TEST – The Evil Within 2 : Un hommage aux jeux du genre

Trois ans après son premier opus, The Evil Within poursuit sa saga effrayante et gore à souhait. Sorti depuis le 13 octobre, ce deuxième volet arrive donc pile poil pour les réjouissances d’Halloween (pour les cinéphiles c’est aussi la période de sortie de grosses licences qui marchent et qui tachent : Le Retour de Chucky, septième du nom, direct en DVD – Blu-Ray le 24 octobre et JigSaw, reboot-suite de la franchise de Saw dans les salles obscures dès le 1er novembre). Alors que le revival des survival horror est en plein essor depuis ces quelques dernières années, The Evil Within 2 parvient-il à tirer son épingle du jeu ? Réponse dans les lignes qui suivent.

The Evil Within 2 testC’est quoi l’histoire ? Et qu’est-ce que c’est que ce STEM ?

The Evil Within 2L’ex-inspecteur Sebastian Castellanos reprend du service pour notre plus grand plaisir à tous. Cette fois-ci encore, c’est une sombre histoire qui l’attend cependant. Alors qu’il croit sa fille, la jeune Lily, morte depuis quelques années, il est contacté par une certaine Kidman, intrigante femme, qui lui révèlera qu’en fait, il n’en est rien, et que Lily est bien… VIVANTE ! En fait, elle est non seulement vivante mais fait en plus l’objet d’une expérience scientifique, servant de noyau au système dénommé STEM, ayant pour but de créer une sorte de ville imaginaire et utopique répondant au doux nom d’Union. Evidemment, rien ne s’est passé comme prévu, tout a dégénéré, plusieurs agents ont disparu, voire sont morts en mission à l’intérieur de ce STEM, et Sebastian Castellanos s’avère être le seul à pouvoir encore retrouver et sauver sa fille ainsi que le reste d’une équipe qui s’amenuise comme peau de chagrin à chaque heure qui passe : lourd fardeau et grosse pression en perspective pour les épaules, heureusement peu frêles, de notre héros qui en a vu d’autres !

Bien scénarisée et mieux tissée que pour le premier volet (qui était assez nébuleux il faut le reconnaître), l’histoire de The Evil Within 2 permet au moins au joueur de ne pas se faire de nœud au cerveau, ce qui n’est pas un mal puisqu’il sera torturé par la suite de bien d’autres façons !

Doté d’une durée de vie d’environ 15 heures, ce nouvel épisode de la franchise The Evil Within propose non plus initialement deux niveaux de difficulté mais trois. Pour la difficulté la plus ardue, un sous-texte est d’ailleurs mis en avant, indiquant en somme qu’il plaira notamment à ceux qui avaient su apprécier la difficulté du premier jeu : vous êtes prévenus !

The Evil Within 2, un combiné du meilleur des meilleurs jeux : la crème de la crème !

The Evil Within 2Ce qui frappe dans The Evil Within 2, c’est la multiplicité de références, le jeu se présentant comme un combiné du meilleur des meilleurs jeux du genre : une sorte de crème de la crème en somme, qui, pourtant, ne s’éparpille jamais au point de s’éloigner de son univers propre et qui sait rester cohérent tout au long de l’aventure.

Au niveau des emprunts, impossible de ne pas noter le système de crafting des armes repris à The Last of Us (système de crafting que Naughty Dog aurait dû intégrer à son Uncharted 4: A Thief’s End, voire à son stand alone Uncharted: The Lost Legacy). Au-delà de ce système d’amélioration des armes, certains décors de désolation apocalyptique évoquent encore The Last of Us : ainsi tous les passages dans la « moëlle » (sorte de sous-terrain permettant de passer d’un pâté de maisons de la ville d’Union à l’autre) font irrémédiablement écho au métro du jeu de Neil Druckmann et de Bruce Straley ; de même l’exploration de la ville d’Union dans le STEM, hors « moëlle » et en extérieur donc, rappellent inexorablement certains quartiers traversés par Ellie et Joël. Enfin, on notera aussi l’étonnante proximité sonore entre les gémissements et autres fameux craquements désagréables émis par les créatures des deux jeux (The Last of Us et The Evil Within 2).

Autre référence, dans les passages les plus oniriques, les plus glauques, les plus oppressants et les plus angoissants, celle de Silent Hills (et même de sa démo du jeu avorté P. T.). Il arrivera à quelques moments du jeu de traverser de longs couloirs sombres, de devoir rebrousser chemin face à un cul-de-sac et de faire face à un nouveau mur qui n’était matérialisé une seconde auparavant. De quoi devenir fou ! Il arrivera également d’entendre des bruits inquiétants et de voir des portes se claquer : c’est déstabilisant, pénible et malsain, bref, tout ce qu’on aime et qu’on attend de ce genre de survival horror !

En certaines occasions, Sebastian Castellanos aura également dans son attirail une sorte de radio à utiliser lui permettant de se diriger vers des lieux où se sont produits des événements ou discussions particulières. Une fois rendu sur place, il lui faudra alors régler la fréquence de son engin pour revivre de façon quelque peu fantomatique les événements, parfois traumatisants, qui s’y sont déroulés. Ici, on fait clairement appel à un mécanisme de jeu tiré d’Everybody’s Gone to the Rapture (évitant toutefois l’écueil de rendre The Evil Within 2 aussi pénible et douloureux qu’un arrachage de dents, comme pouvait l’être Everybody’s Gone to the Rapture, jeu inintéressant au possible et qui rendrait presque le jeu Wii Music, à côté, comme un des jeux des plus excitants des dix dernières années…).

Enfin, l’aspect scientifique de STEM, l’expérience qui dérape, les fichiers disséminés à récupérer çà et là au cours de l’aventure et qui nous en apprennent chaque fois un peu plus sur la propagation de la catastrophe qui a déboulé sans crier gare sur la ville d’Union : comment ne pas se remémorer ici des éléments phares du tout premier Resident Evil, parangon et mètre-étalon de tous les survival horror depuis 1996.

Des éléments de gameplay améliorés par rapport au premier épisode…

Depuis le premier épisode de 2014, il semblerait que les développeurs ne se soient pas montrés sourds aux retours des joueurs. Ainsi, l’histoire est plus linéaire, moins nébuleuse, comme on l’a déjà évoqué plus haut. Mais aussi et surtout, Sebastian Castellanos semble moins lourd dans ses déplacements, ses mouvements paraissent plus fluides, on assiste à un véritable bond en avant du gameplay. Par ailleurs, même si le zoom sur le protagoniste principal reste important, la caméra affiche un plan moins serré. L’expérience de jeu s’en ressent nettement et en sort grandie.
Du côté de ce qui marchait déjà dans le premier volet et qui ne change pas, relevons l’arbre de compétences à développer avec les flacons de gel vert (ou rouge) que Sebastian trouvera au gré de ses pérégrinations (et bien souvent sur des cadavres bien peu ragoûtants). L’utilisation de ces gels lui permettra notamment d’améliorer ses caractéristiques de combat, de santé, de récupération, de furtivité, entre autres joyeusetés.

… mais d’éternels soucis techniques non résolus et des graphismes d’un autre temps !

The Evil Within 2 aurait presque pu rendre copie parfaite, c’était malheureusement sans compter sur la technique et les graphismes, clairement mis de côté pour le bouclage du jeu. Et c’est vraiment dommage. De fait, si l’histoire et le jeu sont excitants, une désagréable impression de bâclage apparaît au cours du jeu. Sortir The Evil Within 2 deux à trois semaines avant Halloween est une riche idée certes, mais est-ce vraiment ce souci de calendrier qui a incité à sortir le jeu à la va-vite ? Et si oui, cela en valait-il la chandelle ? En effet, quel regret de devoir subir des graphismes aussi pauvres, indignes des PC actuels et des consoles générations : certaines séquences mettent en scène des personnages à peine mieux modélisés que des avatars présents dans les Sims 2, on frise la rubrique rétrogaming ! Au-delà de l’indigence des images, on déplorera des soucis de caméra, parfois trop proche, ou trop derrière Sebastian, parfois dans des angles de vue inadaptés, parfois ne permettant carrément de ne rien voir du tout. Enfin, on s’insurgera sur des ralentissements, survenant souvent lors des premières secondes suivant le chargement d’une partie (on aurait sans doute préféré une ou deux secondes de chargement supplémentaire et un jeu plus fluide immédiatement…).

Le trailer Red Band deThe Evil Within 2

Conclusion

The Evil Within 2 s’avère être un excellent jeu, à la fois excitant, proposant quelques passages assez flippants et oppressants ainsi que des mécaniques de jeux bien huilées qui empruntent le meilleur de ce qui se fait actuellement dans les autres jeux vidéo. Difficile à lâcher, addictif et prenant, The Evil Within 2 aurait été parfait s’il n’avait pas été entaché d’autant de problèmes techniques et de graphismes trop datés pour être acceptables sur des consoles de dernière génération.

Jeu testé sur une PlayStation 4

Points positifs

  • Une agréable durée de vie d’une quinzaine d’heures
  • De multiples références aux meilleurs jeux du genre (Resident Evil, The Last of Us, Silent Hills)
  • Des systèmes excitants de crafting et d’arbres de compétences
  • Une histoire qui tient en haleine
  • Quelques bons moments de flip

Points négatifs

  • Graphiquement daté
  • Ralentissements lors des premières secondes de chargement d’une sauvegarde
  • Caméra pas toujours bien gérée
8

Super