TEST – Tekken 7 : Un épisode historique

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Quand on y pense, la licence Tekken est proche de souffler sa vingt-cinquième bougie. Cela fait précisément 23ans que Paul, King ou encore Nina enchaînent les combos. Mais pourquoi au juste ? Si Namco avait commencé à mettre au point un arc narratif, il s’est un peu perdu de vue au fil des épisodes, à tel point que celui-ci est devenu aussi brouillon qu’accessoire, comme beaucoup de jeux du genre. Tekken 7 entend bien faire le lien entre hier et aujourd’hui, que ce soit scénaristiquement ou au niveau du gameplay.

Tekken 7Les feux de l’amour

Tekken 7Si vous ne savez pas, ou en tout cas plus trop, ce qui se passe dans Tekken, c’est bien normal. De nombreux combattants sont venus se greffer autour du principal thème de la saga : la famille. Qu’on se le dise, Tekken 7 est le meilleur épisode pour commencer la saga, ou en tout cas pour comprendre l’intrigue. Avec cet opus, il est clair que Bandai Namco a voulu clore le pourquoi du comment, et ainsi faire comprendre aux nouveaux joueurs ce qui se passe depuis 1994. Une histoire de famille pas très tendre. On savait que Heihachi Mishima, son fils Kazuya et son petit-fils Jin Kazama se mettent des coups dès qu’ils le peuvent. Mais cet épisode retournera en arrière pour comprendre comment le monde est devenu le terrain d’un conflit entre trois degrés de générations. On apprécie donc fortement que Tekken 7 soit assez simple à comprendre.

D’ailleurs, pour se faire, il faut remercier la mise en scène. Pour comprendre l’intrigue, Bandai Namco a intégré un journaliste enquêtant justement sur l’origine du conflit, depuis qu’il a perdu sa famille dans ce dernier. Si ce journaliste ne montre jamais son visage, c’est bien normal. Il incarne à vrai dire le joueur, qui cherche la vérité sur cette histoire, qui ne comprend plus.

Le mode Histoire a d’ailleurs subi un remarquable coup de modernité. Avec Tekken 6, Bandai Namco avait tenté de rendre son mode Histoire plus intéressant que de réaliser 10 combats et d’avoir une cinématique, et ce pour chaque personnage. Ce sixième épisode proposait un beat’ em all dans l’esprit du mode Tekken Force de Tekken 3. Hélas, ce n’était pas du goût de tout le monde. Les années ont passé et les jeux de combat également. Finalement, Tekken 7 opte pour un véritable mode campagne. Ainsi, on suit deux histoires parallèles, celle du journaliste qui fouille dans le passé, mais aussi celle des trois générations détruisant le monde dans le présent. Deux histoires qui n’ont de cesse de se répondre. Manette en main, cela ressemble fort à du Injustice. Ainsi, alors qu’on suit les cinématiques, le joueur est invité à vite reprendre sa manette, car le combat va commencer, sans, ou presque interruption. Cela marchait déjà parfaitement dans Injustice, et permettait surtout d’entremêler scénario important et gameplay. Sans surprise, ce mix fonctionne aussi parfaitement dans Tekken 7. C’est un véritable vent de fraîcheur, et on espère que Bandai Namco gardera cette formule pour les épisodes à venir.

Oh certes, tout n’est pas rose dans ce mode Histoire. Tekken reste Tekken, et propose un bon nombre de séquences faisant la part belle à l’humour japonais. L’arrivée d’Akuma dans le monde de Tekken est d’ailleurs décrite comme « absurde » par un des personnages. L’autodérision est totale.

Pour quelques cinématiques de plus

Tekken 7Si ce mode Histoire est si bien, il est aussi court. Il faut compter un peu moins de cinq heures pour terminer l’arc principal. Ce qui est tout de même plus que dans les autres jeux de combats, où il faut terminer le jeu avec un personnage pour gagner une cinématique et ainsi de suite. D’ailleurs, Bandai Namco semble avoir totalement oublié ce principe. Toujours dans une volonté de modernité, les cinématiques des personnages annexes se gagnent autrement. Le contexte est vaguement présenté par un texte, puis le combat à lieu. Il ne faudra que deux rounds pour gagner la cinématique. Si ce mode de fonctionnement est plus cohérent, il a aussi pas mal de défauts. Déjà parce que les combats s’enchaînent un peu trop vite. Mais surtout, parce que le personnage A (exemple Paul) combat le personnage B (Exemple Law) et vice versa. On obtient donc des cinématiques qui sont peu ou prou les mêmes, inversant juste qui a gagné et qui a perdu. L’action finale reste finalement la même. Ce qui fait quelque peu fainéant, même si, encore une fois, cela permet d’être cohérent (aucune fin ne va à l’encontre d’une autre).

Nostalgie

Tekken 7Des cinématiques, Tekken 7 en propose à la pelle ! On l’a dit, cet opus veut faire le lien entre le passé et le présent, notamment par le scénario. Et bien justement, pour ce faire, le mode Histoire n’hésite pas à sortir des extraits d’opus précédents. Encore une fois, dans le soucis que les néophytes ne soient pas perdus, il est possible d’acheter (avec de l’argent virtuel) les cinématiques des anciens opus ! Tekken 1, 2, 3, Tag Tournament, 5 , 6 ! Ils sont presque tous là. En plus de cela, ces bouffées de nostalgie s’accompagnent d’illustrations et de résumés. On prend énormément de plaisir à se remémorer les anciennes cinématiques pour les fans, ou à contempler l’évolution graphique des opus pour les nouveaux joueurs.

D’ailleurs, les fans seront également ravis de savoir qu’un juke-box est présent dans le jeu. Il est ainsi possible d’écouter les OST des anciens opus, et ce en pleine partie. Inutile de dire que les fans seront ravis d’écouter d’entendre la BO de Tekken 3 en plein combat ! Il est possible d’écouter les pistes au hasard ou de faire confiance aux paramétrages des développeurs. Dommage cependant qu’on ne puisse pas écouter chaque musique dans un menu.

Le nerf de la guerre

Tekken 7Tout ceci est bien joli, mais Tekken, c’est avant tout un jeu de combat. Justement, que propose ce septième épisode, manette en main ? Et bien du tout bon ! En effet, on connaît Tekken pour sa rapide prise en main. Tout le monde peut sortir de gros coups, et exploser un joueur avancé. Bandai Namco a encore travaillé cette prise en main facile, et désormais, les combos sortent encore plus facilement. Cependant, que les experts se rassurent, les plus gros combos se travaillent, notamment sur les timings. Tekken 6 avait proposé un Rage Mode. Lorsque la santé du joueur passait sous un certain seuil, ses dégâts sont augmentés. Tekken 7 garde plus ou moins ce système. En effet, il est possible d’effecteur des Rage Drives, c’est-à-dire des mouvements spéciaux, permettant de mettre son adversaire à terre ou de l’envoyer dans le mur. Cependant, il n’est rien face au Rage Art. Il s’agit tout simplement du coup Ultime, proche de ceux d’Injustice (encore une fois). En une pression, le combat se fige via une courte cutscene et le personnage lance son attaque. Celle-ci se veut spectaculaire et destructrice. Il est ainsi possible de vider un tiers de la vie de son opposant. Ceci est très pratique lorsque l’on tombe sur un adversaire réalisant toujours le même coup. Le Rage Art permet alors de se dégager et de possiblement prendre l’avantage. C’est un gros coup porté aux mauvais joueurs. Cependant, ce coup n’est pas non plus cheaté puisqu’il est tout à fait possible de le parer. En plus de cela, si l’adversaire attaque en même temps que ce coup, le joueur prend des dégâts. Il est donc possible d’annuler le Rage Art par un KO. Un bel ajout qui s’annonce décisif. Au passage, rajoutons que le Tailspin et le Power Crush font leur apparition. Ces derniers permettent respectivement d’enchaîner un combo ou d’envoyer une attaque qui peut seulement être parée par un coup bas.

Choose your character

Tekken 7Tekken 7 propose également son lot de nouveaux personnages. C’est au total neuf nouveaux combattants qui viennent renforcer le casting déjà imposant de Tekken. On retrouve entre autres l’italien Claudio Seraphino, le nouvel androïde Giga ou évidemment le fameux Akuma. Commençons d’ailleurs par celui-ci en disant qu’il est très bien intégré manette en main. Ce dernier sort ses fameux combos et possède même ce petit de latence propre à Street Fighter, lorsqu’un coup touche au but. Certains personnages s’en sortent moins bien comme Giga, qui est clairement beaucoup trop lourd pour être intéressant. À côté, Kuma et Panda semblent très agiles. On note également que Josie ou Katarina se fonde parfaitement dans l’univers Tekken. A vrai dire, elles se fondent même trop. En effet, on a l’impression d’avoir déjà vu ces personnages (Katarina ressemble comme deux gouttes d’eau à Christie, même si le style de combat est différent). Le plus gros problème vient du fait qu’ils n’ont peu ou prou de background. Certains commencent néanmoins à avoir des liens avec d’autres personnages, comme Master Raven et Dragunov, ou Lucky Chloe et Kazuya. Leur implantation se fera donc sur la longueur, même si Josie semble vraiment peu importante. Quoi qu’il en soit, il est toujours agréable de voir de nouvelles palettes de coups.

Pimp my fighter

Tekken 7Présent depuis quelques épisodes déjà, la customisation est toujours là. En échange de votre argent dûment gagné, vous pourrez acheter des coiffures, pantalons et autres casques à mettre sur vos personnages préférés. Il y a assez d’éléments différents pour créer bien des combinaisons. Le bon point, c’est qu’il y a une dizaine de slot de personnalisation par personnage. A l’issu de chaque personnalisation, on prend une photo afin de trouver rapidement son accoutrement favori dans le menu de sélection du personnage. À l’inverse de Tekken 6, ces vêtements ne sont que cosmétiques. Cependant, beaucoup d’entre eux sont bloqués. Pour pouvoir les activer, il faudra soit passer par le tournoi en ligne, soit par le mode Chasse aux Trésors. Ce dernier est en réalité un mode infini, récompensant les victoires du joueur par de l’argent et un objet débloqué. On ne va pas se mentir, il faudra bien des combats pour récupérer tous les objets. D’autant plus qu’on gagne bien souvent les pires objets (lunettes étoiles, un crayon géant…). Pour récupérer les meilleurs items, il faudra avoir de la chance et tomber sur des combats spéciaux. On note par exemple les « special match », qui proposent d’affronter Devil Kazuya, Jin ou Kazumi. Des personnages qui devraient vous donner du fil à retordre. En plus de cela, certains matchs font penser à Street Fighter 2 Turbo. C’est-à-dire des matchs avec quelques particularités, comme des dégâts doublés, se battre contre son propre personnage ou bien une vitesse supérieure. Cela permet de briser la monotonie des combats qui peuvent s’installer au bout d’une dizaine de victoires. Au passage, cette Chasse aux Trésors permet également d’améliorer le rank de son personnage. Cela sert juste à savoir avec quel personnage le joueur est le plus fort, ainsi qu’à gagner quelques éléments de customisation. Comme dans beaucoup de jeux, on trouve la possibilité de créer sa carte de joueur, avec un cadre, un titre, etc.

Strict minimum

Tekken 7Le véritable défaut de Tekken 7 réside finalement dans son contenu. Car une fois le mode Histoire finit, que reste-t-il ? Le joueur pourra toujours tenter de battre des adversaires via un multijoueur en ligne, avec classement et sans classement. Faut-il encore trouver des joueurs. Sans connexion, il est heureusement possible de jouer avec un ami en local. Cependant, on trouve seulement du combat 1vs1. Où est donc le mode tournoi en local ? Celui-ci n’est disponible qu’en mode en ligne ! Comme dans Tekken 3, on aurait aimé choisir une demi-douzaine de perso et les envoyer au front un par un. De même, pas de petits modes sympathiques comme le Tekken Force ou Tekken ball. Cependant, il se pourrait bien que le Tekken Bowl refasse son apparition d’après quelques rumeurs… Le mode arcade, lui, est une relique du passé. Il ne sert plus à rien puisqu’on ne gagne aucune cinématique. Pour le remplacer, un mode défi aurait été intéressant. Finalement, une fois le mode Histoire terminée, on fera surtout de la Chasse aux Trésors, histoire de dépenser nos points dans des cinématiques et autres vêtements.

Pyrotechnie des yeux

Tekken 7Cela fait déjà huit ans que Tekken 6 est sorti. Autant dire que depuis, la technologie a évolué. Tekken 7 est un petit bijou graphique. Commençons tout d’abord par les cinématiques qui sont de très bonnes factures, mais si quelques effets de caméra sont étranges. À noter qu’il est dommage que l’histoire du journaliste en mode histoire se fasse via de pauvres diapositives. Au moins, cela permet de trancher entre les deux histoires racontées. En pleine partie, le résultat est à la mesure des cinématiques. Les effets lumineux s’enchaînent, sans que la framerate ne souffre. Ironiquement, celle-ci descend uniquement dans les chargements, c’est tant mieux. Le jeu n’est pas seulement très beau, il propose également quelques petits ajouts concernant la mise en scène des combats. Par exemple, lorsqu’un combat se termine, un petit arrêt sur image permet de surligner le dernier coup donné. De même lorsque deux joueurs au bord du KO lance tous deux une attaque, le temps se ralenti et la caméra zoom sur les deux coups. Cela permet de créer un léger suspens sur qui va l’emporter. Deux idées qui s’ajoutent aux Rage Arts dont on a déjà parlé. Encore une fois, Tekken 7 semble avoir goûté à la Fontaine de jouvence.

Conclusion

Avec Tekken 7, Bandai Namco tente clairement d’attirer les néophytes tout en rassurant les fans. Et cela marche ! Le mode Histoire est dépoussiéré et a enfin pris une bonne forme. On apprécie également que le studio ait pris le temps de répondre à nos questions scénaristiques. Quant à la mise en scène des combats, elle aussi gagnée en modernité. Entre modernité et nostalgie, ce Tekken 7 est un épisode historique qui finit clairement sur le podium des meilleurs Tekken. Hélas, après le mode histoire un peu court, il ne reste pas grand-chose à faire, là où ses nouveaux rivaux proposent bien du contenu solo.

Points positifs

  • Customisation bien pensée
  • Anciennes cinématiques présentes
  • Mode histoire retravaillé et intéressant
  • Enfin des réponses !
  • Mise en scène
  • Très beau
  • Rage Art
  • Facile à prendre en main, difficile à maîtriser
  • Chasses aux trésors

Points négatifs

  • Trop peu de modes
  • Mode Histoire un peu court
  • Jukebox limité
  • Quelques personnages pas assez travaillés
8

Super

« Je suis le destructeur, le démolisseur, l’incendiaire du monde, et quand le monde sera réduit en cendres, je me promènerai, affamé, parmi les décombres, joyeux de pouvoir dire : c’est moi qui ai fait cela, moi ; c’est moi qui ai écrit la dernière page de l’histoire du monde, vraiment la dernière. »
August Strindberg

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