Battlefield 1 – Test

Lors de son annonce, Battlefield 1 a clairement suscité la hype, devenant ainsi le FPS de fin d’année, devant le discret TitanFall 2 et le très boudé Call of Duty Infinite Warfare. Pourtant, la sortie de Battlefield fit particulièrement polémique dans notre pays. L’absence de troupes françaises dans le jeu a en effet fait réagir, et a aussi tôt fait ressortir tous les points non historiques et fantaisistes, habituellement oubliés par les joueurs.

battlefield-1test-jeuxcapt« L’Histoire est écrite par les vainqueurs » R. Brasillach

Commençons donc par le point qui fâche et a fâché : non Battlefield n’est pas réaliste. Dès le début du jeu, DICE nous met en garde, le jeu est inspiré de faits réels, celle de la Première Guerre mondiale, mais pas tout à fait. En pauvres français que nous sommes, nous avons appris qu’il s’agissait d’une guerre de tranchées, où les soldats mourraient de maladies, du gaz moutarde et les déserteurs font autant de morts que ceux servant de « chair à canon », à cause d’ordres idiots. Cette guerre que l’on peut voir dans Les Sentiers de la Gloire n’a pas été que celle-ci. Ainsi, DICE propose non pas de nous plonger dans une guerre de position, mais prend plutôt l’angle de la technologie et de l’héroïsme. La nouvelle façon de faire cette guerre nous est décrite, assez abruptement, mais efficacement (armures pare-balles, biplans, premiers tanks, trains blindés…), tandis que la guerre, habituellement glorifiée par son côté épique est ici réduite à la valeur des hommes qui la font. Il n’y a pas ici d’armée de 200 hommes qui se jette sur un objectif, le jeu prend le parti pris de nous faire voir la guerre à travers des anonymes ou des figures célèbres.

Cette nouvelle vision est à double tranchant : elle est en effet assez novatrice dans le jeu vidéo, on a l’habitude de l’épique, de l’héroïsme outrancier, mais cette retenue est aussi frustrante, car quand vient la fin de la campagne, rien n’a vraiment retenu notre attention. Enfin, pour ce qui est du gameplay, car ce que l’on retient, c’est finalement les portraits des personnages.

Paradoxalement, ces portraits sont pourtant maladroits. De par leur mise en scène d’abord, puisque l’action, le gameplay sont hachés. Toutes les 10 minutes, une cinématique nous coupe l’herbe sous le pied. On se demande presque s’il n’y a pas autant de cinématiques que de temps de jeu. Les histoires que nous raconte le jeu sont efficaces, même si elles s’appuient sur des clichés (le déserteur qui revient sur sa décision ; le héros condamné…). On note tout de même des idées intéressantes généralement développées à la fin d’un chapitre, via des « cartons » (écriture sur fond noir). Certaines phrases n’hésitent pas à remettre en question certains combats, comme l’implication des Britanniques au Moyen-Orient par exemple.

Jouer à la guerre

On l’a vu, Battlefield 1 s’appuie sur des portraits pour sa campagne. Chaque portrait est en fait un chapitre, soit 6 pour environ 5 à 6 h de jeu selon votre difficulté (on recommande le mode difficile, même si en normal, quelques pics de difficulté se font sentir). En parlant de la difficulté, ne comptez pas sur l’IA qui est quasi absente. Les ennemis restent sur place, tire deux à trois fois puis envoient une grenade et ainsi de suite.

Depuis Battlefield 4, et encore plus avec Hardline, les Battlefield nous proposent des séquences très linéaires, nous forçant à tuer tout ce qui bouge, et des séquences plus ouvertes où il est possible d’être totalement silencieux, voire de ne tuer personne. Battlefield 1 nous ressort ce système, en ajoutant de nombreuses caisses d’armes sur votre chemin. Celles-ci proposent des armes primaires, mais aussi des secondaires (explosifs, sniper à balles blindées, lance-roquettes) et même des armes de corps-à-corps. Dans certains niveaux il est même possible d’utiliser des véhicules s’avérant absolument cheaté (le cheval est tellement rapide que les ennemis ne nous tirent pas dessus, le char léger est quasi invincible). Battlefield 1 propose également de prendre des positions ennemies en les atteignant puis en éliminant les ennemis qui viennent la défendre. Un point agréable, car proche de la réalité, mais aussi du multijoueur, car la Capture de Point est l’un des modes emblématiques de la saga.

On note qu’il y a beaucoup d’objets et de défis à réaliser lors de la campagne pour ceux qui aiment tout finir ou les amateurs de scoring. Récupérer ces objets débloquent des informations sur la Guerre, ce qui est peut-être intéressant sur un plan éducatif, mais si vous cherchez l’éducatif, on vous conseille plutôt Soldats inconnus : Mémoires de la Grande Guerre.

Merveille de la guerre

À peine annoncé qu’on s’en doutait déjà : Battlefield 1 sera magnifique. Évidemment les premiers trailer de gameplay donnaient envie, mais on se doutait qu’il s’agissait de captures sur des PC de compét, on attendait donc le vrai résultat, surtout sur consoles. Clairement, Battlefield 1 est une belle claque graphique. Certains décors sont incroyables (l’Italie et le No Man’s Land en tête), les effets visuels sont saisissants et les combats sont toujours aussi incroyables en multijoueur. Hélas, il y a des tâches sur ce tableau, notamment sur la physique du jeu. Les chevaux passent tous les obstacles grâce à leur corps élastique, on ouvre des portes à trois mètres de distance, tandis que les corps volent (au lieu d’être arrachés). L’immersion totale en est brutalement éclatée.

Le cœur : le multijoueur

Évidemment on n’achètera pas pour Battlefield 1 pour son solo, mais pour son multijoueur. Celui-ci s’avère sans surprises : on retrouve un Battlefield dans les règles de la licence. Cependant on peut tout de même noter quelques nouveautés, notamment sur les classes puisque l’Assaut remplace l’ancien Ingénieur, il pourra donc détruire les véhicules avec de la dynamite et un lance-roquette. Le Soutien ravitaille ses collègues en munitions et répare les véhicules. L’Éclaireur peut désormais se renseigner sur les positions ennemies et endommager les véhicules grâce à des balles blindées. Quant au Médic, sans surprises, il soigne les vivants et ressuscite les morts. Là où il y a vraiment nouveauté, c’est qu’il y a des classes pour les véhicules. Si on pouvait spawner en éclaireur et prendre un tank (pourquoi pas…), on spawn désormais directement dans le tank avec un équipement moindre.

D’autres petites features ont également changé. Avant, passer des niveaux débloquait instantanément de l’équipement. Maintenant, être promu permet de gagner des « bons », soit de l’argent qui vous permettra d’acheter du nouvel équipement. Bien que la chose ne soit pas nouvelle (on a déjà vu ça dan Black Ops par exemple), elle permet d’acheter directement l’arme que l’on veut au lieu d’attendre dix promotions. On note tout de même que certains équipements (notamment les armes de mêlée) demandent d’être à un certain niveau avec une spécialisation, car oui, jouer une classe permet de faire son niveau avec celle-ci.

Pour ceux qui ne seraient pas patients, il est possible de gagner (ou d’acheter…) des Battlepacks. Ces derniers sont des coffres offrant aléatoirement une arme custom, avec un joli petit surnom. Pratique quand on est à court d’argent.

Enfin, Battlefield 1 a clairement subi l’influence de Star Wars Battlefront puisque les fameux « Kits » sont de retour. Il s’agit de bonus qui apparaissent sur la carte de temps à autre et permettent de devenir un soldat armé d’un lance-flamme ou d’une puissante mitrailleuse, le tout couvert d’une épaisse armure. Avoir ces kits s’avère être très précieux, sans non plus être trop avantageux.

Modes et cartes

Concernant les modes de jeu, on retrouve la Conquête de drapeaux et la Ruée (attaquer ou défendre deux positions plusieurs fois de suite, faisant ainsi évoluer l’étendue de la carte) et le team deathmatch. On notera l’arrivée de la Capture de Pigeon. Grosso modo, un pigeon apparaît sur la carte et il faudra qu’un des membres de votre équipe l’attrape et le garde assez longtemps pour l’envoyer ; il faut trois pigeons pour gagner la partie.

Mais ce qui est finalement le plus intéressant et qui pourrait être un mode permanent dans les prochains Battlefield, c’est le mode Opération. On choisit tout d’abord son théâtre d’opérations sur la carte, puis une fois sur le terrain il faudra capturer des positions, comme dans le mode Conquête. Si votre équipe arrive à sécuriser tous les secteurs et à les nettoyer de leurs ennemis, ils seront à vous et de nouveaux objectifs apparaîtront. En revanche, si l’assaut échoue, il vous reste encore deux assauts pour réussir. En revanche, si vous échouez vous perdrez ce terrain. Lorsque les attaquants réussissent tous leurs assauts, il passe à la deuxième carte. Chaque Opération est en effet divisé en deux cartes. Au final, cela ressemble à de la Conquête en mode ruée, car une équipe défend et l’autre attaque, mais ce sont des positions qu’il faut maintenir, et non des objectifs à détruire. D’autant plus que tout ceci est enrichi avec une cinématique montrant les points stratégiques, avec la vision d’un soldat anonyme sur cette prochaine bataille. Jamais Battlefield n’a mieux porté son nom et aura rendu immersive et pseudo-réaliste la capture de points stratégiques.

Petit bémol pour la fin de chaque partie : l’écran, ou plutôt les écrans de résumé sont beaucoup trop bordéliques pour qu’on puisse s’y retrouver facilement. La faute à une volonté de satisfaire les égos de tous les joueurs, y compris les plus mauvais qui pourront être premiers… de leur escouade de deux joueurs. De plus, pour quitter la partie lors de la fin d’une game, il faudra attendre le début d’une autre. C’est souvent long et donc rageant.

On a vraiment l’impression qu’Eletronic Arts tente des choses avec sa licence Battlefield. Après un Hardline en demi-teinte (très bon solo, mauvais multi), ce Battlefield tente une autre approche de la guerre, plus intimiste, plus concentrée sur l’avancée technologique et la vision des soldats, qu’ils la subissent ou qu’ils en profitent. Évidemment la mise en scène et le gameplay en pâtissent et on à la fois l’impression de n’avoir joué à rien d’exceptionnel, mais d’avoir vu quelque chose de très intéressant. Concernant le multi, c’est du classique et efficace, livrant souvent de beaux moments épiques. Reste le mode Opérations, sur lequel on a bien envie de passer plusieurs nuits dessus. Enfin, pour les amateurs de graphisme, Battlefield 1 fait clairement honneur à la console, malgré une gestion de la physique beaucoup trop capricieuse.

Points positifs

  • Visuellement Magnifique
  • L’avancée technologique de l’époque mise en avant
  • L’héroïsme personnel et non l’épique de la guerre
  • Choisir l’ordre des missions
  • Le mode Opérations
  • La modélisation d’Amiens

Points négatifs

  • Trop cinématographique
  • Campagne oubliable
  • L’IA complètement dans les choux
  • Physique risible
  • Menu de fin de partie multijoueur
8

Super

« Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière. »
August Strindberg

2 Commentaires

  1. je ne suis pas d’accord avec la note élevée de ce jeu.

    Premièrement le solo est juste une insulte,court ,scriptée,on peut à peine aller là ou on veut.7h de jeu et en plus oser faire un hommage à ceux qui sont tombés au combat,la goutte d’eau qui fait déborder le vase.c’est juste se ballader avec un tank ensuite un avion,ok c’est plutôt bien fait mais c’est pas non plus une claque visuelle.

    Heureusement que le multi est là sinon ,ce jeu ne vaudrait rien du tout,là on a tout ce qui fait une guerre,armes,véhicules,les sons des armes, les détonations, etc tempête de sable,pluie,la boue qui se colle aux armes,on peut en dire long sur le multi
    MAIS une mise à jour de marde,qui ne permet plus de savoir sortir via le menu,obligé de sortir du jeu pour relançer une partie,menu du jeu souffrant d’un ralenti comme si la console souffrait pour lire le cd,à croire que le carte graphique ne suit pas,ou pas assé de ram ou que sais-je,bref on dirait que le jeu n’est pas optimisé pour la console.Il y a intérêt à sortir un correctif qui va endiguer tout cela,bug à foison,on se retrouve coinçé dans un mur parfois quand on essaie de se planquer.

    6 sur 10 qu’il vaut pas plus et suremment pas 60euros

    • @heu56 : Tu sembles avoir pas mal de choses à dire sur BF1. Tu peux proposer ton test sur la partie test des membres si tu le souhaite 🙂

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