The Last of Us : Le début de la fin – Un fan-film adapté du jeu de Naughty Dog

The Last of Us court métrage
Si le titre de Naughty Dog a poussé les joueurs dans leur dernier retranchement grâce à des qualités narratives indéniables. The Last of Us a également inspiré le cinéma et plus particulièrement les courts-métrages. Alors qu’un premier court, reprenant l’histoire du jeu, l’adaptait directement caractérisant les mêmes personnages, avec une qualité de réalisation supérieure à la moyenne. Il fût malheureusement supprimé pour des raisons de droit. Ainsi, la réalisation d’un court-métrage n’est pas sans problème et pour pouvoir présenter leur film, Actiengage Entertainment a remanié l’histoire du titre pour en développer l’univers. Une vision pas dénuée de défaut, mais qui a le mérite de proposer quelques idées intéressantes. Voici notre avis sur ce fan-film disponible depuis le 3 novembre dernier.

Synopsis : Brent est un jeune homme qui a tout perdu durant l’épidémie, il a vu tous ses proches mourir juste devant ses yeux. Pour éviter toutes souffrances supplémentaires, il a décidé de vivre tout seul dans son propre monde où personne ne viendra l’importuner. Mais le destin n’est pas toujours quelque chose qu’on contrôle et dans ce cas, une jeune fille va rentrer dans le monde de Brent et si même il se montre très froid et brut, elle ne partira pas de si tôt. Que va-t-il se passer quand un homme qui a vécu le passage des deux mondes fait une jeune fille qui perçoit la beauté de façon complètement différente de lui.

La première chose qui frappe dans cette adaptation du jeu, c’est sa narration librement inspirée de The Last of Us. En effet, il n’est pas rare de voir que les scénaristes copient brutalement le scénario du jeu. Ici, rien n’est semblable à l’écriture de Neil Druckmann, ce qui permet au scénariste de développer sa propre narration et de développer l’univers dédié du jeu. Prenant l’action dans un lieu inconnu presque dépaysant, nous suivons le personnage de Brent et celui de Chloé. Nous sentons tout de suite qu’une relation naît entre les deux personnages. L’adaptation présente ici des références au jeu par l’écriture de cette relation. Les thématiques abordées restent les mêmes, excepté que nous passons d’une relation père/fille à celui de frère/sœur. Un point de vue pas inintéressant, bien que légèrement archétypal.

Les personnages ne sont pas forcément mal écrit, il leur manque un peu de caractérisation pour les rendre plus attachants. Il nous manque ce lien qui nous intéresserait à leur histoire dans ce monde dévasté. Ce manque que l’on ressent au bout d’une dizaine de minutes rend vaines certaines situations. Dans l’idée, nous ressentons l’influence du jeu, mais avons l’impression qu’il prend le dessus sur l’adaptation. Certaines séquences nous rappellent des discussions entre Joël et Ellie, l’émotion amoindrie, et le court-métrage aurait gagné à s’en séparer. Par exemple, de longues discussions ont lieu autour d’une table. Nous en apprenons plus sur les personnages, mais il ne faut pas oublier qu’un récit qui parle trop est un récit qui ne montre pas assez. Ainsi, le réalisateur aurait gagné en efficacité à montrer des images plutôt qu’à les raconter.

Le spectateur pourrait se retrouver intrigué et ainsi se poser des questions sur la place des personnages. De même qu’il y a quelques incohérences dans le récit, surtout sur les conditions de survie des personnages. L’univers perd légèrement de sa crédibilité. De même que la focalisation du point de vue est un peu maladroite. Il aurait fallu que le réalisateur se concentre exclusivement sur Brent, quitte à délaisser un peu Chloé, ou alors à le développer dans un autre court.

Néanmoins, le titre dévoile quelques idées dans sa réalisation. Globalement, le tout est assez naturaliste, à l’image de certaines séquences du jeu d’ailleurs. Les personnages évoluant dans un univers dévasté, l’usine sonne un refuge idéal. La lumière et les cadres essayent de renforcer cette notion de « refuge » en restant régulièrement proches des personnages. The Last of Us : Le début de la fin conserve un côté naturaliste intéressant exploitant la lumière naturelle à l’artificielle. Malheureusement, les plans auront tendance à se répéter dans le huis clos, n’aidant pas l’avancée du récit. De même que le lieu où évoluent nos deux héros aurait pu être mieux exploité et être plus menaçant par exemple. Nous pouvons même regretter un montage, un poil surdécoupé dans les discussions ne laissant pas les acteurs s’exprimer. Ceci dit, il est très efficace dans les scènes d’actions, bien visible et assez ambitieux pour un court-métrage.

Concernant la direction des acteurs, celui qui semble le plus investi dans son rôle est Perry Vangoethem, jouant le rôle de Brent. En effet, l’acteur arrive à se détacher du reste du casting proposant une performance intéressante. Loin d’avoir un rôle facile à jouer, il arrive à rendre crédible son personnage, ce qui est moins le cas de Chloé. Cette dernière, interprétée par Louise Mattelaer, donne l’impression de surjouer. Certaines séquences sont un peu fausses à ce sujet. Si c’est loin de courir au désastre, il lui manque aussi une certaine bestialité surtout après avoir survécu autant de temps dans ce monde post-apocalyptique. De fait, le duo paraît inégal, ce qui est bien dommage pour s’impliquer pleinement dans leur relation.

En soi, The Last of Us : Le début de la fin possède quelques idées intéressantes et cohérentes. D’abord, en terme d’image où le court-métrage propose des plans naturalistes bienvenus qui aide le propos du film, puis en terme de récit qui fait référence au jeu avec parcimonie. Restent quelques facilités scénaristiques qui auraient pu être évitées, mais qui ne gênent en rien le visionnage. Les acteurs essayent de crédibiliser leurs personnages, mais le manque de caractérisation ralentit grandement l’histoire laissant place à des dialogues un poil creux. Les spectateurs peuvent ne pas s’attacher à la relation naissante entre les deux protagonistes rendant le visionnage plus lent et irrégulier.

The Last of Us : Le début de la fin manque sûrement d’ambition sur de nombreux points. Ceci dit, au niveau amateur, il arrive à tirer son épingle du jeu en proposant une vision inattendue sur le jeu de Naughty Dog. De même que l’on ressent que le projet ait été fait avec passion, ce qui donne un cachet de plus au court-métrage. Nous sentons que tous se sont investis pour développer ce regard et c’est fortement appréciable lors de notre visionnage.

Un fan-film adapté du jeu vidéo The Last of Us
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