TEST – Dead by Daylight : Un slasher chassant chasser

Faute d’avoir été un succès critique et commercial, Evolve aura marqué l’industrie vidéo-ludique. Le jeu multijoueur asymétrique a fait son trou, et s’intéresse particulièrement au survival. Parmi ces créations, on retrouve Dead By Daylight, qui s’inspire des slashers. Et ce, avant que Friday the 13th n’arrive. Cependant, même sans licence officielle, Dead by Daylight fait beaucoup mieux que Friday the 13th The Game.Dead by Daylight TestLa chasse commence

Dead by Daylight propose un pitch très simple, ressemblant à bon nombre de slashers que vous avez pu voir. En somme, cinq jeunes personnages sont pris au piège dans une zone fermée. Pour sortir, il faut alimenter les générateurs afin d’ouvrir les portes. Cela pourrait être simple, s’il n’y avait pas un monstre enragé à leur trousse. Celui-ci est un sbire de ce qui est appelé « l’Entité ». Cette chose (faisant penser à celle de « La Cabane dans les Bois) demande des sacrifices humains, et récompense les meilleurs chasseurs.

A l’inverse du jeu de GunMedia, Dead by Daylight ne s’appuie par sur une licence particulière mais s’en inspire de plusieurs. Après tout, le genre du slasher étant très codifié, il n’est pas complexe de réaliser un mash-up.

I Will Survive

dead by daylightQui dit gameplay asymétrique, dit deux camps distincts. Intéressons nous tout d’abord aux survivants. Ces derniers sont incarnés par cinq joueurs. Ils ont pour but de trouver et de réparer cinq générateurs sur les sept présents, afin d’alimenter deux portes. Une fois ceci fait, il faudra encore se diriger vers ces portes et l’alimenter en courant pour s’enfuir. Évidemment, un maximum de discrétion, mais aussi de rapidité et de coopération sont nécessaires pour y arriver. Le bruit attire la bête, et les développeurs sont malins : pour réparer les générateurs, il faudra (quelque fois) appuyer rapidement sur une touche. Rater la QTE créé une petite explosion qui sera entendue par le monstre. Il faudra alors prendre le risque de continuer, de se cacher non-loin, ou d’essayer un autre générateur. Les survivants sont limités en actions mais peuvent tout de même s’entraider facilement. Ne serait-ce qu’en réparant conjointement un générateur, ou en faisant le guet. Ils peuvent également se sauver mutuellement de la créature qui rode…

Superfreak

dead by daylightL’antagoniste monstrueux a, lui, un but pas forcément plus simple. En effet, il ne doit pas juste tuer les survivants, il doit les offrir à l’Entité. Pour cela, il doit d’abord les pourchasser. Notons tout d’abord que le monstre se joue en vue à la 1ère personne (là où les survivants sont à la 3e personne). De plus, il sait déjà où sont les générateurs, alors que ses rivaux doivent les chercher). Le joueur doit alors créer une routine de surveillance au moins jusqu’au premier bruit d’un survivant pas très discret. Si le monstre est toujours plus rapide que les survivants sur la longueur, ces derniers peuvent toujours sauter par dessus une fenêtre, se cacher ou renverser des objets. Quant à la créature, elle peut distinguer les traces de pas les plus fraîches, ainsi que le sang. Une fois blessé, un ennemi commence à boiter mais également à perdre du sang qui peut-être « vu » par l’antagoniste.

Une fois une victime touchée deux fois, celle-ci se met à ramper. Le monstre n’a plus qu’à la récupérer et à l’accrocher à l’un des nombreux crochets qui traînent sur la map. Une fois ceci fait, il faudra attendre le temps que le sacrifice se fasse. Le joueur peut soit repartir à la chasse, soit défendre son butin devant toute tentative de sauvetage. Car les survivants peuvent s’aider entre eux en se relevant, se soigner, se détacher du crochet. Par ailleurs, lorsque une victime est transportée façon sac à patates, elle peut toujours gigoter pour s’enfuir. Bref, les survivants sont loin d’être condamnés, devant un monstre peu prudent.

On note également que chaque monstre a ses propres spécificités. On retrouve en effet six créatures inspirées de divers film, de La Colline a des Yeux à Silent Hill. Si le design des monstres est très réussis, les pouvoirs sont tout aussi intéressants. Certains peuvent se téléporter sur quelques mètres, d’autres peuvent créer des pièges quand d’autres vous poursuivront à coup de tronçonneuse. Cependant, même s’ils sont réellement invincibles, les monstres ne sont pas pour autant cheaté. Notamment grâce à la caméra, par les pouvoirs limités mais aussi car les survivants savent plus ou moins quand le monstre arrive.

C’était quoi ça ?

dead by daylightDead by Daylight propose une ambiance sonore remarquable. Si la musique est très discrète, c’est le sound design qu’il faut saluer. En effet, l’environnement agit comme un sixième personnage qui n’est dans aucune équipe. Par exemple, on trouve souvent des corbeaux, qui s’en iront bruyamment si le joueur les approche de trop près. Cela peut indiquer à un autre joueur qu’un survivant ou le monstre n’est pas loin. D’ailleurs, lorsque celui approche, on peut entendre des battements de cœurs s’accélérer qui se mêlent peu à peu aux nôtres. Un peu comme dans le récent Little Nightmares en somme. D’autant plus que les courses poursuites sont haletantes car elles peuvent être longues (oubliez les courses poursuite de 30s dans Friday the 13th…). L’instinct de survie fait des miracles chez les survivants, qui arrivent fréquemment à se sauver.

Hélas, si la direction sonore et artistique sont réussies, techniquement, le jeu accuse le coup. Dead by Daylight n’est pas foncièrement moche mais il accuse tout de même le coup. D’autant plus qu’il n’y a pas de véritable mise en scène, là où Friday the 13th proposait presque un film intéractif, via des paroles de personnages affolés, ou une musique qui se mettait en marche d’un coup. Ici, on est véritablement dans un jeu, qui ne laisse aucune place à la mise en scène. Seul compte l’immersion personnelle, sans artifices. Heureusement, cela marche plutôt bien, car on reste en tension permanente, notamment lorsque les gros yeux rouges du monstre arrivent en trombe.

Pimp my butcher

dead by daylightDead by Daylight propose évidemment un système de customisation utile et cosmétique. On peut donc changer quelques vêtements pour les survivants et les monstres. Mais on peut surtout améliorer son personnage. A chaque partie, on gagne un nombre de points (généralement conséquent), que l’on répartie dans une toile…aléatoire ! Aucun joueur n’aura la même toile. D’ailleurs, celle-ci n’offre pas que des compétences (c’est d’ailleurs plutôt rare). En revanche, elle offre des objets à utiliser en partie. Si le personnage échoue, il perdra ses objets équipés. Il s’agit d’un système très intéressant mais quelque peu déroutant.

Dans les faits, les compétences sont assez classiques pour les survivants (faire moins de bruit, s’échappe plus facilement, répare plus facilement…). En revanche, les monstres dévoilent tout une panoplie d’effets venant du RPG (chance de folie, saignement, perte d’espoir…).

Conclusion

Dead by Daylight reste le meilleur jeu asymétrique a ce jour. Notamment grâce à une parfaite balance. Les monstres ont des pouvoirs, sont invincibles mais ne sont pas cheaté. D’autant que leur objectif leur prend du temps. Tandis que les survivants peuvent facilement s’entraider et leurs objectifs sont simplifiés en comparaison à Friday the 13th. On note également que l’ambiance est très soignée, et nous plonge dans une tension permanente, ou dans un fort sentiment de puissance. D’autant plus que les monstres comme les maps sont assez variés.

Test réalisé sur une version envoyée par l’éditeur, sur PS4 normale

Points positifs

  • Design sonore
  • Les monstres
  • L'équilibre
  • La coopération
  • Arbre de compétences intéressant...
  • Tension permanente
  • Matchmaking rapide

Points négatifs

  • Peu de variété dans les maps
  • Faible graphiquement
  • Mise en scène très discrète
  • Traduction aléatoire
  • ...mais tout de même rebutant
7

Bon

"Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière." August Strindberg

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