TEST – Battlefield 1 : They Shall Not Pass : Les Poilus entrent en guerre !

PC PS4 Xbox One

Débarqué fin 2016 sur PlayStation 4, Xbox One et PC, Battlefield 1 est probablement l’un des meilleurs FPS de guerre, aussi bien en solo qu’en multijoueur, de ces dernières années. En proposant un cadre très peu utilisé jusqu’alors, la Grande Guerre de 14-18, DICE ne s’est pas trompé et a frappé un grand coup dans la fourmilière d’un genre qui avait bien du mal à se renouveler depuis quelques années déjà. Campagne solo intelligente et brutale, multijoueur jouissif et proche de la perfection, réalisation graphique et sound design de fou furieux, Battlefield 1 est une réussite sur presque tous les plans. Presque, car une petite polémique avait aussi accompagné la sortie du jeu, celle là même qui tente d’être évincé en partie avec la sortie de They Shall Not Pass, premier DLC multijoueur pour Battlefield 1. En effet, l’absence de l’armée française et de la Russie du conflit avait quelque peu décontenancé les joueurs, surtout que ces deux nations furent des acteurs majeurs de la Première Guerre Mondiale, cumulant à elles deux près de 15 millions de morts. Electronic Arts et DICE avaient alors annoncé que les deux premiers DLC dédiés au jeu intégreront pour le premier les Poilus français et pour le deuxième l’armée Impériale Russe. Au-delà du fait qu’il faille encore passer à la caisse pour se permettre d’incarner les fantassins de l’un et l’autre des deux pays, il nous faut aujourd’hui juger du contenu de They Shall Not Pass et de l’arrivée des Poilus dans Battlefield 1, alors est-ce que la stratégie d’EA et DICE est pertinente ?

Un Poilu seul dans les tranchées

Sans renier le fait qu’accueillir enfin l’armée française dans Battlefield 1 a été une très grande joie, tant elle a compté dans le conflit dépeint par le jeu de DICE, nous devons bien avouer être restés quelque peu sur notre faim. En effet, hormis quelques anecdotes données en écran de chargement ou les skins des différentes classes, rien de plus n’a été accompli pour mettre en valeur la bravoure de nos poilus lors de la Grande Guerre. On aurait aimé trouvé un arc scénaristique solo pour rendre justice au sang versé par nos ancêtres et ainsi se replonger dans l’ambiance glaçante du conflit par la même occasion, mais malheureusement rien de cela n’est au programme, on a « juste » le droit à quatre nouvelles maps, quelques nouvelles armes, un nouveau mode de jeu et quelques autres ajouts comme une nouvelle classe Elite et un nouveau tank qui porte bien son nom, le Mastodonte. Dommage, car l’idée d’incarner un français dans les tranchées de Verdun aurait pu être en totale adéquation avec l’esprit très violent et réaliste présentée tout au long de la campagne solo de Battlefield 1.

Battlefield 1They Shall Not Pass TestDes maps convaincantes 

Quatre nouvelles maps donc et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y en a pour tous les goûts. La première que nous aborderons était sans aucun doute la plus attendue puisqu’il s’agit des Hauteurs de Verdun. Une carte équilibrée nous faisant aussi bien évoluer dans d’étroites tranchées enflammées, que dans une vaste plaine, dont le point central, sont les ruines d’une église, le tout donnant sur un petit village-rue. Peu importe le mode de jeu choisi, Hauteurs de Verdun se montre sans mauvais jeu de mots à la hauteur des attentes, même si on espérait peut-être une map 100% tranchée. Fort de Vaux quant à elle nous rappelle la belle époque de Battlefield 3, voir 4, notamment le DLC Close Quarters du premier, puisque proposant essentiellement des combats en intérieurs dans un immense fort aux corridors étriqués et dans lequel la mort peut arriver à chaque tournant. Inutile de dire alors que cette map se marie bien avant tout avec des modes de jeux de type Domination ou encore Ruées, tant les affrontements se montrent intenses et meurtriers, du tout bon.

Soissons quant à elle est sans aucun doute la map la plus classique et déjà vue de ce DLC. On y retrouve une zone très large parsemée de plaines, de petites barriques, ainsi que d’un village. L’impression de redite est d’autant plus présente que tout ce qui est présent en terme de constructions humaines semble provenir d’autres cartes du jeu, comme celles se déroulant à Amiens ou encore Saint-Quentin. Néanmoins, pour les férus de véhicules aériens et terrestres, Soissons est une map de choix, mais n’en reste pas moins la plus dispensable du DLC selon nous. Enfin, Rupture est elle aussi belle que mortelle. Proposant des champs de Coquelicot à perte de vue, mais aussi quelques zones de tranchées et de trous de mortiers, des hameaux et collines verdoyantes, naviguer à découvert sur cette dernière s’avère assez délicat. Plutôt réussie, elle offre des parties de grandes envergures parfois très intenses malgré sa taille moyenne et permet à chaque classe, chaque véhicule de s’exprimer comme il se doit.

Un nouveau mode de jeu terriblement efficace

Mais la nouveauté la plus marquante est sans aucun doute le mode de jeu inédit qui débarque avec They Shall Not Pass. Intitulé Ligne de Front, il offre de longues, mais de très longues parties dans des affrontements qui mêlent à la fois la Conquête et la Ruée. Le team play est ici primordial et seule une équipe qui agit de concert peut remporter la victoire. En gros, il s’agit là de devoir capturer toutes les positions marquées par des drapeaux sur la carte pour ensuite arriver dans la base adverse et faire exploser deux points stratégiques pour l’emporter. Chaque drapeau se capture de manière indépendante et l’équipe qui prend possession de l’un d’entre eux avance vers le suivant le rapprochant un peu plus du QG ennemi. Il est même possible que les parties se finissent par une égalité et c’est en cela que les parties peuvent être très longues, atteignant ainsi l’heure de jeu parfois, puisqu’il n’est pas ici question de tickets comme pour les modes de jeu classiques comme Conquête ou Ruée par exemple. C’est intense et franchement excellent, car en mélangeant habillement deux de ses modes de jeu les plus appréciés, DICE parvient a renouvelé l’expérience Battlefield 1 et a apporté un vent de fraîcheur bienvenu. On assiste bien souvent à des batailles de position qui se marient élégamment bien avec le concept même du jeu s’appuyant sur la Grande Guerre, une très grande réussite qui justifie presque à elle seule l’achat du DLC. A noter que ce mode de jeu devient aussi accessible sur les maps standards de Battlefield 1 et cela fonctionne encore une fois très bien.

Battlefield 1 They Shall Not Pass Test

Des armes, une classe Elite et le Mastodonte 

Pour le reste, nous avons le droit à l’apparition d’un nouveau véhicule spécial qui se débloque donc sous condition en la présence du Mastondonte ou 2C pour les intimes. Un énorme blindé pouvant contenir cinq joueurs et véritablement capable de retourner une situation mal engagée. Doté d’une puissance de frappe destructrice et d’un blindage à toute épreuve, autant dire que l’équipe qui se le voit octroyer va faire des ravages dans les rangs ennemis, peut-être un peu trop d’ailleurs, puisqu’il arrive que l’arrivée de ce monstre sur le champ de bataille déséquilibre les parties, même si l’utiliser procure un pied énorme. Vient ensuite un nouveau tank français plutôt le Saint-Chamond, excellent lorsqu’il s’agit de créer des percées dans les lignes ennemies. Armé d’un gros canon lourd et de tourelles mitrailleur sur les côtés et à l’arrière, il s’avère être un bon ajout à la déjà longue liste de véhicule disponible de base. Enfin, il nous faut aussi dire un petit mot sur la nouvelle classe Elite de They Shall Not Pass. Appelées Raider des Tranchées, elle est – selon nous – plutôt décevante et rarement d’un grand secours, même s’il elle permet de tenir efficacement une position ou de soutenir comme il faut l’infanterie dans ses tentatives de percées. Le fait est qu’elle est puissante sur courte distance et dispose d’un arsenal de grenades plutôt impressionnant, mais tombe aussi terriblement vite, et cela, même si elle est blindée. On espérait quelque chose de plus adéquat à toutes les nouvelles maps et non seulement à celle proposant les combats les plus rapprochés que les autres. On préfère largement la Sentinelle du jeu de base et qui s’en rapproche fortement, car plus complète à notre sens.

Passons maintenant au nouvel armement disponible après avoir été débloqué en remplissant certaines conditions pour chaque classe.On apprécie que ces dernières ne nous soient pas offertes dès l’achat et qu’il faille remplir certains pré-requis pour les débloquer comme tuer un nombre donné de joueurs avec une certaine arme, etc. Pour ce qui est de l’Assaut, l’ajout est de taille, car la nouvelle arme Ribeyrolles 1918 est une véritable petite pépite et permettra enfin à cette classe d’être aussi efficace au corps-à-corps qu’à mi-distance, voir plus. Elle s’accompagne d’un nouveau fusil à pompe, le Sjögren Inertial, qui se veut dans la droite lignée des autres armes du genre. La classe Scout se voit offrir une arme à verrou des plus puissantes avec le Lebel 1886, certes ne nous permettant pas d’enchaîner les tirs, mais proposant une capacité meurtrière accrue. A noter que cette dernière est déclinée aussi bien en modèle infanterie sans lunette qu’en fusil de sniper classique. Le RCS 1917 nouveau fusil semi automatique du Medic est lui aussi très utiles, car disposant des mêmes cartouches que le Lebel du Scout, sans la contrainte du rechargement à verrou. Pouvant tirer jusqu’à six tirs d’affilés, il est proposé en version optique ou classique et est très efficace à toute distance. Il l’est tellement que même les éclaireurs s’en prennent plein les dents, ce qui en fait une arme de choix permettant au Medic de s’élever d’un cran sur le champ de bataille. Enfin, notre petit coup de cœur est surement le Chauchat, nouvelle pétoire du Support. Elle est disponible en deux versions, une dite légère et l’autre lourde, et privilégie la puissance au chargeur grande capacité et à la cadence de tirs élevés. Elle permet néanmoins de faire de véritables boucheries, car très stable et efficace, une véritable petite bombe.

Pour finir, They Shall not Pass propose aussi divers autres ajouts, comme de nouvelles pages CODEX à débloquer, de nouvelles plaques et médailles, ainsi que deux nouvelles opérations franchement plaisantes. Le côté combat au sol du DLC est aussi à mettre en avant, car si les escouades aériennes peuvent parfois s’exprimer, on est ici en présence avant tout de maps appelant à l’affrontement direct et au sol, ce qui tranche quelque peu avec le jeu de base, même si ce n’est en rien gênant, bien au contraire. DICE a su varier son offre et permet à tous les joueurs de pouvoir ainsi s’exprimer dans les conditions qui leur correspond le mieux.

Battlefield 1 They Shall Not Pass Test

Conclusion

They Shall Not Pass est à Battlefield 1 ce qu’était Close Quarter à Battlefield 3, un DLC rafraichissant plus centré sur l’infanterie, mais qui n’oublie pas non plus les aficionados de véhicules en tout genre. On aurait aussi aimé une plus grande mise en valeur des Poilus qui ne sont ici présents que pour le skin et rien d’autre, alors que la nouvelle classe Elite est à notre sens le plus gros ratée du DLC, même si restant suffisamment puissante pour faire tomber quelques ennemis. Mais ne boudons pas notre plaisir, les nouvelles maps font le job, le mode Ligne de Front fait des merveilles et les divers ajouts à côté sont tout aussi bons. Un bon DLC en somme prolongeant admirablement l’expérience Battlefield 1 en mettant d’autant plus l’infanterie en avant.

Points positifs

  • Les Poilus débarquent dans Battlefield 1...
  • Ligne de Front, un mode jeu en or
  • Quatre nouvelles maps très prenantes
  • L'infanterie en avant
  • Les nouvelles armes, le Mastodonte et le Saint-Chamond
  • Un DLC complet qui prolonge admirablement l'expérience Battlefield 1

Points négatifs

  • ... Mais ce n'est que du skin
  • La nouvelle classe Elite décevante
  • La réutilisation de certains assets graphiques
8

Super