TEST – Mass Effect Andromeda : Quand Shepard manque à l’appel

PC PS4 Xbox One

La trilogie Mass Effect avait marqué de son empreinte la génération précédente de consoles de la plus belle des manières. Nous proposant une aventure en trois actes épiques, avec un casting de choix, un univers riche et profond, ainsi que des choix aux conséquences lourdes que le joueur se devait d’assumer d’épisode en épisode. Après avoir rayonnée donc – avec quelques accros reconnaissons-le aussi –, la licence revient aujourd’hui sur une nouvelle génération avec Mass Effect Andromeda, un spin-off nous amenant à découvrir une nouvelle galaxie et dont le but premier est de pérenniser la franchise pour pourquoi pas nous offrir une nouvelle trilogie. Malheureusement n’est pas Shepard qui veut et surtout n’est pas Bioware Edmonton qui veut…

Mass Effect Andromeda TestLa génèse

Mass Effect Andromeda TestDésireux de passer le flambeau pour probablement se lancer sur autre chose, Bioware Edmonton s’est donc délesté des prochains épisodes de Mass Effect, et donc d’Andromeda, au profit d’un studio plutôt novice puisqu’il s’agit de Bioware Montréal, anciennement EA Montréal. Après avoir développé quelques DLC pour les deux derniers Mass Effect de l’ère PlayStation 3 / Xbox 360, le studio s’est donc vu confier le développement d’Andromeda qui devient alors leur premier « vrai » jeu à sortir dans le commerce. Et cela est visible comme une péninsule au milieu du visage, puisque ce nouvel opus se veut bien moins carré et fignolé que ses prédécesseurs, sans pour autant être une catastrophe, car proposant tout de même de très bonnes choses.

La colonisation de l’univers

Mass Effect Andromeda TestL’histoire de Mass Effect Andromeda commence quelque 600 ans après les aventures de Shepard. Nous faisons partie de l’Initiative, un conglomérat de plusieurs races de la voie lactée s’étant donné comme but de partir à la découverte de lointaine galaxie Andromède pour y établir des colonies. Un voyage qui a vu partir de nombreuses arches, chacune affiliée à une race donnée, avec les humains, les Asaris ou encore les Turiens. Cet écart d’une centaine d’années entre les événements de la trilogie Shepard et Andromeda permet de mettre de côté l’arc scénaristique développé dans les trois premiers jeux, sans pour autant tirer un trait dessus, puisque de nombreuses allusions y sont faites. Un parti prit intelligent de notre point de vue, car même si on aurait aimé voir ce qu’il s’est passé après notre choix final dans Mass Effect 3, cela aurait été surement délicat a accomplir et de toute façon l’idée de découvrir de l’inédit, de nouvelles races d’aliens et une nouvelle galaxie nous enchantait grandement.

Bien entendu, les choses ne se passent pas comme prévu, et cela dès notre arrivée dans cette nouvelle galaxie, et le prologue, très énergique, nous propose de découvrir la planète Habitat 7 dans la peau de l’un des jumeaux Ryder, homme ou femme au choix, que l’on peut personnaliser en passant par un outil de création correct. Cette découverte d’un Nouveau Monde est l’occasion pour le joueur de se familiariser avec de nouveaux personnages, de rencontrer les Kerks, la nouvelle race hostile d’extra-terrestre, mais aussi de s’acclimater avec ce qu’est l’exploration dans Mass Effect Andromeda. Et très vite on remarque quelques similitudes avec un certain Dragon Age Inquisition, chose qui se confirmera par la suite, et on ressent surtout que le ton est plus léger et que les enjeux, bien qu’importants, sont moins épiques et à plus petite échelle.

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut replacer les choses dans leur contexte. On incarne donc l’un des jumeaux Ryder qui se trouvent être ce qui est appelé un Pionnier. La mission de ce dernier est de partir explorer les quelques planètes successibles d’accueillir des colonies de l’Initiative et de tester leur viabilité via une reconnaissance sur le terrain. Un rôle important dont dépende des milliers d’âmes en attente dans la station spatiale Nexus – La Citadelle mark 2 du jeu –, ou soit encore en stase et attendant d’être réveillées dans cette même base. Le Nexus est donc le point de départ de notre périple qui nous amène à visiter quatre mondes différents à bord du Tempête – le Normandy mark 2 – et avec l’aide de notre NOMAD – le MAKO mark 2 –. D’autres mondes sont aussi visitables dans une moindre mesure puisqu’étant souvent des lieux ponctuels à arpenter et étant liés à l’histoire principale. Reste que partir explorer une galaxie un peu à la manière de l’équipage de l’Enterprise de Star Trek pour s’aventurer à la rencontre d’autres civilisations et découvrir de nouvelles contrées est la bonne idée du jeu.

This is not epic as it should be

Mass Effect Andromeda TestSi ce point de départ est donc plutôt encourageant, on regrette alors que cette nouvelle galaxie ne soit pas plus développée. Il n’y a que deux nouvelles races aliens, les Kerks donc, mais aussi les Angara qui feront figure d’alliés contre les premiers et qui sont heureusement bien plus développé en termes de background qu’eux. La faune se répète de planète en planète et seules quelques variations de couleurs sont à noter et surtout le scénario ne décolle jamais véritablement. La faute a une écriture en deçà de ce qui était attendu, mais aussi a un développement de l’histoire déjà-vu et donc en rien surprenant. Quitte à partir sur de nouvelles bases, autant ne pas nous proposer un pitch réunissant de dangereux extra-terrestres voulant assimiler ou anéantir toutes les races en présence et une ancienne civilisation éteinte – Les Reliquat –, mais technologiquement avancée et ayant laissé des vestiges sur divers mondes qui semblent être la clé de toute l’intrigue. Dire que le syndrome Star Wars 7 n’est pas loin n’est en rien une erreur lorsque l’on parle d’Andromeda et c’est bien dommage, un peu d’originalité n’aurait pas fait de mal. Néanmoins, tout ceci se suit convenablement et sans déplaisir, la quête principale réserve toujours son lot de moments épiques et de situations prenantes, et même si on atteint jamais l’excellence de la première trilogie ou encore ce sentiment de fatalité qui rythmait la quête du Normandy, on prend son pied.

Et cela aurait été franchement plaisant si le reste ne se montrait pas bancal. Comprenez que la narration d’Andromeda est dans la droite lignée de ses prédécesseurs, mais ne parvient pas à en avoir la saveur. La mise en scène est certes convenable, mais souffre des mêmes maux qu’alors. C’est parfois trop statique, trop mou, et il n’y a qu’une poignée de cinématiques qui parviennent à nous éblouir, et cela se passe surtout en début et en fin de jeu. Ensuite, notre équipage qui est composé d’humains, d’un Krogan, d’une Turienne, de deux Asaris, d’un Galarien et d’un Angara, ne parvient jamais à faire oublié les Tali, Than, Wrex et autres personnages hauts en couleur qui accompagnaient Shepard. On doit cela encore une fois à une écriture et des personnalités bien moins intéressantes, Cora et Liam en sont le parfait exemple, alors que Vétra ne sert à rien, et heureusement que certaines quêtes de loyautés, dont celle de l’énervante Peebe, relèvent le niveau. Oui, le popotin arrondi de Miranda nous manque, la timidité de Tali aussi, ainsi que la fougue de Liara et même notre gentil Geth fait défaut. Seul Jaal, l’Angara du groupe se voit offrir un background à la hauteur, mais aussi un vécu personnel intéressant, surement parce qu’il est le seul élément exotique de l’équipe. On peine à s’attacher à son groupe et on est donc très peu concerné par leur sort, ce qui n’était là encore pas le cas avant. On remarque alors un changement de ton global de l’aventure vis-à-vis de celle de Shepard, c’est beaucoup plus désinvolte, léger, et on se croirait dans un spin-off du Marvel Cinematic Universe parfois, avec ce qu’il faut de blagues en veux tu en voilà – la plupart sonnant creuses – et de dissensions à gérer dans notre groupe. Cela passe par des disputes au sujet de l’attribution des couchettes à bord du Tempête, à l’élaboration d’une soirée cinéma ou encore à disputer une partie de football histoire de souder l’équipe…

Enfin, il y a bien entendu des intrigues politiques présentes, mais sans être inintéressantes, elles n’ont que très peu d’influence sur le déroulé de l’histoire. Tout comme nos choix qui ne semblent que revêtir une importance moindre et ont des conséquences parfois visibles, mais le problème, c’est qu’à part une ou deux fois, on ne se sent pas trop concerné par ces derniers. Les dialogues eux ont toujours le droit à une roue des réponses, mais quelque peu différentes. Il ne s’agit plus là d’agir avec autorité, voir méchanceté, ou avec une certaine retenue, puisqu’on a le droit à différentes réponses qui peuvent être émises avec différents tons. On construit ainsi la personnalité de son avatar grâce à cela, tout en gérant par la même nos rapports avec les personnages du jeu. Si l’idée est bonne, là encore les répercussions sont plutôt en retrait et la promesse d’une plus grande profondeur apportée via les dialogues tombe donc plus ou moins à l’eau.

Mass Effect Andromeda TestL’exploration galactique du pauvre

Mass Effect Andromeda TestAutant le dire de suite, si vous n’avez pas aimé le système de jeu et plus particulièrement l’exploration dans Dragon Age Inquisition, il y a très peu de chance que vous l’appréciez ici. Chaque planète contient donc une grande zone explorable dans laquelle on accomplit aussi bien une partie de la quête principale, mais aussi les très nombreuses missions annexes que l’on déniche en nombre plus qu’impressionnant. Votre journal de quête se retrouve vite rempli à ras bord et si dans le principe ce n’est pas un mal, dans l’exécution c’est plutôt maladroit. La plupart du contenu secondaire n’est en réalité qu’un gouffre de quêtes FEDEX – va chercher ça, va tuer lui, va scanner quinze plantes sur quatre planètes différentes… – qui ne sont en rien intéressantes et cassent énormément le rythme du jeu, si bien que pour une expérience optimale on conseil de les mettre de côté, au risque de s’ennuyer ferme et d’être quelque peu découragé. En 2017 on attend bien mieux d’un jeu estampillé Mass Effect et Bioware, surtout que lorsqu’il y a un semblant de scénario dans ces dernières, cela change tout et est souvent agréable à entreprendre.

Les quatre principaux mondes explorables proposent quant à eux des environnements, certes magnifiques et aux panoramas impressionnants, mais n’évitent pas l’écueil du « c’est tout de même bien vide tout ça ». Hormis Voeld qui propose une jungle luxuriante et de toute beauté, le reste n’est que composé de déserts de sables ou de glaces, ou encore d’une grande zone rocailleuse parsemée de plans d’eaux toxiques et de champignons géants – non sans rappeler Morrowind- , sans que cela ne soit un frein au dépaysement. Le jeu propose tout un tas de lieux exotiques qui sentent bon l’autre bout de l’univers, même si on espérait un peu plus de ce côté là, c’est pleinement satisfaisant. Et sI la navigation dans ces différents environnements n’est en rien contraignante, le manque d’imagination d’un point de vue contenu qui les entoure est assez frappant. Heureusement que le NOMAD permet de visiter les lieux plus rapidement, sans avoir à se taper toute la planète à pied, hormis sur Voeld, où le véhicule n’est pas utilisable, mais ce n’est en rien un mal au vu de la magnificence du lieu. Notre 4×4 de l’espace nous permet même de puiser du minerai via l’appelle d’une sonde dans certains endroits précis qui apparaissent sur la map une fois des micros stations débloquées permettant entre autres le très utile voyage rapide. La map est d’ailleurs notre meilleur ami dans Andromeda, car au vu des nombreuses quêtes annexes qui composent l’expérience, on est sans arrêt en train de l’ouvrir et de la fermer pour s’orienter dans telle ou telle direction.

Voilà ce que l’on a le droit avec Andromeda, de jolies planètes, trop vides, similaires dans leur approche d’exploration – hormis sur Voeld –,et surtout contenant la même faune hostile – à quelques variations de couleurs près –, les mêmes avant-postes ennemis, le même type de quêtes et surtout la même méthodologie pour les rendre viables en débloquant de somptueux caveaux reliquats à activer pour contrer des conditions climatiques dangereuses. Car c’est là la particularité de ces terres hostiles, elles peuvent être glaciales, trop pour y vivre, ou bien même irradiées, et pour corriger cela si on peut dire, il faut terraformer les lieux en se servant de la technologie reliquat présente sur chacun d’entre eux. Encore une bonne idée, mais qui ne varie en rien durant tout le jeu et s’avère donc la encore redondante et répétitive. Dans l’espace, il est aussi toujours possible de naviguer en vaisseau avec le Tempête, la chose s’accompagnant ici d’une vue à la première personne immersive, mais qui cela rend le tout bien trop lourd et long, rendant la chose frustrante, même si depuis le patch 1.05, il est possible de skipper certains passages automatisés de voyages entre les planètes. Ces dernières donnent d’ailleurs toujours l’occasion de récupérer en envoyant des sondes dessus de l’expérience, du minerai et autre bonus. Elles sont d’ailleurs très bien modélisées, détaillées et variées.

Mass Effect Andromeda TestUn système de combat salvateur…

Mass Effect Andromeda TestSi l’exploration n’est pas ce qu’il y a de meilleur dans ce nouveau Mass Effect, le système de combat est lui franchement réussi. Tout d’abord Andromeda n’évite pas l’arrivée du jet-pack, depuis un certain TitanFall cela semble être une mode que les AAA s’arrachent pour dynamiser leurs joutes. Et cela fonctionne très bien ici, il permet même de rester dans les airs quelques secondes histoires de shooter du ciel, et la présence d’un dash rend les mouvements en combat bien plus fluide et l’action nerveuse. Le reste s’articule peu ou prou à ce que l’on connaissait et est une suite logique à Mass Effect 3, l’action y est plus vive et le coté tactique laissée de côté. Il n’est plus possible de donner d’autres ordres à ses deux partenaires autres que leur attribuer une position. La pause active a disparu et il est impossible de se soigner pendant les affrontements, hormis en dégotant du soin dans l’arène ou en faisant évoluer certains pouvoirs redonnant à un certain stade bouclier et vie une fois utilisés. On note l’apparition d’un système de combo qui demande certes un petit apprentissage, mais s’avère très utile à l’emploi une fois maîtrisé. Si ce virage dans l’action pure pourra en déconcerter certains, dans les faits cela permet enfin à la saga d’assumer son postulat de départ jusqu’au bout des ongles et de proposer enfin un système de combat réussi à tous les niveaux, même si on aurait aimé pouvoir donner des ordres à l’IA allié, ce point manque grandement, nos équipiers étant particulièrement débile et ne faisant que de nous tourner autour en tirant sur des ennemis au hasard.

Là où le bât blesse, c’est que les ennemis ne sont pas assez variés et bien avant la moitié du jeu, on a déjà rencontré tous les types de gros vilains différents. Le comble étant que les boss ne sont souvent que des troufions de bases un peu plus puissants et que les très rares autres sont tous les mêmes… C’est-à-dire de grands appareils reliquats appelés aussi Architectes et qui envoient du pâté visuellement, en imposant par leur immense taille et leur capacité à voler dans les airs. Quant au boss de fin… no comment…

Mass Effect Andromeda Test… Et un côté RPG poussé

Mass Effect Andromeda TestSi Andromeda propose son lot de défauts, on ne peut pas non plus cracher aveuglément sur tout ce que propose le titre de Bioware Montréal. Les mécaniques RPG sont bien huilées et apportent tout ce qu’on attend d’un Mass Effect. Entre la customisation poussée de notre personnage, nous laissant une grande liberté de construction et nous permettant de ne plus nous cantonner à une seule et même classe et avec la customisation des armes et armures, ainsi qu’un système de craft solide, il y a de quoi faire. De même que l’on gagne aussi des points à répartir dans trois domaines et offrant divers bonus, comme un gain régulier en minerai et crédit, lorsque l’on rend de plus en plus viables les planètes à coloniser, un petit plus qui change beaucoup de choses sur une fois le système intégré. Alors oui, la personnalisation de nos équipiers est bien moindres qu’auparavant et vu le peu d’importance qu’ils ont en combat, on ne se fatigue même pas à monter leur compétence, on passe le tout en automatique à chaque fois. Mais s’il y a bien une chose qui ne déçoit pas vis-à-vis d’eux et de certains autres personnages, ce sont les romances. Elles sont en nombres bien plus grands, plus développées aussi, et pour une fois on aura surement le droit à une continuité dans le prochain épisode avec la personne que nous avons décidé d’aimer, ce qui pourrait franchement être intéressant.

L’univers proposé est toujours aussi riche comme en témoigne la présence d’un codex toujours plus fourni et généreux en information, ou encore le background du peuple Angara très appréciable à la découverte. En plus du Nexus qui propose son lot de marchands, de PNJ intéressants et de lieux à visiter, nous avons aussi le droit à trois ou quatre autres villes ou hameaux à visiter comme la magnifique Aya capitale des Angara et Neo-Tuchanka, citée Krogan établie au cœur d’un désert aride. De nombreux avant-postes alliés sont aussi présents sur les quatre planètes au centre de notre exploration et abritent aussi marchands et donneurs de quêtes entre autres. Les quelques sous-intrigues et thèmes développés par Andromeda sont de même assez intéressants à suivre et apportent une touche de profondeur bienvenue dans un jeu qui peut se montrer superficiel sur bien des aspects. Il y a aussi un nombre hallucinant de loot à récolter et heureusement que le dernier patch a augmenté drastiquement la taille de l’inventaire, de même que quelques énigmes sont au programme, mais sont bien peu intéressantes et répétitives. On a le droit la plupart du temps à une sorte de Sudoku du futur bien chiant à la longue. Autre nouveauté, le scanner, et on s’en serait bien passé, car si l’idée n’est pas mauvaise, on se retrouve continuellement à scanner tout ce qui est à porté de bras et cela dans le but unique d’emmagasiner des points permettant de développer de l’armement, des armures ou des mods. Il y a bien quelques casse-têtes nous demandant de trouver d’autres choses pour accomplir des quêtes par exemple, un peu à la manière des derniers jeux Batman, mais trop de scanner tue le scanner et cela devient lourd au bout d’un moment, mais on ne peut s’en passer, au risque de ne pouvoir développer comme il faut notre attirail galactique.

Mass Effect Andromeda TestUne technique rétro-futuriste

Mass Effect Andromeda TestNous allons ici aborder ce qui est peut-être l’un des plus gros ratés du jeu. Car si ce dernier se montre artistiquement superbe, si on met de côté le character design toujours aussi plat de la série, il faut bien avouer que Mass Effect Andromeda éclate la rétine plus d’une fois. Néanmoins, techniquement c’est bien en dessous de ce à quoi nous nous attendions et cela étant dû en grande partie au nombre impressionnant de bugs en tout genre que nous avons rencontré durant notre soixantaine d’heures de jeu. Entre les bugs de collisions qui nous bloquent dans le décor, des scripts qui ne s’enclenches pas et cela même pendant le fight final, un personnage qui reste mort jusqu’à rechargement de la partie, une arme qui ne tire plus ou encore des PNJ qui font n’importe quoi, on en a vu des vertes et des pas mures, jusqu’aux gros ralentissements demandant de relancer une save. Ce qui nous permet d’affirmer qu’il manque bien au moins six mois de développement à Andromeda, et même si c’est le lot de nombreux autres RPG, on avait été habitué à bien mieux dans la saga. Il n’y a qu’à voir les expressions faciales – corrigées en partie depuis le dernier patch – pour s’en convaincre, car là où le premier Mass Affect avait impressionné par les faciès de ses personnages, Andromeda peine à convaincre et il n’est pas rare d’éclater de rire à la vue d’une simple expression faciale. Attendez-vous donc à en baver techniquement et il va falloir bien des patchs pour corriger tout cela.

Un mot tout de même sur la bande-son qui se veut trop discrète à notre goût et manque de thèmes marquants. On note aussi un doublage très inégal que ce soit en VO et en VF, et cela même parmi les personnages principaux.

Le multijoueur de Mass Effect 3 est de retour

Mass Effect Andromeda TestPour finir ce passage en revue de Mass Effect Andromeda, il faut aussi aborder le multijoueur du jeu qui n’est rien d’autre que le même mode horde proposé dans le troisième épisode à quelques points prêts. On est donc toujours en escouade de quatre joueurs et devons résister aux assauts d’ennemis de plus en plus puissants au fur et à mesure de notre avancée. Quelques objectifs se mettent aussi en place durant certaines manches, comme éliminer des cibles prioritaires ou pirater des balises et cela en un temps donné. Il existe trois difficultés différentes et de nombreuses classes et armes à personnaliser, le tout déblocable grâce à l’achat de caisses contenant des cartes générées aléatoirement. Et cela peut se montrer long, car on gagne des crédits d’achat de manière très sporadique, surtout dans les niveaux de difficulté les plus faibles et donc pendant nos dix premières heures de jeu, et surtout on se retrouve face à un système monétaire impliquant de l’argent réel pour aller plus vite. Et lorsque l’on voit la lenteur avec laquelle on évolue et qu’on débloque classes et armement, on ne peut que constater que c’est tout simplement pour pousser les gens à l’achat avec leur belle CB, une pratique que l’on juge plus que limite. Dans mon cas personnel, j’avais passé des dizaines d’heures sur le multijoueur de Mass Effect 3 sans rencontrer pareil problème. Enfin, le multijoueur est bien lié au solo dans le sens où l’on peut envoyer durant notre partie des groupes d’assauts effectuer des missions multijoueurs nous permettant alors de gagner divers objets, rien de plus.

Conclusion

Mass Effect Andromeda est tout de même globalement une déception. Fort d’un gros background installé depuis la trilogie précédante, le jeu ne parvient presque jamais à sortir de l’ombre de ses aînés. Même s’il s’agit d’un spin-off avec un partit prit scénaristique de base intéressant, on est bien loin de retrouver la noirceur, l’épique et l’urgence d’antan. En lieu et place, on se retrouve face à un space-opera qui possède ses bons moments, notamment lors de la quête principale, mais qui s’avère bien trop moyen sur d’autres aspects pour convaincre pleinement. Quêtes FEDEX à foison, exploration lourde et finalement peu intéressante, manque de diversité et bugs en profusion sont les plus gros points noirs de cet épisode. Sans cela, le jeu propose tout de même de bonnes choses, avec des mécaniques RPG bien huilées, un système de combat des plus appréciables et funs, ainsi qu’un univers toujours aussi riche, même s’il manque à notre goût plus de nouvelles races extra-terrestres et de biodiversité. Un spin-off correct, mais qui n’a rien d’inoubliable en somme.

*Mass Effect Andromeda a été testé sur une version PlayStation 4 éditeur

Points positifs

  • Mass Effect est de retour...
  • Dépaysant et somptueux
  • La quête principale fait le taf
  • Le système de combat
  • Des mécaniques RPG bien huilées tout de même
  • Les combats contre les Architectes...
  • De longues heures de jeu en perspective, il y a de quoi faire
  • Univers toujours aussi riche

Points négatifs

  • ... en moins bon
  • Le ton globalement moins mature
  • Scénario en rien original
  • Trop de quêtes FEDEX et une certaine répétitivité dans l'exploration des planètes
  • Seulement deux nouvelles races aliens
  • ... même si ça manque de boss marquant
  • Le manque de variété côté bestiaire passé un certain cap
  • Une nouvelle équipe bien morne
  • Le scanner épuise à la longue
  • Le multijoueur est bon, mais la partie monétaire moins
  • Trop, mais alors trop de bugs
6

Acceptable