TEST – Agents of Mayhem : Saint’s Row 2.0

L’équipe de Volition est-elle conservatrice extrême ? Le studio a travaillé sur pas moins de sept Saint’s Row, quatre Red Faction et cinq Descent. Rares sont donc les nouvelles IP de Volition, et avec l’arrivée d’Agents of Mayhem, on sentait un petit vent d’air frais. Spoiler alert : Agents of Mayhem n’est pas une nouvelle licence.Agents of Mayhem test

Saint’s Mayhem

Agents of MayhemAinsi, évacuons tout de suite l’une des questions récurrentes. Plusieurs fois, il a été demandé aux développeurs si Agents of Mayhem était la suite de Saint’s Row ou si les deux jeux sont dans le même univers. Les développeurs ont botté en touche en déclarant que le nouveau de Volition fait quelques clins d’œil à leur ancienne licence.

En réalité, on peut déclarer sans problème qu’Agents of Mayhem est un nouveau Saint’s Row. Ou plutôt un remaster de Saint’s Row 4. En effet, le nouveau jeu des développeurs est très proche de son open-world fétiche. On retrouve le même humour, quoiqu’un poil plus fin (et moins drôle), les mêmes archétypes de personnage (le joueur possède une sorte de conseillère nerd qui ressemble étrangement à Kinzie des Saint’s), voire même la même structure. Ainsi, pour battre le grand méchant du jeu, il faudra passer par plusieurs lieutenants eux-mêmes divisés en missions. Bref, Agents of Mayhem ressemble à un Saint’s Row qui aurait enfin été modernisé.

Il n’est pas anodin que ce jeu arrive juste après Saint’s Row 4 et Gat out of Hell. La licence était devenue un peu trop WTF pour les joueurs. Agents of Mayhem permet donc de pousser le gameplay plus loin, tout en réduisant les clins d’œil à la culture pop. Ainsi, ce nouveau titre se veut tout d’abord plus scénarisé. Il est tout à fait possible de finir Agents of Mayhem sans passer par la case open-world. En effet, le joueur commence toujours la partie depuis l’Ark, soit le HUB du jeu. On y trouve tout ce qu’il faut. Du gestionnaire de véhicule à l’équipement en passant par la recherche et développement. Enfin, l’écran de mission permet de sélectionner les quêtes principales et secondaires. En somme, il n’y a que les objectifs annexes qui ne sont disponibles uniquement par l’open-world.

Agence tous risques

Agents of MayhemAgents of Mayhem propose également un gameplay plus complexe, car plus dense et rapide. Ainsi, adieu le (seul) personnage customisable de Saint’s Row et bonjour les 12 nouvelles gueules typiquement volitionenne. Ces dernières doivent être débloquées via des missions de recrutement, qui permettent de cerner le personnage. Son background ainsi que son gameplay sont ainsi expliqués. Tous ces personnages sont évidemment différents. Ils ont tous une arme (Mitraillette, arc, épée…), une compétence (grenade, tir puissant, dégât de zone) et un ultime différents. En plus de ces choses classiques, chaque personnage dispose de déplacements différents. Hollywood peut dasher là où Oni peut se rendre invisible. Pour finir, on note également des capacités passives. Certains sont des spécialistes pour détruire les boucliers, quand d’autres seront des as de la barre de vie. Si au début du jeu, on imagine sa dream-team, très vite, on se rend compte que l’équipe doit avant tout être multitâche. Que ce soit par les armes comme par les compétences passives. D’autant plus que certaines missions demandent d’avoir telle ou telle compétence passive.

Évidemment, Agents of Mayhem vous propose de personnaliser comme bon vous semble vos personnages. On note tout d’abord quelques skins d’armes et d’apparence (avec un bon nombre de clins d’œil amusant aux comics…) à débloquer via les missions secondaires et objectifs annexes. Mais ce qui est le plus intéressant, c’est évident la personnalisation des stats. Chaque personnage peut être amélioré de différentes façons. En premier lieu, on retrouve les classiques points d’upgrades que l’on gagne via des niveaux, et que l’on distribue dans l’un des quatre rangs spécifiques à chaque personnage. Il est également possible d’ajouter trois cristaux de puissance, que l’on trouve en réunissant suffisamment de fragments dans la ville. Enfin, une centaine de gadgets sont à débloquer pour avoir son personnage parfaitement équipé ! Ces équipements modifient clairement les attaques des personnages. Il est ainsi possible de rendre une attaque mortelle ou paralysante, de concentrer son rayon ou au contraire, de l’étendre, etc.

En somme, le joueur risque de passer un petit moment à peaufiner son équipe pour arriver à un équilibre parfait, avec des personnages qu’il aime.

Plus rapide, plus moderne, plus fun ?

Agents of MayhemMais les changements apportés par Agents of Mayhem ne s’arrêtent pas là. Le jeu est bien plus nerveux que le gameplay d’un Saint’s Row qui commençait à vieillir. Les personnages sont par exemple plus rapides, plus agiles (jusqu’à trois sauts) tout en gardant une certaine pêche au niveau des gunfights. Par ailleurs, le jeu dispose d’une dizaine de crans de difficulté ! Il vaut mieux choisir la difficulté recommandée, voir un peu plus pour éprouver un peu de difficulté, et donc plus de fun. D’autant plus que chaque cran supplémentaire rapporte plus d’XP et d’argent. Une fois une solide difficulté choisie, on comprend pourquoi Agents of Mayhem est véritablement un jeu solo. Chaque personnage représente certes une arme possible, mais c’est également une vie supplémentaire. En effet, il est possible de choisir trois personnages à switcher d’une pression de bouton. Ce qui représente en réalité trois vies. Un personnage perdu le sera pour toute la durée de la mission (ou jusqu’à un échec). On peut ainsi se retrouver avec des personnages de courte portée, avec la mort du perso sniper sur la conscience. Le joueur apprend vite à switcher de personnages pour faire le maximum de dégâts, mais également à switcher pour ne pas perdre trop de vie (on trouve un système de bouclier régénérant, vie fixe). Un concept vraiment prenant lors de certaines phases délicates. Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, Volition aurait pu tout de même faire un mode coop où chaque joueur incarne un personnage.

Concernant l’open-world, celui-ci est classique comme jamais. Le joueur se retrouve dans un Séoul futuriste où l’on retrouve bien des choses à faire. Agents of Mayhem est d’ailleurs l’exemple de map petite, mais riche, au lieu d’une gigantesque map vide. Véhicules à détruire ou à garer, courses de rue et de toits, sabotages… Chaque mission annexe rapportant, XP, ressources, argent et même des skins. On note également quatre QG ennemis à faire tomber, pour trouver encore plus de choses à faire. On retrouve même des bornes rapportant de l’argent par minute, comme dans… Saint’s Row.

En parlant (encore) de cette licence, sachez que la conduite est la même. Elle est donc assez déroutante et tout en drift. Vous êtes prévenu. Au passage, il est à noter que l’on peut appeler son véhicule de fonction pour que celui arrive en trombe façon Batman Arkham Knight. Un concept bien sympa qui permet de trouver un véhicule rapidement.

Vu, vu et revu

Agents of MayhemConcernant la direction artistique, c’est mi-figue mi-raisin. Ainsi, on apprécie qu’il y ait un mélange de cinétiques avec le moteur du jeu, et des cinématiques façon dessin animé (comme celles de Battleborn… si vous avez joué à ce jeu…). On apprécie également que chaque personnage modifie quelque peu la narration. Chaque héros a sa propre façon de parler et on dénombre ainsi des lignes de dialogues totalement différentes. Hélas, le raccord entre les dialogues fixes et ceux des personnages à choisir est un peu mal fait, beaucoup trop long. On sent que tout ceci est calculé par une machine. Notons également qu’encore une fois, chaque personnage a sa propre manière d’entrer dans le véhicule, ou de lancer son ultime. Des détails qui petit à petit approfondissent grossièrement les perso.

Malheureusement, les ennemis n’ont clairement pas subi le même sort. La chair à canon qui vous sert de cible est affreusement générique. S’il existe beaucoup de types d’ennemis, on n’en compte véritablement que trois archétypes (le soldat, les ninjas et les gros robots). Les bâtiments ennemis sont eux-mêmes touchés par ce syndrome générique. Il arrive fréquemment que l’on passe par des bases souterraines, où il faut remplir un objectif pour passer à la salle suivante (détruire du matériel, tuer tous les ennemis, sauver des otages…), et ainsi de suite. Cependant, on voit clairement que chaque base est construite sur les mêmes assets. On retrouve exactement les mêmes couloirs, mêmes salles, mais liés de manières différentes. C’est au final terriblement redondant de faire le ménage dans ces bases.

Quant à la technique d’Agents of Mayhem, celle-ci s’avère correcte. On ne sent pas tout à fait la « nouvelle » génération de consoles, mais c’est tout de même bien détaillé. Malheureusement, on note des éléments qui pop, et des problèmes avec le GPS. Sachez-le : vous trouverez toujours un meilleur chemin que celui-ci.

Agents of Mayhem - Gameplay

Conclusion

Le problème d’Agents of Mayhem c’est que s’il modernise bien Saint’s Row, on a tout de même l’impression d’avoir déjà joué à ça plusieurs fois. Bien sûr, le jeu est fun, et riche en contenu. Bien sûr, si vous aimez Saint’s Row, vous devriez aimez ce nouveau titre. Le concept des trois personnages est intéressant, apportant de la profondeur aux gunfights. Pourtant, au fond, Agents of Mayhem n’apporte rien. Un jeu sympathique, que l’on prendra toutefois à un prix réduit.

Points positifs

  • Concept des trois personnages
  • Constituer son équipe
  • Bonne durée de vie en ligne droite
  • Deux fois plus en faisant tout
  • Assez nerveux

Points négatifs

  • Toujours les mêmes ennemis
  • Toujours les mêmes décors
  • La conduite et ce maudit GPS
  • L’humour moins réussi
  • L’IA
  • Le sentiment de déjà-vu
6

Acceptable

"Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière." August Strindberg