Gravity Rush 2 – Test

Malgré un succès mitigé en occident, Gravity Rush, premier du nom, avait su surprendre les joueurs par une histoire enchanteresse, un personnage sympathique et un gameplay original. Quelques années plus tard, sort son portage HD sur PS4 avec le but d’introduire de nouveaux joueurs et de les préparer pour sa suite. Désormais, Gravity Rush 2 est disponible sur nos PlayStation 4 et nous propose de vivre une nouvelle aventure avec Kat, dans un voyage à travers les dimensions… Prêt à contredire les lois de Newton ?

Gravitéenne un jour, Gravitéenne toujours…

Alors que Kat et Syd tombent dans une faille gravitationnelle, nos deux héros se retrouvent dans la ville de Jirga Para Lhao. Hébergés, nourris et logés par des pirates, nos héros doivent alors réaliser quelques petits boulots pour mériter leur place au sein de la bande qui les as recueillis. Seulement, Kat se rend compte que Jirga Para Lhao est empli de différences sociales. Différence qu’elle compte bien défendre, quitte à annihiler le régime dictatorial mis en place.

Si l’aspect un peu enfantin et sans finition du scénario a été abandonné, ce nouvel opus propose une histoire plus maîtrisée, mais aussi plus intéressante à suivre. Outre le récit de Kat pour découvrir la nouvelle ville, le jeu exploite très bien les différences entre classes, jusqu’à en inspirer sa direction artistique, mais nous aurons l’occasion d’y revenir plus tard. Ainsi, thématiquement, le scénario de l’aventure se révèle suffisamment riche pour intéresser, mais aussi suffisamment bien mis en scène pour nous toucher. Retour à l’utilisation de la bande dessinée à la française pour permettre de développer quêtes principales et activités annexes. La mise en scène est donc sobre, mais efficace et entraîne facilement le joueur à comprendre le monde qui l’entoure.

De plus, ce dernier évolue esthétiquement, mais aussi scénaristiquement et c’est un vrai plaisir de voyager aux quatre coins de la ville pour en découvrir les nombreux secrets. Du quartier riche au quartier le plus pauvre, Gravity Rush 2 se dote d’un univers riche et surprenant. Seul point que l’on pourra regretter, c’est d’être introduit directement dans l’univers sans présentation des personnages principaux. Le jeu développe bien Kat, Raven et Sid, mais délaisse quelques autres personnages forts du récit. C’est le point décevant de cet opus qui ne prend pas le temps de nous intéresser au destin de protagoniste plus secondaire. Pourtant, les essais sont là avec de nombreuses discussions avec les PNJ pour comprendre leur ressentie face à certains événements. Autant dire que le monde ne manque pas de vie, mais qu’il manque par moment d’approfondissement. Cette méthode en soi peut être justifiée par le fait d’aller à l’essentiel par rapport au premier opus qui se révélait plus lent. Seulement, cette méthode empêche l’empathie du joueur et autant dire que ce qui manque dans le titre, c’est clairement l’émotion. Mais le titre bénéficie d’une direction artistique inspirée qui l’évite d’être une redite de Gravity Rush.

Influence culturelle et direction artistique à tomber

Ce qui marque dans ce nouvel opus de Gravity Rush, c’est qu’il n’est plus limité par son support. Car oui, la PS Vita est une console qui permettait d’emmener le jeu partout, mais son portage HD démontrait que le jeu a souffert de son support de base. Hekseville se révélait répétitive et décevante au fur et à mesure que l’on progressait dans l’aventure. Même si le titre proposait quelques séquences intéressantes dans les mondes inférieures ou dans les failles gravitationnelles. Ici, les développeurs savent clairement les moyens dont ils disposent et nous présentent un Gravity Rush 2 en AAA avec la force d’un AAA. Visuellement, le titre puise ses inspirations de nombreuses cultures, notamment celle du Sud-Américain. Jirga Para Lhao est une vraie perle d’inspiration et propose de nombreux quartiers bien différents.

En effet, tout cela se raccorde au récit du jeu, la direction artistique puise dans son récit pour développer des quartiers différents, mais bien homogènes. Par exemple, la place du marché est un lieu où il fait bon vivre. Ce n’est pas un quartier riche, le titre joue de sa surpopulation en présentant des quartiers avec de nombreux HLM. Cette cité est souvent emplie de couleurs, avec un mélange harmonieux et très intéressant à voir en jeu. De plus, cela contribue à donner du relief et de la profondeur de champ pour le titre.

Sous ce grand marché se cachent les reclus de la société, les êtres trop pauvres pour mériter une vie décente – le jeu les présente telle quelle, ce n’est pas la pensée de l’auteur de cet article, le malheureux veut se faire incendier -. Ainsi, le ton prime pour du gris, voire du rouge très sombre. Ce quartier pauvre est empli de bidonville avec des personnes qui tentent tant bien que mal de survivre. Cette injustice est cohérente avec le scénario du jeu, d’une part, mais aussi avec celle de son univers. Ce qui permet au jeu de développer de nombreuses touches visuelles. De ce fait, ce quartier est souvent déprimant, même si de temps à autre, Kat y apporte la dose de fraîcheur nécessaire.

Enfin, un dernier quartier se trouve au-dessus du marché. Ce dernier est le quartier le plus riche de Jirga Para Lhao. Il y a tout ce qu’il faut là bas : haute société bourgeoise et méprisante, accès à la connaissance et à la culture, mais visuellement, elle se détache par des couleurs saturées. Pour quelles raisons ? À l’œil, nous pourrons dire que c’est parce que ce quartier est plus proche du soleil que les autres. Les couleurs joyeuses ressortent le plus entre le rouge flamboyant et le vert resplendissant. Chaque quartier est à l’image de ses habitants, développant toujours plus l’univers du jeu. Bien entendu, tout cela arrive à former une cohérence et à comprendre les injustices qui règnent sur Jirga Para Lhao.

Seulement, tout n’est pas blanc ou noir dans le titre, puisque ce dernier souffre de quelques problèmes techniques. Dans un premier temps, il est utile de préciser qu’il y a beaucoup de clipping. Les déplacements de Kat étant parfois trop rapides, la carte charge continuellement et en propose proportionnellement. Ceci dit, il y aussi quelques imprécisions, notamment sur les textures du décor, mais rien dérangeant à l’image. Quelques ralentissements auront lieu avec l’apparition d’un surnombre d’ennemis, ce qui peut parfois décevoir, au vu des capacités de la PlayStation 4. En soi, Gravity Rush 2 est un titre qui bénéficie d’une direction artistique inspirée et originale. Sans pour autant s’inspirer de sources japonaises, comme cela aurait pu être le cas, le titre cherche à se rapprocher des villes du Sud de l’Amérique. Nous notons surtout le Brésil au final, dont on ressent l’envie d’y développer un parallèle.

Le titre est aussi convaincant avec l’utilisation du cel-shadding mais rien de bien neuf par rapport au premier opus, de même pour le bestiaire qui se révèle être le même. Au final, Gravity Rush 2 est très plaisant à regarder et à suivre. Notons aussi des qualités irréprochables pour les cinématiques en bande dessinée qui se révèle toujours aussi agréable sur le plan visuel.

Bigger, longer, faster ?

Autre nouveauté de ce Gravity Rush, c’est l’utilisation de son gameplay qui fait peau neuve pour mieux surprendre le joueur. Si nous parlions de Tripla A plus tôt, le gameplay constitue l’une des raisons de cette appellation. En effet, pour faire simple, il suffit de reprendre la base du premier opus pour le système de gravité avec quelques nouveautés fortes agréables. On distingue trois types de gameplay pour le titre.

Le mode simple de gravité ou Kat est plutôt lourde. Elle peut se déplacer partout dans les airs et attaquer via un système de dash. Dans ce mode, vous pourrez surtout utiliser une ultra attaque plutôt efficace qui vous permettra de venir à bout de nombreuse névis. Autre point utile de ce mode, c’est qu’il vous permet de prendre en main l’héroïne. Il s’agit du mode le plus simple, qui sera souvent au cœur du gameplay. Également, c’est avec celui-ci que vous comprendrez les premières subtilités de gameplay à savoir le temps limité dont vous pouvez utiliser la gravité. C’était déjà le cas dans le premier opus. Le joueur devait faire attention à la jauge de gravité qui se vidait plus ou moins rapidement en fonction des compétences de Kat. Très limités dans le premier opus par sa répétition, dans cette suite, les développeurs ont décidé de créer deux modes supplémentaires.

Nous distinguons alors le mode Lune qui vous rendra plus légère que le vent. Ce dernier vous permettra de sauter en hauteur et d’utiliser un mode rush que l’on appelle le « saut-fusée ». En terme d’attaque, Kat se dirige directement vers les ennemis au sol, lorsqu’elle est dans les airs, elle se téléportera très près des ennemis et vous permet de donner des coups de pieds supplémentaires. Ce mode est très utile en combats rapprochés et aide à la concentration sur les autres objectifs des missions. Le dernier mode disponible sera le mode Jupiter où Kat sera au contraire beaucoup plus lourde qu’à l’accoutumée. Il est surtout utile pour les combats, puisqu’il vous permettra de nombreuses attaques de zones.

Vous l’aurez peut-être compris, le titre agit avec un gameplay plus dynamique et plus plaisant à maîtriser, tant celui-ci se diversifie avec le temps. D’ailleurs, il faudra maîtriser les trois modes pour pouvoir réussir les différents combats, missions annexes et défis disponibles dans le titre. Non seulement le jeu bénéficie d’une histoire avoisinant les 25 heures de jeux, mais ce n’est rien comparé à l’ensemble des missions annexes et autres défis. En effet, autres particularités c’est la diversité des différentes missions. Par exemple, vous serez amené à faire de l’infiltration, de la défense de zone, quelques courses contre la montre, amener des objets d’un point a à un point B, etc. Autant de missions qui vous permettent d’augmenter considérablement la durée de vie. Ajoutons aussi qu’il y a de nombreux défis qui vous demanderont d’user de vos capacités hors normes pour les réussir. Sans compter les explorations minières qui vous permettront de récupérer des talismans – objets utiles pour augmenter vos capacités -, ou qui sont utiles pour obtenir des gemmes, une monnaie utile pour obtenir nos compétences.

Le gameplay aussi riche soit-il n’est pas exempt de défaut. Nous noterons une caméra un peu aux fraises lors des combats ou dans les zones de jeux plus restreintes. Cette dernière, à défaut de donner le tournis, a surtout tendance à nous perdre dans l’espace. Un point problématique lorsque l’on attaquer correctement. Il arrivera même que l’on loupe nos cibles à cause de cette caméra. Quelques mouvements seront aussi frustrants, car peu précis. Il arrivera régulièrement de ne pas pouvoir toucher les ennemis avec les différents pouvoirs que possède Kat. Cela peut nous mettre sous tension, sachant que certaines quêtes se déroulent avec un ultimatum à chaque fois.

Ceci dit, Gravity Rush 2 reste une très bonne expérience, tant les nouveautés apportées changent la donne par rapport au premier opus. On sent que les moyens ont été différents et que les capacités de la PS4 ont permis aux développeurs d’aller plus loin avec cette suite. Un gameplay approfondit avec quelques défauts tout de même, doté de composants RPG intéressants où vous devrez acheter vos capacités. Gravity Rush 2 mêle neuf et vieux pour réussir à obtenir une synthèse agréable à parcourir pendant 25 heures de jeu minimum.

Are you a rushing or dragging ?

Gravity Rush 2 possède aussi une bande originale de qualité. En effet, cette dernière développe des thèmes intéressants que ce soit avec les protagonistes ou pour accorder plus d’importance à l’ambiance. Ce qu’il y a de plus frappant, c’est l’utilisation des ambiances dans le jeu. Chaque quartier à son ambiance propre en rapport avec le visuel et le récit. Par exemple, le quartier plus pauvre de la ville sera composé de façon à être mélancolique avec ses habitants, au contraire, le quartier le plus riche, vous permettra d’avoir une musique plus soutenue presque très codifiée comme le sont les gens de la bourgeoisie. Ce mélange des tons est très intéressant esthétiquement et se marie très bien avec l’univers du jeu. Ajoutons aussi les quelques phases de doublages qui sont plutôt corrects. Même si dans la plupart des cas, il s’agit d’onomatopée. En soi, l’ambiance de Gravity Rush est bonne et arrive à nous faire voyager en tant que joueur.

 

Le trailer de lancement de Gravity Rush 2

Conclusion

Gravity Rush 2 est une suite, mais qui pourrait faire office de premier opus. En effet, le titre est très complet, mêle un gameplay plus élaboré, mais est aussi plus jouissif avec un univers graphique riche. La direction artistique nous surprend, malgré ses quelques défauts, et nous fait voyager dans ce nouvel univers. Gravity Rush 2 est la synthèse parfaite des éléments du premier opus avec ses quelques nouveautés. On comprend la volonté des développeurs de transposer le premier sur PlayStation 4. D’ailleurs, les capacités de la console y sont pour beaucoup. Cette dernière permet aux développeurs de s’amuser et surtout d’éviter d’être répétitifs. Le titre est par moment un peu longuet, mais dans l’ensemble, l’aventure est bien rythmée et soutenue. Par ailleurs, Gravity Rush 2 risque de faire partie des indispensables de la console, tant l’expérience est enrichissante. En tout cas, sautez sur l’occasion de faire cette suite de très bonne facture.

Points positifs

  • Un nouvel univers
  • La direction artistique inspirée de l’art brésilien
  • La durée de vie
  • Les nombreuses quêtes annexes
  • Les différents modes de Gravité
  • La bande originale très sympathique

Points négatifs

  • Une caméra un peu aux fraises
  • Du clipping en veux-tu, en voilà
  • Quelques missions longuettes
  • Quelques bugs de collision
8

Super

Ce n’est pas un lac, c’est un océan…

1 Commentaire

  1. perso ayant fait les missions secondaire et les discussions au fur et à mesure qu’elles apparaissaient sur la carte (ce qui permet de garder une certaine cohérence dans le récit car certaines de ces quêtes y sont liées) j’ai mis à peu près 40H. Il ne me reste plus qu’une dizaine de trophées à faire pour le platine (utiliser les super attaques, ramasser X gemmes, faire les trucs dans les failles et ces saloperies de défis sur lesquels je m’arrache les cheveux XD).
    par ailleurs le monde est rempli de petits détails vraiment chouettes (allez voir l’horloge mécanique de jirga para lhao en début d’heure (1h00, 2h00, etc, c’est lié à l’heure de la console) ou cherchez « jirga para lhao horloge » sur google si vous n’avez pas le jeu).
    Quoi qu’il en soit j’ai vraiment adoré ce jeu, j’en viens même à regretter l’absence d’une collector.

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