ADR1FT – Test

Ancien employé de Microsoft et fervent défenseur de la connexion permanente à l’époque où la Xbox One n’avait pas encore été annoncée, Adam Orth a décidé de quitter le géant américain pour partir créer son propre studio de jeux vidéo indépendant Three One Zero en octobre 2013. Presque trois ans après la fondation de son studio, Orth sort son premier jeu baptisé ADR1FT sur PlayStation 4 le 15 juillet 2016. Le jeu est déjà disponible sur PC pour l’Oculus Rift depuis mars dernier, et le sera sur HTC Vive et Xbox One courant 2016.

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Le Gravity du jeu vidéo

ADR1FT est un jeu pas comme les autres. Une aventure au-delà des frontières de notre belle Terre. À presque 500 kilomètres au dessus de nos têtes se trouve la station spatiale HAN-IV qui a été détruite complètement. À bord se trouvait un équipage complet d’astronautes expérimentés, mais malheureusement tous ont péris, sauf une personne : Alex Oshima. Après la destruction de son vaisseau, Alex se réveille inconsciente, ne savant pas ce qui s’est passé. Son objectif maintenant est de survivre, seule dans l’espace, à des centaines de kilomètres de la Terre, sans aide, et de comprendre où le reste de son équipage est passé, pourquoi la station connaît des dégâts critiques, mais surtout, trouver une capsule de sauvetage permettant de rejoindre enfin la terre ferme. Le problème, c’est que sa combinaison EVA est gravement endommagée. Difficile alors pour la jeune femme de parcourir facilement les débris de HAN-IV pour atteindre son objectif qui est de quitter ce cimetière spatiale.

Quand on joue à ADR1FT pour la toute première fois, on aperçoit la ressemblance frappante avec le film Gravity, sorti en 2013 et réalisé par Alfonso Cuarón. Pourquoi cela ? Car les deux histoires se ressemblent énormément. Une femme, seule, doit tenter le tout pour le tout pour rejoindre en vie, la Terre. Serait-ce un clin d’œil au film ? Une adaptation alors ? On ne sait pas vraiment, mais dans tous les cas, si vous avez aimé Gravity, vous aimerez forcément ADR1FT, et vice-versa.

Certes, le scénario du film, et du jeu est mince et ne tient que sur un post-it. Mais quand vous jouez à ADR1FT, vous ne jouez pas pour son scénario, mais pour l’expérience et les sensations que procurent vraiment le titre de Three One Zero. Espace oblige, la gravité n’existe pas, et la sensation de flotter est excellente. C’est sans doute pour cela que ADR1FT est un FPX, une expérience à la première personne. Une expérience envoûtante car originale et presque inexistante dans le milieu vidéoludique.

«Repetitivity»

Puisque le scénario n’est pas folichon, les missions, elles, ne volent pas haut. Elles se ressemblent toutes et malheureusement, une certaine répétitivité s’installe au bout de deux à trois heures de jeu. C’est là qu’on se commence à s’ennuyer un peu, et il est vrai qu’on est heureux lorsque l’on atteint enfin la capsule de sauvetage pour partir de là. Les deux dernières heures de jeu s’avèrent longues, très longues, et même si ADR1FT se termine en cinq heures de jeu, ces heures, on les compte, et on se dit « mais quand est-ce que cela s’arrête ? ».

Heureusement que ce défaut est « corrigé » grâce à l’immersion que nous procure ADR1FT. Jouer dans l’espace, et avoir cette liberté de flotter, on la voit très rarement dans les jeux vidéo qui traitent de ce domaine. La lenteur des déplacements fait qu’on se sent réellement coincer, pris au piège, dans cette station détruite au milieu de nul part dans l’espace. Ajouter à cela de très bons graphismes et un point de vue tout bonnement fabuleux de notre Terre adorée. À travers les hublots ou en dehors des débris, quel plaisir de s’arrêter quelques instants pour regarder ce que nous offre la vue. De même pour la station en elle-même. Si les pièces intérieures se ressemblent généralement, laissant parfois à certaines d’êtres particulièrement belles, les débris qui volent de partout et la station détruite sont d’un régal pour la rétine. Le tout tourne sous un Unreal Engine 4 qui tient ses promesses. C’est d’une beauté sans casque sur la tête, alors on ne vous dit pas quand on en porte un. En espérant que le jeu sera compatible avec le PlayStation VR. Une belle réussite de ce côté-là.

Houston est-ce que vous me recevez ?!

Côté gameplay, le jeu ne se prend pas en main directement, et il vous faudra un peu d’exercice et d’entraînement afin de contrôler parfaitement notre astronaute. La raison dans tout cela vient du fait que nous sommes dans l’espace. Eh oui, quand on l’habitude d’utiliser seulement deux axes sur terre, ici, il faudra, en plus, dompter le troisième. C’est un peu déroutant au début, mais quand on comprend les mécanismes du jeu, cela devient plus facile à contrôler.

Je ne vous apprends rien, dans l’espace il n’y ni pression, ni oxygène. Et en plus de cela, notre combinaison connaît quelques problèmes. Comment survivre alors ? Facile, grâce à des bonbonnes d’oxygène dissimulées un peu partout dans la station. Également, pour avancer, la combinaison contient des propulseurs. Ces derniers usent de l’oxygène, et très (trop) souvent, il faudra récupérer de l’oxygène si on ne veut pas mourir asphyxié dans l’espace. Du coup, pendant 70 % du temps de jeu, on est quasi tout le temps à récupérer de l’oxygène, et il est vrai qu’à la longue, cela devient un peu fastidieux.

Quand on est au milieu de nul part, dans le vide, et qu’il faut traverser des mètres et des mètres de couloirs, de pièces dans la station, un indicatif de direction est toujours plaisant à avoir. Notre HUB, un brin original puisqu’il s’inscrit comme étant un élément de note combinaison, permet de se diriger plus aisément dans la station. Alors oui, certains diront qu’il n’est pas des plus simples à se repérer et trouver la bonne voie, à cause des trois axes, mais cela donne un peu de « piquant » à notre aventure spatiale, car il n’y a pas vraiment de grosses difficultés et un gros challenge dans ADR1FT.

Le son dans l’espace ? Il n’y a tout simplement pas. Ce n’est pas pour autant que la bande-son du jeu est inexistante, bien au contraire. À certains moments, c’est le vide sonore, on entend rien, mais on apprécie ce calme, mais dans d’autres, des musiques un peu plus « stressantes » apparaissent. Le tout colle très bien à l’ambiance qui ressort d’ADR1FT. En somme, une bande-sonore plutôt discrète, mais qui colle vraiment à l’expérience que veut nous donner le titre d’Adam Orth.

Conclusion

ADR1FT est tout simplement un jeu hors du commun. Une expérience où l’on ressort un peu chamboulé, car après cinq heures de jeu qui peuvent paraître longues, on a encore envie d’y retourner. Simplement pour apprécier les panoramas de la Terre que nous offre le titre, ou encore la sensation de lenteur et de flotter dans le vide. Même sans casque VR, l’immersion est saisissante. ADR1FT n’est pas un jeu exempt de défauts, bien au contraire, mais l’aventure, l’ambiance et l’atmosphère qui ressortent de ce jeu font que l’on peut naturellement passer à côté de ces petits points négatifs.

Points positifs

  • Une excellente aventure
  • Très beau, avec des panoramas de la Terre exceptionnels
  • Cette sensation de liberté, de solitude, et de flotter dans l'espace
  • Une bonne immersion, même sans VR
  • La bande-son qui colle au jeu
  • Le HUB déroutant…
  • Un jeu à part…

Points négatifs

  • C'est très répétitif…
  • Assez court, mais on en redemande
  • Pas de difficulté
  • Assez cher au final pour le contenu proposé
  • 5h pour tout finir
  • … mais qui pimente un peu le jeu
  • … à ne pas mettre sous toutes les mains
7

Bon