Steep – Test

Décembre est là, l’hiver arrivera bientôt et peut-être amènera avec lui la neige. Mais si vous faites parti de ceux qui n’auront pas cette chance et qui ne peuvent pas se permettent de partir au ski, le jeu vidéo a la solution. Notamment Ubisoft Annecy, qui développe Steep, un jeu de sports de neige. Au total quatre sports vous sont proposés, dans un environnement s’inspirant grandement des Alpes. Si l’alpha et la bêta nous avaient refroidis, la version finale corrige quelque peu le tir. Suivez le guide !

steeptestLa neige pour dernier terrain vague

Steep ne se met pas dans une seule catégorie de sport, il en englobe 4, voire 5. À la volée, vous pourrez chausser vos skis, votre snowboard, vous équiper de votre wingsuit ou de votre parachute. Et si vous voulez juste arpenter les monts, les bottes seront certainement les plus adaptées. Évidemment, le jeu nous propose différents défis pour ses sports, mais il suffira de faire défiler des menus pour commencer un nouveau défi. Il faudra d’abord le débloquer, et c’est là tout un problème. Car oui, Steep est un jeu Ubisoft et comme tout jeu Ubisoft il faut trouver des points d’observations (Drop Zones) pour débloquer le reste de la carte. Cette fois-ci pas besoin de s’y rendre pour le débloquer, une paire de jumelles et un clic suffiront. Heureusement, les drop zones sont signalés quand le joueur est proche d’un d’eux. Cependant, il faut bien avouer que la technique est fastidieuse et n’a pas sa place ici. Pourquoi les nouveaux défis ne se déverrouilleraient-ils pas à mesure que le joueur progresse ? C’est un système classique certes, mais qui est efficace et prend sens dans un jeu où l’on incarne un sportif cherchant la renommée, et donc des épreuves de plus en plus ardues. Cependant il faut bien avouer que le système fonctionne bien. Car le jeu laisse du coup la place à la découverte. Steep met en effet l’accent sur l’exploration par soi même. C’est au joueur de chercher à atteindre de nouveaux points à l’horizon et à les rejoindre. Ainsi, les drop zones ne sont pas des lieux à atteindre, mais des points pour en atteindre d’autres plus facilement. De plus, ils permettent d’accéder à des spots très facilement. On se surprend donc à se prendre au jeu et à explorer, à sortir ses jumelles de temps en temps.

Faut que ça glisse !

Une fois un point d’observation trouvé, le joueur pourra se téléporter ici et sur les défis aux alentours pour les lancer ou pour se lancer dans un freeride pur. Chaque activité se lance en passant dans un cercle. C’est instantané, alors veillez bien à prendre de l’élan à être bien positionné avant de partir pour la course. Les activités sont d’ailleurs soit des courses pures, soit des courses de style, il faudra donc enchaîner les cascades ou les positions dangereuses (notamment avec la wingsuit). Vous avez fait une fausse manip » ? Vous avez déclaré votre flamme à un arbre en l’embrassant brutalement ? Pas de problème, d’une simple pression de bouton, le joueur recommence la course instantanément. Pratique lors de certaines courses périlleuses. C’est d’ailleurs l’un des points forts du jeu. Steep, plus qu’une simulation, est un véritable die & retry. Si certains défis sont particulièrement ardus, on passera pas mal de temps à recommencer encore et encore pour avoir le meilleur score possible. Ça tombe bien, puisque le jeu est assez complexe.

À noter que chaque course propose une ligne sans risques à suivre, un genre de fil d’Ariane de sécurité, mais qui dit sécurité dit aussi moins rapide. Au joueur de trouver le parfait équilibre pour être premier… et encore vivant. D’ailleurs Steep propose un ajout un peu étrange : une barre de vie. Si le joueur se prend trop de G dans la face, il sera déstabilisé. Frôlez un trop grand nombre d’obstacles et une jauge baissera, tout comme votre vision d’ailleurs. Il faudra ne pas trop prendre de risques pendant quelques instants pour retrouver l’équilibre. Tentez le casse-cou et vous finirez par vous le briser. Un système étrange au début mais qui permet d’attaquer la piste avec un peu plus de finesse…Et de recommencer encore et encore. Veillez donc à ne pas foncer tête baissée et ralentissez de temps à autre pour éviter les obstacles, même s’ils ne vous feront pas chuter directement.

Concernant le système de tricks, c’est entre trop simple et trop complexe. Ubisoft a voulu faire simple avec peu de boutons, mais finalement ce n’est pas le joueur qui décide réellement ce qu’il fait. En effet, lors d’un saut, il suffit de pousser le joystick dans une direction pour faire un assortiment de figures. Le jeu calculera automatiquement le nombre de cascades possiblement effectuables sans s’écraser au sol. Le joueur ne fait donc pratiquement rien, hormis oser faire une cascade. Et encore, le jeu vous interdit les tricks si vous n’avez pas assez de hauteur. Un système un peu trop simplifié, mais qui permet tout de même une véritable courbe de progression. Ainsi, on apprend par la suite que Steep est un peu plus complexe, et on repasse sur les anciennes courses, pour les réduire de plusieurs secondes. Une bonne chose que l’apprentissage soit par soi même, et non par des techniques à apprendre ou à gagner.

Le Quatuor du sport

Lors des anciens essais du jeu, on avait peur que Steep ne soit pas fun à jouer. Ubisoft Annecy à réussi à être plus agréable. Cependant qu’on se le dise, les sports de glisse sont toujours les plus prenant. Que ce soit en ski ou en snowboard, on sent véritablement la vitesse. Les tricks sont agréables à voir même si on aurait voulu plus de diversités. Au final on passera beaucoup de temps à faire du freeride, sans véritable but. Tout simplement parce que la glisse est agréable.

Quant aux sports aériens, c’est plus complexes… La wingsuit tout d’abord ne sert finalement pas à grand chose. On ne l’utilisera pas, hormis dans les épreuves spéciales. Celles-ci sont d’ailleurs très corsés, et ne tolèrent pas le moindre écart de la piste. Cependant, elle n’offre absolument aucune sensation, ou presque.

Le parapente lui non plus n’offre pas de sensations fortes, mais en a-t-il la vocation ? Les épreuves avec celui-ci utilise surtout les vents chauds. Il faudra savoir les trouver pour monter, et les esquiver parfois pour ne pas trop ralentir. Le parapente a également une très grande utilité en dehors de ses épreuves : il permet de découvrir la map facilement, et de passer d’un point A à un point B sans danger, et sans devoir contourner les grosses pentes. Un atout pratique donc, qui permet de trouver rapidement les drop zones.

Sur tous les sports, il est possible d’avoir une vue subjective. Clairement, on l’évitera. Elle gêne comme jamais la visibilité et devient très brouillonne. De toute façon, elle ne donne pas plus de sensations que la vue à la troisième personne. On l’utilisera toute de même peut-être lors du parapente, et encore : on ne peut pas bouger la tête pour voir le paysage.

Redbull donne des ailes

Il n’est pas rare que le jeu vidéo signe quelques partenariats avec des marques, notamment dans les simulations de sports. Steep ne se prive par et vise quelques marques comme Redbull par exemple. Mais cette pub n’est pas innocente (une pub est-elle vraiment innocente d’ailleurs?), elle permet de mettre en place des événements, comme la marque le fait dans la réalité. Ces événements sont en fait des défis plus durs et plus fous. Cette-fois ci, il faudra viser l’or, un point c’est tout. On apprécie ce petit détail qui rapproche de la réalité et permet des petites folies. Steep en possède tout de même quelques unes puisqu’en dehors des éternelles courses, séances de tricks et Time Trial, le jeu a d’autre surprises. On note notamment des pistes où il faut se faire le plus mal possible, des pistes de nuit ou encore des épreuves demandant de passer par 5 endroits difficiles d’accès. Cette dernière épreuve ne se fait pas d’une traite. Si le joueur recommence l’épreuve, il conservera toujours son avancée.

The Crew du ski

Finalement, ce qui est bien plus intéressant dans Steep c’est le multijoueur. Pendant votre périple dans les monts enneigés, vous trouverez des joueurs. Libre à vous de les suivre, pour un freeride improvisé ou de les défier sur n’importe quel tracé. Il faut avouer que les courses sans règles, totalement improvisées ont beaucoup de charmes, et que défier un joueur presque instantanément est parfait pour ce genre de jeu. Si pendant la bêta on ne croisait pas beaucoup de joueurs sur les épreuves, encore une fois Ubisoft a bossé. Lorsqu’on lance une épreuve, le jeu envoient également quelques joueurs qui font également cette épreuve. Alors certes on joue de manière asynchrone avec les joueurs mais il est marrant de voir les joueurs recommencer avec nous, encore et encore. Ce qui montre également que de véritables affrontements n’auraient pas été possible sans démolir l’aspect sans chargements et sans temps morts du jeu. En revanche, Steep propose de battre les records des autres joueurs, de manière quotidienne, hebdomadaire ou tout le temps. Il est même possible de voir le replay du meilleur joueur. Il permet plusieurs angles de caméras avec un effet enregistrement VHS assez rigolo. Parfait pour faire de petits clips stylés sans le moindre effort.

Pimp my snowboard

Qui dit jeu Ubisoft dit évidemment customisation, et Steep en regorge. À chaque tracé que réalise le joueur, il lui est attribué de l’XP pour passer des niveaux. Chaque niveau et certains défis permettent de débloquer de nouveaux accessoires pour votre personnage, mais il faudra ensuite les payer avec votre XP. Au final, différentes catégories d’apparat sont personnalisables : bonnet, écharpe, casque, accessoire jambe droite, jambe gauche, pantalon, manteau, et même costume. Car comme on a pu le voir dans les trailers, Steep joue également sur le fun. Il est donc possible d’être habillé en lapin zombie pour faire du ski. Il s’agit très clairement d’un des points les plus intéressants du jeu, de la même manière que bon nombre de joueurs sur The Division étaient plus intéressés par les vêtements que par le reste du jeu.

C’est beau la neige

Côté graphisme, Steep est encore un cran au dessus que précédemment. Mais ce n’est toujours pas ça . Le rendu de la neige est très modeste. Ici la neige est blanche, c’est tout, elle ne nous aveugle pas, tout comme le soleil. Tout comme les traces qui sont finalement assez sales. D’ailleurs certaines traces se placent au mauvais endroit, à deux mètres du personnage. C’est agréable, mais sans plus, on aimerait quelque chose de vraiment beau, surtout lorsqu’on voit les autres productions actuelles. De plus, il y a pas mal de bugs graphiques encore, comme le personnage qui traverse des arbres, ou qui se coince dans la barrière en faisant une crise d’épilepsie. Il y a trop de bugs de collisions donc, mais également d’affichage. On a notamment vu le Soleil et la glace disparaître de temps à autre.

On appréciera cependant la musique, qui ne fait pas dans le pop-rock habituel des jeux de glisses, mais plutôt dans quelque chose qui ressemblerait à de la soul, à de l’electro gentillet. Ce qui fait de la place à la montagne finalement, car on se sent tout petit face à elle. Les sons du jeu sont également agréables, notamment la neige qui fond sous les pas et le bruit que l’on entend lorsque qu’on se prend trop de G dans la tête.

Je suis la carte

Si Steep réussit d’ailleurs quelque chose, c’est à nous perdre la montage. Le massif est titanesque, et donc la surface de jeu également. Steep regorge de coins à explorer, d’endroits intéressants dont on peut totalement passer à côté, et de petits clins d’œils sympathiques. D’ailleurs, Steep réussit le pari de faire en sorte que cette étendue ne laisse aucun temps de chargements. Les retry se font directement, tous comme les téléportations Ou presque. En effet on sent tout de même 1 à 2 secondes de chargements lorsqu’on se téléporte sur une drop zones. Mais rien d’impardonnable.

Quant à la carte du jeu, le rendu 3D est vraiment très agréable et permet de zoomer au maximum. Cependant, au fur et à mesure, elle devient brouillonne. Trop de marqueurs sont posés sur celles-ci, sans que l’on comprenne vraiment. Il manque tout simplement la possibilité de filtrer les marqueurs (par épreuve, par nouveauté, par événement…).

On avait quelques appréhensions avec la bêta de Steep mais finalement les choses sont rentrés dans l’ordre. Loin d’être le meilleur jeu du genre, Steep a tout de même la capacité à donner corps à la montagne et à être plus vivant que ses prédécesseurs. Malheureusement sur les quatre sports disponibles, seuls deux sont intéressants, et un troisième est utile plus qu’autre chose. Ce qu’on retient finalement du jeu, c’est son aspect die & retry, qui plaira à beaucoup de joueurs, mais aussi la customisation, qui est un peu la carotte, poussant le joueur à continuer, pour enfin avoir le costume de panda. Dommage cependant que les graphismes du jeu soient si datés, et qu’il ne propose pas de véritable fil blanc scénarisé. On se contentera d’une voix-off, très désagréable.

Points positifs

  • Le multijoueur asynchrone
  • Pas de chargements
  • Le ski et le snowboard
  • L'immensité du massif
  • La customisation
  • Musiques et sons
  • Aspect die & retry
  • La courbe de progression par soi même

Points négatifs

  • Online obligatoire
  • Vue subjective insupportable
  • Carte très brouillonne
  • Le parapente et la wingsuit
  • Pas de véritable mise en scène
  • Voix off insupportable
  • Tricks redondants
  • Graphismes datés
  • Bugs d'affichages et de collisions
  • Pas de cycles jour/nuit
7

Bon

« Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière. »
August Strindberg

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