Crytek est en difficulté

Crytek est en difficulté
Être un studio de développement de jeux vidéo n’a rien de facile. Et si l’on pouvait croire qu’être un gros studio est plus aisé à gérer, c’est loin d’être le cas. Quelques mauvaises décisions et le vent tourne, très vite. Crytek semble être de ceux-là puisque le studio créé en 1999 à Francfort est encore en difficulté financière. En 2011-2014, Crytek fut déjà déstabilisé. Une cinquantaine d’employés ont dû quitter les studios de Bucarest (face au départ de Ryse pour les équipes de Francfort). Tandis qu’en 2014, le studio n’avait pas payé ses employés depuis quelques mois. Ce qui explique en partie la qualité moindre d’Homefront : The Revolution, puisque les développeurs ne venaient plus travailler. Au bord de la faillite, Crytek avait finalement été racheté par Koch Media. Cependant, la crise est loin d’être terminée, car Crytek est en difficulté, encore une fois.

C’est sur Reddit qu’a eu lieu la première révélation. Un des développeurs déclarait :

« La dernière fois que cela était arrivé, on nous a dit que ce serait la dernière fois, et pourtant l’histoire se répète. Beaucoup de mes collègues ayant déménagé de leur pays pour travailler ici ne peuvent pas repartir à cause de leurs salaires impayés. […] Tout le monde travaille sans être payé. Et ce n’est pas juste en Allemagne, cela touche tous nos studios, je crois. »

Polygon a mené l’enquête et cela ferait cinq mois que leurs salaires seraient versés en retard, tandis qu’ils n’ont pas été payés depuis deux mois entiers. Certains évoquent même trois mois. Une situation qui amène évidemment les développeurs à faire grève. Ce qui n’est pas sans rappeler la situation de 2014. Pour le moment, la seule solution viable, qui semble inévitable, serait un rachat à venir par un grand nom du jeu vidéo.

Comment expliquer ces salaires impayés ? Crytek a à vrai dire multiplié les mauvais projets. Tout d’abord, Ryse s’est très mal vendu et il s’agit pourtant du dernier gros titre de Crytek. Ce qui explique de faibles revenues. De plus, le studio s’est engagé dans la VR (Robinson : The journey et The Climb). Des titres lourds à produire, à financer, mais aussi à vendre. Difficile à cerner encore le public VR, d’autant que seulement Robinson se vend sur PlayStation VR, le casque le plus attractif. D’autant plus que le studio s’est agrandi de 700 personnes un peu trop rapidement sans doute.

En 2015 Crytek avait en effet regagné une bouffée d’air avec la vente du Cry Engine pour Amazon pour environ 50 millions de dollars, d’après Kotaku. Le moteur avait également été vendu pour le Film Engine, permettant de créer des rendus en temps réels pour les réalisateurs. Le studio, un peu trop proche des technologies photo-réalistes s’est sans doute perdu en route. C’est dommage, d’autant plus que Crytek possède des licences comme TimeSplitters, Crysis ou encore le récent Ryse. Des licences qui vendent encore du rêve, si elles sont retravaillées un peu, sans atteindre des sommets graphiques qui semblent perdre Crytek.

"Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière." August Strindberg

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