The Darkness 2 est comme son nom le laisse présager, la suite de The Darkness paru le 29 juin 2007. Dans cette série on incarne Jackie Estacado qui est malgré lui doté des pouvoirs du darkness. Le darkness et en quelque sorte le démon, il lui permet de ne pas mourir tant qu’il est dans l’obscurité et d’avoir deux tentacules ainsi que des petits darkling qui le suivent partout, mais le darkness reste un être maléfique qui ne veut pas que le bien de son hôte.

Deux ans se sont écoulés depuis que Jackie Estacado, nouveau parrain de la famille Franchetti, s’est servi du Darkness pour éliminer les meurtriers de sa petite amie Jenny. Il s’est montré incapable de surmonter la mort de Jenny depuis qu’il a intériorisé le Darkness et décidé de ne plus jamais en avoir recours, mais au cours d’un évènement il va être obligé de réveiller le Darkness pour survivre. Une atteinte à la vie de Jackie qui va marquer le début d’une guerre de gangs, celui-ci va alors se lancer à la poursuite de ceux qui en veulent à sa vie.
Ca fait extrêmement plaisir d’avoir un jeu de tir à la première personne qui ne nous offre pas uniquement de l’action continue et dépourvue de sens ou alors un scénario se déroulant durant la guerre ou dans un monde post-apocalyptique. The Darkness 2 possède avant tout un scénario très bien écrit qui nous emporte aux côtés de Jackie Estacado, dans sa descente aux enfers.
Ce scénario permet à celui qui a joué au premier opus de retrouver des personnages, mais également de trouver des réponses. Jackie, qui est complètement perdu, va se retrouver non seulement confronté au darkness et à ceux qui veulent le tuer, mais également à lui-même. Il va découvrir ses points faibles, il va se rendre compte qu’il est fou depuis la disparition de Jenny, mais peut-être que cette folie est orchestrée par le darkness lui même. Le scénario réussi avec facilité à nous faire douter là-dessus. Cette histoire arrive à être mise en avant grâce à la mise en scène du jeu, on va avoir quelques moments très calmes où Jackie doute, avant que le carnage ne reprenne et où il ne sera plus question de faire des sentiments.
The Darkness premier du nom est un jeu que j’avais réellement apprécié, un jeu qui possède une ambiance très sombre et maitrisée avec des graphismes qui apportait une touche gothique au jeu. Avec cette suite j’avais peur qu’on ait un titre trop « bourrin » au dépend du scénario, mais avec des graphismes qui le rapprochent autant des comics créés par Marc Silvestri en 1996, le jeu ne pouvait qu’être attrayant.
Contrairement au premier opus, cette suite est développée par Digital Extremes et ce studio a décidé de reprendre les graphismes à zéro et de rapprocher le jeu de ses comics de base avec un cel-shading très appuyé. Au départ c’est très déroutant, mais on s’y habitue très rapidement et le résultat est même très bon. On a un cel-shading qui est beaucoup plus fort que Borderland qui utilisait le même procédé avec des couleurs très appuyées et des profusions de sang qui ne tâchent en aucun cas l’image. On remarque que les développeurs n’y ont pas été de mains mortes sur le cel-shading, car les personnages sont tous dessinés comme dans des comics, c’est-à-dire que tous leurs traits du visage sont assombris, mais c’est également le cas pour tous les objets présents à l’écran. C’est en fait ce que les développeurs appellent « les jeux d’ombres » et on peut dire que ça renforce l’immersion et permet au jeu d’être original sur ce point.
Puisque le darkness n’aime pas la lumière, lorsqu’on rencontre un lampadaire ou autre source de lumière, on a une image qui devient très lumineuse, allant jusqu’à l’éblouissement, ce qui rend très bien et qui permet d’amplifier le fait qu’il faut briser ces sources de lumières.
Comme je le disais, on a toujours une grosse palette de couleur à l’écran qui est appuyée avec soit une luminosité imposante qui rend l’environnement très malsain, soit lorsqu’on se retrouve uniquement avec la lumière de la nuit, on a toujours une image très propre et net malgré le fait que le jeu soit très violent et que le sang jaillisse de tous les côtés.
Malheureusement, ces deux derniers points font parties d’un défaut assez important, car les environnements sont tellement colorés et la lumière est tellement présente que par moment on a l’impression d’en avoir beaucoup trop à l’écran. Lors de fusillades où il y a un bon nombre d’ennemis à l’écran, on se retrouve vite avec une image qui devient brouillonne. Entre la lumière qui nous éblouit ou non, les environnements très colorés et le sang qui profuse de chaque personne on ne sait plus où donner de la tête. Un léger défaut qu’on ne retrouve heureusement que rarement.
Graphiquement parlant on pourrait également préciser que les animations sont assez moyennes dans l’ensemble. Les impacts sur les ennemis sont bien réalisés et on ressent bien les impacts de balles, mais les animations faciales en particulier ne sont pas toujours au rendez-vous. Ces animations faciales rigides n’aident pas lors de dialogues, car la synchronisation labiale en version française est à la ramasse. Même la version anglaise qui est plus convenable reste légèrement décalée. Jackie Estacado reste assez rigide dans l’ensemble et on s’en rend surtout compte lors des cinématiques où il récite un monologue. Des cinématiques qui sont ratées à cause d’une image soit trop sombre, soit beaucoup trop lumineuse qui ne rend pas hommage à la qualité graphique globale du soft.

Même si les animations du personnage que l’on incarne sont assez rigides, ça ne se ressent pas du tout dans le gameplay qui est très fluide, dynamique, mais surtout brutal. Il arrive à mélanger habilement le gameplay d’un jeu de tir à la première personne classique avec la particularité de pouvoir contrôler les deux tentacules que possède Jackie, des tentacules qui nous permettent d’avoir quelque chose de bestial même s’il faut toujours faire attention à ne pas être dans la lumière.
Le maniement des armes est très classique, pour tirer et viser on utilise les gâchettes et comme dans le premier opus on peut manier une arme dans chaque main, mais sans perdre en précision grâce à un réticule qui se rétractera au moment du tir. En ce qui concerne le maniement des tentacules, il est bien trouvé et assez original. Pour le tentacule de gauche qui sert à étourdir puis attraper ses ennemis, on utilise la touche L1 . Alors que pour le tentacule de droite qui sert à trancher ses ennemis, il faut à la fois appuyer sur R1 et orienter le joystick droit dans la direction souhaitée. Si on veut trancher l’ennemi verticalement on fait un mouvement de haut en bas ou inversement et si on veut le trancher horizontalement ou dans la diagonale il faut orienter le joystick droit de la gauche vers la droite ou inversement. Suivant l’angle d’inclinaison su joystick, le tentacule partira en suivant ce même angle.
Pour tuer les ennemis, on a l’opportunité d’utiliser des exécutions. Elles sont au nombre de 4, à débloquer dans l’arbre de compétence présent pour améliorer les capacités de son personnage. Ces exécutions qui sont effectuées avec le tentacule gauche, ont chacune leur particularité qui sont : regain de vie, de munitions, obtention d’un bouclier et régénération plus rapide des pouvoirs. Le darkness possède lui aussi des compétences spécifiques qui en l’occurrence sont des pouvoirs, qui seront à débloquer au cours de l’aventure. Ces deux pouvoirs sont la Nuée qui sert à étourdir les ennemis et la canalisation d’arme qui permet à Jackie durant quelques secondes d’abattre un ennemi avec une seule et unique balle.

Il ne faut pas le cacher, The Darkness 2 se finit très rapidement, étant très linéaire même en mode difficile, on voit arriver le générique de fin au bout de 7 heures, car le jeu est tellement prenant qu’on ne le lâche pas et on en voudrait plus. Après réflexion on se dit que c’est comme un film, tout a été expliqué et le scénario n’aurait peut-être pas permis à ce qu’on ait 2 heures de jeux en plus. Le seul moyen à en avoir plus est d’attendre la suite. On ajoutera à cela qu’il est tout de même possible de refaire l’aventure en mode new game +.
Le jeu est également doté d’un mode jouable en coopération en ligne ou hors-ligne. Ce mode intitulé « Vendettas » se termine très rapidement, il est constitué de 6 missions qui se terminent chacune en environ 10 minutes. Dans ce mode de jeu on n’incarne pas Jackie Estacado, mais au choix un des quatre assassins engagés par Jackie. Ce qui permettra aux joueurs acharnés de faire les missions avec tous les personnages.
La bande sonore de ce soft est correcte, avec des musiques rythmées, mais on regrettera un manque de musique lors des fusillades. Fusillades qui sont très bien mises en avant avec des bruitages sourds et très forts.
Ce jeu est doté d’excellents doublages. Le doublage français proposé est très bon, mais il ne faut pas le nier, le doublage anglais est d’un niveau supérieur. Que ce soit la voix de Jackie Estacado qui est très bonne, une vraie voix « badass » qui peut se faire plus sentimentale ou même la voix du darkness qui est beaucoup plus rauque.
- Graphismes originaux
- Un scénario bien écrit
- Un gameplay simple, mais efficace
- Le mode Vendettas
- Durée de vie de la campagne
- Une campagne très dirigiste
- Durée de vie du mode coopération
- Bande Sonore sous exploitée

The Darkness 2 est un jeu qui est simple, mais efficace. Jackie Estacado est de retour et ne fait pas dans la dentelle. Les graphismes soignés et originaux permettent au jeu de se rapprocher de ses comics originaux. Malgré le fait que ce soit un jeu d’action intense et violent, son scénario est très bien écrit et passionnant avec le thème de la folie qui est abordé avec efficacité. Malheureusement, le titre se révèle très court, avec une moyenne de 7 heures de durée de vie et ce n’est pas la présence d’un mode jouable en coopération qui va vous garder scotché à la manette avec seulement 6 missions qui se terminent en 10 minutes chacune.