TEST – No Man’s Sky 1.2, Foundation et Path Finder

Jeu tant attendu et déjà sorti depuis le mois d’aout 2016, No Man’s Sky a clairement déçu la presse autant que les joueurs. Mais les développeurs de chez Hello Games n’ont pour autant pas abandonné leur bébé par la suite, qui a eu droit à 2 grosses mises à jour: La première nommée » Foundation », et la seconde nommée « Path Finder », avec des noms qui donnent plus ou moins une idée sur le contenu de chacune. Comme nous n’avons pas pu vous faire un test du jeu à la sortie, nous lui offrons une « seconde chance » avec un test de la release actuelle (1.2), en espérant qu’elle se rapproche un peu plus des promesses effectuées.

Hydrosphere, Biosphere, Stratosphere

Nous voilà dans les yeux d’un astronaute, ou cosmonaute selon votre bord, avec un engin dans un piteux état. Et la logique nous amènera bien sûr à le réparer. Pour cela il faudra explorer avec nos petits petons les environs afin d’extraire à l’aide de notre multi-outil quelques éléments présents dans l’environnement. Il est évident que connaître le tableau périodique n’aidera en rien, et savoir que le Carbone se situe entre le Bore et l’Azote ne sera d’aucune aide, il faudra surtout comprendre qu’on le trouvera partout dans la flore. Rapidement, il nous sera nécessaire de trouver une ressource rare, l’Héridium, afin de finaliser la réparation de notre véhicule volant. Le jeu agira tel un didacticiel et nous donnera l’emplacement de ce silicate (groupe à laquelle il fait partie) qui se situera toujours à grande distance, nous permettant de découvrir l’environnement et quelques interactions.

Comme il s’agira de génération procédurale, même pour la planète de départ, cette promenade ne sera de santé uniquement en fonction de l’écosystème. La chaleur, le froid, la radioactivité ou une pluie toxique pourraient devenir nos ennemies, surtout lors des tempêtes où Mère Nature décuple les effets des différentes énergies. Sans oublier que la faune et la flore pourront se faire agressives et dangereuses à leur tour, dépendant de l’ambiance régnant dans le secteur, et des drones de surveillance qui peuvent être très violents sur certaines planètes. Prendre connaissance de son environnement à l’aide de son scanner et sa visière peut permettre d’éviter certaines déconvenues. Et comme tout est créé de manière aléatoire, les animaux que l’on croise ont souvent des physiques extrêmement atypiques, pour ne pas dire paranormales, qui ne renseignera pas vraiment sur la hauteur du danger.

La cohérence des créations de planètes aléatoires est bien meilleure suite aux différentes mises à jour déployées. On retrouve donc des planètes qui proposeront une certaine unicité atmosphérique, et la position du soleil dans la galaxie sera par exemple prise en compte comme paramètre influent. Sur chacune des planètes, nous retrouvons des paysages quasi-uniques et artistiquement réussis. No Man’s Sky est ce qu’on pourrait appeler un générateur de carte postale spatiale (car heureusement, on ne peut voir le clipping sur une image fixe), avec en sus l’ajout du mode photo comprise dans une des updates nous permettant de vraiment maîtriser les captures. La navigation dans l’eau, sur terre, dans les airs et dans l’espace n’aura jamais été aussi esthétiquement intéressante et contemplative. Avec cette petite musique dans les oreilles, créées de façon aléatoire bien entendu, nous voilà donc dans une ambiance apaisée face à de beaux panoramas, nous permettant de préparer notre sieste de l’après-midi. Car oui, le jeu se voudra zen, mais sûrement trop.

Gold Digger

Après réparation des différentes sections de notre vaisseau, qui nécessitera donc une session de farming/crafting d’éléments chimiques qui composent la base du jeu, nous voilà partis à l’aventure vers de nouveaux horizons. Notre conquête de l’espace ne fait que commencer, et nous espérons apercevoir des événements extraordinaires, voir même faire quelques rencontres attachantes. Alors, calmons-nous de suite, car il n’est malheureusement pas possible de rencontrer d’autres joueurs en ligne, et les mises à jour effectuées permettent uniquement de partager messages (choses censées être présente depuis le lancement du jeu) et bases découvertes, donc rien de bien extravagant dirons nous. Mais nous rencontrerons sous différentes situations d’autres formes de vie de différentes races, et donc différents dialectes que nous pourrons apprendre au cours de notre aventure. Et comprendre autrui est un réel plus, nous permettant de répondre correctement aux requêtes présentées.

Les liens que créeront avec les différentes races nous permettront principalement d’accéder à de meilleurs plans de constructions chez les marchands, que nous rencontrerons principalement dans les stations spatiales, afin d’améliorer notre vaisseau, combinaison ou multi-outil. Mais il nous sera aussi possible de recevoir de très beaux cadeaux lorsque nous aurons un rang d’estime très élevé. Trouver des pierres de savoir ou des encyclopédies, pour mieux comprendre les extra-terrestres, afin de créer en quelque sorte son réseau commercial, permet d’accéder à pas mal d’avantages. Surtout que le jeu refourgue d’énigmes qui peuvent être de logique mathématique ou qui nous demanderont des connaissances linguistiques. S’il nous est impossible de trouver seul la réponse à la question, il faudra tout simplement sélectionner une réponse au hasard, ce qui pourrait nous faire passer à côté d’un beau loot.

Le didacticiel, bien qu’il n’en est pas vraiment un, car totalement ouvert, nous mènera vers une balise sur une autre planète, qui donnera la position d’un avant-poste où un PNJ fournira le plan de l’hyperpropulsion. Cet item a toute son importance, car il nous permettra de voyager vers de nouveaux systèmes solaires. Et comme toute fonctionnalité de notre vaisseau, combinaison et multi-outil, il faudra l’alimenter régulièrement. D’ailleurs, on passe beaucoup trop de temps dans No Man’s Sky à chercher des éléments uniquement pour « faire le plein ». Heureusement, les différentes mises à jour ont clairement amélioré cette composante du jeu grâce à une révision de l’interface. Améliorer notre pioche 2.0, ou en posséder une nouvelle peut nous permettre d’accélérer quelque peu ces longues sessions de farming. Surtout que pour se faire de la monnaie, il est très lucratif de vendre des éléments dits « rares », dont l’or fait partie.

Nomadisme sédentarien

Le jeu nous laissera beaucoup de liberté quant aux choix qui s’offrent à nous. Dès le début de l’histoire, il nous ai possible de suivre la voie de l’Atlas, une sorte de secte qui nous guidera en continu, sauf si nous mettons fin à la relation. Et il sera bien sûr possible de se balader de planète en planète, de galaxie en galaxie, sans se poser trop de questions, juste pour de l’exploration pure et dure. Les 2 grosses mises à jour permettent de se sédentariser un peu en créant une base, après avoir trouvé le bâtiment adéquat, et d’explorer la planète dans ses moindres recoins à l’aide des 3 véhicules disponibles. De plus, pour développer notre domicile il sera nécessaire d’effectuer des missions auprès des différents spécialistes que nous recruterons dans les stations spatiales. Les différentes sollicitations ne nous proposeront rien de bien original, entre aller chercher des éléments précis ou aller à un endroit dans un temps donné.

Afin d’améliorer les transitions entre notre base et les marchands, nous disposerons désormais d’un téléporteur qui liera notre domicile avec la dernière station spatiale visitée (il faudra juste penser à l’activer). Les stations spatiales sont des hubs que nous foulerons à mainte reprise, nous permettant donc d’aller voir un marchand, un vendeur de plans, de recruter des spécialistes, mais aussi de marchander avec des PNJ qui pourraient même nous vendre leur vaisseau. Il en existe d’ailleurs de toutes les tailles, et de toutes les formes, avec bien sûr des nuances statistiques avec une note pour les distinguer au premier regarder (S étant la meilleure des notes après le A). Il faudra débourser des millions de notre poche pour espérer acquérir du haut de gamme, rapide, solide, puissant, et avec beaucoup de place pour stocker nos matériaux, ou avoir la chance de trouver un vaisseau abandonné présentant de hautes capacités.

Sky is the limit

Il est possible de s’acheter un énorme vaisseau cargo qui fera office de base volante, mais cela nécessitera énormément de monnaie après avoir vaincu des vaisseaux pirates dans une bataille extrêmement… chiante. Clairement, toutes les confrontations dans le jeu, que ça soit sur les planètes contre des animaux agressifs, des drones de surveillances, ou dans l’espace, ne sont pour ainsi dire pas vraiment passionnantes. Les dogfights nous demanderont de stocker de quoi faire peau neuve pour le bouclier du vaisseau, tandis que les rixes contre les drones, qui peuvent parfois être extrêmement agressif sur certaines planètes et dont la gestion de l’alerte se fait par niveau (à l’image des étoiles de GTA), seront vraiment redondantes, il suffira de détruire rapidement les premiers drones pour éviter qu’ils en alertent d’autres tout simplement. Et dans le cas contraire, se cacher dans un bâtiment ou s’éloigner à l’aide du vaisseau permettra d’éteindre l’incendie.

Après une dizaine d’heures de jeu, après avoir découvert toutes les facettes du jeu, que nous reste-t-il? Autant vous annoncez la couleur de suite: Pas grand-chose. Les mises à jour ont permis l’ajout de nouveaux modes de jeu, comme la Survie qui sera plus exigeante et punitive, ou le mode Créativité qui nous permet d’avoir des ressources illimitées, mais ces ajouts ne permettent pas du tout d’exploiter le potentiel du projet, et/ou de compenser les manquements présents à la sortie du jeu. Traverser les galaxies, voyager vers le centre de l’univers ou suivre le chemin de l’Atlas se fera long, très long, entre différentes sessions d’alimentation / réparation du matériel et les traversées interplanétaires.

Conclusion

Au potentiel vers l’infini et au-delà, et à son exploitation tendant vers 0, No Man’s Sky ne marquera pas l’histoire du jeu vidéo comme il l’aurait voulu, ni comme il aurait dû. Les dysfonctionnements du départ n’ont pas été réparés avec les 2 grosses mises à jour, qui nous permettent de passer d’un outil X à un outil X+1, plus performant et plus fonctionnel, mais dont on ignore totalement l’utilité. Les développeurs ont cru bon d’améliorer la réponse au « Comment? » alors que son potentiel était déjà présent au lancement du jeu. Les joueurs avaient plutôt besoin de savoir « Pourquoi? », en donnant un réel but aux joueurs dans cet énorme bac à sable galactique. Ce générateur algorithmique de scène plus ou moins périlleuse n’en restera qu’à l’état d’objet vidéoludique non identifiable.

Points positifs

  • Les environnements procéduraux
  • Un bel espace d'exploration
  • Contemplatif et zen

Points négatifs

  • L'ennui total après une petite dizaine d'heures
  • Pas passionnant, ni gratifiant
  • Clipping très présent avec les véhicules terrestres
6

Acceptable

"Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin"

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