Rise of the Tomb Raider – Test

Après un reboot mémorable, après une exclusivité temporaire sur Xbox One, Rise of the Tomb Raider sort enfin sur PlayStation 4, en version anniversaire. Entre temps est sorti le quatrième (magnifique) opus de son rival Uncharted. Le portage de Rise of the Tomb Raider tient-il encore la comparaison ?

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Au nom du père

Lors du dernier épisode de Tomb Raider, Lara Croft en avait certes vu des vertes et des pas mûres en étant malmenée comme pas permis, mais elle avait tout de même découvert l’existence de la magie et de choses pas vraiment rationnelles. Cette confrontation de l’occulte est pour elle le début de plusieurs expéditions autour de mythes, et quoi que mieux que l’obsession de son père pour commencer. Cet épisode s’attarde énormément sur le lien entre elle et son père, et par extension à sa famille. On découvre très vite que celui-ci cherchait un artefact donnant la vie éternelle, et qu’il est devenu fou. Il est pourtant devenu le mentor post-mortem de Lara qui marche dans ses pas. Cette partie réminiscence de l’histoire de Rise of the Tomb Raider est clairement intéressante.

Cependant, l’histoire se passant pendant l’expédition est, elle, beaucoup moins réjouissante. Alors que Lara chasse l’artefact, les Trinitaires, un groupuscule ressemblant fortement aux templiers d’Assassin’ s Creed (ils contrôlent tout, veulent le pouvoir suprême, etc.) va tout faire pour trouver l’artefact avant elle. Hélas le scénario nous débite les vieux clichés (le grand méchant tue ses propres hommes pour montrer l’exemple), les illogismes (Lara tue une armée entière et est choquée par une exécution) et les retournements de situation visibles à des kilomètres.

La poisse comme porte-bonheur

Si le premier Tomb Raider jouait à fond le côté femme fragile et malmenée, ce deuxième opus atténue un peu cela. Lara Croft y subit bien moins de coups horribles, et de toute façon, elle est déjà plus ou moins forgée. Les grands moments de poisse sont moins nombreux, mais bien plus prévisibles en revanche, et donc moins fort. De plus, le premier opus jouait également la carte de l’épouvante, notamment pour montrer une Lara en train de perdre ses repères. Lara ayant désormais accepté l’occulte, la touche horreur disparaît.

Exploration, chasse et fusillades

Si la mise e scène a changée, le gameplay n’a lui guère évolué. On alterne toujours entre trois grandes parties : l’exploration, les zones ouvertes et l’action pure. Concernant ce dernier point, c’est toujours aussi bon. Le jeu ne nous force jamais la main à l’infiltration, mais elle est possible, tailler dans le gras est tout aussi jouable, rien n’est vraiment recommandable, même si l’IA des ennemis est souvent malines, n’hésitant pas à bombarder de grenades, à détruire les obstacles ou à contourner Lara. Malgré cela, les gunfights ne sont pas trop difficiles et on recommande un à deux crans au-dessus du mode normal pour avoir du challenge. On apprécie également les « objets transportables » : les bouteilles, boîte de conserve, talkies-walkies sont autant d’objets facilement trouvables par terre que de potentiels armes. En deux secondes à peine une bouteille peut devenir un cocktail Molotov. Un chouette point qui aide dans les fusillades.

L’exploration nous oblige toujours autant à utiliser l’Instinct de Lara pour trouver tous les trésors et autres ressources utiles. Les énigmes ont également été revues à la hausse et même l’Instinct ne suffira pas pour trouver la solution. On note que certains passages se revisitent grâce aux diverses améliorations d’équipement que l’on trouve sur le chemin. Classique.

C’est peut-être les zones ouvertes qui ont le plus changé puisqu’il est possible de trouver des cavernes. Le jeu nous indique qu’on est proche de celles-ci, mais pas où elles sont exactement. Au joueur de les trouver et de les explorer. Pour motiver le joueur, les développeurs ont la bonne idée de rajouter des compétences uniques à Lara si elle va jusqu’au bout d’un temple. De plus, la récupération des diverses ressources est encore plus utile qu’auparavant et également plus compliquée, car plus de matériaux entrent en jeu. On note par ailleurs des marchands nous proposant de l’équipement via un peu d’or.

Stagnation of the Tomb Raider

Malheureusement ce gameplay qui n’a peu ou prou changé est l’un des gros points faibles du jeu. Difficile de véritablement voir un nouvel épisode. Tout se ressemble comme deux gouttes d’eau (le gameplay comme les environnements), mais en moins bon. Bien sûr on prend du plaisir sur le jeu, mais beaucoup moins, sans doute car la claque de Tomb Raider est passée. De plus, Uncharted 4 confirmait encore une fois qu’il était possible d’ajouter une plus-value à un quatrième opus d’une licence bien connue. Rise of the Tomb Raider n’a pas eu cette chance, ce petit génie en plus qui le démarque de Tomb Raider. C’est plaisant, mais creux.

On note tout de même quelques modifications/ajouts comme un grappin, qui s’accroche à un peu près toutes les surfaces et qui permet soit de se balancer, soit de monter sur des parois un peu trop hautes. Le masque à oxygène permet de ne plus craindre les séquences sous-marines, tandis que les flèches crantées se fixent sur les parois en bois pour que Lara puisse monter dessus et escalader plus facilement.

Personne ne joue avec les mêmes cartes

Tout comme son prédécesseur, Rise of the Tomb Raider garde le côté customisation. Il est possible de trouver des ressources pour améliorer ses armes, construire des sacs plus grands ou encore de crafter des munitions spéciales. Les éliminations et les découvertes rapportent de l’XP pour des compétences à débloquer.

Ce qui est le plus intéressant, mais aussi mal fichu, c’est un système de cartes permettant de gagner des armes dans sa partie ou justement de la modifier. Le problème c’est que cela modifie un peu trop l’aventure et ce système finit par devenir accessoire, à tel point qu’on n’ouvre même plus les paquets de cartes.

24 h en milieu hostile

Côté durée de vie, Rise of the Tomb Raider vous assure plusieurs soirées en Sibérie ! La quête principale elle-même fait une quinzaine d’heures en chopant à droite à gauche quelques objets, mais si vous voulez tout trouver, il vous faudra une bonne trentaine d’heures. Grottes, améliorations, quête secondaire, enregistrements, temples… Les activités ne sont clairement pas ce qu’il manque dans Rise of the Tomb Raider et sont généralement utiles à faire. Hormis peut-être les challenges de zone qui sont aussi ridicules qu’inintéressants.

Beau, mais pas trop

Qu’on se le dise, Rise of the Tomb Raider était peut-être une claque à sa sortie initiale, mais il fait désormais office de travail classique. Il est vrai, le jeu est beau, mais il n’est pas exceptionnel non plus, en à peine une année ce travail graphique est déjà la norme. De plus, des bugs viennent parfois s’ajouter à cela, comme des ennemis qui se figent, toujours debout (toujours la banane) une fois morts. On note également quelques problèmes au niveau de la plate-forme, puisque Lara a parfois du mal à s’accrocher aux parois, et tombe même parfois toute seule. Un peu irritant sur le moment, mais gérable, d’autant que les points de contrôle sont légions.

Le plus gros problème est finalement les chargements beaucoup trop longs. Pour commencer ou continuer une partie, comptez un peu près une minute pour atterrir dans l’aventure. C’est long, surtout à notre époque.

JOYEUX ANNIVERSAIRE !

Pour finir, arrêtons-nous sur l’anniversaire de Tomb Raider qui fête donc ses vingt ans. Pour l’occasion, le jeu s’accompagne de plusieurs ajouts. Le premier est l’Endurance, un mode de survie où il faut chasser, faire du feu pour survivre, tout en chassant les artefacts. Le mode trouvera sans doute quelques fans, mais il n’y a pas grand-chose d’intéressant à cela. Notons tout de même qu’un système de cartes à collectionner permet de changer les aventures (dégâts accrus sur Lara, meilleure arme au début, tenue améliorée…) et de gagner plus ou moins d’or permettant d’acheter d’autres cartes.

Ensuite vient le mode Cauchemars de Lara, une extension d’une ou deux heures mettant en scène Lara dans son manoir, confrontée à divers zombies. Clairement, cette extension est passable. Rien d’exceptionnel, voire clairement hors-sujet. Il faudra trouver trois cranes dans le manoir alors qu’il est infesté de créatures (certaines ont des bombes, d’autres des boucliers etc.) réapparaissant. Une fois ceci fait, un boss inintéressant viendra faire face à Lara. Comptez une heure au plus pour finir cette extension.

En revanche, Le Manoir des Croft, est une extension vraiment intéressante, car on ressent vraiment « l’anniversaire » de Tomb Raider, mais pas dans le gameplay. En effet, cette extension nous pousse à explorer de fond en comble et de manière assez linéaire, le manoir des Croft. Cette quête permettra à Lara d’explorer un lieu qu’elle avait oublié, et peu à peu ses souvenirs vont ressurgir. Non content de créer tout un background sur ses parents, cette extension permet quelques références sur les anciens jeux Tomb Raider, comme le majordome et la fameuse pièce froide. Très sympathique et très court, ce sera l’occasion de visiter une nouvelle fois le manoir des Croft, recréé pour l’occasion, avec toujours autant de secrets à découvrir, via des énigmes. On a hâte d’y remettre les pieds quand il sera remis en état.

Rise of the Tomb Raider - Gameplay

Si Rise of the Tomb Raider était originellement très bon, le passage d’Uncharted 4 montre la redondance de cet opus, un peu déjà vu et pas très inventif. On a finalement l’impression de jouer à une suite sans génie, ce qui est tout de même plaisant au vu de la qualité de la base. On ne jouera pas au jeu pour sa technique, mais de belles surprises convainquent malgré tout, notamment le background très fouillé et psychologique de la famille Croft, très bien exploité dans l’extension Les Liens du Sang. Cette extension est d’ailleurs peut-être ce qu’on retient le plus dans cette édition 20e anniversaire, tant elle est simple au niveau du gameplay, mais riche dans la construction scénaristique.

Points positifs

  • Baba Yaga
  • Les objets transportables
  • Les Liens du Sang
  • Bonne durée de vie
  • La relation père-fille

Points négatifs

  • Creux et déjà-vu
  • Scénario bien cliché
  • Chargements trop longs
  • Scripts prévisibles
  • Les cauchemars de Lara
7

Bon

"Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière." August Strindberg

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