TEST – Onrush : Un virage mal négocié

PS4 Xbox One
Codemasters propose ici un jeu tout droit sorti des années 2000. Souvenez-vous, c’était le temps ou SSX et Wipeout trônaient sur nos bibliothèques. Un temps que les moins de vingt ans…bref vous connaissez la suite….En tentant de remettre les courses arcade au gout du jour, les britanniques espèrent faire de Onrush un jeu ou le fun est le maitre mot.

TEST - OnrushIci on accélère, on pose les questions après :

Onrush mélange donc la course et les combats. Ici, pas besoin d’arriver le premier pour gagner. Il suffira le plus souvent de détruire les voitures de l’équipe adverse pour remporter la victoire. On se retrouve donc à bord d’un véhicule très coloré lancé à vive allure, prêt à en découdre. Après deux ou trois explications sur son fonctionnement, on comprend que le titre de Paul Rustchynsky (Driveclub) ne compte pas faire de l’ombre à un Colin Mc Rae ou à un Dirt. Ici pas besoin de modifier son bolide pour aller plus vite. Si vous voulez obtenir du turbo la règle est simple : détruire tout ce qui n’est pas dans votre camp !

Dans ce jeu, deux équipes de six fous du volant s’affrontent afin de devenir le MVP (meilleur joueur) de la course. Le nerf de la guerre, c’est le Rush et pour en obtenir, il va falloir faire du ménage et des figures. Pendant votre match, des voitures neutres appelées « véhicules poseurs » serviront à passer vos nerfs afin d’activer votre boost. Mais si vous voulez augmenter la jauge beaucoup plus vite, il faudra se salir les mains (cambouis, voitures, salir….vous me suivez ?).

Incassable, oups…cassé !

TEST - OnrushLe mélange prend très rapidement, il ne faut pas jouer des heures avant de comprendre le principe et le fonctionnement de Onrush. Avec seulement quatre touches (accélérer, freiner, turbo et rush) au bout du second tour de piste on a vite saisi le concept. Et c’est là le premier problème du jeu, il est extrêmement répétitif. A mi-chemin entre un Destuction Derby et un Motostorm, vous devrez faire votre choix parmi les huit véhicules que propose le titre pour faire la loi. Motos, buggies, voitures ou encore 4×4, chaque tas de ferrailles possèdent ses propres « attaques ». Vous aurez donc toujours un pouvoir passif qui servira à acquérir du Rush plus rapidement, un mode turbo pour tout défoncer sur votre passage et un autre pouvoir de base.

Avec ces caractéristiques, on se rapproche un peu d’un MOBA puisque toutes ces classes sont complémentaires. On pourra donc jouer les gros bras à bord d’un 4×4 ou bien se contenter d’offrir un bouclier en soutien à nos coéquipiers à proximité avec une voiture. A ce niveau, Onrush est très plaisant et l’équilibrage semble être respecté si on prend tel ou tel véhicule.

Le jeu du chat et de la souris :

TEST - OnrushMalheureusement, on a vite fait le tour des différentes montures que nous présente le soft et les épreuves sont assez limitées. Vous aurez le choix entre quatre « batailles », en commençant par le mode Overdrive. Dans celui-ci, il faudra juste utiliser plus de boost que l’équipe adverse afin de remporter la victoire. Une fois les épreuves réussies, on pourra s‘attaquer au mode Countdown. Avec un système rappelant les jeux des années 80/90 le but sera de passer des portes afin d’augmenter le chrono de son équipe. A ce niveau on comprend l’intérêt des véhicules qui peuvent aveugler les adversaires avec le Rush. Ensuite, on débloquera le mode Lockdown ou notre équipe devra arriver à tenir cinq secondes dans une zone circulaire qui se déplace à vive allure sur le circuit. Si un de vos concurrents s’y trouvent il faudra simplement l’éjecter. Ce mode basé sur une capture de base ou capture de drapeau est certainement le plus convaincant. Pour terminer, vous découvrirez le mode Switch qui est finalement le plus illogique et le plus lassant de tous. En commençant à bord du véhicule le plus léger (la moto), vous devrez tenter d’envoyer valser vos adversaires afin de les faire passer à la catégorie au-dessus. C’est bien là le problème, une fois le premier bolide renversé, celui-ci reviendra à bord d’une voiture et avec votre simple moto le choc sera quasi inévitable. Si vous perdez vos trois vies vous continuez la course sans aucune pénalités et vous devrez renverser les concurrents encore debout. Ce mode semble ne pas avoir été réfléchi et devient très vite assez frustrant.

Le temple du kitch !

Si vous devez choisir un bolide pour vous lancer dans l’aventure, il faudra aussi sélectionner un personnage. Là aussi, on ne comprend pas trop le raisonnement de Codemasters. Tous les avatars disponibles sont kitchs et ringards à souhait. On se retrouve avec des habits ridicules et colorés et des poses absurdes qui donnent au jeu un très mauvais goût. Bien évidemment, le système de levelling (qui n’a aucun intérêt) permet d’obtenir des caisses d’équipements mais hormis des pierres tombales, des poses de victoires, des figures ou des habits encore plus laids ses lots n’apportent rien de plus.

On est très vite propulsé dans ces circuits très colorés en fonçant à plus de 100 kilomètre à l’heure. La majorité du temps, on se rend compte que l’on a terminé la course sans avoir lâché le bouton turbo et du coup sans admirer une seconde le paysage. D’ailleurs il faut reconnaitre que celui-ci est très bien réalisé. Avec ces douze circuits et ces variations météorologues, le titre n’est pas le plus pauvre. Malheureusement, il souffre de quelques détails qui peuvent vite devenir gênant. En effet, lors de la partie, l’écran est rempli d’informations en tout genre ce qui rend l’immersion assez difficile. Rajoutez à cela le manque total de luminosité pendant les circuits de nuit et vous vous retrouverez à faire vos courses à l’aveuglette. C’est dommage car les routes d’Onrush sont parsemées d’obstacles et de tremplins. La sensation de vitesse est bien présente mais une fois le mode rush activé on se retrouve propulsé à vive allure sans avoir l’impression de contrôler quoi que ce soit. Par contre, le jeu ne souffre d’aucun lag et se permet même de tourner en 60 fps sur tous les supports !

Un MOBA mal exploité :

Onrush n’est donc pas un simple jeu de course mais plutôt un MOBA avec des bagnoles. Si en solo la catégorie importe peu, elle aura un sens lors de vos parties multi-joueurs. Enfin encore faut-il savoir les véhicules que vont prendre vos coéquipiers…Car à moins de jouer avec un micro, vous ne saurez jamais si vous avez bien aidé vos potes ou non. On sent que Codemasters a prévu son titre pour les compétitions eSports avec son système de classement en fin de partie mais est-ce que cela sera bien suffisant ?

Site officiel

Conclusion :

Onrush s’apparente donc à un jeu de course résolument arcade ou les coups bas sont permis. Faisant renaitre nos souvenirs des années 90/2000, il dispose d’un très bon potentiel. Malheureusement, celui-ci est gâché par son coté beaucoup trop répétitif et ses nombreux problèmes de lisibilité. On aurait également apprécié que son coté MOBA soit mieux exploité et que le titre puisse proposer une vraie progression car à part le fait de terminer des courses pour en débloquer des nouvelles, il n’y a aucun challenge. À côté de cela, Onrush est bourré d’énergie et sa bande-son orientée Drum ‘N Bass colle parfaitement avec l’esprit du jeu. Mention spéciale à ses graphismes très bien réalisés et à sa sensation de vitesse omniprésente. On peut également lui reprocher une hit box assez hasardeuse et un replacement parfois discutable mais dans l’ensemble il s’agit d’un bon jeu. Attendez cependant que le prix tombe à 30€ car il n’en vaut guère plus.

Points positifs

  • Une bonne sensation de vitesse
  • Des graphismes soignés
  • Un jeu qui tourne à 60 fps sur tous les supports
  • Une bande son qui colle bien au thème nerveux du jeu

Points négatifs

  • Un MOBA sous exploité
  • Un manque de visibilité
  • Assez répétitif et vite lassant
  • Le prix de départ beaucoup trop élevé
6

Acceptable