Hard Reset Redux – Test

Bon nombre de jeu tente de se placer dans la veine de Serious Sam ou encore Doom. Catégorisé Fast-FPS, ces jeux de tirs à la première personne ont souvent la tendance d’être nerveux et de proposer un plaisir coupable au détriment de la narration ou de la technique. Hard Reset avait reçu un accueil mitigé lors de sa sortie, exposant des problèmes en terme de nervosité et de difficulté, le titre revient dans une version Redux, qui a l’occasion de traiter de nombreux problèmes. Malheureusement, le tout s’avère être en demi-teinte pour ce titre qui ne porte Redux que de nom.

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Le soulèvement des machines

Si vous vous attendez à un scénario complexe, vous pouvez rebrousser chemin, celui de Hard Reset nous plonge dans un monde futuriste où l’homme et la machine cohabitent. Nous sommes à Bezoar, la dernière ville humaine, où le major Fletcher, célèbre agent du CLN va faire face à un conflit entre deux sociétés ennemies. Un conflit qui changera le point de vue de l’homme à tout jamais et où les apparences sont parfois trompeuses.

Le scénario du jeu s’avère des plus classiques. Entre l’enchaînement de twist prévisible et de thème mieux abordés dans d’autres jeux qui traite l’univers cyberpunk, Hard Reset est en une pâle copie d’univers déjà existant avec un scénario sans grand intérêt. Au final, il ne devient qu’un léger prétexte pour progresser dans les différentes zones de jeux de l’aventure pour arriver jusqu’au boss final. À côté de cela, on se retrouve avec des références bien utilisées à mi-chemin entre Matrix, Terminator et autres films de sciences-fictions, mais aussi à des jeux comme Doom qui inspire le gameplay du jeu. Au final, Hard Reset s’avère être plutôt plaisant à suivre, malgré un scénario des plus simples et une aventure presque trop prévisible.

Au-delà de ça, le titre puise ses références dans de nombreux ouvrages aussi, comment ne pas penser à du Philip K. Dick et son roman Blade Runner par la direction artistique. Au final, c’est un ensemble de références qui arrivent à faire fonctionner le jeu et qui lui donnent un univers particulièrement sombre et faussement complexe. De même que l’écriture du personnage est même assez anecdotique. Il évolue, mais nous est totalement antipathique, ce qui est dommage pour un jeu misant sur la vue à la première personne. Un scénario anecdotique qui est mis de côté pour développer un univers artistique et rendre le jeu dynamique.

Un arrière-goût de Blade Runner ?

L’univers graphique du jeu est très proche de celui proposé par Blade Runner. Un univers sombre où la technologie se mêle à des architectures humaines. Le jeu arrive à nous proposer la désincarnation des hommes par son univers esthétique ce qui est loin d’être déplaisant. La direction artistique est convaincante et arrive à exposer un univers mature qui se développe tout au long de l’aventure. En effet, tout passe par le détail. Cela peut être de simples projections holographiques ou encore la présence de néons sur les différents bâtiments du jeu. L’œuvre arrive à convaincre visuellement et propose une cohérence avec son scénario, sa mise en scène ou encore son gameplay.

Malheureusement, le titre a beau posséder une direction artistique convaincante et cohérente, il ne demeure pas moins sans défaut. Hard Reset Redux est moins beau que le jeu sortie en 2011. Ne hurlez pas à l’arnaque derrière votre écran en vue d’écrire un commentaire de rage, il y a des raisons bien précises à ce choix de la part des développeurs. En effet, ils ont préféré privilégier le framerate du jeu afin de le rendre plus nerveux. À partir de ça, le jeu en devient moins beau, certaines textures sont moins précises, mais certaines séquences deviennent plus intenses au vu du nombre d’ennemis présents à l’écran. De ses défauts, le titre en tire quelques qualités qui ne sont pas déplaisantes et qui améliorent nettement l’expérience du joueur. Cependant, certains points n’ont pas été revus et causent encore quelques problèmes dans certaines zones de jeux.

Hard Reset Redux se sépare en plusieurs phases, l’une présente des couloirs plus calmes qui développent l’univers, l’autre se comporte en arène. À l’intérieur de ses arènes, le joueur affrontera de nombreux ennemis. Un moyen de se rappeler des systèmes de jeux proches d’un Duke Nukem ou d’un Serious Sam, par exemple. Les zones de jeux sont clairement trop petites pour avancer et cela à plusieurs conséquences dans l’aventure. Premièrement, nous sommes restreints dans nos mouvements et l’on perd de la vie bêtement en subissant des dégâts venant des monstres mécaniques. Deuxièmement, l’affluence de monstres et la restriction des zones de jeux auront l’occasion de frustrer le joueur et de ne pas l’aider à progresser dans l’aventure. Un point négatif qui aurait pu être légèrement corrigé.

Pourtant, le bestiaire du jeu n’est pas aussi décevant que cela. En effet, les développeurs permettent aux joueurs d’affronter des hordes d’ennemis tout aussi différents des uns et des autres. Chaque niveau et fragment du récit vous permettra d’en affronter des différents. À savoir que chaque monstre mécanisé aura ses faiblesses qu’il faudra exploiter à bon escient. De ce fait, le titre propose quand même du renouvellement par l’esthétisme des ennemis qui sauront vous donner du fil à retordre.

Au final, Hard Reset Redux révèle un univers riche, très sombre qui accentue le plaisir du joueur. Le titre arrive à être beau, mais parfois arrive à décevoir malgré le fait qu’il y a deux fois plus de framerate. Sans être exceptionnel, le titre s’en sort plutôt bien, mais peine à proposer un univers original dans sa direction artistique. Elle se révèle quand même convaincante.

Quand Serious Sam croise Terminator !

L’avantage de Hard Reset Redux se résume dans son gameplay bourrin, jouissif et terriblement efficace. La prise en main du titre demeure très simple. En effet, nous n’aurons qu’à déplacer le personnage, à sauter, à tirer et à esquiver bon nombre d’ennemis pour réussir à progresser dans l’aventure.

La simplicité du gameplay permet au joueur de ne se concentrer uniquement sur ce qui se passe à l’écran, ce qui reste un point intéressant en terme de jouabilité. En effet, inutile de rester concentré des heures pour avancer, il suffit de tirer et de rester en mouvement constant. Un moyen de référencé des titres comme Doom, dont le premier opus était un FPS jubilatoire, fun et gore où le joueur devait éliminer des hordes d’ennemis. Seulement, il y a un hic en accord avec la direction artistique. En effet, le titre se veut bourrin et jouissif, mais il y a certaines arènes où le jeu devient redondant. Cette redondance est causée par la frustration du joueur à évoluer dans des zones de jeux trop petites qui limite ses actions. Par exemple, il arrivera régulièrement d’être bloqué par des ennemis contre des murs causant votre mort, car vous n’aviez aucune chance de vous en sortir. Également, les niveaux de difficulté sont très mal dosés, notamment la barre de vie des ennemis qui dépasse parfois l’entendement.

Le titre arrive quand même à proposer plusieurs éléments outre le rush des niveaux. En effet, le joueur à la possibilité de résoudre quelques énigmes pour récolter des objets permettant d’acquérir de l’expérience. Oui, il y a un système de niveau dans lequel vous serez amené à améliorer vos armes, mais aussi vos capacités personnelles. Un moyen d’augmenter son endurance, sa barre de vie et bien d’autres éléments qui vous permettront de réussir à progresser dans l’aventure. Autre point positif du titre, c’est ses combats de boss qui arrivent à être nerveux, tout en étant impressionnant. De ce côté là, le titre arrive à proposer de nombreuses surprises aux joueurs.

Malgré ses défauts, le jeu reste intéressant dans ce qu’il entreprend. Il essaye beaucoup de choses qui rendent l’expérience sympathique. Encore plus dans cette édition Redux où finalement l’aspect graphique est délaissé au profit d’un meilleur rendu de jeu. Le nombre de FPS est constant et monte rapidement sans aucune surchauffe du PC. Autant vous dire que cette édition possède une bonne optimisation qui donnera la possibilité à des machines correctes de faire tourner le jeu.

Hard Reset Redux fait partie de ses jeux dont l’histoire passe au second plan pour proposer une aventure survitaminée même dans son approche du gameplay. Le titre référence des pionniers du genre entre Doom ou encore Serious Sam qui lui permettent de bénéficier d’une prise en main tout aussi réussie et peu complexe à manier. Cette simplicité est mise à profit du dynamisme de l’aventure et des différents combats que nous sommes amenés à affronter. Cependant, l’aventure se révèle vite frustrante, parfois redondante, à cause de zone de jeux trop petite qui n’est pas à notre avantage.

Une bande-son électrique !

L’univers sonore d’Hard Reset est essentiellement un mélange entre rock et techno. Si on avait apprécié des tons plus sombres pour mieux coller aux scénarios, la bande-son s’avère suffisamment riche pour dynamiser l’aventure. Cependant, sa présence étant parfois de trop, elle se révèle anecdotique

Le doublage anglais quant à lui est plutôt réussi. Même si la voix des personnages est légèrement clichée et n’aide pas l’identification aux différents protagonistes de l’histoire. En soi, elle est aussi anecdotique puisque le scénario du jeu n’est qu’un prétexte pour progresser dans les différentes zones de jeux.

Conclusion

Hard Reset Redux est un jeu qui puise dans beaucoup de référence, mais qui demeure assez fade. Pour cause, le titre se prend trop au sérieux et son scénario bat de l’aile sans réussir à intéresser le joueur ou encore à son univers esthétique plutôt bien élaboré. En soi, le titre arrive à être un bon défouloir dans la lignée d’un Serious Sam ou d’un Duke Nukem, même s’il n’atteint même pas la moitié des qualités de ces deux opus. À cela s’ajoute une bande-son intéressante, qui se cherche pour parfois devenir anecdotique, des acteurs en roue libre qui peuvent proposer des choses intéressantes et par moment la frustration du joueur de rester bloquer. Hard Reset Redux n’est pas le jeu de l’année, il n’a pas l’intention de l’être, et d’ailleurs, il ne restera pas dans la mémoire des joueurs.

Le trailer d'annonce d'Hard Reset Redux

Points positifs

  • Un bon défouloir
  • Un univers sombre, mature et ultra référencé
  • Un jeu qui prime la fluidité
  • Une bande-son intéressante...
  • Une difficulté croissante
  • Esthétiquement jolie avec de beaux effets de lumières

Points négatifs

  • Un scénario quelconque qui se prend trop au sérieux
  • Des zones de jeux trop petites pour ce que propose le titre
  • ... par moment anecdotique
  • Un titre frustrant
  • Le doublage qui aurait mérité un meilleur boulot
5

Moyen

Ce n'est pas un lac, c'est un océan...

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