Deepwater Horizon – Critique : Un navet de plus ?

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Après Hancock et Battleship, le réalisateur américain Peter Berg s’engage dans la transcription d’un fait divers pour le cinéma. C’est la grande mode, pourquoi pas lui, me direz-vous. Avril 2010, la plateforme pétrolière Deepwater Horizon prend feu et explose faisant au total pas moins de 11 morts. À l’image, on retrouve Mark Wahlberg, Kurt Russell, John Malkovitch ou encore Gina Rodriguez. Un beau casting au service d’un film qui tenait un beau sujet, mais n’a pas su l’exploiter comme il l’aurait dû.

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La catastrophe vue par Hollywood

Alors, Deepwater Horizon raconte l’histoire de Snake Plissken qui souhaite se rendre puis s’échapper de la Mother Base. Bon, vous imaginez bien que le film Deepwater Horizon n’a absolument rien à voir avec la saga vidéoludique créée par Hideo Kojima (Metal Gear Solid ndlr) et les films de John Carpenter (New York 1997 et Los Angeles 2013 ndlr). Et c’est bien dommage, car avec ça, il aurait peut-être été plus divertissant.

À l’image d’un Twister ou encore Le Jour d’Après pour ne citer qu’eux, Deepwater Horizon est un film catastrophe. Basé sur un fait réel ayant eu lieu en avril 2010, Peter Berg s’est emparé de cette histoire dramatique afin de réaliser un film tout ce qu’il y a de plus hollywoodien. Au travers de cette oeuvre cinématographique, le metteur en scène américain dévoile avoir été essentiellement intéressé par l’aspect spectaculaire de l’histoire. Il s’attarde sur la nuit où la plateforme pétrolière a explosé, causant la mort de 11 personnes. Ce qui l’intéresse, c’est de faire un film spectaculaire, où les différents personnages vont vivre un véritable cauchemar. Par le biais d’un montage qui ne cesse de faire des allers-retours entre la maison familiale du protagoniste incarné par Mark Wahlberg et la plateforme pétrolière, le drame va être également présent par petite touche pour faire des coupures dans l’action. Ce qui n’est pas plus mal, mais ce ne sont que plans nécessaires qu’afin de renforcer l’aspect émotionnel et tire-larme du film. Il n’y a rien d’humain dans la mise en scène de Peter Berg, tout est fait pour venir dire au spectateur qu’il doit être ému à ce moment. Une émotion factice au possible. Formellement et fondamentalement ultra-conventionnel, tant dans son montage, que dans sa façon de raconter l’histoire ou de caractériser les différents personnages, ce Deepwater Horizon ne surprend à aucun moment, mais va au contraire passer littéralement à côté de son sujet.

 

World Trade Center 2.0

En se focalisant sur l’aspect spectaculaire de la catastrophe, Peter Berg relègue au second plan le drame humain, écologique et judiciaire. Le cinéaste américain met en avant le courage d’employés prêts à risquer leurs vies pour sauver celles de leurs collègues. Ils sont courageux, mais en se focalisant sur cet aspect de la catastrophe, Peter Berg ne dévoile aux spectateurs qu’un simple « World Trade Center 2.0 ». Comme l’impression de revivre la catastrophe du 11 septembre, mais sur une plateforme pétrolière. Le traitement des personnages, le point de vue adopté par la narration, une narration en deux temps (longue contextualisation avant le déclenchement de la catastrophe), cette plateforme faite de métal qui va littéralement prendre au piège hommes et femmes… tout y est similaire. Il aurait été plus intéressant d’analyser les retombées judiciaires – démontré que la catastrophe est due à un patron avare – et psychologiques. De plus, à cause d’une mise en scène qui manque d’audace, ainsi que d’une réalisation beaucoup trop didactique et mouvementée, le plaisir pris devant les séquences dites spectaculaires est minime. Les mouvements de caméra accompagnés de mouvements présents à l’intérieur même du champ de la caméra (personnages plus explosions par dizaines) détruisent toute compréhension de l’action. On se rend compte que c’est spectaculaire, mais l’on ne comprend pas chaque élément de l’action.

Beaucoup trop mouvementé pour être agréable, aucune surprise, aucune originalité aussi bien techniquement qu’en terme de scénario… difficile de trouver l’élément qui permettra à ce Deepwater Horizon de s’émanciper face à une concurrence féroce. Le duo Mark Wahlberg/Kurt Russell peut-être ?

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