E3 2019 – Bethesda Softworks, une conférence pour remplir un manque par du vide ?

E3 2019 – Bethesda Softworks, une conférence pour remplir un manque par du vide ?

Après une conférence Microsoft très décevante malgré un rythme effréné et beaucoup de contenu, souvent rapidement expédié, et avant le show Devolver, voici Bethesda Softworks. On en attendait rien et… il faut croire qu’ils nous ont écoutés, malgré quelques surprises assez réjouissantes il faut l’avouer.


L’année passée, Bethesda Softworks c’était illustré avec son double « one more thing » aussi frustrant qu’insignifiant. Officialiser le développement des jeux Starfield et The Elder Scrolls 6 par le biais de courtes vidéos qui étaient fondamentalement que des logos joliment illustrés et animés. Voilà ce que l’on a retenu de la conférence de l’année passée. Depuis, Bethesda Softworks c’est illustré et a été mis sous le feu des projecteurs grâce, ou plutôt à cause, d’un certain Fallout 76. Vide, bugué jusqu’à la moelle et visuellement pauvre (même moteur que Fallout 3 puis Fallout 4 donc aucune surprise à ce niveau), Fallout 76 en a fait déchanter plus d’un. Détruit par la critique et par les joueurs, à raison, le jeu semblait avoir enfoncé la franchise et son studio dans le fin fond des enfers du jeu vidéo. C’était sans compter sur la non-résignation de Bethesda Softworks, toujours prêt à tout pour sauver ses franchises lucratives.

Je parle de Fallout, mais également de Wolfenstein, de The Elder Scrolls ou encore de Doom. Si ce sont de bonnes franchises, des franchises qui réjouissent autant les puristes que les néophytes notamment grâce à des studios de développement aguerris et de talent (coucou iD Software pour votre science du gameplay), ce sont des franchises qui ne datent clairement pas d’hier. Faire du neuf avec du vieux, ce n’est pas nouveau chez cet éditeur, mais cette fois ils vont encore plus loin. Encore plus loin par le prisme des extensions et d’ajouts en tous genres pour des jeux qui manquaient de contenu lors de leurs sorties respectives. Plus de la moitié de la conférence aura été dédiée aux extensions à venir, ou qui viennent de sortir, concernant les jeux Wolfenstein, Rage 2, The Elder Scrolls Online ou encore Fallout 76. Décriés pour leurs manques de contenu lors de leurs sorties, faire de l’arrivée de contenu pour Rage 2 et Fallout 76 est quand même, excusez moi du peu, une petite honte. Je ne juge aucunement les contenus présentés, n’y ayant pas joué, mais bel et bien la manière de faire puisqu’il est question de jeux qui sont sortis et qui ont été vendus au prix fort tels des jeux finit. Faut croire que non, puisqu’ils ajoutent encore et toujours du contenu, et mettent cela en avant telle l’annonce de nouveaux projets vidéoludiques.

Un ajout de contenu qui fera certainement plaisir à certains, et tant mieux, mais un réel manque de renouvellement dans ce dernier notamment lorsque l’on voit l’ajout d’un mode Battle Royal dans Fallout 76. « Et si on faisait comme les autres ? », se disaient-ils. A une époque où Apex Legends avait réussi le temps d’un instant à détrôner Fortnite et PUBG, car il était free-to-play et très aguicheur grâce à un gameplay dynamique et enivrant, Fallout 76 devient gratuit une semaine durant afin que tout le monde puisse se frotter à ce nouveau Battle Royal. Pas certain qu’il fasse la une Twitch et permette au jeu de se vendre par palette suite à cette semaine d’essai si tous les autres problèmes du jeu persistes par à côtés. Mais « wait and see » comme on dit.

GhostWire : Tokyo, développé par Tango Gameworks

Néanmoins, cette conférence aura également été l’occasion de découvrir de nouvelles licences et non des moindres. D’un côté Shinji Mikami (The Evil Within, Resident Evil…) qui nous a présenté un certain GhostWire : Tokyo. De l’autre côté Arkane Lyon, studio de développement à qui l’on doit notamment la franchise Dishonored, venu avec Deathloop. Deux promesses de jeux dont on n’a vu aucune image de gameplay, mais deux promesses tout de même… et des belles. Au travers de leurs trailers en images de synthèses, ils nous ont dévoilé leurs identités respectives au travers de la mise en place d’une ambiance avec un ton musical, une mise en scène stylisée chacune à sa manière et une direction artistique fabuleuse de chaque côté de la table.

Deux jeux radicalement différents, mais très prometteurs sur le papier. Ce qui, entre deux présentations d’extension, faisait du bien et nous rappelait pourquoi des joueurs et adeptes du média vidéoludique aimaient l’E3. S’ils n’ont aucune date de sortie d’annoncée ou même de consoles, on imagine assez facilement qu’ils devraient être des jeux crossgen dont on entendra parler plus en détail l’année prochaine et notamment lors du dévoilement officiel des consoles de chez Sony et Microsoft (non ce que l’on a vu aujourd’hui n’était en aucun cas un dévoilement officiel).

Deathloop, développé par Arkane Lyon

Puis arriva ce qui se révéla être à la fois le désert et le digestif. Une vieille licence, mais une licence que les développeurs ont su remettre au goût du jour afin de lui offrir une réelle et belle seconde vie. Je ne parle pas de Wolfenstein qui a fait son temps, mais bel et bien de Doom. Après un Doom 2016 absolument monstrueux, et ce, dans tous les sens du terme, préparez-vous à retourner en enfer. Mais également au paradis et dans d’autres environnements qui vous ouvriront leurs portes dans les modes solo et multijoueur. S’il est un jeu extrêmement attendu grâce au gameplay fast-fps absolument furieux et jubilatoire signé Id Software, mais également pour la bande originale de Mick Gordon qui cette fois a ajouté à son édifice une chorale (j’entends d’ici les chœurs enragés sur les riffs de guitare furieux !), sa présentation ne m’a pas pour autant enthousiasmée.

Il a l’air bon, il sera bon à en croire les premiers avis des joueurs qui ont pu se frotter à la build PC présentée à Los Angeles, mais le gameplay était d’une mollesse à en faire faiblir un adolescent à deux doigts de conclure. Que ça soit dans le mixage sonore ou dans le gameplay pur, qui devait être du gameplay au pad, c’était chiant à regarder même si je voyais le potentiel. Extrêmement violent, un panel d’armes encore plus diversifié, un gameplay qui s’annonce plus riche, dynamique et agile grâce à plus de verticalité dans le level design et l’ajout du grappin qui permettra d’aller vers les ennemis ou de les attirer vers soit pour les trancher… ça va être très bon à l’image de la bande-annonce présentée qui avait quant à elle du punch et de la gueule (c’est le jeu du raccord son et de la brutalité, allez-y merde), mais il faut croire qu’ils auraient mieux fait de faire une conférence intégralement sans gameplay. C’était le seul de la soirée et ils l’ont joliment foiré. On retiendra également une direction artistique plus colorée avec du jaune, du bleu et du vert pour les bonus, rappelant d’autres jeux comme Serious Sam, Paintkiller ou encore évidemment Unreal Tournament, plus que Doom 2016 plus terne et orange.

Remplir un manque par du vide, tel est ce que l’on retiendra de cette conférence paresseuse, même si les deux vraies belles surprises attisent clairement notre curiosité, car les studios qui travaillent dessus nous ont déjà prouvés leur savoir-faire respectif. Néanmoins ça ne reste que de simples propositions, à eux maintenant de transformer ça en de vrais belles œuvres vidéoludiques. Evidemment on ne parlera pas des fans présents dans la salle qui s’exclamaient pour un rien. Si certains diront que c’étaient des personnes payés pour faire de l’animation, on préfère simplement se dire que ce sont des fans hardcore du studio qui aiment absolument tout ce que Bethesda Softworks produit. Après tout, certains jouent encore et toujours à Fallout 76, aidant les développeurs à construire petit à petit le jeu qu’il devait être à sa sortie. Il y en a, ils existent !


Retrouvez toutes les bandes annonces sur notre page facebook et pour ceux qui le désirent, vous pouvez (re)voir l’intégralité de la conférence.

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