rogue trooper redux

Rogue Trooper Redux

Nintendo Switch PC PS4 Xbox One
5

Moyen

PREVIEW – Rogue Trooper Redux : Beaucoup trop de lacunes

Rebellion s’est avant tout distingué ces dernières années avec sa licence Sniper Elite. La meilleure simulation de tir à longue distance, mais également l’une des seules. Par le passé pourtant, Rebellion avait montré sa passion pour les comics, et notamment ceux de 2000 AD. Le rachat de cette bande dessinée hebdomadaire britannique a ainsi donné lieu à l’adaptation de Judge Dredd et surtout Rogue Trooper. Plus de dix ans après, Rebellion remastérise son jeu, pour le meilleur et pour le pire.

rogue trooper redux previewLa guerre c’est moche

Rogue Trooper ReduxCommençons tout d’abord par une petite précision : cette preview ne concerne que les six premiers chapitres. Ce qui est tout de même bien assez pour voir de quelle nature est cette fameuse édition Redux. L’introduction déclare tout de suite le ton (ou presque) de l’aventure. Le monde de ce jeu est celui de la guerre. On y incarne le soldat Rogue, un clone Sudiste créé génétiquement pour faire la guerre aux Nordistes. Ils sont des centaines à n’avoir appris que la guerre et les techniques de combat. Rogue Trooper est évidemment une parodie de la guerre, et rejoue de manière plus ou moins déguisée la Guerre froide. Les Sudistes étant évidemment le côté américain, très marines. On retrouve d’ailleurs beaucoup d’éléments empruntés aux diverses œuvres portant sur la guerre moderne (Seconde Guerre mondiale et celle du Vietnam principalement). Une vision partagée entre le patriotisme et l’horreur du combat.

Rogue Trooper est d’ailleurs plus près de la satire que de la parodie puisque hormis nos compagnons d’armes, le ton est assez sérieux. Dommage, car l’introduction du jeu ressemblait à s’y méprendre avec une scène de Starship Trooper (les fameuses publicités de propagande).

Classique, mais pas trop

Rogue Trooper ReduxDans les premières minutes de jeu, on sent que Rogue Trooper fera du classique TPS. C’était d’ailleurs déjà une critique faite au moment de sa sortie originale. Autrement dit, on est pas loin du run & gun divisé par des objectifs divers. Notre soldat Rogue peut utiliser des tourelles, lancer diverses grenades, viser précisément et possède plusieurs armes. Cependant, le jeu propose une brillante idée (même s’il elle ne change pas fondamentalement le gameplay).

Nos confrères morts au combat peuvent être ressuscités grâce à leur bio-puce, soit une sorte de dog tag électronique. Mieux encore, en les posant sur l’équipement de Rogue, celui-ci gagne des capacités. Bagman peut par exemple crafter des munitions et améliorations d’armes en cherchant des ressources (sur les ennemis ou dans le décor) alors que Gunnar peut par exemple être transformé en tourelle automatique si le joueur pose son fusil d’assaut. Certaines actions seront plus utiles que d’autres (attirer l’ennemi ou déployer un hologramme ne sert à rien), mais c’est surtout l’idée d’avoir nos collègues dans la peau qui est amusante. On a ainsi beau être le soldat solitaire parfait (un genre de Rambo), on est tout de même accompagné par toute notre escouade qui nous parle (« dernier chargeur »), mais qui se parle également entre elle. Une bonne idée à l’époque qui n’a toujours pas vieilli.

C’est ça vieillir ?

N’y allons pas par quatre chemins, Rogue Trooper fut modestement accueilli à l’époque : déjà daté graphiquement, gameplay classique, pas de rejouabilité… Seule la direction artistique allait en sa faveur en somme. Avec ce remaster, on s’attend donc à une remise en neuf du jeu. Pour le moment, c’est plutôt mal parti. Commençons tout d’abord par le travail graphique qui est un simple lissage graphique ou presque. Certains éclairages sont plus jolis, il y a plus de polygones, mais c’est tout. Alors que Crash Bandicoot a entièrement été retravaillé, cela pique un peu de voir un travail aussi faible pour un prix annoncé à 25 €. Mais à vrai dire, ce n’est pas le travail graphique qui fait mal, mais plutôt la non-amélioration du jeu, ou en tout cas la mauvaise réinterprétation. Car Rogue Trooper Redux a été retravaillé au niveau du gameplay, mais mal. Prenons par exemple le changement d’armes, déjà critiqué à l’époque), qui se fait cette fois-ci via une touche (au lieu de deux à l’époque). Sachant que l’on possède environ une demi-douzaine d’armes, on doit maintenant marteler le bouton pour avoir enfin sa bonne arme. Et si l’on a cliqué trop de fois, c’est reparti pour un tour d’inventaire. Une hérésie, alors que le système d’inventaire radial (façon GTA V par exemple) a fait ses preuves.

TickTock Games a également rajouté un système de couverture. Hélas, celui-ci semble avoir été développé à la va-vite. Ici, on ne se place pas contre un mur façon Gears of War (un classique de couverture), mais en donnant un coup de joystick vers le mur. Soit. Le problème, c’est que Rogue a clairement du mal à se coller sur certains murs, il arrive donc qu’on ne soit pas protégé. D’ailleurs, même en étant à couvert, les balles peuvent nous toucher (les problèmes de collision sont nombreux…). L’incompréhension atteint son paroxysme lorsque l’on s’aperçoit qu’un lancement de grenade via une couverture ne permet pas de viser. On jettera donc sa grenade a 5 m du sol. Ça parait étrange, mais cela s’explique par le fait que pour viser avec une grenade, le joueur doit s’arrêter.

En l’état, Rogue Trooper Redux souffre donc de beaucoup trop de vieilleries de gameplay. On ne peut clairement pas mettre ça sur le compte de l’expérience nostalgique puisque cela pénalise de toute façon le joueur.

Surplus Militaire

Notons qu’hormis la campagne militaire, Rogue Trooper Redux est équipé de son multijoueur d’antan. Celui-ci permettra de jouer en coopération sur le mode Fortress ou Progressif. Dans le premier mode, il s’agira de protéger un soldat jusqu’à la fin du timer. Dans l’autre, il faudra aller d’un point A au point B sans perdre toutes ses vies. Dans les deux modes, les armes et gadgets sont limités, tous comme les vies. il faudra faire attention donc. Malheureusement, il est seulement possible de jouer online ou en solo, mais en mode split-screen. De toutes évidences, ce n’est pas cela qui va faire tenir les joueurs, notamment à cause des problèmes évoqués.

Rogue Trooper Redux a-t-il été développé à la hâte ? C’est ce qu’on peut se demander au premier contact. Passons sur le travail graphique, puisqu’après tout, Rebellion n’a pas les moyens d’un Activison. Mais au niveau du gameplay, le jeu pourrait gagner en souplesse et en confort. Pour le moment, Rogue Trooper Redux est donc un TPS classique handicapé et handicapant.