Deus Ex : Mankind Divided – Test

Cinq ans jour pour jour après la sortie de Human Revolution, Square Enix et Eidos Montréal nous proposent, depuis le 23 août 2016, la suite directe de ce dernier sous-titré Mankind Divided. La licence culte Deus Ex revient en force cette année, et ce nouvel opus, très attendu par les fans de la licence, fait partie de la liste des prétendants au titre de « jeu de l’année 2016 », mais le mérite-t-il vraiment ? C’est ce que nous allons voir dans ce test…

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Une narration aux petits oignons

Deus Ex : Mankind Divided se déroule deux années après les événements de Human Revolution, en 2029. « Les humains augmentés sont traités en parias et exclus de la société. Adam Jensen doit faire face aux conséquences de ses choix, qui ont conduit à un rejet des augmentations mécaniques par l’opinion publique. L’oppression des augmentés a créé un climat de peur et d’amertume, produisant une escalade de la violence dans le monde. Au cœur du chaos, des organisations secrètes tirent les ficelles en coulisses, dans le but de manipuler et contrôler l’avenir de l’humanité. »

Notre super-soldat Adam Jensen revient plus en forme que jamais dans cet épisode. Après avoir quitté les membres des SWAT, il rejoint Interpol dans l’équipe de la Task Force 29 qui a pour but d’enquêter sur divers attentats qui se sont produits à travers notre monde. Cependant, au cours d’une mission, la TF29 se fait attaquer par des Augmentés portant un masqué en or sur le visage, vêtu de vêtements noirs dérobant ainsi des armes juste sous le nez de Adam et de son équipe. Après cette opération ratée, il rentre dans son nouveau chez soi, à Prague. Mais tout ne se passe pas très bien puisqu’un nouvel attentat vient d’avoir lieu. Toutes les preuves montrent que cet acte barbare a été commis par  la Coalition pour les Droits des Augmentés (CDA) dirigée par un certain Talos Rucker qui voudrait que les Augmentés soient enfin reconnus comme étant des êtres humains normaux. Illuminati, complots, c’est une mission pour notre Adam qui devra résoudre cette situation et démêlé  le vrai du faux.

Dans Deus Ex, l’histoire est un des points les plus importants et celui qui marque réellement l’esprit du joueur car Eidos aime faire cogiter, faire réfléchir, poser des questions au joueur. Dans ce nouvel épisode, c’est toujours le cas. L’histoire est prenante du début jusqu’à la fin (malgré un final assez anecdotique qui laisse ouvert la porte à un nouvel épisode). Même si pour les nouveaux joueurs, un récapitulatif est proposé au tout début du jeu, il peut s’avérer être assez difficile à suivre l’histoire tellement elle est complexe, mais très intéressante. Un débutant peut être rebuté par celle-ci, mais à force de continuer dans l’aventure, on commence à enfin comprendre l’univers de la licence grâce à une narration tout bonnement excellente. Le soin apporté à l’écriture est remarquable. Le travail sur les personnes secondaires est, lui aussi, très bon alors que dans la plupart des jeux, ces derniers ne sont pas assez mis en valeur, ici c’est tout le contraire. Le jeu pousse aussi très loin son histoire, car en plus de suivre la trame principale, il est aussi possible d’en savoir plus sur l’univers du jeu grâce aux journaux dissimilés ici et là à travers notre aventure. Les missions secondaires sont, elles aussi, travaillées avec minutie et sont aussi importantes que les principales. Ce ne sont pas des missions bateaux que l’on connaît déjà dans d’autres jeux, mais vraiment des missions aussi bien scénarisées que la trame principale.

« Liberté »

Liberté, c’est certainement le terme qui convient le mieux à Mankind Divided, et sans doute à la série tout entière. Une liberté dans ses actions, dans ses choix. Un liberté dans ses mouvements. Avec l’histoire, le gameplay de Deus Ex est parfait. Cette licence mêlant à la fois différents genres comme l’infiltration, le RPG, mais aussi le FPS le fait remarquablement bien. Ce level-design à s’en taper le cul par terre qui laisserait presque les autres développeurs sur le banc de touche.

Oui, il est tout à fait possible de terminer le jeu complètement sans tuer personne, même les « boss » peuvent ne pas mourir, c’est votre choix, votre liberté qui aura plus ou moins de conséquences tout au long du jeu. Car ce qui fait aussi la force au jeu, c’est ces choix à travers les dialogues. Certains peuvent amener à un final différent avec ses interlocuteurs, certains un peu moins. De l’autre côté, vous avez aussi la possibilité de tout massacrer sur votre passage et ainsi terminer le titre de cette façon. Mais soyons francs. Ce n’est clairement pas la meilleure solution, et il est même préférable d’utiliser la furtivité pour arriver à ses fins.

Le gameplay est donc très varié, et le level-design propose énormément de chemins afin de passer en douce sans alerter les ennemis. Il est ainsi possible de se faufiler à travers des conduits d’aération, plutôt bien cachés, ou encore en détruisant certains murs. Mais, comme dit plus haut, vous avez aussi le choix de faire le ménage total, et le jeu dispose d’un large éventail d’armes (fusil d’assauts, à pompe, sniper, etc) et de grenades en tout genre. De plus, le système de couverture à la troisième personne est surtout utilisé si vous choisissez la furtivité, sinon dans l’autre cas, il vaut mieux ne pas rester dans son coin, car les ennemis adoreront vous déloger en lançant diverses grenades. Mais dans certaines situations, comme en mode infiltration, l’IA est complètement dans les choux et il sera alors aisé d’avancer sans trop de difficulté.

Si votre choix est celui d’utiliser des armes létales, sachez que le jeu vous propose de les personnaliser, soit en appuyant sur une simple touche ou alors via l’inventaire. Ainsi, vous pouvez changer les types de munitions, ajouter un silencieux, modifier le viseur et plus encore. Du crafting est aussi présent. En utilisant des pièces achetées auprès des vendeurs ou en les récoltant dans le monde de Mankind Divided. Cela vous permet notamment de modifier la taille du chargeur, de la cadence de tir d’une arme, par exemple.

Les Augmentations

L’utilisation des Augmentations requiert de l’énergie, beaucoup trop à notre sens. Si vous avez envie d’en utiliser énormément au cours de vos missions, vous devrez utiliser bien trop souvent des biocellules permettant d’augmenter la jauge d’énergie de vos Augmentations.

Notre super-Augmenté Adam Jensen a un panel d’Augmentations assez importantes. Certains déjà là dans Human Revolution sont de retour dans cet épisode. Mais lors d’une mission en cours de route, de nouvelles Augmentations vous seront gratifiées. Pour activer tout ça, il vous faut des Praxis, des points débloqués après avoir atteint un certain nombre d’XP.

Adam peut être Augmenté sur tout son corps, au crâne, en passant par les yeux, son torse, ses bras, son dos, ses jambes et même sa peau. Ces différentes parties du corps contiennent des Augmentations qui leur sont propres.

Rayon nouveautés, on retrouve un projecteur d’impulsion énergétique, un système de décharge électrique ciblée, une nanolame, un système explosif de lanceurs électromagnétiques, la possibilité d’augmenter sa concentration ou encore une combinaison TITAN afin de résister aux balles ennemis. Attention toutefois à l’état « système » de Adam, car activer trop d’Augmentations et son système peut devenir instable rapidement. Il faudra donc jongler suivant la situation afin que la stabilité reste à 100 %.

Watch_Dogs

Déjà présent dans Human Revolution, le piratage est de nouveau là dans le jeu et sera même – presque – au cœur du gameplay par moment. Suivant vos Augmentations d’activées, il sera possible ou non de pirater une porte, ou encore un ordinateur. Ici l’objectif est d’arrivée à capturer tous les registres verts en passant par la capture de nœuds, mais il faut aussi faire attention, car la capture de nœuds de niveau plus élevé présente un risque de détection plus grand. Si jamais vous êtes détectés, vous pourrez utiliser différents logiciels que vous aurez trouvés à travers les missions, entre autres.

Par exemple, le logiciel VER STOP ! Bloque le pistage durant quelques secondes, le logiciel Atomisation, lui, capture rapidement un nœud peu importe son niveau. L’overclocking augmente la vitesse de capture, celui de Furtivité permet d’éviter de se faire repérer. Énormément de solutions s’offrent à vous afin de mener à bien le piratage qui peut s’avérer un peu complexe au tout début de l’aventure.

Une direction artistique sublime, mais…

Que dire sur la direction artistique du jeu si ce n’est qu’elle est sublime ? C’est à tomber. Les effets de lumières sont réussis, ce cachet qui donne au jeu ce côté cyberpunk est d’une réussite impressionnante. Sur PlayStation 4, le jeu est beau, ça fourmille de détails dans certains endroits à Prague ou à Golem City ou encore dans des passages à des moments dans les missions. Ça respire la vie tout simplement. Chaque PNJ a sa propre histoire, sa propre identité, même si le soin apporté à ces derniers n’est pas le même qu’aux personnes principales du titre.

Techniquement par contre, c’est très inégal. Sur console, le jeu n’est pas fluide du tout par endroits et on ressent d’énormes baisses de framerates. De même, on pourrait chipoter sur les animations des personnages qui datent de quelques années. Ça fait un peu tâche tout de même. Des temps de chargement aussi longuets au tout début lorsqu’on lance la partie, ou après une mort. Ou encore une synchro labiale pas franchement d’une réussite exemplaire.

Le tout est sublimé par une bande-son qui colle parfaitement à l’atmosphère futuriste et cyberpunk du titre. Mais côté des voix, c’est peu la joie. La VF n’est franchement pas le point fort du jeu, même si celle de Adam reste convaincante, le mieux est d’activer la VO, si vous voulez franchement bien vous immerger dans le jeu.

Breach, du plus sans plus

Mankind Divided propose deux modes de jeu : le scénario c’est-à-dire l’histoire principale, et le mode Breach, un mode « secondaire », qui permet de rester dans l’univers de Deus Ex pendant un peu plus de temps. Côté durée de vie, en effet, l’histoire se boucle grosso-modo entre dix à quinze heures de jeu, d’une traite, mais vous avez aussi le choix et la possibilité de refaire le jeu dans une autre manière (furtif ou non) et de prendre des décisions différentes par rapport à votre première partie. Rien qu’avec le mode « principal », il y a déjà pas mal de contenu, et si vous avez l’envie de continuer dans ce monde, il y a donc le mode Breach.

Dans ce mode-ci, le joueur incarne un Ripper, c’est un pirate informatique qui a pour objectif d’acquérir puis ensuite de revendre des informations classées confidentielles en infiltrant des serveurs ultra-sécurisés et de s’échapper sans alerter la sécurité. À force de pirater des serveurs, vous recevrez des récompenses, de l’XP, afin de mener à bien les missions plus corsées par la suite.

En gros, Breach, c’est tout simplement le système de piratage que l’on connaît déjà mais transposé dans un univers 3D. À la fin de chaque niveau, vous obtenez un score, et vous êtes classés . Un mode de jeu fun à jouer pendant une heure, mais clairement pas sur la durée, et surtout réservez, ici, aux gros amateurs de scoring. On ressent bien que ce mode n’a été « évoqué » que vers la fin du développement du jeu, car clairement, moins bon que le principal argument de vente de Mankind Divided, à savoir son mode histoire. Enfin, notons aussi l’apparition de microtransactions dans le jeu afin de débloquer plus rapidement des objets, mais aussi des packs de Crédits moyennant entre 1€ et 30€…

Conclusion

Oui, Deus Ex : Mankind Divided a les bons arguments pour être « LE jeu de l’année 2016 ». Entre une histoire complexe, mais prenante dotée d’une excellente narration, une bande sonore royale, ou encore une direction artistique très bonne, ce Deus Ex est clairement un très bon jeu. Un gameplay et un level-design aux poils, une durée de vie plutôt correcte avec une excellente rejouabilité. Bref, le jeu a tout pour plaire, ou presque. Malheureusement, quelques points ici et là font tâches. L’IA beaucoup trop à l’ouest durant les phases d’infiltration, une technique et une VF très inégale, ou encore une fin anecdotique à l’appel des extensions payantes voire nouvel épisode. Quoiqu’il en soit, on recommande vivement ce jeu aux fans de la série, bien évidemment, ou encore à ceux qui adorent l’infiltration

Points positifs

  • Le retour de Adam Jensen, toujours aussi charismatique
  • La possibilité de finir le jeu sans tuer personne
  • La possibilité de finir le jeu en tuant tout le monde
  • Un level-design exemplaire
  • Une OST au top du top
  • Une très bonne rejouabilité
  • Et donc une bonne durée de vie
  • Une très bonne direction artistique
  • Une histoire complexe
  • Les choix, et donc les conséquences

Points négatifs

  • Breach, fun mais sans plus
  • Techniquement très inégal
  • Une VF pas franchement convaincante
  • L'IA à revoir dans les phases de furtivité
  • L'arrivée de microtransactions
8

Super