Test The Sinking City – Un jeu trop ambitieux ?

Déjà disponible sur PC, PS4 et Xbox One, The Sinking city est un jeu bien particulier. Avez-vous remarqué que Lovecraft (et en particulier le jeu Call Of Cthulhu) est une source d’inspiration qui gonfle particulièrement ces dernières années ? Et en plus, pas seulement dans le domaine du jeu vidéo ! L’un des fondateurs de cette vague de jeux vidéo sur le thème de Lovecraft est probablement Amnesia, aujourd’hui âgée de neuf ans, qui est devenu l’icône de l’horreur à une époque car elle était capable de mélanger habilement énigmes, tension et narration cryptique.

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On plante le décor

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Depuis que The Sinking City de Frogwares et Call of Cthulhu de Cyanide Studios ont fait l’objet d’une démonstration à l’E3 2018, les critiques s’interrogent sur le type de jeu qui offrirait un meilleur travail en capturant l’atmosphère de H.P. Lovecraft. The Sinking City possède l’histoire la plus poussée des deux jeux, mais pas autant que nous l’avions espéré.

Nous sommes dans les années 1920, à Oakmont, la ville fictive de la nouvelle ville lovecraftienne, plongée dans la pluie. La ville sombre dans une tempête froide, qui souffle sur votre visage et imprègne vos vêtements. La pluie est omniprésente et pénètre jusqu’au coeur de votre personnage. La ville capture parfaitement cela. Le protagoniste principal, Charles Reed, dont visage ressemble à un mercredi après-midi humide, ne semble jamais totalement sec.

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Oakmont est une ville embrumée, avec une ambiance rappelant Silent Hill

Oakmont est composé de plusieurs quartiers. Allant des tas de déchets brunâtres de Hooverville aux banlieues imposantes entourées de balustrades en fer forgé. Les rues sont clairsemées et on sent la grandeur de ces dernières par le manque de véhicules. En effet, le seul véhicule que vous avez est ce bateau à moteur.

La majeure partie de votre temps est consacrée à marcher et aux trajets rapides entre arrondissements, ce qui brise l’ambiance palpable de l’endroit avec des écrans de chargement. Vous vous retrouverez peut-être à vous sentir perdu et fatigué de la ville. Mais c’est l’une des rares choses que le jeu fait parfaitement. C’est amusant de marcher dans la boue, les vitres brisées et encore la boue. Les algues sont suspendues aux arbres, après le passage d’une inondation récente et dévastatrice (au moins en partie). Cependant, vous pouvez voir où les développeurs ont connu des limitations et, bien que compréhensibles, elles ont un impact sur l’ambiance général de la ville.

En effet, certains problèmes épineux de gameplay doivent être résolus. Comme vous l’avez peut-être déjà deviné, The Sinking City est un jeu ambitieux. Trop ambitieux pour un studio comme celui de Frogwares. C’est un jeu qui dès les premiers instants se révèle vieux, incroyablement vieux, et pas seulement d’un point de vue graphique. Le système de mouvement, le jeu de tir et en général les animations datent.

Même la structure et les missions, sans le récit, est incroyablement datée et répétitive. En tant que jeu de Lovecraft, il est évident que le protagoniste, Charles Reed, est un enquêteur privé. Un enquêteur avec des visions cauchemardesques mystérieuses qui le mènent directement à Oakmont. Ce pouvoir occulte a également conféré à Charles Reed un sixième sens lui permettant de trouver des indices cachés et de reconstituer des événements passés.

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Quand la routine s’installe

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Notre tâche est donc réduite à une simple routine. Accepter la mission, se rendre à l’endroit indiqué, trouver tous les indices, découvrir un nouvel endroit et repartir à zéro. Au début, le système semble bien pensé. Les indicateurs de quête ne se positionnent pas automatiquement sur la carte. En effet, vous devez rechercher le nom de la rue à atteindre par vous-même. A cela s’additionne les recherches dans les différentes archives dispersées dans la ville. Mais une fois que vous aurez rassemblé les indices sur une scène, vous devez reconstituer ce qui s’est passé. C’est à dire rassembler les idées pour élaborer une sorte de tableau conceptuel. En bref, un gameplay qui aurait tous les atouts pour être innovant et amusant, mais qui se perd finalement dans un tourbillon d’eau.

En effet, The Sinking City est trop répétitif et excessivement simple, avec des parties clairement tâtonnantes. Vous pouvez tout résoudre en essayant simplement peu de combinaisons sans connecter deux neurones. La répétitivité commence à devenir extrêmement insupportable à partir du milieu de la partie. Le gameplay consiste à aller du point A au point B, sans obstacles sur la route. Cela dit, le joueur se voit récompensé par une quantité suffisante de matériel de fabrication. Les monstres sont intéressants, mais peu variés. Cependant, les quêtes secondaires facultatives offrent certaines alternatives intéressantes que vous ne verrez pas dans la quête principale. Il y a aussi une absence notable de combats de boss ce qui est vraiment dommage. Ajoutez à cela des bugs et des temps de chargements, vous vous retrouvez donc avec un récit qui perd de sa capacité à garder le joueur en haleine.

Conclusion

La structure du monde ouvert est-elle suffisante pour raconter une histoire à la Lovecraft ? Absolument, mais dans ce cas, le problème est simplement technique: un budget trop bas ne permet pas de développer un bon monde ouvert, quelles que soient les circonstances ! On a une introduction d’idées novatrices et ambitieuses mais qui, malheureusement, ne sont pas assez poussées. The Sinking City, son mystère et ses mécaniques de jeu, finissent inondés. Le jeu est lent, avec des combats inintéressants, totalement inutiles. Dans l’ensemble, donc, The Sinking City est un roman policier bien écrit, solide et passionnant, avec des mécanismes d’enquête bon, sans être excellents. Dans un monde qui plaira à coup sûr aux fans des efforts précédents de Lovecraft et des jeux d’enquête en général. Si vous pouvez ignorer les défaillances techniques et vous impliquer dans l’histoire, alors n’hésitez pas, sinon, passez votre chemin.

Test réalisé par Zehyr de chez Blackmedia

Test précédent : Test F1 2019 – La simulation à son paroxysme

Points positifs

  • Une aventure lovecraftienne intrigante et bien écrite
  • Solide jeu d'acteurs
  • Bonne immersion
  • Les éléments d'enquête s'appuient sur ceux des jeux Sherlock

Points négatifs

  • Moteur graphique inadapté pour 2019
  • Environnement manque de diversification
  • PNJs sans vie
  • Le combat laisse à désirer
  • Manque de mystère et de peur
  • Enquête trop simple
6

Acceptable