Test Phoenix Wright : Ace Atorney Trilogy – Une porte d’entrée pour la licence ?

PC PS4 Xbox One

La simulation d’avocat aux affaires rocambolesques signe son grand retour dans une Trilogy Haute Définition sur console et PC. Après avoir fait un petit tour par la plateforme mobile, Phoenix Wright revient avec un portage des trois premiers opus de la licence. Une ouverture de cette dernière qui pourrait bien renaître de ses cendres en ressortant sur nos petits écrans. Le portage a-t-il un grand intérêt aujourd’hui ?

OBJECTION !

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Nous ne revenons pas sur le scénario de chaque opus, tant ils sont connus ; il faut tout de même préciser que Phoenix Wright : Ace Attorney nous plonge dans la peau de Phoenix Wright, jeune défendant du barreau, qui va devoir prouver l’innocence de ses clients. Les enquêtes se succèdent jusqu’à devenir de plus en plus liées dévoilant un lore aussi riche que surprenant. Car tout est traîtrise dans le jeu.

Dès la première affaire qui sert de tutoriel, le joueur est confronté aux premières incohérences d’un témoignage. Des incohérences qui ont des répercussions sur notre manière d’examiner un lieu, d’interroger des suspects et ainsi de suite. Les phases de procès deviennent donc le point d’orgue d’un gameplay simpliste, mais très réussit et intuitif qui impacte notre manière de mener l’enquête. Voilà pour la base du jeu. Sachant que la courbe de difficulté progresse au fur et à mesure de l’aventure proposant une dernière affaire riche en retournement de situation et dont les dialogues fournissent des détails plus subtils avec des incohérences mieux cachées.

Autant vous dire que Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy dispose d’un travail d’écriture conséquent. Un travail qui entre en corrélation avec le gameplay, mais aussi le visuel, proposant une aventure unique en son genre. En effet, loin d’être une simple simulation, le jeu sait être émouvant, surprenant, drôle et rafraichissant, tout en développant des théories tout aussi complexes les unes des autres. Un cas d’école d’écriture pour apprendre à développer des personnages et à les rendre cohérents dans un univers. Car ce qui frappe dans cette saga, c’est ce mélange des genres, tantôt visual novel, tantôt jeu d’enquête qui lui sied à merveille.

En plus de cela, le jeu propose un point de vue inédit sur la question d’un système corrompu. En effet, il est le bourreau de ce système devant extraire la vérité aux yeux de tous. Le but étant de croire dur comme fer à l’innocence de son client. En effet, c’est en tombant dans le piège de la justice que le joueur peine à voir les choses sous un angle différent bien malheureusement. Et le jeu nous apprend à voir l’ensemble sous de nouvelles perspectives pour gagner chaque procès. Rien n’est laissé aux hasards et c’est probablement la plus grande force de la saga.

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Univers cohérent jusque dans son visuel…

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C’est ce qui nous frappe de prime abord. La cohérence de Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy ne se limite pas à l’écriture de son récit, des intrigues et des personnages. En effet, un jeu vidéo reste un ensemble de domaines qui mis en liaison développe une licence, réussit ou non. En soi, l’extravagance du récit de Phoenix Wright impacte aussi le visuel. Si les lieux font preuve d’un sens du détail encourageant développant vraiment un univers visuel. L’utilisation de la première personne permet entre autres d’apercevoir les personnages, justifie l’intégralité de la mise en scène des affaires, mais permet d’examiner à la loupe les scènes du crime. Cette envie du détail permet aux joueurs d’examiner chaque recoin d’une pièce pour trouver des indices. Indices qui vous permettront de défendre votre client par la suite.

Outre l’aspect graphique amplement réussi, les sprites des personnages amplifient aussi l’utilisation d’une première personne. En effet, leurs gestes grandiloquents, leurs réactions extrêmement bien amenées selon les situations, le jeu réussis le pari d’assumer pleinement son univers. Grâce à cette absurdité assumée, le joueur s’amuse à mettre mal à l’aise les personnages pour mieux découvrir la vérité. Ainsi, les personnages disposent d’une véritable vie à l’image, surtout lorsque les cinématiques sont animé plan pour plan. Sans doute l’un des gros reproches que l’on pourra faire à ce portage. En effet, garder les cinématiques de l’époque avec des textures HD représente un travail monumental, mais nous avons l’impression que le jeu semble rester bloqué à l’époque de la Gameboy Advance ou de la DS. D’autant qu’il aurait été bien plus intéressant de réaliser une véritable animation avec des scènes de l’animé disponible sur Crunchyroll.

Le remaster s’avère tout de même joli à l’œil. Les textures HD, le travail des sprites et de bien d’autres éléments fournissent une crédibilité supplémentaire et nécessaire au portage. Les visages semblent plus marqués, plus fins et détaillés, ce qui ne fait que renforcer l’attachement aux personnages.

Un portage véritablement axé sur le gameplay

Au final, la véritable force de ce portage reste le gameplay qui va venir s’adapter à chaque plateforme. En effet, comment rendre l’intuitivité de la DS ou de la GBA sur console de salon dernière génération ? Sur Switch, le titre s’axera sur l’utilisation de l’écran tactile. Cela permet de pointer directement du doigt les éléments à examiner ou à observer. Ce système n’existant ni sur console ni sur PC, les développeurs ont utilisé chaque outil à disposition du joueur. Manette en main, Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy dispose de qualités indéniables et reste intuitif. Ainsi, si les boutons de base permettent de passer un dialogue, de voir les preuves et de les présenter aux juges pour gagner. Les joysticks serviront surtout dans les phases d’enquêtes afin de trouver chaque preuve pour le tribunal.

On ne pourra rien dire de plus sur ces éléments, car Capcom semble avoir rendu le jeu accessible à tous sur n’importe quelle plateforme. En effet, à aucun moment, le joueur ne se pose pas de question en ce qui concerne l’accessibilité du gameplay. Notons tout de même que le titre s’adresse à un certain type de publics. Un public amateur de visual novel. Clairement, la cible étant les fans et un public de niche, nous savons que le titre ne sera pas adapté à tous, cela dit, la présence de tutos en début de partie permet aux joueurs de mieux prendre en main la manette.

Rien de neuf, mais un gameplay solide permet à cette Trilogy de bien s’inscrire sur l’ensemble des plateformes disponibles. En tout cas, nous avons toujours pris un certain plaisir à parcourir les jeux plusieurs fois et nous recommençons avec cette Trilogie.

Une bande-son remastérisée

Toujours aussi incroyable, la bande originale du jeu a été remastérisée pour les besoins de ce portage. Un travail de qualité qui donne un nouveau souffle aux procès lors des phases clés du scénario. Les anciens joueurs regretteront sûrement le son d’époque, mais c’est un risque à courir lorsqu’on se lance dans un portage comme celui-ci.

Conclusion :

Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy n’est pas le meilleur portage qui soit. Certes, retrouver les premières aventures de notre avocat favoris sur l’ensemble des plateformes est plaisant. Oui, la direction artistique et le level design ont bénéficié d’un certain travail pour correspondre aux exigences des consoles de salon, mais au final le titre est assez fainéant dans ce qu’il entreprend. En effet, il ne fait que s’adapter à ses supports donnant l’impression qu’il a dix ans de retard. En témoigne, le gameplay adapté à chaque plateforme, mais qui est loin d’être aussi exaltant que sur Nintendo DS, ou encore on peut pointer du doigt le manque de cinématique comme les récents opus. D’autant qu’il n’y a aucune excuse, vu qu’un animé est disponible et qu’il reprend trait pour trait les jeux.

En soi, le jeu laisse un goût amer, car il reste exceptionnel dans l’écriture de ses personnages, de ses intrigues et de ses thèmes, mais au final, il demeure assez rétrograde par rapport à la génération actuelle de console. Agréable, mais vite inaccessible par sa fonction de Visual-novel, Phoenix Wright : Ace Attorney Trilogy est un bon moyen de découvrir la saga si l’on veut bien outrepasser la version anglaise (dont un patch FR est prévu pour cet été) qui demandera un certain investissement.

Points positifs

  • Toujours aussi jouissif
  • Une direction artistique retravaillée avec soin
  • Une OST toujours aussi folle
  • Une mise en scène dynamique
  • Un plaisir de retrouver les trois premiers opus de la licence

Points négatifs

  • Il manque toujours une langue française (qui arrivera avec un patch)
  • Un portage tout de même un peu fainéant
  • Le jeu reste un peu difficile d’accès à ce jour
7

Bon