Le Comte de Monte-Cristo – Critique : Une adaptation manga fidèle, mais trop courte !

Écrit par Alexandre Dumas et publié pour le première fois en 1844, le Comte de Monte-Cristo est considéré comme une oeuvre majeure de la littérature française, et à juste titre. On y suit un récit passionnant se basant lointainement sur des faits réels et inspiré par l’histoire de Pierre Picaud. Adapter une oeuvre pareille en manga n’est pas une mince affaire, surtout qu’on a le droit ici à un one-shot pour un roman contenant plus de deux mille pages en format poche. Un pari dans lequel s’est lancé la maison d’édition Kurozawa qui continue ainsi sur sa lancée d’adaptation de romans occidentaux en manga après avoir sorti Les Misérables entre autres.

Cette fois-ci c’est la mangaka Ena Moriyama, dont c’est la première oeuvre à parvenir en France, qui est chargée de retranscrire comme faire ce peut l’histoire passionnante et vengeresse d’Edmond Dantès, et si on reconnait au manga certaines qualités, on est tout de même resté sur notre faim une fois notre lecture bouclée…

Le Comte de Monte-Cristo Manga Critique

Synopsis :

Tout commença en France à Marseille en l’année 1815. Le jour prévu de son mariage, Edmond Dantès, capitaine de vaisseau plein de promesses se fait enfermer injustement au Château d’If, une prison pour criminels politiques. Pendant son long emprisonnement il apprend qu’il a été victime d’une impardonnable trahison. Débutera ensuite une tragédie de vengeance dans laquelle Dantès jouera ses années perdues en prison ainsi que celles qu’il lui reste à vivre en liberté.

Critique :

Le Comte de Monte-Cristo Manga Critique

Le Comte de Monte-Cristo est une oeuvre complexe, soulevant de nombreux thèmes riches et toujours d’actualité de nos jours, il y est question de foi, d’amour, de jalousie, du destin tragique d’un homme, mais aussi d’une nation en proie à une situation politique instable. Et il n’y a qu’en lisant attentivement et de manière réfléchie le roman que l’on peut s’approprier la richesse des écrits de Dumas. Et c’est là le seul réel problème relevé dans le manga de Moriyama, à défaut d’être une adaptation exhaustive, il se concentre sur les faits importants et est en cela un joli et solide résumé des aventures d’Edmond Dantès. Toutes les sous intrigues et la plupart des thèmes explorés se retrouvent ici mis de côté pour se concentrer sur l’essentiel, à savoir la vengeance d’Edmond Dantès conte ceux qui l’ont emprisonné. On peut le comprendre, car en one shot, il est impossible de retranscrire comme il se doit toute la richesse du roman de Dumas, et il est bien dommage qu’on n’ait pas eu le droit au moins à une trilogie, d’autant plus que Moriyama est une fan absolue du Comte de Monte-Cristo et c’est visible lors de la lecture du manga comme le nez au milieu de la figure. Toutes les cases sont soignées, le style de dessin colle parfaitement avec l’ensemble et on sent aussi que la substance de l’oeuvre de l’écrivain est utilisée ici avec respect et bienveillance.

Il transpire du Dumas dans ce manga, ceci allant des dialogues parfaitement adaptés à l’élégance du coup de crayon, mais lire seulement le manga ne permet de comprendre toute la complexité de l’histoire et il faut alors le couplé au roman pour avoir une alchimie parfaite de l’ensemble. Et cela même si le manga est belle introduction à l’univers du Comte de Monte-Cristo et pourrait permettre à beaucoup, notamment aux plus jeunes, de découvrir le livre, ce qui est déjà beaucoup.

Alors si vous êtes familier du roman, nous ne pouvons que vous conseiller la lecture du manga, qui apporte une symbolique forte par l’image à l’oeuvre de Dumas, tant le dessin est d’une qualité rare et détaillé, mais le récit ne parvient malheureusement pas à traiter tous les tenants et les aboutissants de l’histoire d’Edmond Dantès. Néanmoins, on conseil aussi au non-initié de s’y essayer, pour pourquoi pas ensuite se plonger dans les écrits de l’écrivain, l’exercice de Moriyama restant au final très bon et respectueux, on est tombé sous le charme et avons pardonner les quelques défauts.

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