Ark : Survival Evolved – Preview

Ark : Survival Evolved

PC PS4

Ark : Survival Evolved – Preview

Ark : Survival Evolved – Preview
Sorti en accès anticipé depuis juin 2015 sur PC, Ark a failli ne pas arriver sur PlayStation 4. Sony avait en effet jugé que le jeu n’était pas assez fini pour pouvoir le sortir sur la console. Pourtant, il s’agit bien là de la définition d’un jeu en accès anticipé : il n’est pas encore fini. Finalement Sony a accepté de sortir ce jeu non fini. Voyons donc de quoi il en retourne.

arkpreviewJurassic Craft

Si vous aimez Minecraft et Jurassic Park, il y a de fortes chances que le jeu vous plaise, sur le papier du moins. Ark : Survival Evolved plonge en effet le joueur dans un univers où les dinosaures sont vivants, bien vivants et hostiles même. Loin de toute technologie, le joueur est faible, et loin d’être tout en haut de la pyramide alimentaire. Au joueur donc de se construire de faibles pioches en fer pour commencer, puis une cabane, puis des armes, et enfin il pourra atteindre le rêve ultime de chacun : dompter un T-Rex.

Serveur ! Un multijoueur svp

Avant de partir à la chasse aux dinosaures, il faudra faire un tour du côté des menus. On ne lance pas une partie comme cela. Il faut d’abord choisir son serveur. Et ça tombe bien, Ark en propose une multitude ! Le problème est sans doute qu’ils sont soit plein (une session atteint 70 joueurs maximum), ou le ping est trop important. On peut bien évidemment filtrer les résultats pour avoir un ping moins élevé, moins de joueurs ou même jouer directement sur un serveur de l’extension Scorched. On passera donc un peu de temps à atteindre un serveur.

Quant au multijoueur, il est intéressant de voir qu’il fonctionne presque de manière crescendo. Au début des parties, on ne croise pas grand monde, et les interactions sont assez mineurs. On sent même de la peur au travers des autres joueurs. Un climat de tension s’installe. Car ici, il est possible de tuer les humains pour piller les quelques ressources que possède son prochain. Plus tard par contre, le multijoueur prend tout son sens, avec des clans de joueurs. Fonctionner en groupe garantie effectivement une meilleure survie et permet de faire des choses avec plus d’ambitions. Notamment au niveau des constructions. Chaque joueur a son rôle, parfait pour la coordination. Il est donc recommandé de jouer avec un ami, et ça tombe bien, cette édition PS4 propose de la coop !

Il est en effet possible de jouer à seulement deux joueurs, en écran local. Une idée très intéressante qui permet de s’amuser sans doute un peu plus que seul, sans devoir chercher des clans. Pour le peu qu’on ait un ami sous la main (un vrai) on passe beaucoup de temps. En revanche, la coopération est limitée, dans le sens où le deuxième joueur ne peut pas aller trop loin. Le joueur 1 limite le deuxième joueur à travers un genre de dôme rouge. Si le J1 avance, le dôme rouge le suit, ce qui peut entraver le deuxième joueur. De plus, l’écran en local limite beaucoup la vision dans le menu, et on est obligé de plisser les yeux ou de se rapprocher à un mètre de l’écran pour lire. Clairement un mauvais point, quand on sait qu’on passe beaucoup de temps dans le menu.

Meurs un autre jour

Ainsi, Ark : Survival Evolved est un jeu de survie avec une dominante de craft. Lorsque le joueur commence, il se réveille à travers une petite cut-scene qui fait son effet les premières fois. Il faut dire que si cela en jette de se réveiller en voyant un bronchiosaure, cela devient vite gavant quand il s’agit de la 20ème fois. Dans Ark, la mort est commune. Comme le jeu nous plonge la tête la première, difficile de comprendre quoi faire. Il faudra une à trois heures pour bien comprendre les mécaniques de base, sans passer par un tutorial. Un soucis qui peut être très gênant, et qui peut vite lasser les joueurs impatients. Car si le principe de découverte est intéressant, un guide n’aurait pas été de trop pour bien comprendre. D’autant plus qu’on ne meurt pas que par ce manque de connaissance. Il arrive qu’à peine respawné, le joueur se fait attaquer par un dinosaure, et meurt en 3 secondes. C’est encore plus frustrant lorsqu’il faut attendre une minute avant de respawner. Le jeu pourrait tout de même faire renaître le joueur dans des environnements un minimum sain.

Menu, menu, menu

Une fois que le joueur a passé sa première minute sans mourir, il pourra s’intéresser à l’ergonomie du jeu. Il se rendra compte que son plus grand prédateur n’est pas les vélociraptors, mais bien les menus. Passons tout d’abord sur le fait que le jeu est mal traduit. Ainsi le mot « derrière », correspond par exemple à retour. Une mauvaise traduction qui n’aide pas à comprendre le jeu. Déjà une catastrophe sur PC, la version console ne s’arrange pas niveau ergonomie. Dans le menu principal, l’inventaire est un bordel monstre. Tout s’entasse sans que cela soit vraiment trié. Il y a bien des filtres certes, mais ils ne servent pas à grand chose. Le menu des apprentissages est lui aussi une catastrophe. Certains apprentissages ne se débloquent qu’avec un autre, mais il ne sont pas reliés entre eux, comme dans n’importe quel jeu. Enfin pour équiper et déséquiper un objet (exemple une pioche). Il nous a fallut une heure pour comprendre. Il n’y a aucune touche précise pour cela. Il faut équiper l’objet dans le menu rapide (ce qui ne se fait pas non plus avec une seule touche…), et c’est à ce moment que la touche définit permet d’équiper ou non.

Mieux encore, tenir un objet dans ses mains ne permet pas de ramasser des objets, il faut s’en déséquiper pour ramasser quelques baies. Bref, à ce niveau là du jeu, Ark ressemble à l’enfer. Et pourtant, le jeu possède des atouts…

Ça Craft ?

On l’a dit, Ark : Survival Evolved est une jeu de survie à composante de crafting. Cela signifie qu’il faudra vous même faire tous vos objets. Au début donc, le joueur est lâché dans un environnement quelconque. Il faudra assez vite s’attaquer aux arbres pour récupérer du bois et des branchages, ramasser quelques pierres par terre et vos pourrez enfin faire votre pioche : l’outil ultime. Ici, pas de patron comme dans Minecraft. A chaque fois que le joueur gagne un niveau (on XP en gagnant des ressources principalement, en craftant…), il reçoit des points à distribuer dans des engrammes. Ces derniers sont en fait les apprentissages. Par exemple, il faut trois points pour savoir comment on créer un feu de camps. Une fois un apprentissage débloqué, il n’y a plus qu’à récolter les ressources nécessaires et à créer l’objet. Ceci se fait toujours dans le menu, il n’y a pas besoin d’objet pour construire (pas d’atelier donc). Ainsi le jeu est assez linéaire dans le sens où à chaque mort, on construit toujours les mêmes objets.

A noter que chaque outil permet de récolter plus ou moins de ressources. Attaquez un arbre à coups de pioche, et vous récolterez surtout des branchages. A la hache, ce sera surtout du bois. Tandis que pour récolter des fibres et des baies, c’est à la main qu’il faut le faire (avec une hache c’est souvent plus délicat…). Pareil pour les animaux : avec une hache on gagne beaucoup plus de peaux. Ark est donc un jeu de ressources, il ne faudra jamais en manquer pour créer des objets de plus en plus complexes, comme par exemple un lit.

Survival Evolved

Car s’il est possible de jouer à Ark en étant végétarien, ça limite grandement le jeu. Il faut chasser ! Pas seulement pour manger, mais également pour les peaux. Celles-ci se récoltent uniquement sur les animaux terrestres, et généralement pas très gentils. Il faudra s’armer de patience (et s’armer tout court) pour affronter les créatures. Tuer un vélociraptor demande de bonnes armes, et si possible des pièges et des stratégies. Mais également des vêtements de protection. Ainsi, il est possible de créer des structures. Il faudra tout d’abord poser les fondations, pour ensuite poser les murs, le plafond, etc. Ce qui peut permettre de faire sa propre cabane, un lieu sécurisé donc, ou d’en faire une pièce pour tuer plus facilement. Voire même pour dompter un dinosaure plus facilement. Car il est possible de les dompter et même de monter les dinosaures ! Mais cela nécessite énormément de temps pour certains…

Graphical Decreased

Bluffant durant la petite cut-scene, la technique d’Ark reste très décevante. Les graphismes du jeu sont particulièrement datés, on se sent plus proche de la PS3 que de la PS4. Malgré cela certains effets rendent très bien comme l’eau par exemple. Mais en contre exemple, on notera des effets de flare absolument insupportables et incompréhensibles. Pendant la nuit, l’eau brille comme un gyrophare de police par exemple. On notera également des animations assez limitées, avec des bugs de collision fréquents (des dinosaures rentrant leur tête dans une cabane par exemple). Même les personnages sont limités. On a l’impression d’avoir à faire à des clones, avec des corpulences cependant variés. En effet, l’éditeur de personnages permet surtout de modifier la corpulence de notre personnage, et le rendre surtout abominable. En revanche, ce qui concerne les cheveux, le visage… tout ceci est limité. Ce n’est certes pas l’intérêt du jeu, mais cela permettrai de moins avoir l’impression d’être le même personnage que tout le monde.

On comprend clairement pourquoi Sony n’a pas voulu d’Ark: Survival Evolved sur sa console. Le jeu n’est vraiment pas fini et l’était peut-être encore moins à l’époque. L’ergonomie et la traduction faites à moitié sont un véritable enfer. Rien n’est fait pour que le joueur reste. On est perdu face à ce qu’il faut faire. Pire encore, on meurt très vite, trop vite. Vous voilà prévenu, si vous vouliez mettre 35€. Et pourtant. Et pourtant Ark est une bonne expérience de jeu, après une à deux heures absolument frustrantes. Étrange, pourtant le jeu se révèle finalement agréable à jouer, et on se surprend à construire des choses, à avoir des ambitions de plus en plus grande, avant de mourir bêtement et de perdre tout son équipement pour une déshydratation. Ark : Survival Evolved est un T-Rex, hostile, difficile et long à dompter, mais une fois qu’on est sur son dos, c’est le pied.

Un achat pour lequel on réfléchira plus que jamais à deux fois, avant de composer le code de la carte bleue.