TEST – Need for Speed Payback : L’accident est inévitable

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Après l’épisode de 2015 globalement apprécié par la presse et les joueurs, malgré ses vilains défauts et sa connexion obligatoire pour pouvoir y jouer, Need for Speed revient en cette fin d’année avec le réservoir rempli d’essence direction un Las Vegas revisité et un décor plus désertique qu’auparavant. Sous-titré Payback, ce nouvel épisode toujours, développé par Ghost Games, est disponible depuis novembre sur consoles et PC.

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Pour le meilleur, et surtout pour le pire

Need for Speed PaybackLes derniers Need for Speed n’ont jamais brillé par leur histoire un peu niant-niant digne d’un téléfilm diffusé un lundi après-midi sur TF1. On aurait même tendance à dire que le film sorti il y a quelques années avec Aaron Paul proposait une bien meilleure histoire que ce Payback notamment. La fameuse histoire de vengeance où nos protagonistes énervés vont tout faire pour défaire le Clan, les vilaines personnes qui truquent les courses et corrompent la police pour avoir la main mise sur l’intégralité de Fortune Valley et ses environs. Rien de bien original me direz-vous, et c’est bien le cas. Finalement, on pourrait largement se passer d’un scénario dans un jeu de ce type là. Surtout que ce Payback ne propose finalement que très peu de missions scénarisées. À tout casser, il y a grosso-modo 6/7 missions scénarisées où l’on suit donc l’histoire principale qui est de renverser le Clan, un gang mafieux dirigé par une ancienne amie de nos protagonistes.

Les présentations du jeu en amont de sa sortie promettaient de belles choses. Mais ces promesses n’ont pas été tenues. Les objectifs ne varient pas (aller à un point B avant le temps imparti notamment), et les missions sont ultra-scriptées et même si la difficulté se corse un peu plus à chaque fois, il reste tout de même très facile de terminer rapidement les missions. Pour être tout à fait honnête à vous, l’histoire est inintéressante, les personnages sont autant charismatiques qu’un rocher de Fortune Valley, accompagnés de blagues lourdingues et des dialogues dignes des plus grands navets cinématographiques. Une belle déception dans la continuité du précédent épisode.

Tout au long de la quinzaine d’heures (horriblement longues, épuisantes, répétitives, chiantes même!) de jeu proposées par ce Need for Speed , on switche entre les trois « héros » qui disposent chacun de leur propre spécificité. Si Tyler Morgan, le perso principal, est plus axé sur les courses classiques, notre cher Mac, quant à lui, gère de son côté les courses tout-terrain, et Jess, quant à elle préfère les Missions, des petites missions scénarisées extrêmement répétitives et franchement pas du tout fun à jouer.

Rien ne va

Need for Speed PaybackLe monde de Fortune Valley est agréable à parcourir en dehors des missions, accompagné d’une bande sonore très rock et hip-hop comme il se doit. Sans aucun doute un des seuls points positifs de ce jeu. Ainsi, tout comme dans la plupart des jeux de course arcade à monde ouvert, Payback propose également des petits challenges sympas à relever : gagner les trois étoiles à chaque radar présent un peu partout dans le monde, à chaque saut, à chaque zone de drift et de course. Pour pousser l’expérience plus loin (si l’envie est là), des dizaines de panneaux sont aussi à faire tomber. En soi, ces quelques petites features sont pas mauvaises du tout et changent un peu des courses classiques proposées par ce Need for Speed.

Car oui. Entre chaque mission scénarisée, il va vous falloir réussir différentes courses en tout genre. Comme cité plus haut, nos protagonistes, avec leur expertise dans certains domaines automobiles, devront gagner des courses pour débloquer le reste du jeu. En fait, il vous faudra vaincre différentes Leagues de Fortune Valley. C’est-à-dire qu’il faudra gagner les courses de drift, les courses traditionnelles, les courses tout terrain ou encore les courses de draag et battre les bosses de fin. En somme, rien de bien compliqué quand vous avez la bonne voiture et les performances qui vont avec.

Là où ce Need for Speed Payback déçoit une fois de plus, c’est dans sa progression qui est limitée par les lootboxes. Nous avons testé le jeu après la mise à jour sur la progression suite à la grogne des joueurs. Quand vous faites une course et que vous la gagnez, vous recevez des points de Réputation (un classique dans le genre), un peu d’argent et vous devez piocher une Speedcarte parmi trois proposées. Le problème, c’est que vous ne connaissez pas le contenu de ces cartes, car comme au casino, c’est du pur hasard. Vous tomberez donc sur une bonne ou mauvaise carte. Ces différentes cartes permettent d’améliorer les performances de vos bolides. Pour les améliorer, vous avez aussi la possibilité de passer par les centres de tuning répartis dans Fortune Valley. Ces centres sont réapprovisionnés en nouvelles cartes régulièrement, et se débloquent en lâchant de l’argent. Ou alors, vous avez aussi la possibilité d’utiliser une monnaie du jeu (accessible via les micro-transactions ou parfois via des petits lootboxes qui vous sont offerts) et lancer une roue où vous tomberez au hasard (une fois encore…) sur une Speedcarte. Ce qui est marrant (ou pas d’ailleurs), c’est que le système du jeu va en adéquation avec la ville modélisée dans cet épisode (un Las Vegas virtuel) : tout n’est que question d’argent et de hasard. Tiens, tiens…

Le jeu se positionne aussi autour du farm, où ce dernier vous imposera (essentiellement vers la fin) de refaire certaines missions pour avoir assez d’argent pour équiper votre voiture avec de meilleures performances, ou tirer au hasard une Speedcarte. Ce NFS n’étant pas fun du tout à jouer, il est ainsi énervant et ennuyant de devoir refaire certaines courses. Surtout que l’I.A mérite parfois une bonne baffe, car elle est juste énervante. Vous avez beau avoir une voiture performante, l’I.A peut vous rattraper en quelques secondes, ou alors, pour on ne sait quelles raisons, va ralentir pour vous laisser filer en première place. Et surtout, ne parlons pas de l’I.A de la police où plus d’une manette a failli passer par la fenêtre.

Made in EA

Need for Speed PaybackTout comme les dernières productions d’Electronic Arts, Need for Speed Payback utilise le très bon Frosbite de DICE. Concrètement, le jeu nous propose des environnements différents (la ville, des coins montagneux, et désertiques) et plutôt réussis malgré une optimisation qui mérite encore des ajustements. Il n’est pas rare, malheureusement, de faire face à des problèmes techniques comme du clipping (essentiellement à vitesse élevée) ou encore de grosses baisses de framerate dans les missions avec énormément de véhicules sur l’écran, surtout celles avec la police. Certaines textures sont aussi très limites. En ce qui concerne la modélisation des véhicules, on a connu mieux même si le résultat est nettement meilleur dans le garage. Ainsi, le rendu visuel du jeu est globalement réussi même si on sait que le Frostbite en a dans le ventre et peut nous en mettre plein la vue.

Licence arcade oblige, les sensations de conduite sont agréables, surtout en switchant entre les courses traditionnelles sur les routes, avec les courses off-road, et celles consacrées au drift. On pestera un peu sur le manque de sensation de vitesse qui aurait pu être meilleur. Les tracés, quant à eux, ne brillent pas par leur qualité et l’impression de déjà-vu se fera ressentir rapidement.

Quant au mode multijoueur qui est à part de l’expérience solo (la connexion internet n’étant plus obligatoire), il propose quelque chose d’extrêmement simple et ne réinvente en aucun cas ce mode-ci. Ce dernier étant aussi basé sur les performances de vos voitures et de votre niveau, assurez-vous d’être prêt avant de vous lancer dans le multijoueur, sachant qu’en face, vous vous retrouverez nez-à-nez avec des joueurs impitoyables. L’équilibrage devrait sans doute être revu pour ne pas frustrer les débutants.

Conclusion

On va la faire courte : Need for Speed Payback déçoit énormément, ne mérite ni votre argent, ni votre temps et on vous conseille plutôt de vous diriger vers les anciens opus bien meilleurs que celui-ci. Un jeu manquant de fun, basé sur l’aléatoire, sur les lootboxes avec une histoire cul-cul la praline, des missions trop scriptées, et ennuyantes. Seuls le monde ouvert assez grand et varié et la bande-son sont réussis.

Testé sur PS4 normale

Points positifs

  • Monde ouvert varié, grand et plutôt joli
  • Une bande sonore qui colle bien
  • Les courses de drift

Points négatifs

  • Histoire inintéressante
  • Un jeu basé sur l’aléatoire et sur les lootboxes
  • Pas fun du tout
  • Répétitif et pas original
  • Dialogues lourdingues
  • Missions ultra-scriptées
  • L’I.A hyper frustrante
  • Multijoueur en retrait
  • Techniquement pas encore au point
4

Pauvre

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