TEST – Project Cars 2 : La simu du moment

En 2015, sortait Project Cars. Un jeu de course bien reçu par la critique et par les joueurs même s’il souffrait de quelques problèmes pour s’imposer comme une nouvelle référence. Deux ans après, Slightly Mad Studios retente sa chance, avec un désavantage cette fois-ci : le titre se confronte à la sortie de Forza Motorsport 7 et de Gran Turismo Sport.

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La simulation pour les vrais

Project cars 2On avait pour habitude de dire que Forza Motorsport était devenu l’as de la simulation. La licence qui existe depuis 2005 n’a, il faut le dire, pas eu beaucoup d’adversaires. Même le roi Gran Turismo s’était cassé la figure à plusieurs reprises. Si Project Cars 2 n’avait pas non plus réussi à détrôner Forza, sa suite s’est affiné. Project Cars 2 est effectivement la simulation la plus précise de son époque, incontestablement. Et ce, que l’on parle au niveau du gameplay pur ou du mode carrière.

Commençons tout d’abord par les sensations en course. Clairement, le titre déstabilise par une exigence bien plus grande qu’un Forza par exemple. Les voitures semblent tout d’abord plus lourdes, et donc plus difficiles à maîtriser lors des virages. Il faudra donc un temps d’adaptation pour les nouveaux joueurs, et encore plus pour les joueurs occasionnels de simulation. Il ne faut pas avoir peur de baisser la difficulté ou d’activer quelques aides, quitte à les enlever au fur et à mesure. Il est ainsi possible de régler de 0 à 100 la maîtrise de l’IA ainsi que son agressivité. L’intelligence artificielle se révèle justement assez bonne dans l’ensemble. Elle sait bien gérer ses trajectoires, faire des fautes pour rendre la course dynamique, et n’a pas peur de faire quelques contacts. En revanche, au niveau du freinage, celle-ci a tendance à un peu trop écraser la pédale, pour laisser passer le joueur. Notons que ceci est encore plus flagrant dans de mauvaises conditions météo (neige et pluie).

Si Project Cars 2 s’avère exigeant, il n’en reste pas moins le plus grisant. Les sensations sont clairement au-dessus de ce qui se fait actuellement. Chaque variation du tracé se sent, ce qui rend la conduite plus fluide, car cela permet de comprendre le tracé. Mais la plus grande force du jeu, c’est évidemment sa météo. Celle-ci propose une dizaine de possibilités et de degrés (neige, orage, brouillard…). Mais le mieux, c’est que cette météo est enfin évolutive ! En somme, alors que le temps semble ensoleillé, quelques gouttes d’eau peuvent commencer à tomber, pour évoluer petit à petit en grosse averse. Si déjà, ce système a quelque chose d’impressionnant visuellement, cela l’est tout autant au niveau des sensations. En effet, la pluie créée petit à petit des flaques de plus en plus grandes. Comme ces dernières déstabilisent le véhicule, au joueur de faire bien plus attention, quitte à faire un moins bon temps que prévu. Enfin la météo apporte véritablement quelque chose aux sensations et à la stratégie de conduite, notamment grâce à un aquaplaning des plus réussis ! En plus de la possibilité de créer ses propres évolutions météorologiques, le joueur a également la possibilité de paramétrer la saison, histoire d’influer sur la température du véhicule ainsi que l’environnement.

Enfin, au niveau des sensations générales, rajoutons la présence de différentes caméras, et notamment la vue « casque ». En plus de rajouter un cadrage (la visière du casque donc), la caméra se tourne dans les virages, comme on le ferait dans la vie. De plus, différents flous sont appliqués, notamment lors des accidents, pointes de vitesse et gros freinages.

La carrière classique de pilote

Project cars 2Le mode carrière de Project Cars 2 ne déstabilisera aucun joueur. En effet, celui-ci est un classique depuis plusieurs années. En somme, on créé un pilote qui gravit un à un les échelles de la course. Le petit plus, c’est qu’ici, le joueur à la possibilité de choisir véritablement son évolution. Ainsi, il choisit ses championnats dans une sorte de tableau à débloquer. Pour faire de la Formule 1, il faudra d’abord passer par la Formule C, etc. Mais il est tout de même parfois possible de choisir entre plusieurs championnats au sein d’une même rubrique. En revanche, gagner ces fameux championnats ne vous donnera accès à rien d’autre que d’autres courses. Ici, pas de carottes déguisées en level, en argent ou autres calques. La seule véritable récompense peut se faire via un constructeur qui remarque votre potentiel. Un petit défi vous sera alors présenté, ce qui permet de respirer pendant une série de courses. À vrai dire, le choix des véhicules est de toute façon bridé par le genre de la course. Chaque championnat vous proposera une série de véhicules, au joueur d’en choisir un seul pour les courses à venir.

Finalement, le seul point intéressant de ce mode carrière, ce sont les genres de courses plus spéciaux. Ou du moins, que l’on n’a pas l’habitude de voir dans une simulation automobile du genre. On pense notamment à la Formule 1 ou au rallye-cross. Deux disciplines qui attirent évidemment l’œil. Hélas, il fallait s’en douter, difficile de réaliser une très bonne simulation sur toutes les disciplines. Ainsi, on manque clairement de sensations et surtout de précision dans ces deux genres. On recommande plutôt les véritables simulations destinées à ces genres de course, à savoir Dirt 4 ou F1 2017. Cependant, la volonté de diversifier est toujours bonne à prendre et les courses ne sont pas non plus ratées. Elles manquent juste, encore une fois, de précision côté simulation.

La course par ADSL

Project cars 2Évidemment, proposer un jeu de course sans multijoueur en 2017 serait une hérésie (ou un suicide). Project Cars 2 a donc la possibilité de jouer jusqu’à 16 en ligne. Les développeurs de Slighlty Mad Studios se sont penchés également sur un mode fait pour l’E-Sport, histoire d’attirer les meilleurs pilotes du monde. Notons également un système (presque) intéressant. En effet, chaque joueur reçoit une note en fonction de son style de conduite. Si le joueur aime jouer du pare-choc, il recevra une pénalité sur sa note, qui est logiquement publique. Ainsi, les joueurs savent à qui ils ont à faire. Si ce système paraît être une bonne idée, il est toutefois dommage que l’on ne puisse pas trier les parties par notation des joueurs. Ce qui paraît pourtant couler de source, avec un tel système.

Dommage également qu’il n’y a pas un petit mode multijoueur local à se mettre sous la dent. On aurait aimé pouvoir se faire des parties entre amis bien réels.

Je veux tout, et tout de suite !

Project cars 2On parlait un peu plus haut du fait que le joueur ne gagne pas de niveau, de véhicule ou d’argent pendant le mode carrière. Cela va finalement de pair avec l’esprit de Project Cars 2. En effet, lorsque le joueur lance le jeu pour la première fois, il a accès à tout le contenu ! Pas besoin de se farcir une centaine de courses pour gagner ou acheter le véhicule de vos rêves ! Le joueur peut directement foncer dans le mode partie rapide pour choisir parmi les quelque 186 véhicules proposés. Car oui, Slightly Mad Studios pousse la barre plus haut que le premier opus, avec une liste de voitures bien plus grande. Notons d’ailleurs que celle-ci est assez spécialisée via les différentes disciplines proposées. Non, il n’est pas possible de conduire en Mini. En revanche, pas mal de vieux véhicules sont à la clef. De même, la liste des circuits proposée atteint le nombre 63, avec quelques variantes incluses évidemment. Encore une fois, pas besoin de débloquer ces tracés.

Parfait pour les aficionados de simu qui voudraient tester directement leur épreuve favorite ! Cependant, ce qui manque, c’est sans doute un didacticiel pour les plus amateurs. Une dizaine d’épreuves pour se faire la main ne seraient pas de trop. Heureusement, Project Cars 2 propose au moins la possibilité de jouer les qualifications. Une bonne idée (d’autant plus que cela est paramétrable) qui permet d’apprendre le circuit et ses possibles subtilités.

Du bon son pour les aveugles

Project cars 2L’un des points critiqués de Project Cars premier du nom, c’était sa technique. Ce dernier fût déclaré moins beau que Driveclub, qui n’était déjà pas extrêmement bien détaillé. De plus, de nombreux bugs venaient gâcher cette simulation. Ne tournons pas autour du pot, c’est la même chose pour ce deuxième épisode. La technique est loin d’être excellente, surtout lorsque l’on regarde ce qui se fait à côté. De plus, les bugs graphiques sont toujours là ! Pendant ce test, on a notamment vu des plots rester dans les airs, ou encore un bout du ciel qui s’affichait dans les arbres. Finissons également sur le fait que les collisions paraissent à la limite de l’absurde. Les véhicules ont tendance à se lever pour un simple accrochage. C’est plutôt déconcertant pour une simulation !

En revanche, côté sonore, rien à dire ! Évacuons rapidement les belles sonorités des moteurs qui vrombissent sous la combustion de l’essence. Celles-ci sont évidemment maîtrisées et paraissent bien crédibles. Idem pour les divers bruits liés à la météo, qui ont dû être travaillés à fond. En revanche, le plus intéressant dans ce Project Cars 2, c’est la présence d’une radio dans le cockpit du véhicule. En effet, le joueur a le droit à un suivi du début à la fin de la course. Pendant, celle-ci, une voix indiquera en effet si le joueur a fait un bon temps dans tel secteur, si la météo risque de se dégrader ou encore combien de temps il reste avant la fin de la course. Cette voix va même jusqu’à encourager le joueur, en lui affirmant qu’il peut doubler plusieurs véhicules avant la fin de la course, ou qu’il doit rester serein, et la première place sera à lui. En somme, cette voix radiophonique rajoute un cran de simulation et surtout d’immersion dans le véhicule. Mention spéciale d’ailleurs à la version PlayStation 4 puisque le son sort directement de la manette ! On est loin des courses monotones que l’on peut trouver ailleurs. Hélas, cette voix est uniquement en anglais britannique. Les anglophobes devront donc décrocher leurs yeux de la route pour lire les sous-titres, avec ce que cela comporte comme risques.

Conclusion

Les développeurs de Project Cars 2 sont bien conscients qu’ils ne peuvent rivaliser graphiquement avec leur concurrent. Ainsi, Project Cars 2 se concentre sur la simulation pure, avec un gameplay bien plus pointilleux qu’un GT Sport ou Forza 7. Cette volonté de simulation se voit dans le mode carrière classique et sans surprises, mais surtout dans le système LiveTrack 3,0 qui permet une météo saisissante, évolutive et affectant réellement le gameplay. Project Cars 2 est toujours aussi loin d’être beau, mais il propose à l’heure actuelle l’une des meilleures simulations de course, juste derrière Asetto Corsa.

Points positifs

  • Un gameplay plus pointilleux
  • La radio
  • La météo évolutive
  • De très bonnes sensations
  • Le meilleur aquaplanning du moment
  • Tout est débloqué dès le départ
  • Plus de contenu
  • La vue casque

Points négatifs

  • Menus un peu lourds
  • Carrière classique
  • Rallye -Cross et Formule pas assez précis
  • Encore des bugs graphiques
  • Graphiquement acceptable
8

Super

« Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière. »
August Strindberg

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