Ava – Back in Cannes 2017 : la lumière du cinéma français ?

Ava – Back in Cannes 2017 : la lumière du cinéma français ?

Sélectionné en Compétition Officielle l’année passée au Festival de Cannes, American Honey avait su créer la surprise. Road movie porté par la quête initiatique d’une jeune femme en rupture avec sa famille, le film réalisé par Andrea Arnold réussissait à emporter le spectateur dans cette quête existentielle. Si l’on parle de ce film afin d’introduire celui qui nous intéresse plus en détail, ce n’est pas un hasard. Ava, premier long-métrage signé Léa Mysius, conte l’histoire d’une jeune adolescente de 13 ans qui apprend durant ses vacances avec sa mère qu’elle va perdre la vue ou plus particulièrement : sa vision nocturne. Les journées vont donc raccourcir pour elle, et va se révolter, chercher à vivre une autre vie, une vie qui la rende heureuse. Ava, n’est pas un road movie, mais bien un film sur la quête d’identité. Une quête déclenchée par un évènement bien précis qui est ici : la perte d’un sens. Même si utilisé de temps à autre afin de faire avancer le récit, la perte de la vue va rapidement s’avérer être un prétexte afin de lancer l’histoire. Une histoire prévisible dans les grandes lignes et dont construction répond aux normes habituelles à l’écriture de tout bon scénario, mais qui a la force de happer le spectateur dès les premiers instants.

À l’instar d’une Julia Ducournau pour ne citer qu’elle, Léa Mysius est une jeune réalisatrice diplômée de l’école : la FEMIS. Elles ont été à la même école et ça se ressent dans leur façon d’écrire et d’aller à l’essentiel. Une bonne chose afin de dynamiser son récit et de contextualiser le plus rapidement possible. Manière d’immerger le spectateur le plus rapidement au sein de l’histoire et de créer une empathie ou un quelconque rapprochement envers le ou la, protagoniste. En ce sens, Ava est une franche réussite grâce à un scénario qui va à l’essentiel et caractérise avec force et entrain ses différents personnages. Et ce, qu’ils soient principaux ou secondaires. Tout est bien amorcé afin que le spectateur ne soit jamais délaissé, et se dise au moment opportun : « ah oui, c’est vrai que… » ou « ah oui, je l’ai vu plus tôt… ». De plus, le film Ava repose sur un scénario qui jongle avec habilité entre les différents genres. Redondance, lassitude ou ennui sont donc des termes qui ne conviennent pas à la description de ce film. Une quête existentielle à l’image de la vie, donc ponctuée de moments de joies, de sourires, mais également de moments de doutes, de larmes et de peur. Ava, c’est une première réalisation et comme toute première réalisation, elle est ponctuée d’incertitudes. Léa Mysius tente des choses, offre à son film de magnifiques fulgurances et moments qui sortent le film de son carcan et lui offre un souffle bienvenu. Moments néanmoins bien trop rares pour soulever le film à un autre niveau.

Le film Ava, n’en reste pas moins une première réalisation de qualité. On reconnaît le talent d’un metteur en scène, lorsque son premier film est un film d’artisan. Un film où chaque détail est pensé, où chaque cadre et disposition de lumière à un intérêt autre que faire du beau pour du beau. C’était le cas dans Grave de Julia Ducournau et c’est également le cas, dans une tout autre mesure (genre différent…), dans Ava de Léa Mysius. Joliment éclairé avec une photographie naturaliste qui ajoute au charme d’un film qui se veut de plus en plus rural au fur et à mesure de son développement, mais également bien cadré, même si la concession de plans aurait pu être encore plus forte. Léa Mysius cède à la volonté de trop en montrer, occultant complètement le hors champ et ne laissant pas suffisamment place à l’inventivité du spectateur. Ava, un film de caractère, une quête existentielle portée par l’impressionnante prestation de sa jeune actrice principale : Noée Abita. Sans oublier l’excellente Laure Calamy.

Synopsis : « Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite… « 

Ava - Bande Annonce

Laisser une réponse