Ghost Recon Wildlands

Ghost Recon Wildlands

PC PS4 Xbox One
6

Acceptable

5

JeuxCaptiens

Ghost Recon Wildlands – Preview

Le tout dernier et excellent Ghost Recon se terminait sur un cliffhanger. En pauvres joueurs époustouflés par ce titre multipliant les bonnes choses, on attendait donc un deuxième Future Soldier. Quatre ans après, Ubisoft semble totalement avoir oublié cette fin (très) ouverte, et nous propose un Ghost Recon Wildlands n’ayant rien à voir. Enfin… rien à voir, c’est vite dit tout de même…

Cartel

Commençons tout d’abord par situer l’histoire de Ghost Recon Wildlands. Celle-ci se situe bien loin des conflits extrêmes des jeux du genre, avec des enjeux mondiaux à base de missiles nucléaires et autres. Le scénario se veut plus réaliste et plus immersif. Le joueur incarne la crème de la crème des soldats américains, capables de s’infiltrer et s’exfiltrer très rapidement. Ce sont les fameux Ghosts. Et cette élite ne sert pas à régler des conflits meurtriers, à éliminer des dictateurs, mais plutôt… à arrêter un cartel de drogue. Qui dit drogue dit évidemment Amérique du Sud, et c’est justement en Bolivie que se passe Wildlands. L’objectif des Ghosts est donc d’éliminer le grand boss de cette organisation.

Pour se faire, le jeu d’Ubisoft propose un système semblable à celui de Crackdown, il fut un temps. Le cartel (Santa Blanca) est organisé par différents lieutenants et sous-lieutenants. Chacun s’occupant d’une partie du réseau (armement, réputation…). S’occuper d’un de ces lieutenants permet donc de déstabiliser l’une de ces strates et aurait donc un impact sur le cartel. A fortiori, si le joueur s’occupe entièrement de la case armement par exemple, l’ennemi aurait du moins bon matériel. Chose que l’on n’a pas vraiment pu constater dans la bêta, en raison du faible contenu disponible. On a hâte de vérifier ça la prochaine fois.

Trafic

Du côté de la mise en scène, on reste sur quelque chose ressemblant également à du Crackdown. À chaque fois que le joueur s’intéressera à une strate de la Santa Blanca, ses supérieurs lui balanceront une vidéo portant sur les lieutenants. Cela reste très classique et le jeu semble proposer peu de cinématiques. C’est tant mieux, puisque celle qui ouvre le jeu est affreuse.

Par ailleurs, graphiquement, Wildlands est entre bon et moyen. Certaines textures sont baveuses, et mettent d’ailleurs du temps à s’afficher. Cependant, les décors et la distance d’affichage font bon effet. Il n’est d’ailleurs pas rare de contempler les contrées du jeu. On est donc loin du rendu de The Division ou de celui de Steep, deux jeux d’Ubisoft en monde ouvert.

TechMap

Pourtant, Wildlands est tout aussi grand que ce dernier, si ce n’est plus. Le terrain de jeu de la Bolivie est énorme, et la bêta ne permettait de jouer sur qu’une partie seulement de la carte. On note d’ailleurs que celle-ci est divisée en territoire des lieutenants. On espère que celle-ci sera complètement ouverte dès le lancement du jeu, et qu’elle ne se débloquera pas petit à petit. Pour la portion que l’on a testé, beaucoup de choses étaient à faire. On note tout d’abord les missions principales que l’on peut faire dans n’importe quel ordre, tout comme les missions secondaires. Il est à noter que ces missions peuvent se débloquer en interrogeant certains sous-lieutenants. Ils donnent ainsi des indications sur des choses à voir sur la carte.

Car comme tout jeu Ubisoft, Wildlands est bourré d’éléments à récolter. Tout d’abord, les documents fonctionnent de la même manière que les interrogatoires, on choisit donc ce que l’on veut trouver (compétence, armes, ressources. Ces ressources (électronique, pharmaceutique, essence…) sont utiles à baliser pour aider la résistance. Cela permettra de débloquer les compétences liées à cette dernière. On trouve également des points de compétences et des armes/accessoires.

Gunsmith

Le Gunsmith de Future Soldier fait son grand retour dans Wildlands. Il s’agit tout simplement de l’armurerie, permettant de voir ses armes sous toutes leurs coutures. Si le joueur commence seulement avec un fusil d’assaut, un mp5, un pistolet et des grenades, il faudra qu’il trouve d’autres armes. Il n’est pas question de gagner des armes en augmentant de niveau ou en les récupérant sur les corps ennemis. Les armes se débloquent seulement via les caisses d’équipements, disposées un peu partout sur la map. C’est également le cas pour les accessoires. Le joueur se balade uniquement avec un silencieux (détachable à la volée) en début de partie. Les optiques, chargeurs, etc. doivent être trouvés. L’équipement se modifie via les caisses d’armes, disposées dans les camps. On peut y mettre deux armes principales, une arme de poing et des grenades/mine/C4… Par ailleurs, l’armement semble tout à fait conséquent, et permettra d’effectuer tous vos scénarios d’assauts. Que ce soit sniper toute la base, ou arriver en bulldozer piégé de C4.

Ghost, mais pas trop

C’est d’ailleurs là où veulent en venir les développeurs : il est possible de faire son propre plan d’attaque. Toutes les possibilités ou presque ont été créées. Il faudra seulement s’équiper pour les réaliser. Comme souvent, la solution furtive est conseillée. Héritage évident de Future Soldier, le drone vous prêtera main-forte. Une fois déployé, celui-ci permet classiquement de marquer les ennemis, mais aussi de créer un plan via des balises. En revanche, il permet de voir à quel point l’IA est pathétique, et ne semble pas se déranger pour un drone militaire. On notera toutefois que ce drone a une portée et une batterie limitée, qu’il faudra recharger. Le tir synchrone fait lui aussi son retour, même s’il faudra l’améliorer. Le début du jeu ne permet en effet d’éliminer qu’une personne.

Ainsi, on évolue de cible en cible, que l’on élimine sans trop de difficulté (l’arme de base est surpuissante et incroyablement précise). Quand le joueur se fait repérer en revanche, c’est là où l’on voit le plus gros problème du jeu. On se rappelle de l’IA alliée de Future Soldier, qui se plaçait toute seule, se parlait entre elles et attaquait dès que nécessaire. Dans Wildlands, il faut tout faire seul. Vos coéquipiers IA ne feront que vous relever (quand ils ont le temps), ou détecter des ennemis (quand ils ont envie). Même lorsque cela part en cacahuète, ils ne bougeront peu ou prou. Il faut leur en donner l’ordre, via un menu cyclique. Un menu d’ailleurs horriblement peu ergonomique. L’inutilité de vos coéquipiers IA est à son paroxysme lorsque le joueur monte dans un véhicule à une place. Comme un aveu d’échec et d’inutilité, vos coéquipiers vous adresseront un « Pas de soucis, je vais me débrouiller ». Ils se débrouilleront effectivement pour se téléporter sur vous lorsque vous sortirez du véhicule.

Fast & Furious

Votre équipe saura tout de même se révéler très efficace lorsque vous grimperez dans un véhicule à quatre places. Que ce soit dans un 4×4, une simple voiture ou un hélico, le joueur n’a qu’à appuyer sur une touche pour que toute l’équipe sorte leurs armes et mitraille le premier ennemi venu. Les courses-poursuites sont d’ailleurs intenses et exaltantes. On se plaît à préparer un piège pour le premier véhicule du convoi, et à poursuivre le véhicule central, à toute berzingue. On essaie alors d’éviter les balles ennemies, de s’aligner parfaitement sur la cible tout en évitant le trafic. Enfin, on arrive à exploser une première voiture puis à en dégager une autre de la route, sans que tout cela ne soit scénarisé. Ces séquences rappellent tout un paquet de films.

Cependant, la conduite des véhicules n’est pas aussi grisante, loin s’en faut. Aucun véhicule n’y échappe, la conduite est désastreuse. On ne sent absolument rien, hormis la sensation de conduire une caisse à savon. On pense avec une grande nostalgie à Uncharted 4, qui avait su nous proposer une jeep incroyable de sensations… Et ne vous essayez pas au hors-piste malheureux ! Ce serait voir la physique improbable des accidents. Heureusement, rien n’arrêtera votre voiture, moto, 4×4, etc., car ces derniers sont ultra résistant face aux accidents. À bien y réfléchir, on se demande même si la physique des voitures n’est pas la même que celle des diligences dans Assassin’ s Creed Syndicate… Quant aux hélicoptères, le bilan est déjà moins mitigé. Il est très facile de pilotage, et l’on peut là aussi facilement attaquer un convoi avec.

Jarhead

Enfin, terminons par là où commence le jeu : la customisation. Le joueur pourra créer son propre personnage à travers une large sélection de vêtements. Ça n’est peut-être pas encore assez conséquent, mais des éléments peuvent être débloqués en cours de jeu. Wildlands s’en tire plutôt bien de ce côté et ne tolère presque pas d’excentricité, notamment capillaire.

Mais la customisation de son personnage, ça passe également par les compétences. Car ce Ghost Recon permet, on l’a dit, de passer des niveaux et de gagner ainsi des points de compétences. À la manière de The Division, selon ce que le joueur récolte comme ressources, il peut modifier certaines catégories de compétences (Armes, accessoires, drone…). Toutefois, ici, pas de spécialisation, le joueur distribue ses points de compétences là où il veut/où il peut. Ce qui permet d’avoir une vision thermique sur son drone, d’être plus stable en sniper, ou encore de pouvoir poser du C4.

Difficile de vraiment situer Ghost Recon Wildlands. Toutefois, une vérité émerge de cette bêta : si vous êtes un chevalier solitaire, évitez le prochain shooter d’Ubisoft. L’IA est tellement catastrophique et le fun absent qu’autant jouer à Far Cry. En revanche, si vous pouvez vous armer de quelques amis (juste trois) Wildlands peut-être très fun. Vous pourrez alors élaborer vos tactiques pour faire le meilleur assaut sur une base ennemie. Même si cela veut dire rentrer à fond avec quatre tracteurs. Enfin si possible : évitez de conduire… En somme, Wildlands pourrait bien s’imposer comme un Arma 3 pour grand public.