Les Chiens de Pripyat – Critique : Tchernobyl au cœur d’une BD

Les Chiens de Pripyat
Il y a un peu plus de 30 ans, une catastrophe nucléaire sans précédent toucha une grande partie du monde. La catastrophe de Tchernobyl avait marqué les esprits et aujourd’hui encore, les effets secondaires de ce drame se font encore ressentir sur de nombreux éléments. Afin de revenir sur cet événement, Bamboo édition propose une BD qui retrace l’aventure d’un groupe de chasseurs. Les Chiens de Pripyat proposera deux tomes et le premier est prévu pour le 11 janvier au prix de 13,90€

Synopsis :

26 avril 1986 : une série d’explosions ravage la centrale nucléaire de Tchernobyl, contaminant tout dans un rayon de plus de 200 km. Après l’évacuation des plus proches villages, des groupes de chasseurs sont formés avec pour mission d’abattre les animaux touchés par les radiations et qui vivent en liberté dans des villages fantômes. Pour trente roubles par animal tué, une brigade accepte de pénétrer dans la zone. Là, ils croiseront le destin de personnages extraordinaires. Des âmes perdues, abandonnées dans la lande irradiée.

Critique :

Le thème abordé dans cette BD, du moins dans le premier tome, n’entre pas vraiment en détail sur la vie après l’accident de Tchernobyl. On va alors uniquement s’attarder sur un groupe de cinq chasseurs qui gagnent leurs vies en allant chasser les chiens irradiés.  On va donc suivre Kolia, un jeune adolescent de 16 ans. Il est de nature assez timide et effacée. Kolia est le fils de celui qui se fait appeler Sanglier qui est d’ailleurs le chef du groupe de chasseurs. Contrairement à son fils, il est très dur et n’hésite pas à s’imposer. On retrouve également Sputnik, l’alcoolique du groupe. Fan de rock avec des groupes comme AC/DC ou encore des Rolling Stones il est sarcastique et désabusé. Côté gros bras, il y a Pravda, ex-sergent dans les Spetsnaz. Il a d’ailleurs été fait prisonnier durant le conflit qui opposait l’URSS et la chine en 1969. Plus tard, il a fait la chasse aux moudjahidines en Afghanistan… Bref, un vrai soldat. Pour terminer, on retrouve celui qu’on surnomme Petit Père qui est toujours accompagnée de son chien baptisé Silence. C’est le tireur d’élite de la fine équipe. De nature calme, il est gentil, mais n’a jamais trouvé l’amour et n’a pas d’enfant.

Les premières pages sont très crues et montre à quel point Sanglier est un père dur. Le tome 1 de Les Chiens de Pripyat ne joue pas la carte du sentiment et du larmoyant. Bien au contraire, il met avant la dureté de la vie à cette période et les difficultés que rencontre le groupe de chasseurs pour gagner quelques Roubles. Entre pillards qui désossent les bâtiments pour revendre tout ce qui est vendable, les chiens errants et les autres chasseurs, le groupe va devoir gérer avec tout ça.

Les événements s’enchainent assez rapidement et les pages se dévorent à une vitesse folle. On ne voit d’ailleurs pas le temps passer et on reste sur une note finale qui nous donne envie de découvrir le tome 2 et la suite de l’aventure de notre petit groupe. Parfaitement illustrés, les dessins de Christophe Alliel parviennent bien à nous faire ressentir les émotions des personnages, le trait est fin et précis afin de procurer une bonne immersion.  Assez réaliste, les environnements aussi sont vraiment soignés et c’est à chaque fois un plaisir de découvrir les illustrations page après page.

les chiens de pripyat

Un semblant de The Last of Us

Conclusion :

Les Chiens de Pripyat est une bonne surprise pour commencer 2017. On ne peut que vous recommander ce premier tome en attendant la suite qui clôturera l’aventure de notre groupe de chasseurs. La fin est comme indiqué très ouverte et on est vraiment curieux de découvrir ce qui attend Sanglier et ses hommes. Cela dit, si vous souhaitez une BD qui entre plus en détail sur l’après Tchernobyl, ce n’est pas avec celle-ci que vous serez comblé. En effet, l’accent est uniquement mis sur le groupe et quelques personnages annexes qu’on va croiser le temps d’une page ou deux.

Scénario : Aurélien Ducoudray
Dessins : Christophe Alliel
Couleurs : Magali Paillat

Les trois plus grandes catastrophes nucléaires :

1 – Tchernobyl en 1986
2 – Fukushima en 2011
3 – Catastrophe de Kychtym en 1957

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