TEST – Splasher : Devenez peintre en 10 leçons !

PC

Nombreux sont les jeux indépendants où la référence est de mise tout en alliant un gameplay original et une histoire plus classique. Splasher n’échappe pas à la règle. En effet, excellent alliage entre portal, Super Meat Boy et du Die and Retry, Splasher propose de très bonnes idées qui se développent tout au long de l’aventure. Le titre s’enrichit au fur et à mesure pour pousser le joueur à bout. Ceci dit, nous allons voir que Splasher s’affranchit rapidement d’une prise en main répétitive pour proposer une aventure complète qui ne marquera pas, mais qui a le talent de divertir jusqu’à ses dernières secondes.

Splasher TestCours, forest couuuuuuurs !

Splasher Test ImagesSplasher possède une histoire assez simple : en effet, vous êtes un jeune ouvrier travaillant à l’usine de peinture Inkorp. Alors que vous effectuez vos tâches quotidiennes, vous êtes le témoin d’une étrange expérience venant du directeur de l’usine. Suite à cette découverte, ce dernier se lance à votre poursuite, mais vous êtes déterminé à faire tomber le complot et à sauver le Splashers, vos collègues, de ce savant fou. Ainsi, débute notre aventure et notre course pour réussir à s’enfuir.

En soi, le titre possède une histoire à prétexte. Elle est présente pour donner vie au background et justifier la présence de notre personnage principal. L’intérêt est de proposer une histoire simple pour le joueur, afin de libérer le gameplay et la mise en scène. Le titre est très minimaliste en terme de mise en scène, le peu de cinématique se présente avant les combats de boss, ou pour la fin de l’aventure. Ce qui marque le joueur c’est surtout le nombre de références à la seconde qui se détache du background.

Que ce soit dans les titres des niveaux aux possibilités de gameplay, Splasher s’impose comme une vraie bombe de pop-culture. Rien n’est vomitif ni gratuit, car cela est justifié par l’univers déjanté et décalé de l’aventure. C’est même un plaisir de chercher les références et les influences des développeurs sur le titre. Bien entendu, cela sert grâce à un univers graphique riche et intéressant à suivre.

Welcome to Inkorp !

Splasher Test ImagesVisuellement, Splasher est très coloré et très joli à parcourir. Très référencé Rayman Origins/Legends pour son côté jeu de plateforme en 2D dynamique, le titre propose une direction artistique intéressante et fonctionnelle. En effet, loin d’être une claque graphique, la DA propose de découvrir différentes zones de jeux liés à l’usine. Nous en notons quatre, qui permettent aux joueurs de comprendre les différentes échelles de fabrication de la peinture qu’il utilise.

Si tout doit aller très vite pour le joueur, c’est lorsqu’on pense que la DA peut être répétitive qu’elle dévoile sa richesse. L’utilisation du décor donne de la vie à la 2D, elle permet de faire vivre l’usine et de la créer en tant que personnage. Nous parlions d’un univers très coloré, le titre opte pour un jeu de couleurs très facile à retenir. Par exemple, chaque peinture est reliée à la touche de la manette correspondante. Sur une manette Xbox, toujours dans le même exemple, nous notons que la peinture jaune est liée à la touche Y, l’eau est liée à la touche X et la peinture rose à la touche B. ainsi, les développeurs présentent un code couleur dans le jeu qui se reflète dans la manette du joueur pour qu’il puisse s’y repérer. L’idée est loin d’être bête et permet surtout d’être plus réactif au cours des différents niveaux.

Cependant, si le titre se veut entièrement minimaliste dans ce qu’il entreprend, nous remarquons un manque de renouvellement des environnements. En effet, si la répétitivité est justifiée, il est dommage de voir que le titre peine à s’en sortir à ce niveau-là. Plusieurs raisons en sont peut-être la cause, mais il faut avouer que l’on aurait aimé voir plusieurs environnements, quitte à délaisser certaines références. Également, lorsque le titre va trop vite, notre repère est vite biaisé, causant des problèmes pour s’orienter dans l’espace. Il se peut que l’image soit un poil surchargé perdant notre regard dans les différents niveaux du jeu. Malheureusement, cela aura l’occasion de causer votre mort à de nombreuses reprises. Un point qu’il ne faut pas négliger. Ceci dit, le titre est techniquement impeccable. Fluide avec une gestion de la profondeur de champ, le joueur peut progresser facilement. En terme de chara-design, nous sommes sur des personnages très classiques, rien de bien marquant, mais suffisamment détaché du reste pour permettre aux joueurs d’avoir un repère. Heureusement, le gameplay arrive à se renouveler à terme.

Entre Portal et Rayman ?

Splasher Test ImagesLa particularité de Splasher est son gameplay qui tire sa richesse de ses nombreuses influences. Ces dernières concernent principalement des jeux de plateformes en 2D, notamment le tout récent Rayman Legends, mais aussi d’autres jeux phares comme Portal. Pour cause, la peinture sera au centre du gameplay. Lorsque nous vous parlions des tâches quotidiennes du héros au début de l’aventure, c’est qu’il devait nettoyer le sol. Avec son fidèle appareil accroché au dos, vous commencez l’aventure avec de l’eau. Rien de plus, rien de moins. En effet, votre progression se fera par les différentes peintures que vous cumulerez au cours de l’aventure. Ainsi, toute l’introduction vous permet de vous familiariser avec le gameplay, qui va se complexifier un peu, puis se dévoilera intégralement lorsqu’on obtiendra la dernière peinture.

Le titre vous demandera donc de switcher entre l’eau pour nettoyer les plateformes, la peinture rose pour s’accrocher au mur et la peinture jaune pour sauter sur de longues distances. Si nous vous avons parlé de Portal, c’est notamment dans l’utilisation des fluides du second opus de la licence. Il y a les mêmes similarités, mis à part que Splasher joue sur le temps de réaction du joueur. Tout doit aller très vite et c’est assez plaisant de progresser de cette manière. Un côté Die and Retry se détache du gameplay où l’on doit anticiper chaque événement et pour cela, il faudra mourir de nombreuses fois. Si le titre aurait pu être frustrant, il en devient de plus en plus jouissif, même si nous vous garantissons quelques moments de rages. De plus, Splasher se veut être un titre axé sur le speedrun. Plus vous progresserez dans l’aventure, plus vous aurez l’impression d’être poussé à réfléchir vite. Tout est une question de timing pour atteindre la fin de l’aventure. Bien entendu, une fois l’aventure terminée et après avoir récupéré tous les collectibles à savoir les Splashers, le jeu vous propose de vous lancer dans des speedrun indépendants. Dans ces modes, car oui, il y en a plusieurs, vous pourrez parcourir les différents niveaux dans un temps limité.

Seulement, le gameplay possède quelques problèmes, notamment lorsqu’on précipite le joueur. Pour cause, ce dernier aura tendance à s’emmêler dans l’utilisation des peintures et à les confondre. De plus, dans la précipitation, le jeu pourra se révéler frustrant à certains moments. Cette frustration viendra surtout du fait que le jet manque de réactivité. Bien entendu, cela peut aussi être la faute du joueur. Hormis ces quelques problèmes, la prise en main est efficace, simple et le titre vous permet de savourer pleinement un lot complet de référence qui vont faire plaisir à la rétine et aux joueurs.

Une bande-son inexistante ?

L’un des points faibles de ce titre est sa bande originale qui n’est pas du tout marquante. Elle est principalement utilisée pour donner de l’intérêt aux différentes zones de jeux. En effet, elle fait office de bande sonore ambiante plutôt que de partir sur des thèmes marquants lié au personnage principal. Ceci dit, certaines séquences de la bande originale se révéleront drôles, notamment avec l’utilisation de bruit quotidien, mention spéciale à la sonnerie de la SNCF. Non, vous ne rêvez pas, la SNCF a légèrement contribué au titre. D’ailleurs, l’OST donne aussi un peu de profondeur au second degré du titre, mais reste quand même oubliable. Toutefois, le sound design s’avère de qualité, proposant de nombreux sons pour enrichir le background du titre. De quoi donner plus de vie à l’univers qui entoure le joueur lorsqu’il parcourt les différents niveaux.

Une vidéo de gameplay qui présente Splasher

Conclusion

Splasher est une aventure sympathique, loin d’être marquante, mais qui risque de faire plaisir aux amateurs de jeux de plateformes et de speedrun. Tout va très vite dans le titre et son gameplay avec sa prise en main simple et efficace fonctionne du feu de dieu. Le tout est enrichi avec une direction artistique convaincante, quoiqu’un poil répétitive, mais en tout cas les développeurs ont compris les références qu’ils utilisent et s’en servent à bon escient pour proposer un titre bourré de second degré et plaisant à jouer. Certes, le scénario n’est pas exceptionnel, mais était-ce vraiment nécessaire ? Concrètement non, le titre s’en sort très bien avec son minimalisme et propose une plus-value après avoir terminé l’aventure principale. Splasher est un jeu indépendant à faire ne serait-ce que pour son challenge toujours constant et la mise en pression des joueurs de façon permanente.

Points positifs

  • Les nombreuses références
  • Un gameplay simple, efficace et ardu
  • Une direction artistique simple...
  • Une durée de vie correcte
  • Le speedrun
  • Le challenge croissant
  • Le prix

Points négatifs

  • Manque de visibilité par moment
  • Une surcharge omniprésente lors de quelques séquences
  • … mais par moment répétitive
  • On s'emmêle facilement les pinceaux
8

Super

Ce n'est pas un lac, c'est un océan...