resident evil

Resident Evil 7

PC PS4 Xbox One
8

Super

8.8

JeuxCaptiens

Analyse d’oeuvre – Resident Evil

resident evil

Le totalitarisme, ça vous dit forcément quelque chose. Peu importe votre parcours, vous avez forcément croisé ce mot un jour ou l’autre à l’école. Pour ceux dont les souvenirs sont flous, le totalitarisme est une version ++ de la dictature. Il s’agit certes d’un groupe politique n’autorisant qu’un seul parti, il confisque certes tous les biens qu’il veut, mais le totalitarisme va encore plus loin. Il ne contrôle pas seulement l’activité des personnes, il s’assure que ces dernières soient d’accord avec l’idéologie. Ce qui implique quelques techniques bien précises. La culture du chef, la propagande, la terreur ou les techniques de suppression radicales sont d’autant d’outils nécessaires au parti totalitaire. Dans le jeu vidéo, on pourrait croire le sujet limité aux jeux de guerre, que ce soit des FPS ou des STR. Pourtant, à bien y regarder, même les évènements d’une licence comme Resident Evil ressemblent fortement à la montée d’un régime totalitaire.

resident evil analyse

Comme on l’a dit, tout mouvement totalitaire commence avec un dictateur, un chef au charisme fort. Inutile de chercher longtemps pour trouver en Albert Wesker toutes les « qualités » d’un dictateur. Si l’on analyse son passé rapidement, on s’aperçoit que celui-ci est un être très pragmatique. Dans Resident Evil 0, il anticipe la chute d’Umbrella, et tente de fuir ce groupe. Il se servira du virus T, mais aussi du Virus Progenitor qu’il avait expérimenté sur Lisa Trevor. Par la suite, il n’aura de cesse de vouloir se venger des STARS (pour lui, ils sont responsables de son état), mais également « d’écrire l’histoire », une phrase qu’il invoque souvent dans la licence. Dans Resident Evil 5, il va encore plus loin et prévoit même de bombarder la planète du virus Uroboros (qui mute aléatoirement), afin de créer une sélection « naturelle », et donc élitiste. Ce qui ferait accessoirement de lui un Dieu.

À travers cette synthèse, impossible de ne pas voir le dictateur grandissant qu’est Wesker. On note tout d’abord qu’il pressent la chute de son groupe, comme les dictateurs pressentent la fin d’un parti politique actuel. Il se sert de cette connaissance pour grimper peu à peu les échelons d’un parti extrême (ici, l’Organisation). On note également une haine farouche, des STARS, là où les dictateurs ont la haine de certains peuples. Son plan final est d’ailleurs de supprimer ce qu’il pourrait appeler les inférieurs : ceux qui ne sont pas capables de garder leur conscience lors de l’injection d’Urobos.

albert wesker

Mais là où le parallèle rejoint presque la réalité, c’est que ce dictateur en herbe va s’abreuver de la connaissance et des recherches scientifiques pour accroître les capacités de son règne. On retrouve cette même fascination de la technologie et du mysticisme chez Hitler ou Staline. Par ailleurs, le culte de la personnalité chez Wesker, se fait via son allure excentrique et sa confiance en soi, mais également sa mégalomanie. Sa mégalomanie (symptôme du culte de soi) s’explique d’ailleurs par une enfance particulièrement horrible.

Évidemment, dans sa quête de pouvoir, Albert Wesker rallie à sa cause toute une armée. Et la meilleure de toutes vous dirait les plus grands dictateurs. Quoi de mieux qu’une armée presque invincible et répondant à tous vos ordres ? Si les zombies sont, dans les premiers Resident Evil, ingérables, Wesker en prend vite le contrôle via des mutations de virus. Ainsi, il a à sa disposions une armée qui ne pense plus par elle même, qui est à sa totale dévotion. Surtout lors de l’épisode 4 ou 5, où les zombies deviennent une véritable milice armée. Nombreux sont les plus grands (et les plus fous) dictateurs à avoir cherché à obtenir de super soldats. Les zombies sont le fruit de ces recherches, notamment via les différentes mutations que propose le virus. L’injection du virus Urobos sur la population dans Resident Evil 5 ressemble également aux approches masquées faites aux Juifs par les nazis. Dans les deux cas, on promet un soin immédiat pour toute une population, ce qui se révèle être un piège.

Resident evil 4

Sans que l’on s’en aperçoive réellement (ce qui est principalement dû à la chronologie émiettée) la licence Resident Evil nous montre la montée en puissance d’un dictateur. Les zombies se révèlent être une armée de civils ne pensant plus d’eux-mêmes, obéissant aux ordres eugéniques de Wesker. Le zombie n’est pas seulement cet ennemi de base rencontré dans un bon nombre de jeux vidéo. Il est ici un véritable ancien civil, qui a été retourné pour obéir à des ordres bien distincts.

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"Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière." August Strindberg

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