et c’est peut-être là que le bât blesse, car à l’heure actuelle Counter Strike : Global Offensive fait plus office de mise à jour que de réelle évolution ; et cela, malgré les quelques nouveautés.
À chaque instant on sent que Valve n’a pas voulu prendre de risque sur la conception de son produit et que celui-ci se retrouve alors comme formaté par les joueurs Counter-Strike pour les joueurs Counter-Strike. Bien entendu, en tant que fan de la licence on ne trouvera rien à en dire, le côté élitiste et tactique du jeu en font l’un des meilleurs FPS multijoueurs à ce jour (les anciens tout du moins), mais pour le nouvel arrivant, la chose pourra paraitre parfois, voir souvent, trop ardu au niveau de l’apprentissage et celui-ci sera forcé de jouer et de jouer toujours plus pour arriver à atteindre un niveau convenable, pas sûr alors qu’avec la multitude de bon FPS multijoueur aujourd’hui et qui plus est plus accessible, le néophyte persévéra sur Counter Strike : Global Offensive. D’autant plus, que ce nouvel opus se veut toujours aussi old-school sur le fond, impossibilité de visée avec les armes sans lunettes, impossibilité de se coucher ou encore une personnalisation de son avatar et de son armement nuls… Encore une fois, le joueur de FPS moderne risque de ne pas accrocher et c’est sans doute là le plus gros risque que prend Counter Strike : Global Offensive, devenir un jeu à part, un jeu pour et seulement pour les joueurs de Counter Strike. Mais franchement est-ce vraiment un mal pour la communauté ? Seul l’avenir nous le dira…