TEST – Apollo Justice : Ace Attorney – Pas de répit pour la justice ?

Reconnue par les joueurs de consoles portables, la saga Phoenix Wright a marqué les esprits grâce à sa simulation de tribunal mais surtout à sa bande originale et ses scénarios complexes mais plaisants à suivre. Seulement, elle n’a pas connu que du succès, Apollo Justice : Ace Attorney, opus considéré comme le plus mauvais, pourtant celui qui a le plus fait progresser la saga, s’est vu remastérisé. Ce vilain petit canard peut-il réussir à faire changer d’avis les fans ? Capcom tente un moyen de donner une seconde chance à ce titre sous-estimé.

Apollo Justice : Ace AttorneyOBJECTION !

Apollo_Justice_Ace_Attorney_1Apollo Justice : Ace Attorney est un titre à part dans les épisodes canons de la licence. Il pose plus de questions qu’il n’y répond officiellement, notamment en ce qui concerne le devenir des protagonistes de la première licence. Cet opus peut être vu comme un nouveau départ, celui de nouveaux personnages, plus modernes, faisant face à une justice subtile qui ne distingue plus le bien du mal. C’est en tout cas le parcours qu’a choisi Apollo Justice, jeune avocat au barreau dont la première affaire est de défendre le très célèbre Phoenix Wright. Ce jeune avocat va donc découvrir qu’il faut redorer le blason de la justice et, malgré sa faible expérience, il va devoir tout faire pour réussir à convaincre ses idéaux.

Apollo Justice : Ace Attorney est une nouvelle base appréciable pour les fans. Une nouvelle galerie de personnages est introduite et aura de l’importance dans les prochains opus de la licence. D’Apollo Justice, défini tout au long de l’aventure, à Vérité Wright, fille de Phoenix, nouveau personnage excentrique mais bien attachante.  Comme une transition d’un ancien système de jeu à un nouveau, Apollo Justice se place comme digne successeur avec des histoires surprenantes, par moments habiles, et un rythme plus soutenu que la licence n’avait jamais atteint jusqu’alors. Avec un scénario réussi, des personnages toujours hauts en couleur et une écriture s’inscrivant dans la lignée de ses prédécesseurs, Apollo Justice : Ace Attorney est un opus qui a tout pour plaire. Les enquêtes demeurent plus dynamiques, de la même manière que le gameplay connaîtra une évolution plus conséquente. Apollo Justice est un épisode qui aurait pu être une simple transition ; au lieu de cela, il est un vrai opus qui réfléchit sur le système judiciaire et le modifie allant dans ce processus de nouveauté, ou de renouveau, selon le joueur. Si l’on cherchait une quête de justice et de vérité dans les premiers opus de la licence, celui-ci nous fait réagir sur la manière dont les antagonistes vont façonner la vérité pour assouvir leur soif de justice. Est-ce bien ou mal ? Est-ce juste ou non ? Tant de questions auxquelles on tentera de répondre au cours de notre aventure.

Parc national, jour 1, 15h25 

Le scénario ne peut exister sans sa direction artistique, bien plus élaborée dans ce remake. On retrouve de nouveaux environnements, riches en backgrounds, qui viennent détailler un peu plus les personnages. On comprend leurs parcours par ce décor, parfois surabondant d’objets pour mieux nous perdre, mais dont certains éléments vont être mis en évidence pour trouver des preuves. C’est ce qui a toujours fait la force des Phœnix Wright : Ace Attorney. Perdre le joueur dans le décor pour mieux comprendre où peuvent être cachées les preuves. Soudain, instinctivement, comme un enquêteur, notre œil s’aiguise et nous comprenons la manière dont ont été imaginés les meurtres et où trouver chaque élément pour faire progresser l’histoire. Les Ace Attorney ont toujours joué sur le minimalisme du gameplay pour mieux se concentrer sur le scénario et la récolte des preuves.

D’ailleurs, ce remake est une aubaine pour Apollo Justice : Ace Attorney. Les sprites ont tous été revus à la hausse, les textures en haute définition donnent une seconde vie à l’univers et la direction artistique s’en retrouve embellie. Hélas, il s’agit de la seule amélioration conséquente du jeu : il est certes plus beau, bien plus fin et détaillé que son aîné sur Nintendo DS, mais rien de nouveau n’a été ajouté. La démarche de ce remake est de s’adresser aux fans de la première heure, mais surtout à un nouveau public qui souhaiterait se lancer dans la licence. Rappelons que les trois premiers opus ont été remastérisés de la même manière par Capcom. Un intérêt franchement discutable au vu des différents défauts inhérents de cet opus, dont son manque de nouveauté pour une édition 3DS. D’ailleurs, Apollo Justice : Ace Attorney dispose d’une prise en charge de la 3D. Pas nécessairement utile, elle servira surtout à votre immersion dans cette simulation. En soit, Apollo Justice : Ace Attorney n’a rien de plus que l’objet dont il est adapté et c’est bien dommage.

Réfléchis Apollo !

Le jeu se découpe de la même manière qu’auparavant. La première enquête est un grand tutoriel pour cerner les nouveautés du gameplay et faire une piqûre de rappel. Ensuite, vous réaliserez une série de voltefaces dont la difficulté sera toujours croissante. Le jeu se découpe alors en plusieurs phases : les enquêtes où vous examinerez chaque lieu, interrogerez chaque personnage, récolterez chaque preuve. Ces phases vous permettent de découvrir petit à petit la vérité avant de défendre votre client dans les phases de tribunal.

Ces dernières trouvent une nouvelle dynamique. Le joueur doit toujours pointer du doigt chaque incohérence à mettre en parallèle avec les preuves afin de déceler la vérité. Un gameplay bien rodé, car au centre de la saga depuis ses origines, qui en a fait son succès. Apollo Justice : Ace Attorney se démarque par l’utilisation d’une nouvelle capacité, celle de voir les tics nerveux des témoins. Chaque personnage possède un tic nerveux à mettre en corrélation avec une certaine ligne de dialogue. Ces deux éléments réunis vous permettent alors de découvrir les secrets que cache chaque personnage. D’ailleurs, il faut mettre un point d’honneur sur l’écriture des procès, bien élaborés en sous-entendus dans le but de nous tromper. Bien plus complexe qu’auparavant, le jeu gagne en difficulté par cette nouvelle capacité où l’on doit taper sur un bracelet pour l’activer.

Si l’adage dit que chaque opus apporte son lot d’améliorations, il faut avouer que ce remake n’apporte rien de plus à la formule. Un remake de fond, plutôt que de forme, qui cache une légère frustration. En effet, Apollo Justice : Ace Attorney, l’opus Nintendo DS, avait l’avantage d’être traduit en français. Suite aux manques de ventes, mais aussi aux reproches faits à la traduction hasardeuse ou encore aux différentes fautes d’orthographe, Capcom a décidé de ne plus traduire chaque opus canon de la licence. Pire encore, leur distribution s’en trouvent touchée et les fans hurlent sans cesse à un retour des traductions pour faire renaître la licence. Néanmoins, ce remake HD n’échappe pas à ces griefs puisqu’il est simplement proposé non traduit. Impossible dès lors de s’adresser à de nouveaux publics. Une barrière de la langue qui enfonce toujours plus la saga dans l’oubli. Surtout que le titre est loin d’être avare en informations et dialogues. De fait, l’anglais est un problème pour cette licence basée sur le discours de ses personnages.

PRENDS CAAAAAAAAAAAAAA !

L’autre amélioration majeure de cet opus concerne la bande originale remise au goût du jour. Plus moderne, bénéficiant d’un travail de remasterisation, elle s’avère toujours aussi convaincante. Il en va de même pour les fameuses onomatopées des personnages qui trouvent une plus grande ampleur avec cette amélioration sonore. Enfin, les thèmes sont toujours aussi remarquables et resteront dans la mémoire du joueur. La durée de vie est fidèle aux précédents opus, avoisinant les 15 heures de jeu, de quoi vivre moult péripéties avec ces personnages qui ne manquent pas de personnalité.

Le trailer 3DS d'Apollo Justice : Ace Attorney

Conclusion

Après la refonte technique de la trilogie originale, Capcom ne pouvait pas passer à côté d’Apollo Justice : Ace Attorney. La recette est toujours efficace, les personnages toujours atypiques, mais attachants et les enquêtes palpitantes et stupéfiantes. Ajoutons à cela, une direction artistique qui trouve une seconde vie, ainsi qu’un design sonore toujours aussi entraînant, et vous obtenez un titre majeur de la Nintendo 3DS. Néanmoins, le titre possède de nombreux défauts inhérents à son portage : d’abord son manque d’originalité et de nouveauté, qui aurait pu être apporté par la Nintendo 3DS, ou encore son absence de traduction et sa vente exclusivement en dématérialisé qui va venir ternir son espérance de vie. Si vous n’avez jamais touché un jeu de la licence, nous ne pouvons que vous conseiller de vous tourner vers les opus Nintendo DS, le plaisir de jeu sera supérieur grâce à sa version française. Néanmoins, si la langue de Shakespeare ne vous effraie pas ou que vous êtes un immense fan, vous pourrez vous contenter de cette remasterisation efficace et appréciable.

jeu testé sur Nintendo 3DS dans une version fournie par l’éditeur

Points positifs

  • Des enquêtes palpitantes
  • La refonte graphique et sonore
  • Une écriture efficace emplie de retournements de situations

Points négatifs

  • Pas de traduction française
  • Aucune nouveauté
  • Uniquement en dématérialisé
6

Acceptable