Kong : Skull Island, que peut-on attendre du film ?

Kong : Skull Island, que peut-on attendre du film ?

En mai 2014 sortait dans les salles françaises la nouvelle adaptation hollywoodienne de l’icône japonaise : Godzilla. Seconde réalisation signée Gareth Edwards avant que ce dernier ne s’attaque à la licence Star Wars avec le spin off : A Rogue One Story. Gareth Edwards avait été un choix audacieux et intéressant pour cette adaptation. Avec son précédent film, Monsters, il avait démontré pouvoir créer une ambiance et redonner leurs lettres de noblesse à des créatures aux tailles monstrueuses. Jouer sur le gigantisme et le créer en optant pour le point de vue de l’être humain. L’inverse de ce qu’avait pu faire Guillermo del Toro avec son Pacific Rim. Certains y ont vu un spectacle frustrant, car limité par ce même point de vue qui ne leur provoquait pas la jouissance attendue par le spectacle annoncé. Pour ma part j’en suis un grand amateur et trouve qu’il n’y a pas meilleur moyen pour faire transparaître la monstruosité de Godzilla ou de toute autre créature.

Il y avait déjà de ça dans le film King Kong réalisé par Peter Jackson en 2005. Il y avait déjà cette volonté dans un premier temps, de montrer Kong comme une créature immense, avant d’en faire un être pourvu de sentiments et d’émotions à l’image de l’homme. On perdait en gigantisme, mais on gagnait en émotions. Un remake très intéressant et très réussi du film culte d’Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper, qui a aujourd’hui 84 ans. 84 ans après, Kong s’offre une cure de rajeunissement et revient dans toutes les salles de France le 8 mars prochain avec le film : Kong Skull Island. Réalisé par Jordan Vogt-Roberts, Kong : Skull Island est un film tout aussi craint qu’attendu. Un film dont la promotion peut vendre du rêve, tout en faisant peur à cause de ce qu’elle montre et de la façon dont elle le montre. Cependant, son casting de rêve porté par Tom Hiddleston, Brie Larson, John Goodman, Samuel L. Jackson, Toby Kebbell, John C. Reilly et Corey Hawkins ne peut que donner envie de voir le film à sa sortie. Déjà un bon point, mais est-ce le seul ?

Dès sa première bande-annonce, Kong : Skull Island annonçait la couleur. Dévoile le 23 juillet 2015 à l’occasion du San Diego Comic Con et du panel Warner Bros, cette première bande-annonce ne levait pas le mystère sur Kong, mais dévoilait l’étendue de l’ambitieuse direction artistique du film. S’il y a bien une chose qui donne envie de croire en ce film, c’est sa direction artistique inattendue pour un film de ce calibre. À savoir un blockbuster hollywoodien qui coûte plus de 100 millions à produire et sur lequel compte plus que tout le studio Warner Bros. Les plans sentent le souffre, le feu se repent au travers la forêt, l’homme fait face au feu, fait face à la bête qui s’élève au niveau du soleil et traverse les flammes. Plus que Godzilla, la bande-annonce de Kong : Skull Island nous rappel le chef-d’œuvre intemporel de Francis Ford Coppola : Apocalypse Now. Sans chercher à prétendre d’être un successeur à ce dernier (faut pas déconner), Kong : Skull Island s’empare de cette odeur de souffre qui faisait de la guerre du Vietnam, une guerre hors-norme et traumatisante.

Ici, Kong n’est pas encore le roi et va devoir le devenir. Il n’est qu’une bête monstrueuse parmi tant d’autres. L’émotion ne devrait pas être au centre de l’histoire, c’est bien le chaos qui semble l’être. Un chaos qui se retrouve au travers de la direction artistique et de la colorimétrie que dévoilent les bandes-annonces. Le orange du feu se confond au vert de la jungle, avant que les deux ne se confondent et ne forment qu’un, représenté par le noir de la fourrure de Kong. Un noir aussi retrouvable par le biais de silhouettes (face à la lumière, la silhouette de l’homme comme de la créature est noire), ainsi que dans la fumée des explosions par exemple. Sans parler des hélicoptères, de cet aspect militaire qui s’en dégage… beaucoup de choses nous amènent à faire la comparaison avec le film de monsieur Coppola. Jusqu’à ce que ne soit dévoilée il y a quelques jours l’affiche IMAX qui est clairement un hommage à l’une des affiches du film en question. Au moins, il n’y a plus de questions à se poser, la référence première pour Jordan Vogt-Roberts et son équipe est bel et bien le film Appocalypse Now.

Au-delà de cette référence monstrueuse qui se retrouve au travers de la mise en scène et de la direction artistique très colorée, qui devrait donner au film une identité propre, que peut-on attendre de plus de ce film ? On peut en attendre un film jubilatoire où la confrontation sera au centre du film. Avec ses deux autres bandes-annonces, ses deux TV Spots et ses deux extraits (ça en fait du contenu et quelque chose me dit que ce n’est pas fini), on a découvert de plus en plus d’extraits d’affrontements. Affrontements qui opposent humains à créatures et créatures à Kong. La Warner pourrait bien avoir entendu les quelques critiques négatives lancées au film de Gareth Edwards et offrir aux spectateurs des affrontements plus jouissifs et jubilatoires. Ce qui va, donc demander au réalisateur de ce pas opter uniquement pour le point de vue de l’homme, mais également pour celui de Kong. De ce fait, créer une empathie pour la créature. On en reviendrait donc à quelque chose proche des films originaux, ainsi qu’au final du film Godzilla de 2014. Rien de bien surprenant n’en soit, tout en sachant que ce Kong : Skull Island n’est qu’une « introduction » du personnage, dans le but de faire s’affronter Kong et Godzilla en 2020. Godzilla (2014), Kong : Skull Island (2017), Godzilla : King of Monsters (2018) puis Kong vs Godzilla (2020). Voici ce que nous réservent les studios Warner Bros, ce que nous réserve cette modernisation des icônes américaines et japonaises. Petit point taille, nous avons d’un côté Kong et ses 100 feet soit environ 30 mètres et de l’autre Godzilla et ses 350 feet soit environ 106 mètres. Ce qui promet un bel affrontement !

Pourquoi pas, mais c’est cet élément-ci qui peut nous faire peur concernant ce nouveau Kong. En effet, chaque film qui cherche à se placer au sein d’une licence ou d’une saga doit faire des liens avec d’autres films, personnages, créatures… Il faut créer un univers similaire entre les films et les relier un à un. Seulement, ces liens sont très souvent mal gérés et sont : soit au détriment du reste, soit faits à la va-vite. Il faut donc que Kong : Skull Island puisse être à la fois considéré comme un film qui fait parti d’un ensemble, tout en étant dissociable des autres afin que le spectateur ne se dise pas : maintenant faut que je vois les autres films pour mieux l’apprécier. En espérant que la subtilité soit de mise et que les personnages ne nous fassent pas trop de clins d’œil en face caméra. Par ailleurs, il a été confirmé que Kong : Skull Island aura droit à une scène post-générique. Attendez-vous au retour de Godzilla ou à un plan qui suggère sa présence avant son retour en 2018.

Kong : Skull Island - Bande Annonce VOST 1

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