TEST – Far Cry 5 : Comme un air de déjà-vu

Après un Assassin’s Creed : Origins qui a conquis presse et joueurs après que les équipes d’Ubisoft ont modifié la recette, on aurait pu penser que ce serait aussi le cas de Far Cry 5, le dernier gros jeu de l’éditeur français sorti en mars dernier sur consoles et PC. Si le quatrième épisode était considéré comme un 3.5 tout comme Primal, Far Cry 5 change-t-il enfin les codes de la licence ? Rien n’est moins sûr, malgré quelques modifications, ce nouvel épisode de la célèbre licence FPS d’Ubisoft se repose une nouvelle fois sur ses acquis.

far cry 5 test ps4C’est SEEDérant

Far Cry 5De retour à l’ère moderne après avoir osé s’aventurer dans la période préhistorique, les développeurs ont posé leur campement en Amérique, et plus précisément dans un Montana bluffant de réalisme. Une secte a pris le contrôle de cette région contrôlé par un certain Joseph Seed accompagné de ses sbires que sont Faith, Jacob et John semant le désordre et terrorisant les habitants de ce coin de cette Amérique rurale. Le Gouvernement ne compte plus laisser le chaos se répandre et décide d’envoyer le shérif local, un Marshal, et vous, un officier de police, afin d’arrêter le charismatique Joseph. Mais vous l’aurez compris, rien ne se passe comme prévu.

Et c’est ainsi que s’ouvre le jeu avec une introduction prenante et haletante digne des précédents opus nous présentant ainsi la secte et son gourou principal, Joseph Seed qui pourrait limite mettre au placard un certain Vaas tellement qu’il transpire d’un charisme assez fou. Le reste de sa famille qui contrôle également certaines portions de la région du Montana a bénéficié aussi d’un joli travail de narration et mise en scène (surtout la partie avec Faith qui est fabuleuse). Toutefois, on pourra pester sur le peu de missions principales où l’on voit notamment Joseph (elles se comptent sur les doigts d’une main), reproche qui avait déjà été fait à l’époque avec Far Cry 3.

Ainsi, si certaines scènes de ce Far Cry 5 sont vraiment marquantes (l’intro, celles avec Joseph, la fin ou encore avec Faith et Jacob), les développeurs se sont malheureusement une fois de plus contenter de remplir le cahier des charges. Il n’est pas rare, surtout si l’on a déjà joué aux précédents jeux, d’avoir cette sensation de déjà-vu que ce soit au niveau de l’histoire, ou encore au niveau du gameplay.

Il est à noter que si la narration du jeu a été mise au second plan pour axer le jeu sur le fun (surtout en coop avec un ami), il est appréciable de voir que les développeurs ont voulu faire une critique de l’Amérique profonde d’aujourd’hui (le sectarisme, l’extrémisme, l’Amérique de Trump, la paranoïa, etc), et la fin est sujette à beaucoup de théories et de questions à soulever, en plus de marquer le joueur d’une façon assez particulière.

L’Amérique, l’Amérique …

Far Cry 5Toujours plus de liberté. Ainsi, après l’introduction, le jeu nous propose de continuer notre périple au Montana avec trois régions à libérer des Messagers de Joseph. Le titre ne nous prend pas par la main, et c’est au joueur de décider par quoi et où commencer. Far Cry 5 mise beaucoup sur l’exploration de son environnement et à la découverte de lieux, de personnages. Les missions principales se déloquent notamment en remplissant une jauge de résistance. La progression étant plus fluide, c’est en terminant les missions que la jauge se remplie (mission principale, mission annexe, destruction de camions, de silos, etc). La jauge se compose de plusieurs paliers, et à chaque palier atteint, une grosse mission principale avec le boss de la région s’active. On pourra pester sur le fait que ces missions-là s’activent automatiquement ce qui casse complètement l’immersion. Un exemple concret : vous êtes en train d’explorer le Montana, vous ne venez de détruire un silo. Vous gagnez ainsi quelques XP, et ces derniers permettant de terminer un palier. Automatiquement le jeu va alors lancer la mission principale sans que l’on ait donné notre accord. Surtout qu’en plus de cela, la jauge se remplie extrêmement vite.

Open-world oblige, le jeu offre aussi énormément de missions annexes (que l’on pourrait aussi qualifier de fedex) variées tout de même, mais qui se terminent relativement vite. Également, c’est en parlant aux citoyens du Montana que ces derniers vont alors vous livrer des informations sur de nouvelles missions, ou encore des caches de survivaliste renfermant de l’argent ou encore des points de Talents. Ces points qui vont vous permettre de débloquer des compétences dans l’arbre crée à cet effet, disponibles aussi en réussissant des défis (tuer X ennemis avec cette arme, etc). La bonne nouvelle aussi c’est la suppression des tours radio, et du craft. Deux éléments du gameplay qui étaient agaçant à la longue dans les précédents jeux. Aussi, exploration oblige, le HUB a été remanié avec la suppression de la mini-map.

Il est libre Max…

Far Cry 5Jouable en coopération en ligne, Far Cry 5 propose aussi de recruter des IA alliés : des mercenaires ou encore des Experts à débloquer en réalisant des missions. Ces Experts, à la manière de votre escouade dans Ghost Recon Wildlands, sont une petite dizaine et chacun dispose de ses propres compétences (avion, élimination discrète, bazooka, etc). Ces derniers nous aident relativement bien dans les missions. Malgré une IA (alliée comme ennemie) à la ramasse avec certaines situations saugrenues et wtf. C’est un des principaux gros défauts de ce jeu. Exemple concret un nouvelle fois : vous êtes caché dans l’herbe ou assez loin d’un camp ou ennemi, mais un ennemi pourra vous voir et alerter ses potes. On n’arrive finalement pas à saisir la réaction de l’IA tellement qu’elle est aléatoire.

S’il y a bien un point aussi à noter dans chaque monde ouvert d’Ubisoft, c’est bien le soin apporté à l’environnement. Ici dans Far Cry 5, on se croirait vraiment au Montana, c’est bluffant, réaliste, et visuellement très réussi. Les textures sont propres, la végétation aussi, certains panoramas nous en mettent plein la vue. En somme, pas besoin de prendre l’avion et payer des milliers d’euros ; seulement une cinquantaine et vous serez vraiment dépaysés. Notons que si le jeu est assez costaud techniquement (peu de chutes de framerate), le clipping s’avère très présent, notamment en conduisant des véhicules aériens.

Autre point fort de ce Far Cry 5, c’est bel et bien le travail effectué sur la bande-sonore du jeu qui colle à merveille avec l’atmosphère du jeu. La BO très rock et country qui renforce énormément l’immersion et cette sensation de peur qui se dégage de la secte de Joseph Seed. Mention spéciale aux compositions de Dan Romer accompagné d’un orchestre.

Côté contenu, il y a de quoi faire pendant au moins une bonne grosse vingtaine d’heures pour venir à bout de la secte de Joseph et arriver à cette fin de jeu complètement incroyable et audacieuse. Comptez le double pour arriver aux 100 %, le jeu regorgeant de dizaines de camps à libérer, et de missions secondaires diverses. Sans oublier que vous pouvez aussi vous prendre une petite pause entre deux missions et aller pêcher au bord de l’eau.

Terminons ce test avec la zone PvP qui s’appelle Arcade dans le titre. Outre les différents modes de jeu classiques de FPS (MME notamment), il est aussi tout à fait possible de créer ses propres maps grâce à l’éditeur inclus, ou jouer sur des maps créées par les autres joueurs. Si vous avez l’âme d’un créateur de maps, vous pourrez ainsi passer des heures sur ce mode-ci.

Conclusion

Le ménage de printemps a été fait sur Far Cry 5 avec notamment la suppression des tours radio ou encore du craft, et de la mini-map favorisant l’exploration. Malgré cela, ce nouvel opus sonne comme un air de déjà-vu. Le jeu ne révolutionne pas la licence contrairement à AC : Origins, et atteint sans doute un point dangereux, celui de l’épisode de trop comme à l’époque avec AC:Syndicate. Pour autant, tout n’est pas mauvais dans le jeu, bien au contraire. Les antagonistes sont convaincants, avec une fin déroutante, le tout accompagné d’une très belle bande-son et d’un monde ouvert immersif, beau, et bluffant de réalisme.

Jeu testé sur PS4 Pro, version fournie par l'éditeur

Points positifs

  • Visuellement très réussi
  • Plus axé sur l’exploration
  • Le travail effectué sur la bande-son, l'ambiance sonore
  • Les antagonistes charismatiques
  • Très (trop?) libre
  • Cette fin...

Points négatifs

  • Comme un air de déjà-vu
  • L’IA dans les choux
  • Une narration globalement décevante
  • C’est quoi ces combats de boss ?
  • Missions redondantes
7

Bon

1 Commentaire

  1. Sans surprise finalement. Je reste dans l’attente d’un vrai renouveau pour la licence…

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