TEST – Raid World War II : L’élève ne dépasse pas le maître

Annoncé sans un coup de semonce, Raid World War II nous avait amèrement interrogés. Alors que les premiers trailers annoncent toujours le meilleur, ici, Lion Game Lion semblait être on ne peut plus honnête. Raid World War II annonce clairement son inspiration (PayDay), mais aussi une technique assez vieille. Mais en dehors des apparences, que cache vraiment le jeu Lion Game Lion ?

raid world war 2Inglorious PayDay

RAID: World War IISi Raid World War II est une copie évidente de Payday (Starbreeze édite les deux jeux), il s’inspire également d’Inglorious Basterds. En effet, quatre des meilleurs soldats font équipe dans un commando destiné à déstabiliser fortement Hitler. Un pitch qui n’est pas sans rappeler ce qu’aurait pu être Brothers in Arms : Furious 4. Le trip prend finalement assez bien grâce aux quatre différents personnages (un anglais, un allemand, un américain et russe). Ces derniers se parlent sans arrêt pendant la mission et se donnent des conseils sur la situation. Des dialogues qui permettent de dynamiser l’action, même si pour cela, il faut bien tomber dans la caricature.

Si l’on note des pointes d’humour dans ces fameuses lignes de dialogues, c’est surtout dans les fins de mission que l’on dénote le plus gros du pastiche. En fonction de ses résultats, le joueur aura le droit à différentes scènes avec un Hitler… très expressif ! On aime ou non, mais cela permet clairement de donner un style au jeu. Ce que n’avait pas le finalement assez aseptisé PayDay.

Vieux comme jamais

RAID: World War IICommençons par évacuer rapidement le gros point faible du jeu. On l’a dit, dès ses premiers trailers, Raid World War II affichait une technique assez limitée. Peu importe le support, c’est clairement daté. Même sur l’ancienne génération, le jeu serait considéré comme laid. On pense d’ailleurs à Turning Point qui possédait les mêmes textures hasardeuses, animations datées et autres problèmes techniques.

Si Raid World War II n’était que daté graphiquement, on aurait pu passer outre. Cependant, le jeu est à la limite de l’injouable. En effet, il arrive souvent que la framerate tombe à 10 images par secondes. De forts ralentissements donc, qui permettent difficilement de viser l’ennemi. Le pire étant lorsque le jeu tente de se rattraper, ce qui donner l’impression d’avoir un turbo à ses jambes. Notons que cette baisse de framerate n’intervient pas dans les « meilleurs » décors (comprenez par là les moins pires), mais semble plutôt être lié à l’arrivée massive des ennemis. Car là où PayDay arrivait à nous faire croire à l’arrivée de la police, ici, on voit très bien les ficelles. Il n’est pas rare en effet, de voir les ennemis spawner depuis les murs.

Enfin, la cerise sur le gâteau, c’est sans doute les nombreux crashs du jeu. Sur notre phase de test, nous en dénombrons environ une dizaine. Que ce soit en partie ou pendant la remise des récompenses. On note que le jeu ne plante pas en solo. Dommage, car l’intérêt du jeu n’est pas là.

Le club des quatre

RAID: World War IIQuestion gameplay, on prend donc tout PayDay, et on le met à la sauce Seconde Guerre mondiale. Ainsi, on se retrouve à choisir entre quatre classes que l’on pourra greffer sur les quatre personnages jouables. En somme, les personnages ne sont pas liés à une classe. Un bon point. Malheureusement, celles-ci ne sont pas assez différentes. En effet, les compétences que l’on débloque via le système de progression restent sensiblement les mêmes, mais pas dans le même ordre. Là où les classes diffèrent, c’est sur les armes disponibles en début de niveau, ainsi que sur les cris de guerre. Cette compétence se remplit classiquement avec le temps et se déclenche quand elle est prête si le joueur le veut. Ainsi, la classe Assaut peut par exemple soigner les joueurs à proximité et sera adepte des armes à moyenne distance. D’autres seront plus portées sur le corps-à-corps, tandis que leurs cris de guerre permettront de tirer sans compter. Sachant que les joueurs oublient d’utiliser leurs cris de guerre, la véritable différence entre les classes réside principalement entre les armes.

Notons d’ailleurs qu’on retrouve le camp de PayDay, permettant de personnaliser ses armes (en finissant des défis), de choisir des missions solos ou de rejoindre ceux de joueurs (ce qui, au passage, gèle la partie de ces derniers pendants environ une minute, le temps de tout synchroniser…), de personnaliser ses personnages (compétences et cosmétiques) et d’utiliser des cartes. Ces derniers sont des bonus/malus permettant de gagner plus d’Xp, ou de butins en fin de partie. Enfin, il est possible de décorer son camp via de l’or gagné en mission, mais c’est aussi accessoire que cher.

De l’or pour les braves

Une fois la mission sélectionnée (on peut faire tout dans le désordre), l’escouade doit aller d’objectif en objectif pour atteindre le but final. Il faudra parfois défendre un convoi, détruire des choses, tuer des gens, récupérer des objets. Bref, c’est plutôt diversifié. Les cartes sont plus ou moins grandes, parfois il est facile de tout visiter et parfois le niveau est plus tentaculaire (on peut d’ailleurs conduire parfois quelques véhicules à la physique douteuse). Pourquoi vouloir visiter ? Tout simplement parce que dans Raid, saboter ne suffit pas ! Le jeu propose un système de prise de risques bien sympathique. En somme, le joueur peut respecter les ordres ou traîner un peu plus, histoire de récupérer des dogtags ou du butin. Mais l’avarice peut-être dangereuse et mettre votre équipe en péril. Cette prise de risque permettra toutefois de gagner plus de choses en fin de mission.

Le jeu semble faire croire au joueur qu’il est possible de s’infiltrer, mais il n’en est rien. L’absence de silencieux rend cette tâche compliquée et ne servirait pas à grand-chose, car un de vos objectifs mettra toujours en route une alarme. Autant foncer dans le tas donc ! « le tas » définit d’ailleurs très bien vos ennemis qui sortent de toutes parts (virant à l’absurde). Leur force est uniquement là puisque leur intelligence est limitée. Tout comme vos munitions d’ailleurs. Il est donc impératif de récupérer des munitions sur les ennemis (parfois), ou dans les diverses caisses. À noter qu’il est possible de récupérer un pied de biche pour ouvrir certains coffres qui contiennent… la même chose que les autres caisses ! Waouh. Non contents de vous frustrer à coups de pied de biche, les nazis lanceront quelques unités plus singulières. Citons ainsi le sniper, l’unité lourde avec lance-flamme ou encore les super SS (bien plus résistants que la moyenne). On est pas loin des zombies spéciaux de Left 4 Dead, notamment grâce aux différents sons annonciateurs de ces unités.

En dehors des crashs et baisses de framerates possibles, le gameplay est plutôt agréable et on se prend au jeu en multi (comme on pouvait le craindre, les alliés en solo ne sont bons qu’à vous protéger, pas plus). Cependant, notons tout de même une gestion des corps-à-corps affreuse (un coup vous propulse en arrière), et le pathfinding affreux des PNJ à sauver, qui n’hésitent pas à prendre le chemin le plus sinueux possible. On ne comprend pas pourquoi ils ne nous suivent pas directement…

Raid is dead

Finir les missions ne prendra pas bien longtemps au joueur. Évidemment, Raid se repose sur une grande rejouabilité comme le fait PayDay. Ainsi, les objectifs, objets et votre position de départ change à chaque partie sur une même carte. Tout comme le butin. Les développeurs espèrent donc que les joueurs resteront après les 8 h maximum pour finir les missions.

D’autant plus qu’il y a toujours la possibilité de faire les fameux « Raid ». À savoir une mission globale qui demande de réaliser de plus petites missions liées sur différentes cartes. Un peu comme le système des braquages de GTA V en somme. Une bonne idée qui est malheureusement courte. On compte seulement deux Raid (pour le moment ?) et des missions finalement assez courtes.

Conclusion

Raid World War II est ce qu’on attendait de lui et là est le problème. Il est une copie sans génie de son maître. On aimerait passer outre ses lacunes graphiques, mais celle-ci finissent par réellement pénaliser le joueur et le frustrer. Dommage, car l’ambiance était rigolote, même si les développeurs auraient pu aller encore plus, loin, mais plus finement. On prend tout de même du plaisir à jouer, avec les joueurs (étrangement assez nombreux) que l’on croise.

Points positifs

  • L’ambiance décomplexée
  • Tout ce qui fait le sel de PayDay
  • Les raids : une bonne idée

Points négatifs

  • Graphismes fin PlayStation 2
  • Plusieurs plantages
  • Nombreuses baisses de framerates
  • Différences minimes entre les classes
  • IA (allié, ennemie et PNJ)
  • L’insertion d’un joueur en cours de partie
  • Les raids : pas assez nombreux et travaillés
  • Spawn des ennemis visible et absurde
  • Infiltration impossible
5

Moyen

« Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière. »
August Strindberg