TEST – Ghost Recon Wildlands : La drogue c’est mal, m’voyez ?

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Les Ghost sont de retour cinq années après la sortie de Future Soldier dans un gigantesque monde ouvert où le terrain de jeu est la Bolivie en proie à un immense réseau de narco-trafiquants contrôlé par le redoutable El Sueno. Les terres sauvages de la Bolivie nous ont accueillies depuis le 7 mars 2017 sur consoles et PC. Le jeu le plus grand jamais créé par Ubisoft en vaut-il le détour au point de réserver ses vacances là-bas pour l’été prochain ?

El jefe de jefes

Ghost Recon Wildlands PS4La Bolivie est devenue un narco-État depuis que le cartel de la Santa Blanca fait ses petites affaires en ayant pris le contrôle du pays dirigé par le grand méchant El Sueno. Mais dans l’ombre des magouilles du cartel, la CIA a dépêché sur place une agent se faisant passée pour une employée d’une ONG, Karen Bowman, qui opère dans la plus grande discrétion qui soit afin de déstabiliser le cartel. Après sept années passées en Bolive en recueillant de multiples preuves, le gouvernement américain décide de lancer l’opération Kingslayer qui consiste à démanteler pour de bon la Santa Blanca. Surtout qu’après qu’un agent infiltré, « Ricky » Sandoval s’est fait kidnappé, et torturé. Les Ghost sont envoyés sur place. Un groupe d’élite composer de militaires américains surentraînés : Nomad, à la tête de l’escouade et est le personnage que le joueur contrôle, Weaver, Holt et Midas. La police de la Bolive, l’Unidad, s’est alliée au cartel, quant à la résistance, les Rebelles, dirigée par Pac Kataris, va aider les américains envoyés sur place afin qu’ils mènent à bien leur mission.

Voilà en quelques phrases l’histoire de ce Ghost Recon Wildlands. Une histoire intéressante, mais mal traitée par Ubisoft qui aurait gagné en profondeur, avec une narration plus dynamique, mieux construite. Et des missions principales beaucoup plus scénarisées et complètes. Comme à l’accoutumée avec les jeux d’Ubi ces dernières années, le scénario est très générique allant directement à l’essentiel sans en dévoiler plus. Surtout qu’il s’agit là d’un thème profond, et traité du trafic de drogue et de l’emprise d’un pays aux mains d’un cartel puissant est compliqué, complexe, mais intéressant. Comprendre comment le pays en est arrivé là, construire des personnages avec des identités fortes, avec un récit poussé. Finalement, on en ressort déçu. On enchaîne les missions rapidement, il n’y a pas de cohérence. Les cinématiques sont passées aux oubliettes, laissant place majoritairement à des dialogues audio et à quelques petites vidéos (rythmées et bien réalisées tout de même) qui illustrent et font le tour de manière rapide sur les différents antagonistes des différentes provinces.

Ghost Recon Wildlands PS4Il est clair qu’on est libre dans cette Bolivie parfaitement réalisée. Libre de faire les missions que l’on veut et commencer où l’on veut. Après avoir passé les missions d’introduction, nous sommes largués au plein milieu du pays étalé sur une vingtaine de provinces toutes composées d’au moins cinq à six missions principales qui consistent à éliminer ou à extraire le Buchon (le mini-boss de la région). Pour ce faire et dès qu’on arrive dans une nouvelle région, Bowman passe un appel et nous donne des informations sur ladite région. Ensuite, c’est aux Ghost d’aller récupérer des Intels dissimulés aux quatre coins de la région et qui permettront par la suite de débloquer les missions principales. Et c’est ça pour les vingt provinces. Les mêmes faits et gestes à chaque fois. Les développeurs ne se sont pas trop embêtés : on copie-colle le même procédé vingt fois, sans finalement se rendre compte qu’au bout de quatre heures de jeux, on commence déjà à s’ennuyer. Passons. Le cartel de la Santa Blanca est décomposé en quatre filières (sécurité, influence, trafic, production) toutes dirigées par le chef de filière qu’il faudra, soit extraire ou soit éliminer. Mais avant d’en arriver-là, il faudra dans la plupart des cas tuer le Buchon. Après avoir tué aux moins deux Buchons par filière (en moyenne, il y a quatre Buchons par filière), le jeu débloque les missions qui consisteront à éliminer le boss secondaire, puis arriver enfin à atteindre le chef de filière. Et on fait le même cheminement quatre fois, vu qu’il y a quatre filières. On est tellement libre de faire ce que l’on souhaite qu’il est même possible de faire les missions du Big Boss : El Sueno, après avoir démantelé au moins deux filières. Qui a eu cette idée chez Ubisoft ? D’éliminer le grand méchant au beau milieu du jeu ? La cohérence chez Ubisoft, on ne connaît pas. Quel dommage de gâcher autant de potentiel en restant sur ses acquis et en évitant de sortir des sentiers battus.

Tout comme les missions secondaires redondantes au possible et surtout avec un goût d’amertume de déjà vu. Une centaine de missions principales. Le même nombre pour les missions secondaires qui consistent à arrêter un convoi, à désactiver des antennes radio, de voler un avion ou un hélicoptère. Clairement, il manque énormément de travail concernant les missions annexes. On les débloque en recueillant des intels, mais c’est surtout sur son manque de diversité qui fait tache. Ce sont les mêmes missions à chaque région. Vous faites le calcul, en multipliant par 20. Vous comprenez donc la redondance qui se développe au bout de quelques petites heures.

Terres sauvages

Ghost Recon Wildlands PS4Autant l’histoire manque de profondeur et de prise de risque, autant le terrain de jeu est sublime. La plus grosse réussite de ce Ghost Recon Wildlands, c’est cet immense monde ouvert criant de réalisme, et agréable à parcourir. Chaque province dispose de son propre micro-climat : on passe de zones montagneuses, à la jungle, à des endroits plus humides, ou désertiques. C’est beau, le jeu nous propose de magnifiques décors et panoramas, tout en offrant également une distance d’affichage élevée pour de la PS4 normale. En passant de la végétation luxuriante, au désert immense de sel, on se prend une belle claque visuelle. Des effets de lumières, et un sens du détail incroyable. Le monde de ce Wildlands est vivant et magistral. Le dépaysement est total. Une belle réussite des développeurs sur ce point-là qui ne nous déçoit pas, même si quelques textures sont présentes.
À bord d’un des cinquante véhicules présents, c’est un plaisir de conduire dans cette Bolivie qui semble bien réelle malgré une conduite désastreuse car trop arcade. L’excuse du « le jeu étant immense, préférant une conduite arcade » peut-être justifiée. La conduite en voiture peut passer, mais celle en moto est catastrophique. En hélico et en avion, il manque aussi un peu de finesse. Surtout qu’à côté, la physique des véhicules est inexistante. On peut rouler à fond la caisse dans un ravin, mis à part un peu de fumée qui s’échappe du capot, la voiture est toujours en « bon » état permettant encore rouler des centaines de kilomètres. Il aurait été sans doute préférable de demander de l’aide sur ce point aux développeurs de The Crew afin de proposer une meilleure conduite.

Du côté technique, c’est presque du sans-faute. En plus de la distance d’affichage élevée, le jeu ne subit que très peu de baisses de framerate. Du clipping, il y en a, mais pas autant que ça. Certes on voit les arbres popper en hélico/avion, mais rien de méchant et ne gâche pas l’expérience. On note un peu d’aliasing ici et là, mais encore une fois, rien qui pourrait nous décevoir au plus au haut point. Par contre, durant notre session de jeu, nous avons connus quelques soucis de script qui ne se déclenchent pas ou mal, ou encore un level-design parfois sommaires, surtout dans les espaces rocheux un peu fouillis.

« Avec toute la thune qu’ils se font, ils pourraient au moins faire un truc classe. »

Ghost Recon Wildlands PS4L’infiltration est grandement recommandée. D’une part, nous sommes des Ghost, et d’autre part, car c’est l’essence même de cette licence, mais aussi certaines missions vous l’obligent. Le repérage est très important avant de se lancer dans le vivier. Sortir le drone, ou les jumelles, et spotter tous les ennemis aux alentours, ainsi que des alarmes, mortiers, ou encore des générateurs qui brouilleraient votre drone est un passage obligatoire. Équipez-vous d’un silencieux, sortez votre fusil de précision, mettez-vous dans un endroit élevé et faites-vous plaisir. Y aller en mode bourrin n’est pas vraiment le meilleur moyen. Les ennemis vont appeler des renforts, et ce sera difficile de se dé-patauger sans en subir les conséquences : la mort. En coopération, l’infiltration prend tout son sens, si vous jouez sérieusement. Avec quatre amis, c’est le must. Un repérerait les ennemis, un autre se tiendrait dans un véhicule si ça venait à se compliquer, et les deux autres s’infiltreraient en douce. Quoiqu’il en soit, l’aspect infiltration est bien fichu, malgré un gameplay trop rigide et une IA dans les choux.

Quelle déception de voir que notre personnage a des mouvements bien trop robotiques, et pas naturel. On est en deçà de ce que proposait notamment le dernier Tom Clancy en date, The Division. Le système de couverture automatique n’était absolument pas nécessaire, et il aurait été préférable d’intégrer le système de The Division qui était nettement mieux et plus « naturel ».

Ghost Recon Wildlands PS4 Concernant l’IA. Disons qu’on a connu bien mieux, mais reste dans la même veine des jeux Ubi. Tantôt efficace, tantôt au ras des pâquerettes. L’IA alliée, en solo, peu s’avérer redoutable, surtout que dans l’arbre des compétences, il y a une compétence permettant d’augmenter l’efficacité de nos alliés. Le tir synchro bien mis en avant durant la campagne marketing est diablement (trop) efficace, et trop facile aussi. Il y a également la possibilité de donner des ordres très bateau à nos coéquipiers : rassemblement, attaquer, tenir la position, etc. De plus, les Rebelles qui sont sur-motivés à combattre le cartel peut nous aider en attaquant l’ennemi, ou alors en nous offrant un tir de mortier venu d’on ne sait où, tout comme la livraison d’un véhicule. L’IA des ennemis, on ne peut pas dire qu’elle vole très haut. Doté d’une mémoire d’un poisson rouge, l’IA ne va pas aller chercher plus loin que son nez pour vous trouver quand elle entend un bruit. Et en pleine phase d’action, elle reste très beubeu : elle se met difficilement à couvert, fonce sur nous. Paradoxe, par moment, elle s’avère très intelligente au point où elle peut nous voir alors qu’on est bien caché dans les feuillages, et en coopération, si un de vos amis se fait spotter, toute l’escouade est à découvert. Disons le clairement, par moment, c’est une bonne IA, mais certains points auraient gagné à être plus travaillés et corrigés parfois des scripts complètement loufoque comme le fait aussi de se faire spotter par un hélicoptère alors qu’on est caché ou très peu visible.

Je pense que vous avez saisi jusque-là que Ghost Recon Wildlands est un jeu, certes jouable en solo, mais son intérêt réside à jouer avec ses propres amis (et non des inconnus qui feront n’importe quoi). Faire les missions principales ensemble est plus plaisant qu’en solo où on s’ennuie rapidement. À cause des missions principales vites rébarbatives tout comme les missions secondaires où on atteint également l’overdose au bout d’une dizaine voire vingtaine missions qui se ressemblent toutes. Quoi qu’il en soit, si vous envie de découvrir le fin fond de l’histoire, en solo comme en coopération, il vous faudra une trentaine d’heures pour terminer les 105 missions principales. Rajouter au moins plusieurs heures si vous êtes motivés à rechercher tous les documents, toutes les armes, toutes les médailles, tous les collectibles en somme, et à accomplir toutes les missions annexes.

Plus skiller, tu meurs

Ghost Recon Wildlands PS4Difficile de passer maintenant à côté dans tous les open-world d’Ubisoft (mais pas qu’eux) sur le fameux arbre de compétence. Une bonne quarantaine de compétences sont à débloquer permettant d’être plus efficace au combat. Pour les débloquer, il faut récupérer des points de compétence un peu partout dans la Bolivie, ou alors en terminant certaines missions principales. Mais ce n’est pas tout, car il vous faudra aussi des points spéciaux disponibles en grand nombre en accomplissant les missions secondaires (sinon ça ne serait pas drôle), ou alors en balisant certains matériels présents sur la map.

Vous aurez ainsi l’occasion d’augmenter les performances de votre drone : marquage plus large de la zone, plus longue portée, meilleure batterie, ou encore plus résistant. De même pour votre escouade où vous aurez la possibilité d’augmenter le temps de réanimation, ou encore la performance de vos alliés au combat. Votre arme, votre physique ou encore votre matériel peuvent également subir des modifications. Un arbre somme toute classique, déjà vu et revu dans les anciens jeux Ubi, mais ici, bien évidemment, qui s’inscrit dans le thème du jeu.

Dès le début, le jeu propose de customiser sommairement le personnage principal (Nomad). Au programme : choix du sexe, de la tête, puis vient ensuite les vêtements (casquettes, t-shit, pantalon, chaussure, sac) qui, concernant ces derniers, peuvent être remplacés tout au long de votre aventure. Une personnalisation globalement intéressante, assez poussée pour pouvoir créer son propre perso à notre goût.

Un point enfin concernant la bande-sonore de ce Wildlands. La VF est correcte, malgré quelques couacs s’agissant de la synchronisation labiale. Les thèmes musicaux collent parfaitement à la Bolivie, et au thème principal du jeu. Quelques sons sont vraiment très bons, mais une BO qui reste un chouïa trop discrète.

Votre carte d’identité, s’il vous plaît

Bon. Soyons francs. Ghost Recon Wilands sonne comme un air de déjà-vu, et même re-revu. Dès les premières minutes de jeu, et si vous êtes habitués aux jeux d’Ubisoft (comme moi), vous allez tout de suite vous rendre compte que ce titre n’a aucune identité qui lui est propre. On ressent bien qu’il s’agit d’un jeu Ubisoft dans sa conception, comme les missions très basiques, et un monde ouvert magnifique, mais rempli de fioritures qui ne sont pas nécessaires. En jouant à Ghost Recon Wildlands, vous aurez donc cette impression de déjà-vu. Une impression de jouer à un Assassin’s Creed, à un Watch Dogs, à un Far Cry, et même à The Division. En fait, Wildlands, c’est un pot-pourri de tous les open-world d’Ubisoft. C’est pas mauvais, c’est même bon au goût, mais quand on mange toujours la même chose, au bout d’un moment, ça nous dégoûte.

Conclusion

Ghost Recon Wildlands, c’est un peu comme le goûter : une collation qui permet de patienter jusqu’au dîner du soir. Un jeu qui passe le temps, qui tombera rapidement dans les oubliettes d’ici quelques mois. Pourtant, le jeu a de bonnes qualités et un potentiel qui, vraiment, aurait gagné en profondeur, notamment en sortant des sentiers battus et de ce qu’il se fait dans tous les jeux Ubisoft. La Bolivie est magnifique, le monde ouvert nous propose des panoramas saisissants. Jouer à plusieurs, c’est le pied. On se marre, on se prend parfois au sérieux, parfois moins. Mais ça ne va pas plus loin, car on tombe rapidement dans l’ennui, dans l’overdose des missions secondaires qui se ressemblent toutes, et surtout cette impression de déjà vu qui nous reste dans la tête durant trente heures. Wake up Ubi !

Jeu testé sur une version envoyée par l'éditeur sur PS4 "fat" 

Points positifs

  • Un terrain de jeu immense, réaliste et magnifique
  • Des panoramas somptueux
  • Des régions différentes, avec des climats différents
  • Une belle BO dans le thème du jeu…
  • Durée de vie conséquente…
  • Très libre…
  • Histoire intéressante…
  • L'aspect Infiltration réussi

Points négatifs

  • La conduite des véhicules à revoir (surtout les motos!)
  • Une IA dans les choux
  • Cette impression de déjà vu
  • … mais trop discrète
  • … mais vite répétitif
  • … trop même (le boss « final » accessible dès la moitié du jeu ?!)
  • … manquant de profondeur
6

Acceptable

2 Commentaires

  1. OMG 6 :O ah ouai quand même ça fait mal je trouve mais bon vous avez était objectif, moi je n’est pas encore le jeu normalement je l’achète en juin 🙂

    • @Mathieu 6 c’est la bonne note pour ce jeu, vraiment. Tu comprendras quand tu y joueras, si tu es un habitué des jeux Ubi, tu le verras très vite que le jeu ne mérite pas plus. Personnellement, j’ai pris du plaisir sur le jeu, mais objectivement, ça passe pas du tout. Surtout que tu vois qu’à côté, tu as du Zelda ou du Horizon qui envoient du lourd niveau open-world/histoire, etc.

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