Sniper Ghost Warrior 3

Sniper Ghost Warrior 3

PC PS4 Xbox One
5

Moyen

Sniper Ghost Warrior 3 – Preview

Sniper Ghost Warrior 3
Après deux épisodes franchement très moyens, Sniper Ghost Warrior 3 porte avec lui tous les espoirs non seulement d’une licence, mais aussi d’un studio de développement tout entier. Développé par les Polonais de chez CI Games, ce troisième volet espère enfin se faire une place de choix dans le cœur de tous les fans de FPS. A deux mois de sa sortie, il nous a été donné possibilité de nous essayer en avance à la béta PC ouverte qui débute en ce jour pour tout le monde et le moins que l’on puisse dire c’est que l’expérience fut pour le moins paradoxale.

Sniper Ghost Warrior 3

La volonté d’en donner plus

Pour commencer, il faut tout de même rendre à César ce qui appartient à César. Sniper Ghost Warrior 3 est sans aucun doute l’épisode le plus ambitieux de la licence et on ne dit pas ça à légère. Monde ouvert, craft, arbres de compétences, véhicules, loot en pagaille, il y a clairement là une volonté de la part de CI Games de pousser l’expérience Ghost Warrior bien plus loin qu’auparavant. Reste que clavier/souris en mains, on a plus eu l’impression de jouer a un clone bancal des derniers Far Cry qu’autres choses, mêmes les séquences de grimpettes mal articulées y sont. La béta nous a donné l’opportunité de nous promener sur une petite partie de la map que proposera le jeu, pour ainsi partir à la découverte de ce qu’il offrira aussi bien en termes de monde ouvert que de missions.

Sniper Ghost Warrior 3

Le Sniper sous influence

On arrive donc dès le départ dans un abri, une safe zone qui permet d’utiliser tout un tas de choses utiles en jeu. On a le droit à un établi sur lequel on peut fabriquer munitions, grenades et autres joyeusetés du genre, le tout grâce à divers loots que l’on récupère ici et là sur la carte ou encore sur les cadavres ennemis. Ensuite, il nous est donné possibilité de choisir l’équipement que l’on souhaite emporter en mission ou durant nos escapades sauvages. On peut porter jusqu’à trois types d’armes différents dits primaires, secondaires et de poings. Vous l’aurez compris, Sniper Ghost Warrior étant comme son nom l’indique un jeu de sniper avant tout, la première catégorie d’armes est consacrée aux fusils à lunettes qui étaient au nombre de trois pour cette béta. Les secondaires réunissent quant à elles tout ce qui est fusils mitrailleurs et autres fusils à pompes, alors que l’armement de poing nous accorde en plus la possibilité de nous équiper un des différents flingues que propose le jeu. Bien entendu, tout n’était pas disponible et au vu du présentoir d’armes ornant l’abri, nul doute que de nombreuses autres viendront s’ajouter à ce petit roster.

Le reste de l’équipement est constitué de divers gadgets, allant de l’incontournable drone de reconnaissance aux couteaux de lancers ou encore à divers types de grenades. Il est aussi possible de choisir différents types de camouflages, de gilets par balles et d’emporter avec soi quelques trousses et seringues de soins. On peut par ailleurs customiser son armement, en rajoutant un silencieux sur un fusil à lunette par exemple ou encore en augmentant la taille du chargeur d’un fusil mitrailleur. En bref, il y a tout ce qu’il faut pour personnaliser ses armes comme on le désire, et ainsi s’offrir une expérience à la carte. D’autant plus qu’une petite feature emprunte d’originalité pointe le bout de son nez, car on a le loisir de crafter plusieurs types de balles pour son arme principale. Certaines sont donc explosives, d’autres efficaces contre les blindages, alors que les plus inattendues permettent une fois sa cible atteinte de marquer les ennemis aux alentours grâce à un capteur infrarouge incrusté dans la balle.

Et c’est d’autant plus à mettre en avant qu’à part cela et l’outil permettant de réparer ses silencieux, rien ne nous a paru très original. Les différents arbres de compétences sont classiques et offrent chacun des particularités propres, l’un est axé sur ses capacités furtives, l’autre sur celles de combattants et le dernier sur son efficacité en tant que sniper. Et c’est là que le bât blesse, finalement tout ceci n’est que de la redite, certes convaincante, de ce que l’on a vu dans des FPS comme Far Cry – encore une fois -, Dead Island, Dying Light et plus récemment – mais beaucoup moins marquant – dans Homefront 2. Cela manque d’identité et de créativité, même si les bases sont solides et que le système est bien rôdé.

Sniper Ghost Sniper 3

Le monde ouvert déjà connu 

La zone dans laquelle on était cantonné était plutôt boisée, avec ici et là quelques petites montagnes rocailleuses traversées par des routes ou des chemins de fortunes. Il est bien évidement possible de se déplacer en véhicule et autant dire que la conduite est très arcade. La voiture glisse comme une savonnette sous une douche de prison et de manière générale on n’est pas pleinement convaincu par la prise en main, notamment au niveau du frein à main très capricieux. A noter que le bruit du moteur est quelconque, mais rien de bien grave, par contre la plupart de nos dérapages sur terrain de terre donnaient lieu à un bruit de crissement des pneus totalement bâclé dans le sens ou on se serait cru sur du goudron.

Pour en revenir au monde ouvert à proprement parler, il nous a paru tout de même plutôt grand, mais franchement et désespérément vide. Cela manque de vie, et ce ne sont pas les deux cerfs et les trois loups, ainsi que les quelques bâtisses que nous avons croisés qui sont changent cela. Il y a bien quelques avant-postes ennemis parsemés sur la carte ou encore quelques points d’intérêts abritant du loot à visiter, mais rien de bien marquant. D’ailleurs, la plupart de ces petits à côtés, indiqués par un point d’interrogation sur la map, n’étaient que de petites baraques ou de vulgaires feux de camp gardé par trois troufions. On retrouve l’un des gimmicks récurrents de ce genre d’open world que seuls très peu de jeux réussissent à éviter, et on espère que ce Sniper Ghost Warrior 3 saura sur la durée apporter plus de consistances à son univers, car il en manque pour le moment cruellement.

L’autre problème vient du fait que l’attrait graphique est assez pauvre. C’est assez triste visuellement, par endroit fade, les arrières plans sont composés de JPEG assez dégueulasses et on se demande tout du long où est passé la verdure luxuriante des trailers. Les textures sont assez baveuses en extérieur, les intérieurs et les constructions humaines étant de meilleures qualités, et malgré quelques jeux de lumière réussis – surtout de nuit -, on reste sur notre faim. Les ambitions graphiques ont très clairement été revues à la baisse depuis les premières démos et vidéos, et cela rend la chose moins attrayante, moins dépaysante et donc plus ennuyeuse à parcourir. L’articulation même de l’open world du jeu est calquée sur celui de Far Cry, il faut vraiment avoir des trous à la place des yeux pour ne pas s’en apercevoir, mais au contraire du titre d’Ubisoft, le côté un peu vide de l’univers n’est en rien comblé par la présence d’une faune et d’une flore attractives.

Le gameplay du salut

Fort heureusement, la béta propose aussi de se prêter à deux missions principales aux objectifs différents. La première, qui nous intéresse ici, nous demandait d’abattre une cible dans un lotissement d’immeubles à l’emplacement très douteux, il faut le reconnaître. Planter quatre tours de quelques étages au milieu de nulle part est en effet assez étrange, même si on est dans une zone sinistrée. De ce que nous avons vu, l’open world semble manquer de cohérence en fait, et il faudra attendre de mettre les mains sur la version complète pour valider ou non ce ressenti. Néanmoins, on a clairement eu l’occasion de tester le gameplay très ouvert de ce Sniper Ghost Warrior 3, avec tout ce que cela comporte de possibilité d’approches. En gros, on peut se la jouer furtif ou foncer dans le tas, voire commencer par le premier choix et finir par le second si les choses ne se passent pas comme prévu.

Sniper Ghost Warrior 3

La préparation est par contre importante et ce peu importe nos désirs de gameplay, action ou infiltration. Il faut alors reconnaître les lieux et marquer les ennemis pour continuellement savoir où ils se trouvent et étudier leurs rondes. Pour ce faire on peut ou soit utiliser nos armes conventionnelles comme notre fusil à lunette ou se servir de notre drone, qui permet aussi d’avoir un aperçu plus détaillé du terrain et des objets clés avec lesquels on peut interagir, comme les générateurs électriques ou les bons vieux barils rouges explosifs. Une fois les lieux bien repérés et les ennemis marqués, il nous est alors possible de commencer notre approche en minimisant les mauvaises surprises. Il faut tout de même bien faire attention à ne pas abattre de soldats à la vue de tous, au risque de placer ses camarades en état d’alerte, et il est primordial d’éliminer les snipers adverses en priorité.

Sniper Ghost Warrior 3

Comme vous vous en doutez nous avons tester différents types d’approches, et si l’on reconnait aisément que l’IA ennemie est aux abonnées absentes lorsqu’il s’agit de s’infiltrer, une fois repéré cela se corse fortement tant notre barre de vie descend à la vitesse du son. Les ennemis font mal, mais sont faciles à piéger, puisque fonçant bêtement vers notre viseur une fois que l’on est à portée de tirs. Là encore, il y a des choses à revoir, et avec une fenêtre de sortie si proche, il va surement falloir en passer par la case patch pour cela. Pour atteindre notre objectif, on pouvait éliminer les bidasses en faction par le haut en se prêtant à un peu d’escalade dans un immeuble pour en atteindre le toit; ou encore, interroger un garde ennemi pour avoir des informations sur la localisation de notre cible, afin de lui tirer à distance une bonne balle de sniper entre les deux yeux. Et ce ne sont que deux possibilités offertes par le soft, il y en a bien plus. Les gadgets sont plutôt utiles, on a pu piéger avec des mines quelques ennemis, nous farcir un petit groupe isolé après les avoir flashés à l’aide d’une grenade, et réparer avec notre kit nos silencieux pour rester dans la furtivité.

Enfin, ce que nous appelons la Scout Vision, sorte de vision de l’aigle, est bien utile une fois sur le terrain de jeu. Elle permet de repérer les empruntes ennemies au sol et donc de les traquer à distance, de révéler les pièges tels que les mines et explosifs ou encore de mettre en surbrillance les corniches que l’on peut escalader pour gagner un spot en hauteur. Une bonne idée qui apporte des options stratégiques en plus et que nous creuserons lors de la sortie de la release finale.

Une optimisation très douteuse

La deuxième mission proposée est bien plus longue et consiste en le fait de rediriger un signal radio avec l’aide de trois grosses antennes protégées par un grand nombre de soldats sur une montagne. Le jeu proposant un cycle jour/nuit en temps réel, nous avons décidé de nous y rendre une fois que la lune avait atteint son zénith. Là encore les nombreuses possibilités d’approches nous ont bluffées et il y a même eu un hélicoptère ennemi que nous avons descendu avec une balle explosive bien placée. Le côté infiltration du jeu est clairement le plus jouissif et tuer silencieusement dix gardes très proches les uns des autres en cachant les cadavres dans des bennes à ordures fut un réel plaisir et une entreprise franchement difficile. Il y a clairement un gros potentiel derrière le gameplay, le feeling des armes étant d’ailleurs très bon, et cela malgré la lourdeur du personnage et les nombreux – mais alors très nombreux – bugs de collisions et de physics que nous avons rencontrés.

Et c’est d’ailleurs par cela que nous allons finir. Le jeu se veut très gourmand, vraiment trop par rapport à ce qu’il affiche et il n’a cessé de crasher, de freezer, de lagger et sans que l’on ne puisse rien y faire. Même en mettant les options graphiques au plus bas, rien ne changeait ou si peu. Il y a un gros problème au niveau de la gestion de la ram, le jeu pompait nos 12 Gb et cela même s’il tournait en faible, alors que le processeur était à peine utilisé et que la vram d’une Titan ne servait à rien, il va falloir revoir tout cela et vite. Espérons que le jeu ne sorte pas sur PC en l’état, car ce serait très dommageable, tout comme le fait que même sans manette branchée, les menus affichaient une interface demandant de naviguer avec les touches Xbox…

Un potentiel à risque

Comme on vous le disait en introduction, l’expérience Sniper Ghost Warrior 3 fut vraiment paradoxale de notre côté. Si on a franchement aimé les deux missions que proposait la béta, ainsi que le gameplay très ouvert de cet épisode, le reste ne nous a pas emballé plus que cela. Le titre n’est pas très attrayant graphiquement, l’open world est triste et assez vide, alors que l’optimisation était des plus déplorables. Les mécaniques de jeu basées sur le craft, les arbres de compétences et la customisation de l’équipement sont un bel ajout tout de même, mais on aurait aimé un brin d’originalité avec tout ça, CI Games s’étant contenté de recopier sans grosse innovation tout ce qui existe chez la concurrence. Alors oui, des choses nous ont plus, mais en l’état nous ne pouvons que vous conseiller d’attendre les premiers tests lors de la sortie du jeu pour savoir réellement à quoi vous attendre avec ce Sniper Ghost Warrior 3, car même nous on est plutôt dans le flou à l’heure qu’il est.

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