Transformers : La Chute de Cybertron est un jeu d’action sur PC, dans lequel le joueur incarne les célèbres méchas durant une guerre fratricide qui causera la perte de leur monde, Cybertron.

Les Autobots sont au bord de la défaite, les Decepticons savourent d’avance leur victoire. Cybertron, la planète des méchas, est elle au bord de l’agonie, la faute à l’exploitation intensive d’Energons. Optimus Prime, le dernier des Primes, s’impose la mission de partir avec les Autobots sur une terre plus accueillante en se servant de l’Arche, un vaisseau spatial gigantesque. Les Decepticons, dirigés par l’infâme Megatron, ne l’entendent pas de cette oreille et vont tout faire pour empêcher le Prime et ses alliés de mener à bien leur tâche. Tout cela sans savoir que les Anciens avaient déjà trouvé un monde capable de les accueillir.

La phase avec Vortex est une des plus réussies !
En lisant l’histoire du jeu, on pourrait croire que c’est simpliste et sans intérêt, mais détrompez-vous. De premier abord, on pourrait aussi croire que cela se résume à la mise en scène d’un conflit dont on connait déjà l’issue, mais là encore ce n’est pas tout à fait vrai. Transformers nous offre la bonne surprise d’afficher une très bonne narration, une mise en scène qui l’est tout autant, ainsi qu’un background assez fouillé et en cela le jeu est une réelle bonne surprise.
Commençons par la narration, très bien menée avec de bons dialogues, elle apparait comme constante et ne casse à aucun moment le rythme. Bien au contraire, elle propose une ligne narrative limpide et sans fausse note. De même pour la mise en scène, parfois détonante et d’autres fois plus lente et bavarde, elle fait son boulot comme il se doit en nous en mettant plein la vue lors de scènes de batailles gigantesques, mais sait aussi nous captiver lors de notre arrivée sur une zone donnée ou lors de dialogues bien ficelés. Enfin, il ne s’agira pas là que du récit d’un conflit entre frères, bien que bien mené, mais plutôt d’espoir qui rejaillit d’un passé oublié, lorsque les Anciens partirent en quête de connaissance dans tout l’univers, chose qui nous sera contée lors de notre épopée et de bien belle manière. Un background solide donc, amplifié aussi par les nombreux journaux audio à trouver au cours du jeu. Une vraie surprise.

Je suis MEGATROOOOONNNN !!
Si on aime les méchas, la technologie, la science-fiction et l’électronique, il y a de quoi se réjouir avec ce Transformers. Assez beau, le jeu affiche des environnements variés et très bien pensés, mais aussi toujours cohérents avec son univers et sa narration. Entre un temple Ancien, des zones de batailles gigantesques, des vaisseaux spatiaux, des égouts et autres, il ya de quoi faire. Mention spéciale aux arrière-plans ; vivant lors des batailles, ils impressionnent et mettent bien dans l’ambiance.
La modélisation des méchas est elle très bonne et ne souffre d'aucuns défaut. Le bestiaire est assez varié, car plusieurs types de robots vous attaqueront, avec quelques très bonnes idées, comme les araignées ou encore les snipers. Et que dire de Grimlock ou des Dinobots, gigantesques et impressionnants. Vraiment du bon travail.
Techniquement, ce n’est pas mal non plus, surtout au niveau de la physique. Les robots, bien que gros et lourds, répondent très bien et se dotent d’un gameplay fluide. On court, on saute, on esquive, on plane, on se transforme et cela très naturellement. En revanche, on dénotera quelques bugs, dont des bugs de scripts assez gênants qui poussent à recharger le dernier point de passage ou encore des ennemis qui restent bloqués sur place et qu’on ne peut atteindre, ce qui bloque le script là encore. Des petits soucis de collisions sont aussi à noter, ainsi que des cut-scènes parfois un ton en dessous de ce qu’affichent le jeu en temps réel. Au-delà de ça, le tout reste fluide, les temps de chargement sont plutôt courts et le rendu est propre.

Les environnements sont variés et très bien travaillés !
Shooter instinctif, mais aussi parfois tactique, Transformers affiche de beaux arguments, mais aussi quelques petits ratés.
La première chose qui saute aux yeux, c’est la facilité avec laquelle on prend en main notre mécha. Notre avatar robotique répond très bien et se laisse diriger comme un âne courant après une carotte. Ensuite, les différents robots que l’on dirige, aussi bien Autobots que Decepticons, possèdent tous leurs points faibles et points forts, certains sont plus petits et plus rapides, mais moins costauds, et d’autres plus lourds et plus puissants, mais moins rapides. La chose est suggérée par le jeu et on apprécie que celui-ci nous laisse découvrir cette particularité sans nous l’expliquer à chaque changement de mécha. L’armement est au rendez-vous et on ne pourra qu’apprécier les nombreuses armes différentes disponibles, un vrai plaisir, surtout que le corps-à-corps est lui aussi très bien fait.
Petit défaut maintenant, les phases en véhicule, comprenez lorsque notre robot se transforme en bolide, hélicoptère ou tank, sont sous-exploitées dans cet opus. Déjà, on notera une certaine lourdeur dans la maniabilité des véhicules, surtout les bolides qui ont tendance à être peu maniables. Ensuite, le level design est très " couloirs ", bien plus que l’opus précédant, ce qui aide à garder un bon rythme, mais cet aspect nous pousse aussi à quasiment jamais nous transformer, si ce n’est que lors des phases qui nous l’imposent. Dommage, car par exemple, le niveau où l’on joue Vortex qui se transforme en hélicoptère futuriste est jouissif, de même lorsque l’on incarne Optimus qui gambade sur les champs de bataille en automobile armée jusqu’aux dents.
Le level design impose aussi des situations plus scriptées, bien que la majeure partie du temps réussie, avec de grosses scènes d’action jouissives ou encore de l’alpinisme improvisé avec Jazz. On ne peut que pester devant les phases d’infiltrations ratées et le sentiment de suivre un rail constant, hormis lors des rares niveaux un peu ouverts ou lorsqu’on s’attelle à chercher tous les endroits cachés, sans cela on est guidé soit par un chemin tracé, soit par un autre robot. " La sortie est derrière la porte, prends l’échelle, utilise ton grappin, regarde la flèche, " autant de choses assez frustrantes. De plus, le chapitre où l’on joue Grimlock est tellement bon qu’on regrette qu’il ne dure pas plus longtemps, tout comme celui où l’on joue Jazz ou encore Vortex, dans lesquels un sentiment de semi-liberté s’installe, aidé par un level design gagnant cette fois-ci en profondeur grâce à des aires de jeu tout en verticalité.
Ensuite, autre bonne idée au niveau du gameplay : on appréciera de pouvoir changer de main son arme à tout moment, car à défaut de pouvoir se coller aux murs pour se mettre à couvert, on peut tout de même s’en servir pour esquiver quelques balles, l’idée est de tirer sur sa droite en se couvrant sur sa gauche et vice et versa. Après tout, au-delà d’être un TPS, Transformers est avant tout un shooter en 3D qui mise sur une action très dynamique ; se mettre à couvert pendant des heures casserait le rythme, bien que parfois celui-ci impose de jouer un peu tactique, les robots étant assez fragile, il ne faut pas non plus foncer tête baissée. D’ailleurs, certains ennemis imposent de réfléchir à son approche avant l’attaque, jouissive !
Enfin, sachez que les armes sont toutes modifiables, on peut les upgrader en achetant des améliorations, certaines étant offerte à l’achat de base, d’autres devant être trouvées en jeu. Pareil pour certains aspects de notre robot, comme le regain de vie quand on se sert d’une borne d’achat, servant aussi d’inventaire, car on peut y choisir ses armes, une lourde et une légère, mais aussi ses deux autres atouts, drones et boucliers par exemple. À noter que certaines armes trouvées en jeu devront tout de même être achetées dans la boutique pour pouvoir être utilisées. Un système efficace, surtout que l’argent servant à cela se gagne en combat ou en le récoltant en cassant des caisses, nombreuses surtout dans les endroits cachés, dont le jeu ne manque pas et offrant aussi d’autres trésors. L’énergie elle ne remonte pas seule, seulement votre bouclier se rechargera après un court laps de temps sans encaisser de dégâts. Pour la vie à proprement parlé, il faudra récolter de l’Energon, disponible un peu partout dans les niveaux.
Dernier mot sur le multijoueur. Addictif et très bien fait, il propose plusieurs modes de jeu classiques, tels que le Team Deathmatch ou encore la capture de drapeaux, mais aussi un mode Escalade plutôt bon. Celui-ci pourrait être comparé au mode Horde de Gears of War avec un aspect tactique non négligeable en plus. Vous pourrez en effet acheter avec des crédits de nouvelles parties de la carte pour pouvoir mettre en place de nouvelles stratégies de défense ou encore y retrouver de nouvelles armes, munitions et autres pouvoirs. Le joueur aura aussi a loisir de customiser son mécha avec l'expérience gagnée, par exemple ses munitions, son pouvoir, sa classe et son armement.

Voici l'interface d'achat et de customisation !
Comptez environ huit heures pour voir le bout de la campagne solo, c’est dans la moyenne, mais un peu moins que dans l’opus précédant. Surtout que la coop est absente de ce volet, ce qui est bien triste et retire un peu de l’attrait du solo. Le multijoueur est quant à lui maitrisé et très bien fait, une bonne surprise qui pourrait faire accrocher de nombreux joueurs.

Dinobots !
Dynamiques et imposants, les thèmes musicaux soutiennent bien l’action. Ils se font en revanche plus discrets lors des phases de pseudo-explorations ou de dialogues, mais servent bien le jeu. Les bruitages sont bons et les doublages de premier ordre, surtout que le jeu d‘acteur est crédible.
- Un bon scénario
- Une narration bien intégrée au jeu
- Artistiquement fouillé
- Gameplay varié
- Incarner Grimlock
- Un multijoueur bien travaillé
- Quelques bugs
- Cut-scènes parfois un ton en dessous
- Un peu trop dirigiste
- Transformations assez gadgets
- Durée de vie moins conséquente qu'auparavant

En conclusion, on était en droit d'être sceptique à l'annonce d'un nouvel opus de la saga Transformers, mais force est de constater que tous les jeux à licences ne sont pas des ratages. Transformers : La Chute de Cybertron fait partie des bonnes surprises de cette année et on a enfin le droit à un jeu, certes perfectible, mais capable de mettre aussi bien d'accord les fans que les joueurs curieux. On retiendra surtout un travail narratif intéressant et un gameplay varié dû au nombre élevé de robots que l'on peut diriger. Finalement, les quelques défauts n'entachent en rien l'expérience et le multijoueur bien construit la prolonge de belle manière.