TEST – Micro Machines World Series : Un jeu apéritif (et encore)

Tout le monde s’accorde sur un point : Micro Machines est une affaire de nostalgie. Pourtant, la licence des petites voitures a bien changé depuis, et pour cause : elle a créé un genre en elle même. Ainsi, Micro Machines World Series entend bien revendiquer le trophée du meilleur jeu du genre. Pourtant, le jeu restera clairement en fin de peloton.

Micro-Machines-testNoooostaaalgiiiiie

Micro Machines World SeriesIl semblerait que pour beaucoup, Micro Machines soit l’incarnation même de l’enfance. Que ce soit via les véritables petites automobiles, ou par les jeux, sortis sur un peu toutes les consoles précédentes. Ces derniers proposent un gameplay unique, loin des jeux de kart en vue de derrière. Dans ce genre, la caméra est en vue de dessus, comme si un hélicoptère survolait la course, en se concentrant sur un pilote. Les développeurs ont su dépasser ce concept via le mode Élimination. Et si la caméra se concentrait uniquement sur le premier joueur ? Les derniers joueurs à la traîne seraient forcés d’abandonner. Un principe qui a créé bien des fous rires, et certainement brisé bien des amitiés. Car évidemment Micro Machines possède des armes permettant de faire un beau bazar sur le tracé.

À la recherche du contenu !

Micro Machines World Series veut donc revenir à ce plaisir, mais semble oublier que d’autres sont arrivés sur ce terrain. Pire encore, le jeu semble avoir oublié son propre passé ! Micro Machines V4, sorti en 2006, proposait 25 courses et près de 750 véhicules (dont certains se ressemblaient tout de même, on vous l’accorde). Alors que propose ce Micro Machines, 11 ans après ? 10 circuits, 10 véhicules. Pour 30 €, avouez que la note est salée. On pourra évidemment dire que ces circuits sont riches, ont toujours un thème dominant et proposent même des pièges. Il est par exemple possible de rouler sur de la glace instable, qui se brisa sous nos pneus, afin que les adversaires qui nous collent trop tombent dans la flaque. Certes, mais ça reste bien peu. Les développeurs n’ont même pas pensé à créer des circuits miroirs, ou des embranchements différents, de petites modifications.

Concernant les modes, c’est tout aussi consternant. Le jeu propose un mode partie rapide pour jouer en ligne (on y reviendra…) à travers trois modes jeux : la course classique, l’élimination que l’on a déjà évoquée, et la bataille. Ce dernier se déroule en arène et propose de la Capture de Drapeau, du Roi de la Colline, etc. Ces mêmes modes sont disponibles en match classé, pour affronter des joueurs au niveau équivalent. Enfin, il est possible de jouer en local. Cependant, on ne peut que choisir entre élimination et bataille. Le tout sans pouvoir paramétrer à fond la partie. Comme le mode de jeu dans Bataille par exemple. Bref, World Series ne propose aucun mode de jeu varié, même pas de tournoi ou de challenges quotidiens. Alors que ces opposants (Wrecked, Mashed ou même Obliteracers) ont essayé différents styles d’épreuves.

Côté garage ?

Micro Machines World SeriesNiveau véhicules, ce n’est pas le bonheur non plus. On l’a dit, on compte 10 véhicules, tous très différents. De la voiture de police à l’hovercraft en passant par le char. Cette diversité s’explique par la bonne idée du jeu : chaque véhicule propose quatre armes différentes en mode bataille. Parmi ces armes on retrouve une attaque de base infinie (tir de boule de neige, laser, lance à incendie…), et deux autres que l’on doit recharger. Celles-ci diffèrent énormément puisque certains peuvent poser une tourelle, tandis que d’autres posent une mine, poussent les autres joueurs ou donnent de la vie. Il est donc intéressant de voir qu’en bataille, il s’agit presque d’un Hero game. Chaque véhicule a un rôle particulier, le Healer, le Defenseur ou l’Attaquant. Pour finir, chaque véhicule a une compétence ultime, pour faire un maximum de dégât, de ralentissement, etc.

C’est clairement le point fort du jeu, mais Codemasters ne va pas plus loin. Ces compétences ne se débloquent pas ni ne s’améliorent. De même, pourquoi ces attaques ne se retrouvent-elles pas dans les boites bonus des modes courses et élimination ? Au lieu de cela, on se retrouve avec… trois bonus aléatoires… Au passage, la carotte pour que le joueur continue, c’est évidemment les nombreuses options de personnalisation. De la tombe, aux phrases dites par votre véhicule ou encore les skins, il y a de quoi faire !

Mais on s’amuse en multi ?

Micro Machines World SeriesAussi troublant que cela puisse paraître, il est évident que Codemasters a orienté son jeu du côté du online et non du local. Dans le menu, on trouve donc la possibilité de jouer à des événements, tout les cinq jours. Un principe intéressant qui ramènera peut-être du monde. Pour être franc, on ne sait pas si le jeu est dépeuplé ou si les serveurs sont en mousse. Même avec la fibre, on a perdu la connexion avec les serveurs plusieurs fois. Quand ces derniers étaient bons, il fallait en revanche attendre une bonne minute avant de trouver une partie, en mode « partie rapide ». Un comble. Pour finir, heureusement, le jeu peut compter sur des bots pour remplir les parties, car jouer en ligne à 3 n’est pas optimal. D’ailleurs, l’IA marche plutôt bien et est très varié. Certains véhicules iront droit dans l’eau tandis que d’autres savent très bien conduire.

Conclusion

Micro Machines World Series était l’occasion de refaire de bien belles soirées entre amis. On pourra à la rigueur s’en servir comme apéritif, et encore, puisque 30 € pour 10 circuits, véhicules, 3 modes et 3 armes, c’est un peu cher payer. Dommage, car le système de véhicules est intéressant. Au final, World Series laisse un goût de gâchis et de déception.

Test réalisé sur une version envoyée par l’éditeur, sur PS4 normale

Points positifs

  • Les véhicules façon héros de MOBA
  • La personnalisation
  • Des circuits toujours aussi riches
  • La promesse d’événements

Points négatifs

  • 10 circuits
  • 10 véhicules
  • 3 armes en course !
  • 3 modes de jeu
  • Serveurs en mousse
  • Personne en online
  • Pas très beau
  • Même Micro Machines sur smartphones est plus intéressant
4

Pauvre

"Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière." August Strindberg

Laisser une réponse