TEST – Raiders of the Broken Planet – Alien Myths : Autant de bêtas pour arriver à ça ?

MercurySteam, c’est avant tout Castlevania : Lord of Shadow. Un jeu salué par la critique, en raison de son ambition. Le studio a complètement dépoussiéré la licence de Konami avec un gameplay totalement nouveau. Depuis, MercurySteam n’a cessé d’aller dans cette direction puisque Metroid : Samurs Returns se voulait comme un véritable remake. Avec Raiders of the Broken Planet, là aussi le studio entend ne rien faire comme tout le monde.

raiders of the borken planet testL’histoire sans début

Commençons d’entrée de jeu par un point négatif. Alors que la plupart des jeux posent leur contexte assez simplement, à travers des cinématiques/cutscenes/comics à peine animé, etc. Raiders of the Broken Planet est bien moins accessible. Pour saisir le véritable contexte, il faudra passer par la case « Univers » du menu, permettant d’accéder à différentes fiches instructives. Un élément incompréhensible, d’autant plus que le jeu propose bien un prologue. Mais celui-ci sert seulement de niveau d’entraînement.

Raiders of the Broken Planet est l’histoire de la fin d’un monde. Le super soldat est prêt à tout pour sauver sa planète, même s’il faut libérer les mercenaires les moins recommandables de l’espace. La première campagne du jeu propose donc de recruter deux personnages et de trouver les Protecteurs, capables de sauver le monde. Un scénario classique et à vrai dire peu intéressant. Les cinématiques sont d’ailleurs souvent coupées par les autres joueurs. On notera tout de même que celles-ci sont très influencées par la technique « shaky-camera », qui consiste à faire bouger rapidement la caméra, à créer des zooms et des dézooms pour rendre l’histoire plus intense. Une décision qui plonge le jeu dans la série B assumée. Un pari audacieux qui ne satisfera pas tout le monde.

Kung-fu asymétrique

« Un pari audacieux » pourrait d’ailleurs qualifier tout Raiders of the Broken Planet, a commencer par son gameplay. Il s’agit d’un TPS asymétrique. Quatre joueurs tentent de mener à bien des missions scénarisées, tandis qu’un cinquième joueur peut s’incruster en début de partie pour faire échouer les joueurs. Un principe qui rappellera le mode contre-opération de Perfect Dark, et qui permet une plus grande tension. Les joueurs garderont toujours l’œil ouvert pour détecter l’Antagoniste, afin de ne pas se faire avoir par surprise. Celui-ci n’est pas invincible, mais il peut compter sur l’IA ennemie pour envahir les joueurs et les diviser. Dès lors, il pourra les éliminer un à un. La meilleure tactique face à lui est donc de rester groupé. Le petit bémol, c’est que si l’antagoniste quitte la partie, celle-ci s’arrête. On a ainsi dû refaire sept fois la mission avant de tomber sur une partie sans antagoniste rageur, le jeu ne proposant pas d’option pour avoir des parties sans antagonistes.

L’autre point clef du jeu, c’est la présence importante de corps-à-corps. Le jeu possède un système simple et efficace de combat à main nue. Il est ainsi possible d’attaquer, d’esquiver les coups, et de réaliser une chop (qui est fatale). Attaquer annule une prise, esquiver annule une attaque et la prise annule l’esquive. Le système se prend rapidement en main et permet des joutes rapides, mais pas trop entre bons joueurs. Un système qui n’est pas un détail puisqu’éliminer à main nue un ennemi est le seul moyen de regagner des munitions. De plus, éliminer un joueur ou un garde d’élite permet de gagner de l’Aleph. Une énergie qui permet de booster son personnage, mais qui est également utile à certains objectifs. Le joueur est donc incité à mettre des mandales. Cela marche en demi-teinte. Les attaques sont brutales et différentes en fonction de l’endroit où est le joueur. Cependant, elles semblent avoir un temps de latence important qui peut être très déstabilisant durant les premiers combats.

La guerre d’Aleph

Raiders of the Broken Planet est plus classique dans ses objectifs puisqu’il faudra souvent défendre des zones, ou au contraire attaques des points précis. Les joueurs peuvent plus ou moins mourir à volonté. Un nombre de vies est accordé par niveau, et lorsque celui-ci tomba à zéro, les joueurs devront survivre pendant un temps donné sans mourir. Si chaque joueur est à terre pendant ce temps, c’est le game over. En revanche, si un joueur au moins survie, l’équipe regagne son nombre de vies initiales. Cela peut paraître facile, mais il arrive que certains objectifs soient très complexes, et que survivre plusieurs secondes soit difficile. Ça l’est encore plus en solo puisque le joueur ne possède que trois vies. Heureusement, les ennemis sont bien moins nombreux. D’ailleurs, le jeu étant clairement construit pour la coop, on ne peut recommander de jouer seul. Hormis quand on ne trouve pas de partie, ce qui peut arriver régulièrement.

Personnalisation lourde

Raiders of the Broken Planet est un hero-shooter. Ce qui veut dire que l’on peut choisir son personnage avant de partir au combat. Pour le moment, le jeu en propose six. Chacun possède une arme différente, une compétence et des statistiques différentes. N’y allons pas par quatre chemins, certains personnages semblent moins utiles que d’autres. Konstantin est par exemple le tank du jeu, avec une grosse mitrailleuse et la capacité de dégager les ennemis d’une zone. Alicia en revanche est plus faible, mais possède un fusil à pompe et peut… double sauter. Espérons que les 11 autres personnages à venir nous réservent un meilleur équilibrage.

Qui dit plusieurs personnages dit aussi personnalisation. Là encore, Raiders of the Broken Planet ne fait pas comme tout le monde… à tort. Les deux compétences passives se modifient via des cartes. Il faudra payer une somme pour obtenir une nouvelle compétence passive. Notez ensuite qu’il faut payer pour verrouiller une des compétences. Rajoutez à cela que les monnaies ne sont pas les mêmes. Une compétence se change via les points de personnage, et l’autre via les points de faction (chaque personnage appartient à une faction). Tandis que le verrouillage se fait via de l’argent gagné au combat. Les armes, elles, se gagnent via de l’argent et via des schémas que l’on gagne aléatoirement. N’oublions pas non plus que les personnages à débloquer demandent des points d’antagonistes pour être débloqués… Un vrai bazar incompréhensible, qui, de plus, demande de grinder les cinq missions du jeu.

La question que l’on se pose alors est combien gagne-t-on par mission ? Vous vous en doutez, ce n’est toujours pas simple. En somme, en fin de partie, les joueurs choisissent entre l’argent, les points de personnage, les points de faction ou un schéma s’ils en ont gagné un. Cependant, si deux joueurs choisissent la même chose, il y aura partage. Si deux joueurs choisissent le schéma, un seul l’emportera, tandis que l’autre n’aura rien du tout. Un principe qui est intéressant sur le papier, mais qui est frustrant lorsque l’on sait comment est le système de personnalisation. Autrement dit, on ne touchera aucunement ce menu.

Technique et durée

Raiders of the Broken PlanetIl y aura deux types de joueurs sur Raiders of the Broken Planet : ceux qui aimeront le design et ceux qui le trouveront laids. Coupons la poire en deux et disons qu’il est impossible de ne pas dire que celui-ci est original. Dieselpunk, science-fiction, comics… lee jeu n’est dans aucune case tout en s’inspirant de toutes. Côté technique, le jeu est correct, mais sans plus. Il ne faut pas s’attendre à de grandes choses, même si certains passages ne sont clairement pas mauvais visuellement. On notera que le jeu oscille entre un certain sérieux et un humour presque manga (notamment avec les pensées des personnages). Un mélange particulier qui ne marche pas vraiment tant les personnages sont clichés.

Pour finir, notons que cette première campagne se boule en un peu près trois heures. Sans doute moins si l’on n’a aucun problème pour trouver et rester sur une partie (ce qui est potentiellement impossible). Côté rejouabilité, c’est assez faible en raison des problèmes évoqués dans le paragraphe de la personnalisation.

Conclusion

Impossible de ne pas être comme tout le monde sans froisser. À ce petit jeu-là, MerurySteam commet plus de fautes qu’il n’a de bon point. On peut apprécier le design, le système de combat ou la coopération asymétrique, mais ceux-ci sont non sans problèmes. Ajoutons à cela une personnalisation imbuvable, une écriture assez mauvaise et on obtient une première campagne qui fait très peur. Surtout lorsque l’on sait que le jeu fût longtemps en phase bêta. MercurySteam avait annoncé un système épisodique pour corriger le tir en cas de mauvais retours, et bien c’est le cas. On attend de gros changements au prochain épisode.

Test réalisé sur une version envoyée par l’éditeur, sur PlayStation 4 normale

Points positifs

  • Design original
  • Système de combat simple et efficace
  • Une volonté d’originalité sur tous les champs
  • L’antagoniste pimente la partie

Points négatifs

  • Ordres confus
  • Faible rejouabilité
  • Personnalisation repoussante
  • Scénario peu mis en avant
  • Personnages clichés au possible
  • Les déconnexions de l’Antagoniste
  • Le temps de latence des combats
  • Roster déséquilibré
  • Ergonomie souris dans les menus
  • Système de récompense frustrant
4

Pauvre

« Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière. »
August Strindberg

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