Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur, que peut-on attendre du film ?

Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur, que peut-on attendre du film ?

Il s’en est passé des choses entre 1998 et 2017 pour le cinéaste britannique Guy Ritchie. En 1998 sortait sur les écrans français son premier long-métrage, sobrement titré : Arnaques, Crimes et Botaniques. 161 écrans aux États-Unis et un box-office américain avoisinant les 4 millions de dollars de recettes. Chiffre qui va être joliment dépassé par un certain Snatch avec à sa tête l’acteur Brad Pitt. De 161 écrans, l’on passe à 1.444 écrans et de 4 millions, l’on passe à 30. Pas le temps de s’habituer au succès, puisque deux ans après, il s’écroule avec sa seule exploration du genre dramatique : À La Dérive. Un film qui porte diaboliquement bien son nom ! Il lui faudra cinq ans pour s’en remettre et revenir aux affaires avec un film qui n’aura droit à qu’à une sortie technique sur 18 écrans, toujours aux États-Unis. Revolver, un petit film, un film de fond de tiroir pour Warner Bros, qui conte sur le réalisateur britannique pour faire parler son talent sur un plus gros projet. Un projet à 90 millions de dollars de budget, un projet qui se nomme : Sherlock Holmes. Nous sommes en 2009, c’est le début de l’ère Ritchie. Une ère portée par deux films, le diptyque des Sherlock Holmes, mais deux films qui vont lui permettre de développer son style. Un style indéchiffrable, une façon de faire qui ne ressemblent à aucune autre, pour ne pas dire à rien. Et ce n’est pas péjoratif que de dire ça, j’y reviendrais un peu plus tard. Malheureusement, il semblerait que la marque Sherlock Holmes soit plus forte que la marque Guy Ritchie.

En 2014, il tente de faire perdurer son ère, de la développer avec une nouvelle IP du nom de The Man From U.N.C.L.E. Un nouveau reboot (il semble ne savoir faire que ça), mais un casting fort, une esthétique attrayante et un genre en pleine effervescence : l’espionnage. Cependant, ça ne prend pas et le film termine sa carrière à l’international avec à peine 100 millions de dollars de recettes pour un budget estimé à 75 millions de dollars. Pas terrible, pour ne pas dire risible pour une telle production. Warner Bros n’a néanmoins pas peur, Guy Ritchie non plus, il semble même avoir la confiance au point d’annoncer vouloir se lancer dans une grande saga. Ou plutôt la mise à jour d’une épopée mythique et légendaire, qu’est celle du Roi Arthur. Pas moins de cinq films pourraient voir le jour, mais faudrait-il encore que ce premier opus soit un succès. Ce qui, au vu du palmarès du cinéaste n’est pas, mais alors vraiment pas, gagné. Personnellement, j’aime beaucoup les productions Ritchie, mais pourquoi vous demandez-vous ? Est-il fou ! Non, bah oui en partie, mais réside au sein des films réalisés par Guy Ritchie, et plus particulièrement au sein de ses films d’action, un sens du « What the Fuck » qui ne cesse de grandir. De Snatch à Sherlock Holmes il était aisé de remarqué cette volonté d’aller toujours plus loin dans la stylisation des combats et des personnages, mais avec  King Arthur il semble avoir dépassé l’entendement.

Qui ne connait pas la légende du Roi Arthur, la légende de la table ronde ou encore de l’épée Excalibur ? Ces légendes ont traversé les générations grâce à des relectures et appropriations qui réussissaient toujours à être plus ou moins fidèles aux légendes originelles. Avec le film King Arthur, traduit en France par Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur, Guy Ritchie choisit de moderniser ces mêmes légendes, mais on n’y comprend plus rien. Qui sont ces personnages ? Qui sont ces chevalier de la table ronde ? Mis à part Arthur et Guenièvre, visible deux secondes au sein de la bande-annonce finale, rien ne nous ramène aux légendes bien connues. Dévoilée officiellement il y a neuf mois, à l’occasion du Comic-Con de San Diego, la première bande-annonce du film en avait surpris plus d’un. Des angles de caméras improbables, une histoire peu compréhensible si l’on ne connaissait pas d’avance les légendes (et encore), mais déjà comme l’impression de découvrir un film qui ne ressemblera pas aux autres. Et si Excalibur était une épée magique dans le sens où elle procurerait à Arthur des pouvoirs ? Et si Vortigern, roi de Bretagne qui a empêché Arthur de devenir roi en tuant son père durant son enfance, avait également des pouvoirs magiques (c’est ce qui semblerait être le cas) ?

La question à se posée est avant tout : pourquoi chercher des justifications alors que l’histoire qui nous est contée de base, n’est autre qu’une légende, qu’une fiction imprégnée par une certaine réalité afin de lui procurer un réalisme et faire croire qu’elle aurait pu être vraie. Une utilisation du terme « légende », que l’on retrouve également au travers de la bande originale et notamment du morceau The Devil and the Hunts de Sam Lee. Un morceau original très « médiéval », avec uniquement une voix masculine assez grave et connotée, qui ici est remixé par le compositeur Daniel Pemberton. « Do you really know the legend » et « From nothing comes a king », deux slogans de marketing qui décrivent parfaitement, ce à quoi le spectateur doit s’attendre vis-à-vis de l’histoire de ce film. Une histoire qui n’a d’un côté rien à voir, ou presque, avec la légende arthurienne originale et qui de l’autre peut-être résumée comme un « success movie » des plus classiques. Il ne faudra pas chercher justification ou un quelconque aspect « auteuriste » dans l’histoire contée par le film Le Roi Arthur : La Légende d’Excalibur.

Guy Ritchie va dans le sens du cinéma hollywoodien moderne avec du grand spectacle en veux-tu en voilà et donne à son Roi Arthur un aspect super-héroïque et donc ultra-spectaculaire. Tous ces angles de caméra improbables, ces effets visuels et effets spéciaux exagérés, cette exagération des coups et de ce sentiment de rage et de puissance des personnages… tout est fait pour inculquer au film une animosité, une rage certaine et donc propulser sur Mars l’aspect spectaculaire et de ce fait, divertissant, du film. Guy Ritchie nous avait déjà habitués à quelques effets de styles par le biais des films Sherlock Holmes ou encore notamment des courses-poursuites du film The Man from U.N.C.L.E. Ralentis et accélérés, plongée au cœur de la bataille à partir d’un plan zénithal… son monteur joue avec le montage tel un DJ joue avec sa platine. C’est particulier, mais si bien exploité et surtout en parfaite cohérence avec le film dans sa globalité, ça peut passer et donner au film un aspect atypique et donc unique. Que l’on aime ou que l’on n’aime pas.

C’est grandiloquent et complètement « whatthefuckest », mais peut-être cohérent et donc plaisant. Plus la date de sortie approche, plus les bandes-annonces fleurissent, plus sont dévoilées d’extraits des scènes d’action. Ce qui est intéressant avec les quelques extraits disponibles sur internet, au-delà de leurs aspects surréalistes proches de l’heroic fantasy (toute proportion gardée), c’est cette rage et animalité qui s’en dégage. Une rage qui habite littéralement Charlie Hunnam, interprète du protagoniste : Arthur. Ce qui peut-être un atout de taille pour le film. Charlie Hunnam, acteur charismatique et dont la travail sur l’introspection et l’extériorisation peut permettre au personnage et par déduction, au film, de gagner en férocité, animosité et donc en émotion. Un personnage qui a une rage et qui extériorise est bien plus intéressant qu’un personnage plat, lisse et fade. Les Avengers si vous passez dans le coin, je parle de vous. L’on est dans la continuité d’un Sherlock Holmes qui était un avide combattant, assez sec et connaisseur de techniques, Arthur semble être un rude guerrier amateur de combats à l’épée et à mains nues. C’est du Guy Ritchie, il aime la brutalité et avant tout la bestialité avec des combats secs, dynamiques, mais toujours lisibles. Est-ce que ce sera le cas encore une fois ? Wait and See.

Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur - Bande Annonce VOST

1 Commentaire

  1. Guy Ritchie c’est avant tout Arnaque, crimes et botanique et Snatch pour moi. Revolver dans son style psycho dixième degrés j’adore aussi. Sherlock bien sûr et UNCLE j’avais trouvé ça cool. Et n’oublions pas RocknRolla !! J’adore ce réalisateur qui a une vision unique et qui ne cesse d’innover et de parfaire sa réalisation !

Laisser une réponse