TEST – LEGO Worlds – Construisons l’ennui !

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Avec LEGO Worlds, on peut dire que la boucle est bouclée ! Le jeu de construction le plus célèbre du monde a envahi nos consoles depuis des années pour proposer de véritables jeux vidéo scénarisés. Cependant, LEGO Worlds entend bien revenir à la construction… mais en jeu vidéo. Découvrons ensemble ce que le jeu a de plus que les vraies petites briques de la vraie vie véritable.

Lego worlds test

Maître-Constructeur

LEGO WorldsLEGO Worlds se veut donc un parfait jeu de construction. Un genre qui a été dominé (et sans doute encore aujourd’hui) par le fameux Minecraft. Cependant, ce nouveau jeu de briques propose quelques nouveautés pour aller plus loin que le jeu de Mojang. Alors que le joueur était tranquillement dans son vaisseau spatial, le voilà à la merci de la gravité, à cause d’une tempête de météorites. Une chute vertigineuse qui l’emmènera sur une planète totalement inconnue. Le joueur est alors guidé par une voix off, histoire de comprendre ce monde totalement libre. Enfin… libre, pas tout de suite du moins. Les trois premiers mondes font en effet office de tutoriels, permettant de comprendre les outils mis à la disposition du joueur. C’est avec ces derniers que l’on peut modifier à notre guise n’importe quoi.

Bob le bricoleur

LEGO WorldsEn premier lieu, le joueur reçoit une sorte de scanner. À chaque fois que le joueur croise un élément de décor (un arbre, une poule, ou même un PNJ), il peut le scanner pour ensuite le copier-coller à volonté. Attention cependant, car certains éléments (notamment les vivants), demandent parfois la réalisation d’une quête afin d’être scanné. Cela permet de rendre le jeu un peu plus varié, pour que le joueur ne scanne pas tout et n’importe quoi à longueur de temps. Bien sûr, en arrivant sur une nouvelle planète, c’est sans doute ce qu’il fera en premier, puis il fera les autres activités que le jeu propose. Bien que cet outil soit au demeurant simple d’utilisation, on note tout de même que le menu des éléments scannés est très bordélique. On a du mal à s’y retrouver et on aurait aimé pouvoir classer tous ces objets, par thème, date d’obtention ou nom.

Vient ensuite l’outil de paysagiste. Vous avez déjà testé un éditeur de map à la Far Cry ? Si oui, vous ne serez pas dépaysé. Avec cet outil, le joueur peut niveler un terrain pour qu’il soit à la même hauteur de bout en bout. Il peut également créer des collines ou au contraire créer des trous. Enfin, il peut directement supprimer ou ajouter des blocs. Ce dernier est très pratique lors de grosses constructions. Il permet d’enlever des briques dépassant de vos murs par exemple. De plus, il permet de trouver les coffres rapidement. Peut-être même trop.

L’outil de construction permet quant à lui de retomber en enfance. Le joueur sélectionne la brique qu’il veut utiliser et la pose librement, et ainsi de suite. Il est assez aisé de construire ce que l’on veut, même si tout n’est pas toujours clair au niveau indications visuelles. À noter que le joueur ne dispose que de quelques briques au début. Il faudra ensuite les trouver, mais nous y reviendrons plus tard.

Enfin, l’outil peinture permet logiquement de recouvrir vos constructions avec différentes couleurs. À savoir que la couleur « lave » par exemple n’est pas qu’une simple couleur. Elle agit comme une matière brûlante. Quant à l’outil copie, c’est l’amoureux des flemmards. Dans l’idée, il permet de copier une construction dont le joueur est fier. Mais il permet également de copier un bout seulement et de le coller à sa guise. Sur console, cet outil est relativement compliqué. Il faut en réalité bouger la caméra là où on veut agrandir la sélection. Heureusement, on prend vite le coup de main.

Par ailleurs, si la plupart des outils sont simples d’utilisation, on note tout de même qu’il s’agit d’un beau bazar au niveau des menus. Il faudra pas mal d’heures afin de bien comprendre où est ce que l’on cherche.

En quête de liberté

LEGO WorldsUne fois les outils assimilés, il est temps pour le joueur de faire son chemin lui-même ! Il est alors temps pour lui de trouver un monde aléatoire, via la carte. Les premiers mondes que l’on découvre sont qualifiés de « petits », et pourtant ils sont déjà assez vastes. Mais peu à peu, le joueur tombera sur des mondes encore bien plus vastes ! Le jeu de construction se transforme donc en gigantesque bac à sable au sens propre ! Il explore le monde, le scanne, etc. Comme on l’a dit, chaque monde regorge de trésors à découvrir. Il s’agit en réalité de coffres, que l’on trouve sous terre. Il faut alors trouver l’entrée de la grotte et dénicher le coffre pour trouver de nouvelles briques, objets ou briques d’or (on y revient bientôt). Cependant, devant le nombre démesuré de trésors par maps, on préféra creuser via l’outil de suppression pour trouver le trésor directement. On se rend d’ailleurs compte que les outils sont à doubles tranchants. Les développeurs insistant sur le fait que tout est modifiable, on n’a aucun remords à couper tout pour arriver à ses fins. Par exemple, le jeu contient des donjons, avec ses pièges et ses monstres. Mais il est tout à fait possible de couper court en supprimant toute la zone. Quand la liberté pure abolit la notion de jeu.

En dehors des coffres, on trouve également des personnages proposant des quêtes. Il s’agit de construire quelque chose pour eux, de trouver divers objets, de peindre une zone ou de prendre en photo. Ces quêtes permettent d’avoir de nouveaux accessoires, de scanner le PNJ, mais aussi de gagner les fameuses briques d’or. Ces dernières permettent en réalité de nombreuses choses. Ce sont elles le véritable moteur du jeu. En premier lieu, c’est via ces briques que le joueur monte de niveau. De plus, lorsque le joueur atteint un certain nombre de briques, il gagne des accessoires et le droit de découvrir des mondes encore plus grands.

Les accessoires sont en réalité des objets, comme des pistolets, des pommes, des pioches… Ces derniers peuvent être utilisés pour se battre ou peuvent s’échanger avec les PNJ. De plus, les briques dorées donnent des accessoires spéciaux et bien pratiques. On note par exemple le grappin, pour remonter facilement, ou la lanterne. Gros bémol pour l’appareil photo qui n’a jamais marché pour nous.

Qu’on se le dise, ces quêtes sont très limitées et répétitives. Pire encore, elles sont parfois très peu compréhensives, au moins durant les premières heures. Sachant qu’elles sont sensées dynamiser le jeu, c’est très embêtant. Un sentiment de monotonie et de lassitude arrive rapidement.

Découvrir la Nouvelle Amérique

LEGO WorldsHeureusement, LEGO Worlds donne un sentiment de découverte sans fin. On découvre toujours de nouveaux éléments à scanner, de nouveaux animaux ou des véhicules. Et on les scanne évidemment. On note d’ailleurs que les animaux peuvent être dressés puis être montés. Les véhicules peuvent également servir à la téraformation. Hélas cependant, impossible de créer ses propres véhicules fonctionnels. C’est vraiment dommage, car cela fait aussi partie de la construction LEGO.

On rajoute aussi que la personnalisation est assez poussée au niveau du personnage. À force de scanner des personnages, ces derniers enrichissent les possibilités de customisation. Il est donc totalement possible de faire un squelette avec une tête d’orc et des cheveux rouges. Malheureusement, la sauvegarde de tenues personnalisées ne marche pas. Seule la tête a finalement été sauvegardée chez nous. Dommage, car il faut tout refaire soi-même, encore et encore.

Beau, mais bugé

LEGO WorldsDurant les premières heures de jeu, on se demande clairement s’il ne s’agit pas du plus beau jeu LEGO, et de loin. Les animations sont très travaillées (les personnages grimpent, ont des postures différentes, etc.), de plus les briques semblent briller sous les effets de lumière. Un vrai travail graphique qui se voit comparer aux derniers jeux LEGO. Hélas, cet enthousiasme est de courte durée. Lorsque l’on met la main sur les premiers véhicules notamment. On découvre qu’il ne faut pas aller trop vite, sous peine de prendre le jeu de court. En effet, le jeu a du mal à charger ses décors, ce qui laisse de gros trous infranchissables. On a clairement l’impression que le jeu n’est pas fini. De plus, le jeu est sujet à de belles chutes de framerate. On note par exemple que les donjons font chuter le jeu à une vingtaine de FPS à peine. Pour finir le tout, on trouve pas mal de bugs de collisions, ainsi qu’une caméra folle qui se plante dans les murs.

Et pour finir…

LEGO WorldsAu-delà de ces gros problèmes techniques, on note que LEGO Worlds contient tout de même une vingtaine de biomes différents, ce qui est tout de même bien plaisant. De plus, le jeu est jouable entièrement en coop. Ce qui peut clairement raviver l’intérêt du jeu. Il est possible de créer en même temps des choses pour aller plus vite par exemple. Ce mode aussi jouable en ligne qu’en coop permettra par exemple aux fous du volant de créer des circuits, pour mesurer qui est le champion. Enfin, on notera que les développeurs soutiendront le jeu, sans que l’on sache sur quelle fréquence. À la sortie du jeu, ils ont par exemple proposé un pack Agents. Ce dernier s’inspire d’une gamme de jouets existante et permet d’avoir de nouveaux véhicules, accessoires et personnages. On espère que les développeurs sortiront souvent ce genre de contenu, même s’il faut surtout compter sur le contenu des joueurs.

Conclusion

Aussi paradoxal que cela puisse être, LEGO Worlds est loin d’être le meilleur jeu de construction. Certes, on appréciera que la construction/modification soit extrêmement poussée. D’autant que cela est soutenu par de nombreux éléments à découvrir, dans pas mal de biomes différents. Hélas, cela ne le sauve pas de l’ennui complet. Trouver des coffres et remplir des quêtes redondantes, cela va cinq minutes. D’autant que le jeu est clairement mal fichu au niveau de la technique. LEGO Worlds peut à la rigueur être intéressant pour les fans absolus de LEGO, qui pourront alors créer leur propre monde sans dépenser une fortune en véritables briques.

Points positifs

  • Tout modifier
  • La coop
  • La découverte non-stop
  • Personnalisation du joueur

Points négatifs

  • Bugs de collisions
  • Gros clipping
  • Grosses chutes de framerate
  • Quêtes parfois incompréhensibles
  • Menus lourds
  • Redondant et donc ennuyeux
5

Moyen

« Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière. »
August Strindberg

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