TEST – Flatout 4 Total Insanity : Entre jouissif et frustrant

Photo du profil de Crocomiles
PC PS4 Xbox One
Si les Destruction Derby, Burnout et autres Flatout étaient monnaie courante pendant la décennie présente, ils semblent aujourd’hui avoir disparu. Les simulations semblent avoir pris la place de ces jeux très arcades où il faut autant rouler vite que défoncer les autres joueurs, à coups de pare-choc. Si The Next Game Car devait signer le retour de ce genre, Flatout 4 Total Insanity lui vole la vedette.
Flatout 4 testQui va à la chasse…

Alors que Bugbear Enternainment travaille sur The Next Game Car, c’est trois studios qui travaillent sur le quatrième opus de la licence créée par… Bugbear. Rappelons tout d’abord le concept du jeu. Il s’agit tout simplement de courses brutales, où il est tout à fait indiqué de venir taquiner l’arrière-train de vos adversaires. Là où le jeu se démarque des Burnout, c’est qu’il n’y a pas de Takedowns, pas d’éliminations directes. Chaque véhicule possède une barre de vie, mais il faudra s’y prendre à plusieurs reprises pour éliminer un adversaire. De plus, Flatout se veut plus décomplexé, c’est ce qui explique les modes Cascades, où il faut éjecter le pilote pour le balancer dans des structures façon Jenga.

Du contenu en veux-tu en voilà

FlatOut 4: Total InsanityCommençons par le gros du jeu. Flatout 4 Total Insanity regorge de modes et de choses à faire. Il faudra facilement une quinzaine d’heures au joueur pour finir le jeu avec pas mal de médailles d’or. En effet, le jeu propose un mode carrière divisé en trois classes de véhicules, soit environ 24 épreuves. Quand l’on parle d’épreuve, il s’agit soit de Championnat de plusieurs courses, soit de combat en arène, soit de course contre-la-montre.

Si le joueur en a marre, il peut toujours se référer au mode Flatout. On y retrouve les modes de jeu les plus barrés. C’est donc 42 épreuves allant de détruire un max de chose, à aller le plus vite possible en ayant une bombe dans son véhicule, en passant par jeter le conducteur dans des anneaux de feu.

Enfin, il est toujours possible de s’essayer au mode multijoueur jouable jusqu’à huit joueurs.

Faire ses courses

La course dans un jeu de voiture, c’est assez logique. Flatout 4 n’oublie donc pas ce mode, même s’il s’étale sur d’autres terrains. Qu’on se le dise, les premières courses du jeu sont très molles, et on gagne facilement. On se demande même si l’on finira le jeu tellement il est ennuyeux. Cependant, une fois les deux/trois premiers tournois passés, le jeu gagne en intérêt. Et pour cause, petit à petit, l’IA se montre de plus en plus agressive. Si elle vous tamponnait gentiment le pare-choc arrière dans les premières courses, il lui faudra deux tournois avant qu’elle ne vous fonce dedans pour vous dégager. De ce fait, il se dégage une énergie et une brutalité qui n’a jamais été aussi forte dans un jeu du genre. L’IA est clairement un bon point, d’autant qu’elle sait se battre contre elle même, mais également se planter magistralement. De plus, il ne s’agit pas d’une « IA à la Mario-Kart ». C’est-à-dire qu’elle ne reviendra pas miraculeusement derrière vous.

Mais si Flatout 4 est brutal, c’est aussi un déluge de scènes ahurissantes, en raison des circuits. Ces derniers sont faits pour le spectacle. Tout d’abord, tous les tracés (ou presque) contiennent des chemins différents. Il est donc possible de séparer le peloton parfois jusqu’à 6 passages différents. Ce qui a pour effet des retrouvailles parfois chaotiques. Ainsi, il n’est pas rare de prendre un virage et voir surgir dans les airs un véhicule ! Le tout avec divers effets de poussières et de particules. Car évidemment, le jeu propose tout un tas d’éléments destructibles, ce qui engendre un grand n’importe quoi sur la piste. Flatout 4 est donc très impressionnant sur sa brutalité, mais aussi ses circuits, faits pour couper le souffle.

Cependant, au niveau gameplay, il faut s’adapter. La conduite est plus arcade que jamais. Ici, on ne freine surtout pas. Au mieux, on arrête d’accélérer dans les virages et passages difficiles. En effet, les voitures glissent très facilement. C’est d’ailleurs un problème, car si les premiers véhicules restent faciles à conduire, très vite la physique fait défaut. Certains véhicules (notamment les 4×4) ont tendance à dégager de la piste pour rien. La moindre petite imperfection sur la route peut entraîner de multiples tonneaux. Cela devient frustrant quand c’est sur un obstacle obligé. On est alors forcé de ralentir pour passer un chemin de fer, au risque de perdre six places. Cela devient facilement très rageant.

Enfin, on termine sur certaines petites spécificités. Ainsi, Flatout 4 n’oublie pas le boost. Cependant, les glissades ne comptent pas pour déclencher la nitro. Il y a deux possibilités : soit le joueur éclate tous les objets sur son passage, soit le joueur éclate tous ses concurrents sur son passage. D’autant que le boost sert autant à aller plus vite qu’à défoncer plus facilement ses adversaires. Dans Flatout 4 tout est permis pour être premier, surtout les queues de poisson !

La reine de l’arène

En plus des courses, Flatout n’oublie pas le classique mode arène ! Ici, la vitesse ne sert qu’à une chose : détruire ses adversaires ! Il faut donc logiquement détruire tous ses adversaires en préservant sa voiture. Évidemment, le petit tamponnage vaut bien moins qu’une explosion de véhicule, il faut donc bien choisir ses cibles. Si ce mode reste classique en mode Carrière, le Match à Mort du mode Flatout est plus délicat. Les développeurs ont disposé quelques bonus aléatoires, permettant d’être un véritable bélier, de paralyser un ennemi ou d’exploser directement. On conseille fortement de les utiliser pour être premier.

On note que les différentes arènes sont en tout cas assez bien fichues pour que les combats soient différents.

Flatout presents Flatout

FlatOut 4: Total InsanityEn plus du mode carrière, les joueurs peuvent débloquer des véhicules et objets de personnalisation via le mode Flatout. Ce dernier est encore moins sérieux dans ses épreuves. Il faudra par exemple aller le plus loin possible avant d’exploser, faire un maximum de dégâts en mode course, ou réussir des épreuves barrées. Ces dernières sont un classique de Flatout. Le joueur déboule sur une rampe avant d’éjecter son pilote. Ce dernier à plusieurs objectifs au choix. Il devra par exemple atterrir dans des gobelets, trous de golf ou encore aller le plus haut possible.

Derrière l’humour un peu lourd se cachent finalement des cascades pas si simples à réaliser. Il faudra donc pas mal de temps si le joueur vise l’or.

Pimp my derby ride

FlatOut 4: Total InsanityQue ce soit le mode Flatout ou Carrière, les bons scores ramènent toujours des bonus. Des bonus que l’on acquiert uniquement via l’argent du mode Carrière. Être premier vous assurera certes une bonne prime, mais il est possible de gagner plus en défonçant plus de choses. Quoi qu’il en soit, le joueur peut acheter jusqu’à 27 véhicules, les peindre, modifier le klaxon et l’effet de nitro. On aurait peut-être aimé plus de choix dans la personnalisation, notamment des calques, qui auraient permis de se démarquer encore plus des autres. Outre les modifications cosmétiques, le joueur peut améliorer l’accélération, la vitesse, la santé de sa voiture, etc. Du classique, mais il faudra passer par là, notamment pour les contre-la-montre. Attention cependant à ne pas trop dépenser, car il faut prévoir assez d’argent pour s’acheter une voiture du rang prochain (Classic ou All-Stars). Si le joueur n’est pas assez économe, il faudra qu’il refasse ad nauseam les courses. Enfin, il est dommage de pouvoir changer de pilote en multi ou en partie rapide, mais pas en mode carrière. On aurait voulu jouer avec les autres pilotes, et non le chauve générique.

Ambiance brutale, mais répétitive

FlatOut 4: Total InsanityOn le disait précédemment, les circuits de Flatout 4 sont un régal. Ils sont très bien pensés et il faudra les faire plusieurs fois pour trouver le meilleur embranchement. Ça tombe bien, puisque le joueur devra les faire encore et encore, car si Flatout 4 possède une vingtaine de circuits, on tourne très vite en rond. Au final, on compte seulement cinq environnements différents (neige, désert, industries, forêt et stade). Ces derniers sont certes bien fichus, ils ne restent pas moins usants de les parcourir. Un environnement, c’est en fait le même circuit, plus ou moins différent, en raison des embranchements ou du fait qu’il soit inversé. Plus de circuits différents ou plus d’environnements n’auraient pas été du luxe. Peut-être à venir en mise à jour ?

D’autant que techniquement, le jeu ne brille pas spécialement. On a l’impression que la « mise en scène » cache un moteur pas super. Cela dit, c’est loin d’être laid pour autant. Hormis sur la physique, comme on le disait précédemment.

Enfin, niveau musique, comme toujours, c’est le pop-rock qui l’emporte. Le jeu comporte de très bons titres, ou du moins qui collent parfaitement à l’ambiance du jeu. Néanmoins, on n’en peut plus de la musique du menu. Lorsque le joueur revient sur le menu, il se prend toujours la même chanson dans la tête. On n’a rien contre toi No Sleep des Twin Atlantic, mais trop c’est trop !

Multijoueur, mais pas trop

FlatOut 4: Total InsanityEnfin, on termine ce test sur quelques détails, notamment le multijoueur. Ce dernier est jouable jusqu’à huit joueurs en ligne, et tout est paramétrable. En revanche, le mode hors ligne est scandaleux. Si Flatout 4 était fait pour le local avec ses attaques fourbes, il n’en est rien. Les développeurs se sont contentés du mode cascade, jusqu’à huit joueurs en se passant la manette (donc non ce n’est même pas quatre joueurs simultanés). Inutile de dire que ça n’a donc aucun intérêt en local. Pourtant, Flatout 4 possède un atout de taille pour le multijoueur local : le mode Assaut. Il s’agit d’une course où le taux de nitro augmente très vite et pour cause : en fonction de votre jauge, il vous est possible de balancer des boulets explosifs, des bombes aimantées, des bornes électriques ou une attaque de zone. Un mode bien barré, bien bordélique, mais qui ne se fera pas entre amis, sur le canapé. Clairement dommage.

Conclusion

Flatout 4 Total Insanity a eu du mal à arriver jusqu’à nous, après un Kickstarter malheureux. Et pourtant, les trois studios de développement nous livrent un jeu entre bon et moyen. On salue la qualité des circuits (les possibilités et les scènes incroyables), mais ce sont toujours les mêmes. Le jeu possède de bons modes multi, mais le mode local est mauvais. Le jeu est très fun et brutal, mais la physique est assez rageante. Dans l’ensemble il s’agit tout de même d’un bon jeu dont on attendra clairement une baisse de prix pour en profiter. Ou on attendra The Next Car Game.

Points positifs

  • Brutal
  • Circuits bien fichus...
  • ..et on en prend plein la tête avec
  • Contenu riche
  • Mode Assaut
  • Mode Flatout, entre deux courses

Points négatifs

  • Multi local quasi absent
  • Personnalisation un peu chiche
  • Toujours les mêmes circuits
  • La physique parfois très rageante
6

Acceptable

Photo du profil de Crocomiles
"Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière." August Strindberg