Black Mirror – La troisième saison était-elle nécessaire ?

Black Mirror – La troisième saison était-elle nécessaire ?

Dans le monde de la série TV, nous avons les shows pour divertir et les autres. Dans la première catégorie, il est facile de penser à des séries comme The Flash, Supernatural et bien d’autres. Dans la seconde, on y retrouve du Westworld – voire n’importe quel programme HBO –, mais aussi Mr Robot. C’est une tout autre série dont nous allons parler, une série qui utilise son principal média comme source de malaise pour le spectateur. Adepte de la PLS, serrez bien les fesses et accrochez-vous à votre canapé, car nous allons parler de la saison 3 de Black Mirror.

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Pour contextualiser, Black Mirror est une série anglaise diffusée sur Channel 4 qui porte une réflexion sur l’avenir de la société via les médias, les téléphones portables, les réseaux sociaux, etc. D’ailleurs pour ceux dont la langue de Shakespeare est plus qu’une simple LV1, Black Mirror signifie « Écran noir » en référence à l’écran des ordinateurs/TV/Téléphone – insérer ici un bon nombre de technologies avec un écran portable ou fixe. Après deux saisons et un épisode spécial qui vous détruisent le moral et vous épuisent physiquement, la série revient avec Netflix pour une troisième saison de six épisodes. Au lieu de trois, vous en aurez six pour remettre en question votre existence ! Le but de cette critique sera de revenir sur la troisième saison afin de savoir si Netflix à bien fait d’engager une troisième partie à cette anthologie déjà bien complète.

Cette nouvelle saison de six épisodes est plutôt intéressante dans les thématiques abordées que dans le choix des réalisateurs, principalement, de jeune metteur en scène ayant approché ces nouvelles technologies par le passé. D’une vue d’ensemble, difficile de résumer la série, car il faudrait vous spoiler le contenu de chaque épisode – qui doivent se révéler être une surprise pour le spectateur – on parlera simplement des thématiques propres à la série. Par exemple, la technologie est traitée sous différentes formes : de la réalité virtuelle à l’utilisation de réalité alternative en passant par l’harcèlement via internet. Curieusement, Charlie Brooker, le showrunner, contextualise l’ensemble des actions dans un futur proche, mais de nos jours, avec l’évolution technique, la série n’a jamais semblé aussi proche de notre réalité, usant en même temps des contextes politiques actuels, ce qui la rend effroyablement réaliste. Si les thématiques abordées sont toujours intéressantes, l’écriture de chaque épisode est faite avec brio, même si elle pourra en rebuter plus d’un toujours selon l’épisode, Charlie Brooker propose différentes facettes intéressantes aux nouvelles technologies. Les personnages, aussi, se révèlent attachants, là encore en fonction de l’épisode, il se peut que les actions aillent à l’encontre de ce que pense le spectateur. Le problème c’est que cela donne des personnages qui peinent à faire des choix astucieux dans leurs histoires, ce qui révèle une écriture décevante. L’épisode trois en est l’exemple parfait. Le personnage principal subit moralement l’action sans trouver de solution. Un défaut que l’on peut reprocher, c’est la qualité au héros de l’épisode à s’engouffrer petit à petit alors que la solution était logique à portée de doigt. Au lieu de cela, il se retrouve sans véritable fond et peine à nous convaincre. D’ailleurs, le spectateur ne s’identifie pas tout le temps, mais arrive à être impliqué dans les récits.

Seulement, la série pose aussi quelques problèmes fondamentaux. À titre d’exemple, on remarque que certains épisodes sonnent comme une redite des saisons précédentes. Chose inquiétante qui permet de remettre en doute l’utilité d’une quatrième saison – déjà prévue par Netflix. Qu’on se le dise, Charlie Brooker semble avoir abordé tous les angles liés à la technologie et nous voyons mal comment il pourrait s’en sortir à l’avenir. En soi, il ne pourra que nous surprendre, mais nous avons vraiment peur quant à l’avenir de la série. Outre ce problème, il y a aussi la question de la subjectivité, car oui, chaque spectateur ne réagira pas de la même manière à la série. Nous trouvons par exemple que la saison se tient sur sa première partie allant des épisodes un à quatre, mais qu’elle est plus inégale avec ses deux derniers épisodes en terme d’écriture et de réalisation. Mais cela n’est que pure subjectivité de l’auteur et nous vous invitons à partager vos épisodes favoris dans la série.

Maintenant, abordons la question de la réalisation, là encore, difficile de parler d’homogénéité dans l’univers de la série. Chaque réalisateur à sa manière d’aborder les scénarios et de le mettre en scène. C’est ce qui fait fonctionner l’anthologie au sein même du show télévisé. Toutefois, de manière générale, c’est un sans-faute, mis à part les deux derniers épisodes qui se révèlent finalement sans grande fulgurance, même trop classique par rapport à l’intrigue qu’il transpose à l’écran. Si l’on veut rester dans le négatif, l’épisode trois est celui qui comporte le plus de problèmes en terme de mise en scène. Il ne transcende jamais le spectateur et ne le transporte que rarement malgré une morale assez importante. A contrario, mention spéciale aux deux premiers épisodes qui dynamite la série proposant quelques trouvailles bien amenées. D’ailleurs, Dan Trachtenberg, le réalisateur de Playtest, transpose quelques idées de ses anciennes réalisations. On retrouvera un jeu de lumière semblable optant entre le bleu grisé et la couleur jaune des lampadaires. Une idée présente dans 10 Cloverfield Lane – soit dit en passant aller voir ce film, il le faut, vous pourrez taper l’auteur après cette parenthèse – que l’on retrouve dans l’épisode de la série.

L’épisode quatre est sûrement l’épisode le mieux réalisé. Notamment par son concept qui fonctionne pendant l’heure de visionnage, mais qui se révèle être une bouffée d’air frais par rapport au reste de la série. Il est intéressant de voir qu’il divisera sûrement par son optimisme, mais il est concrètement une des perles de la série. Il se détache aussi de ce qu’avait fait Owen Harris avec Kill Your Friends, un récit cynique sur l’industrie de la musique, alors que dans Black Mirror, l’épisode a tendance à mettre en avant une histoire d’amour dans une réalité alternative. Bien entendu, nous pensons que la morale est beaucoup plus sombre sous-entendue grâce à l’optimisme qui se dégage de l’épisode. D’ailleurs, on pourra évoquer des notions de montages très différentes qui, sans jamais atteindre la perfection, proposent quelques moments de tensions bien amenés. En ce sens, la série va vers des notions classiques avec un montage qui favorisera l’action et l’émotion des acteurs dans leurs personnages, mais selon les réalisateurs, le montage proposera quelques parallèles intriguant.

Pour conclure, les acteurs qui jouent les différents personnages sont parfaits. Ils jouent tous avec justesse et révèlent quelques moments touchants. La musique est aussi importante en proposant des thèmes intéressants tout au long des épisodes.

Est-ce une bonne idée d’engager Black Mirror sur une quatrième saison après cette saison 3 ? Concrètement non, nous pensons que Charlie Brooker a fait le tour de ce qu’il pouvait raconter sur les nouvelles technologies et que la saison 3 est peut-être la saison de trop. En témoigne une saison inégale avec ses fulgurances, mais aussi ses défauts notamment dans ses derniers épisodes. Heureusement, les différents récits portent un constat à la fois cynique, mais aussi très optimiste par rapport aux deux saisons précédentes. Ce qui fait de cette troisième saison, une curiosité parmi d’autres qui restera dans les mémoires des spectateurs. En attendant, nous vous conseillons vivement de regarder Black Mirror, car elle est une des perles que peuvent produire les shows télévisuels et qu’elle se détache des autres séries tout en portant un regard sur l’image et sur son spectateur. Un thème non abordé dans la critique, mais qui domine clairement toute la saison. En clair, regardez Black Mirror, doutez de votre réalité, mais surtout profitez de show comme celui-ci qui n’arrive que très peu par année dans le monde de la série TV.

Le trailer de la saison 3 de Black Mirror
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2 Commentaires

  1. Photo du profil de Sams

    Saison 1 surprenante, deuxième moins déjà… J’ai pas encore regardé la troisième, mais je vais le faire par curiosité.

  2. Photo du profil de Nico Mkoss

    J’ai trouvé cette saison 3 très moyenne globalement et je n’attends pas la saison 4 (dont j’ai appris la future existence en lisant ton papier)… Mais je la regarderais sûrement à sa sortie 😀

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