Resident Evil 7 vidéo découverte

Resident Evil 7

PC PS4 Xbox One
8

Super

8.8

JeuxCaptiens

Edito : Resident Evil 7 est-il un véritable Resident Evil ?

Resident Evil 7 vidéo découverte
C’est la question que tout le monde se pose depuis la sortie de Resident Evil 7 le 24 janvier dernier. En promettant un retour aux sources de l’horreur tout en innovant et en proposant de l’inédit pour sa saga, Capcom ne s’attendait peut-être pas a ce que le jeu fasse polémique sur ce point. Et pourtant c’est bien le cas, et ce depuis l’arrivée de la démo Kitchen l’année dernière sur PlayStation 4, de nombreux joueurs ne voient toujours pas les nombreux détails et autres choix de gameplay faisant de ce Resident Evil 7 un épisode à part entière de la franchise. Nous allons donc tenter de répondre à cette interrogation qui divise encore aujourd’hui les joueurs, même ceux ayant déjà terminé le jeu. Article garanti sans spoiler.

Le scénario, un point de détail ?

Première grosse critique que certains joueurs font à ce Resident Evil 7, son scénario. Sans spoiler outre mesure, sachez qu’il ne semble pas s’appuyer dans un premier temps sur le background riche et bordélique de la licence. On y incarne un dénommé Ethan qui part à la recherche de sa jeune épouse, Mia, disparue trois ans plus tôt. On arrive alors sur le domaine des Baker, une famille qui semble dérangée et meurtrière. Pourtant, de fil en aiguille des petites allusions aux événements passés dans la mythologie de Resident Evil apparaissent ici et là, comme un article sur l’après Racoon City, et si ce ne sont que des allusions, elles prouvent à elles seules que le jeu se déroule bien dans le même univers que les opus précédents. D’autre part, le final induit aussi un fil conducteur avec le reste de la franchise, mais pose par ailleurs de nombreuses questions auxquelles Capcom va devoir répondre dans le futur, via des DLC ou encore avec un nouvel épisode canonique. Alors certes, tout cela reste très – trop ? – diffus lors du déroulé scénaristique du jeu et la fin arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, mais on reste tout de même sur une suite avec Resident Evil 7 et non un reboot, comme on a pu l’entendre dire ici et là.

Néanmoins, il faut bien reconnaître que le déroulé du jeu se veut plus intimiste que par le passé, les thèmes abordés le sont d’ailleurs tout autant. A commencer par celui de la famille qui est véritablement au centre des débats et n’est pas qu’un slogan publicitaire. Et si Resident Evil 7 se veut parfois maladroit dans sa narration, notamment à cause d’un personnage principal finalement assez froid, ce changement de direction est notable. Pour autant, la compréhension et les avancées du scénario se font comme au bon vieux temps, à coup de documents à trouver et lire, mais aussi de dialogues entre les divers protagonistes, et en cela ce nouvel opus fait bien plus qu’écho à ses illustres ancêtres en s’inscrivant dans la continuité.

Enfin, une théorie fait son bonhomme de chemin sur internet et sur les forums, cette dernière argumentant sur le fait qu’Ethan Winters ne serait pas un inconnu des joueurs de Resident Evil. En effet, il est fait allusion à un dénommé Ethan W. dans un document trouvé dans Resident Evil 5 et illustrant des ordres donnés par Spencer demandant de neutraliser des cadres de niveau 9 de la société Umbrella Corporation. Le nom de notre héros apparaît donc dans ce fameux listing, et est-ce là un simple clin d’œil comme beaucoup le prétende ou est-ce que cela cache autre chose de plus complexe ? Seul l’avenir nous le dira…

Le gameplay en question

Concernant ce point précis, on ne peut pas dire que Resident Evil 7 manque de nouveautés, même si de nombreux éléments sont issus d’anciens jeux de la franchise. On retrouve alors les énigmes, les herbes vertes, les armes, le craft de munitions et autres, mais aussi le gameplay lourd et rigide propre aux épisodes un à trois. Le grand changement vient du fait que le jeu s’articule aujourd’hui autour d’une vue à la première personne, on n’a donc pas le droit aux caméras fixes, mais la contrepartie est une immersion des plus poussées, bien plus que dans n’importe quel épisode de la licence. La progression est elle très proche de ce que l’on avait dans les années 90, des portes demandant des clés spécifiques pour être ouvertes, des énigmes à résoudre l’obtention d’items clés et des ennemis à abattre ou fuir pour plus de tranquillité et ainsi éviter de finir six pieds sous terre. On note même le retour des bonnes vieilles cartes des différents lieux et des coffres permettant de stocker ses objets. En mode survie, bien qu’il y est des checkpoints, les sauvegardes manuelles via des cassettes, remplaçant les rubans encreurs, sont de mises. En cela, on retrouve les mêmes mécaniques de progression qu’auparavant et si elle s’était perdue en chemin depuis Resident Evil 5 – même si Révélations est passé par là -, elles sont bien de retour avec cette septième itération.

Grosse désillusion pour ceux qui taxent Resident Evil 7 d’être un simili Outlast, il n’en est rien. Déjà d’une part parce que l’on est très vite armé et cela permet de ne pas devoir fuir ou de se cacher à tout prix à chaque menace, l’affrontement étant possible. Même si certaines séquences invitent à se la jouer infiltration, ce n’est pas une obligation et il est tout à fait possible de tirer quelques salves pour se débarrasser de l’ennemi du moment. Les deux derniers actes sont d’ailleurs très actions, et si la visée est plutôt difficile de prise en mains, ce qui est volontaire d’ailleurs, il ne faut pas oublier que Resident Evil c’est aussi du gunfight contre des monstruosités. Et là encore, ce septième épisode fait le travail et propose par ailleurs de nombreux boss marquant la fin de chaque acte.

La construction même du jeu, dans ses premières heures, n’est pas sans rappeler le premier Resident Evil. Le terrain de jeu est d’ailleurs un hommage appuyé à cet opus, et même s’il y a quelques variations, le level design fait de couloirs étriqués en est la meilleur preuve. Cela varie un peu plus par la suite et pas forcément de la meilleure des façons, mais là encore on retrouve cette touche so Mikami que l’on avait tous aimé et que l’on avait rangée dans la partie nostalgie de notre cerveau. Alors oui Resident Evil 7 est bien le digne successeur au niveau du gameplay des premiers épisodes, bien plus que ne l’était le 5 ou le 6 de notre point de vue, car il ne s’agit pas là d’un clone d’Amnesia ou d’Outlast, il possède sa propre identité et ne trahit en rien son matériel de base, l’utilisant même de façon intelligente sans noyer le joueur sous un flot de fans service.

L’ambiance ou le retour de l’horreur made in Capcom

L’ambiance, parlons-en. S’inspirant d’énormément d’œuvres cinématographiques comme Massacre à la Tronçonneuse, Psycho, Ringu ou encore The Devil’s Reject et la Maison des Mille Morts, Resident Evil 7 pioche dans des classiques de l’horreur et du slasher pour instiller une ambiance glauque et malsaine à souhait. La famille Baker en est d’ailleurs le meilleur exemple, puisque participant à mettre le joueur mal à l’aise et le plonger dans la folie furieuse et mortelle d’une famille de psychopathes. La scène du dîner n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle se déroulant dans le Massacre à la Tronçonneuse de 1974 – celui de Tobe Hooper – et c’est d’ailleurs l’un des points forts du jeu. Car à l’instar de ces illustres prédécesseurs, RE 7 parvient à utiliser ses références de manière intelligente et sans en faire trop. Resident Evil premier du nom s’inspirait énormément du travail de George Romero et bien cet épisode s’inspire de bien plus d’œuvres et même de certaines provenant directement du jeu vidéo.

Le point de départ du scénario n’est donc pas sans rappeler celui d’un certain Silent Hill 2, tout comme les nombreux coups de téléphone que l’on reçoit. Marguerite, l’un des boss du jeu, semble tout droit sortir d’un bon film d’horreur asiatique, mais aussi de The Evil Within. Qu’est-ce que Jack sinon un Nemesis bis semblant venir de Resident Evil 3 ou encore qu’est-ce que cette maison aux nombreux secrets si ce n’est une nouvelle représentation du manoir et du commissariat des deux premiers Resident Evil et donc par extension de la bâtisse de Alone in the Dark. Bien entendu, la vue à la première personne est sans aucun doute inspirée par Outlast, Amnesia, Penumbra voire P.T, mais elle est ici utilisée au service de mécaniques de jeu très Resident Evil et est donc unique en son genre.

C’est de par toutes ses inspirations que la saga Resident Evil a réussi à se créer une identité forte et unique au fil des épisodes et RE 7 en est le parfait prolongement. Il ne nous est pas possible, par risque de spoiler, de vous exposer toutes les références – notamment celles liées à Ringu -, mais il y en a beaucoup. Et cela participe a créé une atmosphère pesante visuellement crade et marquée et accompagné par une ambiance sonore très réussie et des thèmes souvent légers, sans pour autant l’être trop. Car à l’instar encore une fois des premiers Resident Evil, ils participent à la création d’une atmosphère basée sur la solitude et l’horreur. Les jumpscares et autres moments forts sont aussi présents et certains glacent littéralement le sang et ne soyons pas langue de bois, cela faisait longtemps que l’on n’avait pas eu autant d’appréhension à ouvrir une simple porte dans un Resident Evil.

Resident Evil 7 est donc un véritable Resident Evil

On aurait encore pu argumenter des heures durant, mais le fait est qu’après nos sessions de jeu et notre analyse de ce Resident Evil 7, il n’est pas possible pour nous de vous dire que cet épisode n’est qu’un produit quelconque sur lequel on aurait apposé l’étiquette Resident Evil pour booster les ventes. Alors oui, il n’y a pas de zombies, le scénario semble assez lointain du reste de la saga et il manque les personnages de notre enfance – encore que…-, mais ce n’est pas parce que des choses changent qu’il faut y voir une trahison envers la licence. Resident Evil 7 replace l’horreur au centre des débats, s’inspire de ses propres anciens pour ses mécaniques de jeu et parvient surtout à faire sortir la tête de l’eau à une franchise qui en avait vraiment besoin. Finalement, la seule question que l’on peut se poser maintenant est : que nous réserve la suite ?

Nous vous invitons à jeter un œil à notre test de Resident Evil 7 pour connaitre notre avis.

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