Fast and Furious 8, Dom Toretto et sa famille passent la huitième

Fast and Furious 8, Dom Toretto et sa famille passent la huitième

Reconnu à l’international depuis 2015 et la sortie de son N.W.A Straight Outta Compton, F. Gary Gray exerce cependant le métier de réalisateur depuis plus de 20 ans maintenant. Négociateur, Un Homme à Part, Braquage à l’Italienne ou encore Que Justice Soit Faite : c’était déjà lui. Celui qui lui a permis de gagner en notoriété fait donc office d’OFNI dans une carrière avant tout faite sous le signe de l’action. Par le biais du projet Braquage à l’Italienne, il avait déjà prouvé être capable de filmer et mettre en scène des courses poursuites automobiles, mais va-t-il suffisamment vite pour suivre Dom Toretto et sa famille ? Après le départ timoré de Justin Lin, puis le dérapage remarquablement contrôlé par James Wan, F. Gary Gray déçoit, tout en confortant avec un divertissement simplement qualifiable comme : de bonne facture.

À l’instar d’un Mission Impossible (même si le sixième opus déroge à la lettre), il est intéressant de voir en quoi un réalisateur peut booster ou au contraire freiner l’essor d’une franchise qui n’a plus rien à prouver. Bien au contraire. Fast and Furious est une franchise qui ne cesse de surprendre et de développer son image auprès d’un public de plus en plus large. Cependant, ce huitième opus pourrait bien marquer le début d’un tournant. F. Gary Gray est un réalisateur de talent, mais passer après James Wan est chose délicate. Ce dernier avait apporté un vent de fraîcheur et des fulgurances/tics de réalisation, faisant du septième opus le plus créatif et original. Plan séquence, accélérations et ralentis, mouvement de basculement à 180°… Au-delà de ces fulgurances de réalisation, il avait su capter l’essence Fast and Furious. Une saga spectaculaire, nerveuse, intense, mais également cool, décontractée et machiste (malgré des personnages féminins forts, ne nous voilons pas la face).

Voitures, courses-poursuites, musique pop, scènes d’action spectaculaires… sachant ce qu’il va voir, le spectateur accepte de ne pas réfléchir et d’entrer dans le monde surréaliste de Fast and Furious. Un monde où les personnages sont mis en scène tels des super-héros inarrêtables, qui prônent les valeurs de la loyauté et de la famille. Ce terme de « famille », autour duquel tourne l’intégralité du scénario de Fast and Furious 8, revient souvent et reflète parfaitement, ce en quoi la saga a su se pérenniser. La création de cette famille de personnages fictifs (personnages qui collent à la peau des acteurs, ce en quoi les évènements réels permettent aux films d’être finalement plus fort émotionnellement parlant) dont fait complètement partie le spectateur. Ce dernier est devenu avec le temps un membre à part de cette famille et prend un malin plaisir à les retrouver pour une nouvelle aventure. Fast and Furious 8 est l’exemple même du film d’action dont le scénario va se servir des scènes d’action comme élément de transition entre chacun des paliers qui constitue la structure narrative du film.

Après la surprise de la trahison va venir le moment du questionnement, avant que ne viennent la compréhension et enfin la résiliation. Quatre étapes que l’on résumerait très simplement comme : l’introduction, les péripéties et la conclusion. Ce qui n’est autre que le problème principal de ce Fast and Furious 8. Un scénario balisé, simple et prévisible tant dans ses les amorces de ses rebondissements que dans leurs finalités. Les personnages ne devenant également que des caricatures d’eux-mêmes. Et ce, même si le spectateur souhaite les retrouver tel qu’il les avait laissés à la fin du précédent film et n’en attend pas forcément plus. Le scénario ne surprend pas et ne cherche pas à voir plus loin que le « simple » développement de la notion de famille en repoussant les limites du : « je te connais et sais que tu ne nous trahis pas pour rien ». Ce qui, sommes tout, reste intéressant et permet à la franchise d’évoluer autour de ce même questionnement. Reste le personnage de Dom Toretto (interprété par Vin Diesel NDLR) qui s’offre ici le premier rôle et baisse la garde laissant surgir la face immergée et émotionnelle de l’iceberg. Mais ce n’est pas suffisant. Surtout après un septième opus qui ne se contentait pas uniquement de ça (la vengeance, la mort, la peur… des thématiques qui produisent des émotions malheureusement décuplées par la réalité).

Au-delà de ce scénario faiblard (car oui, tous les Fast and Furious ne disposent pas des scénarios aussi faibles et il ne faut pas faire l’amalgame entre un scénario et une histoire), réside cependant un divertissement de qualité aux scènes d’action impressionnantes. Toujours dans la volonté de ne pas rétrograder et d’aller toujours plus loin dans le surréalisme, F. Gray Gray et son équipe explosent tout ce qu’ils peuvent. Les voitures pleuvent, surgissent, se font propulser… il y en a pour tous les goûts. Amateurs de sensations fortes, vos rétines seront comblées. Visuellement de qualité, car doté d’une réalisation avant tout formelle au détriment de toute créativité, ce Fast and Furious 8 est très agréable à regarder. Des scènes d’actions lisibles, un montage qui n’abuse pas du sur-découpage pour créer du dynamisme. Un dynamisme suffisamment présent au sein du cadre et F. Gary Gray l’a bien saisi. Encore une fois l’action réelle et les cascades font la part belle au numérique (même si chaque plan est retouché en post-production), amplifiant allègrement l’aspect spectaculaire de chacune des scènes.

Sans être le meilleur opus, Fast and Furious 8 n’en est également pas le moins bon. Drôle par moment grâce à la bromance Dwayne Johnson/Jason Statham aux punchlines irrésistibles, mais essentiellement déconcertant, car beaucoup trop sérieux. Fast and Furious 8, un défouloir jubilatoire et démesurément spectaculaire qui s’inscrit, ni plus ni moins, dans la lignée des quatre précédents opus : Bigger is Better.

Fast and Furious 8 - Bande Annonce VOST

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