TEST – Fire Emblem Warriors – Une excitation qui retombe vite ?

Nintendo Switch

Fire Emblem, franchise bien reconnue notamment pour ses tactical RPG de renom, surfe sur la vague du moment et emboîte le pas sur les Dynasty Warriors et autres ubyrule Warriors en s’apprêtant à sortir le 20 octobre prochain dans nos contrées Fire Emblem Warriors sur Nintendo Switch et New Nintendo 3DS. Est-ce une riche idée ? ou un hack ’n’ slash de plus ?

Un hack ’n’ slash nerveux et dynamique

Avant toute chose, l’aventure débute en sélectionnant au choix le prince (Rowan) ou la princesse (Lianna), tous les deux jumeaux qui doivent sauver leur royaume : celui d’Aytolis. Une fois le genre du héros soigneusement sélectionné, il faut choisir le niveau de jeu (difficulté facile, medium ou difficile). La partie peut alors commencer.

La prise en main se fait alors de façon plutôt fluide, un tutoriel détaillé étant prévu pour les novices. De nombreuses fenêtres s’ouvrent alors lors des premières missions afin que toutes les commandes s’intègrent au fur et à mesure dans le gameplay sans que cela ne fasse trop d’informations à la fois : un premier bon point. Les premières bases acquises, nous pouvons alors nous lancer dans nos premiers combats. L’aspect jouissif du jeu prend alors le pas sur l’impatience de débuter enfin cette première mission. Quel gameplay dynamique ! Quel bonheur intense d’endosser l’armure d’un guerrier sanguinaire qui tue par groupes entiers des ennemis disséminés ça et là partout sur le niveau. Lors de certains coups spéciaux et combos, notre personnage parviendra même jusqu’à éliminer plus de cent adversaires d’un coup : le pied total !

En revanche, et c’est surprenant, mais cela peut aussi s’expliquer en raison de la cible probablement visée des enfants, pas une goutte de sang. Mais finalement, ça ne manque pas. Le côté manga est respecté, les graphismes du jeu bien léchés, la copie est rendue propre, c’est un vrai plaisir.

Bref, en quelques mots, Fire Emblem Warriors nous propose un gameplay nerveux, intense et riche. Et la fluidité de l’action, l’absence de ralentissement même lors de l’affrontement colossal et simultané de salves de plusieurs centaines d’ennemis ne font que renforcer ce plaisir de jeu.

Un jeu complet qui n’oublie pas de gâter le joueur

Fire Emblem Warriors est, de plus, un jeu généreux, qui n’oublie pas de gâter les joueurs. Nous pouvons faire ce constat à plusieurs niveaux.

Tout d’abord, c’est peut-être anecdotique, mais il y a la possibilité de changer de difficulté n’importe quand dans le mode histoire. Ainsi, à l’issue de la première mission, il est tout à fait possible, plutôt que d’embrayer sur la suite du récit et d’entamer la deuxième étape, de recommencer le même niveau en difficulté plus ou moins intense, et même, pourquoi pas, de terminer la première mission dans chaque niveau de difficulté avant de passer à la suite (ça fera plaisir aux perfectionnistes jusqu’au boutistes, vous savez, comme tous ces casual gamers un peu malades qui souhaitent absolument avoir les trois étoiles à chaque niveau de Candy Crush avant de passer au suivant, et ce même s’ils savent que plus de 1000 niveaux les attendent).

Ensuite, Fire Emblem Warriors, à l’image de nombreux jeux de combat actuels, propose un panel incroyablement varié de personnages à incarner (plus de vingt sont au programme). Ces mêmes personnages à incarner sont également jouables en même temps sur une simple mission : par simple pression d’une touche, on passe de l’un à l’autre, presque sans s’en rendre compte ! C’est beau, c’est excitant mais ça rend le jeu encore plus stratégique : attention aux nerfs en fusion.

Et s’il n’y avait que les quêtes principales, mais non, c’est sans compter sur les quêtes secondaires, pas toujours simples à réaliser car elles sont à finaliser simultanément à la quête principale, sur le même champ de bataille et souvent en un temps limité, tout en s’assurant qu’aucun personnage ne meurt : ça se corse ! Il faudra, à titre d’exemple, trouver l’échoppe d’Anna, au bout de 1000 ennemis tombés au combat, afin de lui demander un morceau de carte, l’idée étant bien sûr de trouver les différents morceaux de cartes lors des diverses et nombreuses missions que comporte le jeu. Et la chose n’est pas aisée, car non seulement il faut trouver l’échoppe d’Anna en la localisant sur la carte en haut à droite de l’écran, carte qui peut parfois être un peu confuse et ne pas aider tant que ça, se rendre auprès de ladite Anna (ce qui peut impliquer de retraverser tout le niveau dans l’autre sens si aucun des personnages n’est disponible ni présent au bon endroit), et faire tout ça dans le temps imparti (parce qu’après Anna, comme toute bonne commerçante, a une vie privée et rentre chez elle).

Par ailleurs, sur une même mission, alors que vous dirigez un protagoniste, vous pouvez donner des ordres aux autres personnages et les orienter vers des batailles que vous savez qu’ils mèneront à bien sans votre aide (grâce à de petites icônes sous forme de flèches montantes ou descendantes qui indiquent si vous envoyez votre ami vers un succès assuré ou plutôt au casse-pipe).

Enfin, entre les missions, vous aurez de nombreux choix à faire : il vous faudra vous rendre dans un menu de crafting afin de forger au mieux vos armes qui, non seulement ont des lettres selon leur catégorie (les armes de catégorie A sont plus puissantes que les B qui à leur tour sont plus efficaces que les C qui… etc.), mais qui peuvent également bénéficier de pouvoirs que vous aurez transféré d’une arme à l’autre (moyennant la destruction de l’arme qui aura cédé sa compétence à l’autre). Mais au-delà du crafting, vous aurez aussi le devoir de faire évoluer les personnages selon la mode bien établie et empruntée aux RPG des arbres de compétences : alors essayez un peu d’imaginer 3 à 4 arbres de compétences par personnage multipliés par la vingtaine de personnages jouables : vous avez de beaux jours devant vous. Plus curieux, entre deux missions, il est possible de débourser l’argent récupéré sur le front de la bataille et d’acheter des niveaux pour les personnages qui seraient un peu à la traîne et qui n’auraient pas gagné suffisamment de niveaux sur le champ de bataille.

Bref, vous l’aurez compris, si une douzaine d’heures suffisent à terminer l’histoire principale, il vous en faudra beaucoup plus pour venir à bout de toutes les quêtes secondaires, arbres de compétences et autres armes à crafter de la meilleure façon qui soit : bon courage !

Mais finalement, et si ça retombait comme un soufflé ?

Si tout laisse penser que Fire Emblem Warriors a tout du jeu excitant, riche, complet et parfait pour les vacances de la Toussaint à venir, il semble que quelques menus détails viennent assombrir le tableau.

En raison tout d’abord d’une histoire franchement creuse, de laquelle on se désintéresse très vite : les jumeaux princiers doivent s’enfuir de leur royaume qui est en train de sombrer, sont séparés de leur mère et doivent tout faire pour mener au happy end et ce, en faisant nouvelle rencontre sur nouvelle rencontre. Rien de bien nouveau sous les étoiles.

Au-delà de l’histoire, les protagonistes se révèlent assez fades et peu charismatiques. Ils sont beaux et bien dessinés, on ne peut leur retirer cela (hormis lors des scènes introductives de chaque mission, où l’on a clairement l’impression de revenir des années en arrière techniquement et d’assister aux introductions de certaines énigmes dans les tout premiers Professeur Layton), mais ils sont aussi ternes, sans saveur et on a du mal à s’intéresser vraiment à leurs sorts, qu’ils se révèlent funestes ou joyeux.

Tous les personnages sont au final assez interchangeables et il est difficile d’avoir son préféré tant les différences entre les uns et les autres ne sont pas flagrantes.

A l’écran et lors d’une mission, point déjà évoqué plus haut, la carte censée aider le joueur se révèle parfois plus confusante qu’autre chose et ne facilite alors pas toujours l’action des combats qui peuvent paraître brouillons en certaines occasions.

Enfin, pour terminer, il semble effectivement que l’excitation des débuts retombe assez vite, l’énorme point noir du jeu étant son aspect répétitif à l’extrême qui, malheureusement, dissuadera sans doute même les joueurs les plus aguerris de s’essayer à terminer le jeu à 100%.

Conclusion

Fire Emblem Warriors se révèle excitant lors des premières heures, proposant de belles cinématiques, un contenu riche, de solides mécanismes de jeu et une véritable jouissance à mettre hors d’état de nuire plusieurs centaines d’ennemis en à peine quelques secondes. Malheureusement, toutes ces belles promesses sont rapidement anéanties par des protagonistes sans saveur dans une histoire classique et qu’on oublie vite, le tout au milieu de missions dont on a compris tous les tenants et les aboutissants au bout d’environ cinq ou six niveaux…

Points positifs

  • Gameplay nerveux, dynamique et fluide
  • Le plaisir de tuer plusieurs centaines d’ennemis simultanément
  • Jeu complet (crafting des armes, achat de niveaux pour les personnages, arbres de compétences)
  • Quêtes secondaires à mener de front avec les quêtes principales
  • Graphismes mangas propres, frais et amusants
  • Possibilité de changer de personnage rapidement au sein d’une même mission
  • Durée de vie correcte (une douzaine d’heures) et gargantuesque si on cherche à toucher le 100%

Points négatifs

  • Trop répétitif et vite ennuyeux après quelques batailles
  • Parfois confus (difficile de se concentrer sur le combat et sur la carte)
  • Personnages interchangeables et peu charismatiques
  • Histoire sans intérêt
  • Scènes introductives de chaque mission ternes et un peu faibles graphiquement
6.5

Acceptable